Publié le 19 Avril 2014

Le Point.fr nous montre que le vendredi 18 mars 2014, le pape François a prié vendredi dans la nuit au Colisée pour tous les précaires victimes de la crise, les enfants et femmes abusés et maltraités, les victimes de l'alcool et de la drogue, lors du traditionnel Chemin de croix, d'une tonalité très concrète et chaleureuse. "Si tu n'étais là, Dieu, je me sentirais une créature finie ! Avec la croix, le mal n'a pas le dernier mot, mais l'amour, le pardon, la miséricorde", a-t-il déclaré à la fin de la cérémonie, affirmant que "la croix est pesante mais aussi glorieuse".

"Rappelons-nous les malades, toutes les personnes abandonnées", a-t-il lancé devant une foule de quelque 40 000 fidèles dans un grand silence. Puis un cri a éclaté : "viva il papa", suivi d'un tonnerre d'applaudissements. C'est un évêque italien, Giancarlo Maria Bregantini, archevêque de Campobasso (sud), connu pour ses positions courageuses contre la mafia et grand défenseur des chômeurs, qui avait été chargé par Jorge Mario Bergoglio de rédiger les méditations des quatorze stations.

Les thèmes abordés, universels et tous liés à la vie quotidienne des gens, étaient en syntonie avec les priorités du pape François : proximité, tendresse, accueil, solidarité. Comme l'année précédente, le pape était installé en hauteur, sous un dais rouge, devant la foule dans la nuit et ses dizaines de milliers de lumières de bougies, tandis que des groupes de deux - jeunes, détenus, malades, immigrés... se relayaient pour porter la croix autour de l'amphithéâtre Flavien où des milliers de chrétiens avaient été martyrisés. Jorge Bergoglio, âgé de 77 ans, n'a pas porté la croix.

"Le poids de toutes les injustices qui ont provoqué la crise économique" a été dénoncé dès le début des méditations : "précarité, chômage, licenciements, l'argent qui gouverne au lieu de servir, la spéculation financière, les suicides des entrepreneurs, la corruption et l'usure, les entreprises qui abandonnent leur propre pays".

Par contraste, la méditation a mis l'accent sur les gestes du volontariat : "une nuit à l'hôpital, un prêt sans intérêt, une larme essuyée en famille, la gratuité sincère, le partage du pain et du travail". Mgr Bregantini a longuement décrit les maux qui frappent les jeunes : "les jeunes condamnés à mort, massacrés ou démolis par les guerres, surtout les enfants soldats" et "les enfants mourant de tumeurs causées par les incendies des déchets toxiques".

"Reconnaissons, a-t-il ajouté dans une allusion aux crimes pédophiles, la dignité violée de tous les innocents, spécialement les petits. Dieu est irrévocablement du côté des victimes". Le "supplice des mères qui veillent la nuit, avec les lampes allumées, anxieuses pour les jeunes emportés par la précarité ou engloutis par la drogue et l'alcool, surtout les samedis soirs" a été décrit de manière touchante. "Pleurons, a-t-il prié, sur ces hommes qui déchargent sur les femmes la violence qu'ils ont en eux. Pleurons sur les femmes esclaves de la peur et de l'exploitation".

La prière a encore évoqué "le vide impossible à combler de la mort d'un enfant", le sort de "ceux qui meurent de solitude", des mourants désespérés : que "quelqu'un se tienne près d'eux, s'asseye sur leur lit", a suggéré la prière. L'accueil des immigrés "qui demandent asile, dignité et patrie" et la situation dans les prisons, deux priorités du pape François, ont été relevés : "la double peine de la surpopulation carcérale, qui consume la chair et les os", a été dénoncée par Mgr Bregantini, ancien aumônier de prison.

La diffamation, bête noire du pape, a été un autre thème, en rappelant la condamnation à mort de Jésus : les insinuations "se font culture raciste, d'exclusion et de marginalisation, avec les lettres anonymes et les horribles calomnies". L'objet de méditations du Vendredi Saint, jour de la crucifixion de Jésus, est de rappeler que, selon la tradition, il s'est fait solidaire de toutes ces souffrances en acceptant de mourir sur la croix avant de ressusciter à Pâques.

Retransmise par des télévisions du monde entier, la cérémonie n'a pas évoqué de guerre en particulier. L'an dernier, la Syrie avait été un des thèmes des méditations.

Le pape François a choisit de mettre en avant tous les précaires victimes de la crise, les enfants et femmes abusés et maltraités, les victimes de l'alcool et de la drogue, pour montrer qu'il est plus facile de détourner son regard de la souffrance, alors que nous devrions être solidaires de tous ceux qui souffrent.

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Le pape François a prié vendredi soir au Colisée pour les victimes d'exploitation économique et de mauvais traitements quotidiens

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Publié le 18 Avril 2014

Dans l'avenir.net, le pape François a lavé le jeudi 17 avril 2014 les pieds de douze handicapés dont un Libyen musulman lors d’une messe du jeudi saint célébrée sobrement dans une église moderne de la périphérie de Rome, un an après avoir lavé les pieds de jeunes détenus dont deux musulmans.

Jorge Mario Bergoglio, 77 ans, qui s’est ainsi incliné à douze reprises, avait du mal à se baisser et se relever, a-t-on constaté. Le pape François avait choisi cette année de refaire ce geste de Jésus à ses douze apôtres lors de sa dernière Cène, selon les Évangiles, à douze femmes et hommes handicapés, âgés de 16 à 86 ans, au Centre «Santa Maria della Provvidenza» de la Fondation don Gnocchi, à la périphérie ouest de Rome.

L’an dernier aussi, rompant avec la tradition de ses prédécesseurs, il s’était rendu hors du Vatican dans une prison du même quartier pour laver les pieds à des jeunes détenus.

«Ce geste, c’étaient les esclaves, les serviteurs qui le faisaient pour laver les pieds noirs de terre de la route. Jésus a fait un travail d’esclave. Lui est Dieu et il s’est fait notre serviteur; c’est notre héritage», a rappelé le pape, appelant les catholiques à imiter le Christ dans le service des autres hommes.

Le souverain pontife était arrivé à bord d’une Ford Focus au Centre «Santa Maria della Provvidenza», où il a été acclamé par une petite foule. Trois des personnes qui avaient été choisies étaient des étrangers et les autres italiens, certains souffrant de handicaps permanents, d’autres temporaires.

Le pape François a montré l'exemple lors du jeudi saint et démontre à travers l'exemple de Jésus que l'Église et ses membres doivent servir plutôt que rechercher le pouvoir.

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Publié le 18 Avril 2014

Les motifs de la condamnation à mort de Jésus sont surtout politiques, contrairement à ce qu'en disent les Évangiles, car ce Messie potentiel gênait les élites de son temps.

Juridiquement la condamnation à mort de Jésus a été prononcé par l'autorité romaine. la flagellation et la crucifixion sont des supplices romains. De plus l'inscription obligatoire fixée sur la croix, le titulus, indique le motif de la condamnation : "Jésus, le Nazaréen, roi des Juifs" (Jean 19, 9). La prétention royale de Jésus faisait si peu de doute aux yeux des Romains que c'est à cause d'elle que Jésus fut tourné en ridicule par la cohorte. Pilate ne douta pas de la revendication politique d'un homme qui se disait si clairement le roi des Juifs. Il le classa donc parmi les chefs zélotes qui de temps à autres prétendaient au trône d'Israël.

Les Évangiles à plusieurs reprises laissent transparaitre son implication révolutionnaire dans le rétablissement du Royaume de dieu sur Terre, assurance d'une nouvelle ère de justice pour les classes opprimées. Sa prédication le rapproche des zélotes : le "Royaume de Dieu est proche". "Heureux, vous qui êtes pauvres , car le royaume de Dieu est à vous !" ... "Mais malheur à vous les riches, car vous avez votre consolation" (Luc 6, 20 et 24) dit-il, en s'exprimant à la manière de David dans les Psaumes. On peut également voir son attitude critique à l'égard d'Hérode Antipas qu'il appelle le "renard" (Luc 13, 32). Mais aussi l'ironie avec laquelle, il parle des souverains, qui en dominant sur les peuples, se parent du titre de "bienfaiteurs" (Luc 22, 25).

La conscience qu'avait Jésus de remplir une mission divine est décisive pour la venue de ce royaume. Jésus assume son rôle dynastique et s'implique politiquement, rassemblant les foules et bravant les autorités juives pro-romaines pour rétablir la royauté en Israël. Il a un certain ascendant sur la foule qui veut le faire roi (Jean 6, 15). Il y a également certaines de ses paroles sur le port de l'épée. S'il n'est pas zélote lui-même, il en admet dans son état major. L'attraction qu'il exerce sur les zélotes est indéniable, parmi les Douze, il y en a sûrement un, Simon le Zélote.

Martin Hengel, professeur protestant du Nouveau Testament, spécialiste reconnu du judaïsme hellénistique et, dans ce contexte, du mouvement zélote dressé contre l'occupation romaine, publia un article sous le titre, «Jésus était-il un révolutionnaire ?» en 1970, nous montre que Jésus de Nazareth était un jeune homme de 36 ou 37 ans, lucide, décidé, inflexible et, s'il le fallait, combatif, en tout cas sans peur. Ce n'était sûrement pas un représentant de l'establishment politico-religieux, ni un conformiste, ni un apologète de l'état des choses, ni un défenseur du calme et de l'ordre. Il demandait qu'on s'engage, et, en ce sens, il «brandissait le glaive» : il ne semait pas la paix, mais, dans certaines circonstances, le conflit, même dans les familles. Pas de problème : il remettait totalement en question le système social et religieux, l'ordre de la loi juive et du Temple, et, dans cette mesure, son message avait ses conséquences politiques.

Le message de Jésus suggère qu'il préparait Israël pour le remplacement de l'ordre social et politique par une théocratie, différente de celle que voulurent imposer les papes plus tard. Son message et ses miracles étaient une réponse populaire à cet effet. Jésus fut reconnu par beaucoup comme le Messie, à cause de son action durant sa dernière visite à Jérusalem suggérant qu'il se regardait lui-même ainsi : il apparait qu'il ait arrangé son entrée messianique dans la ville (Marc 11, 1). on suppose que "son nettoyage du Temple" (Marc 11, 15) est un casse-tête : elle eut un effet, celle d'attaquer l'autorité de l'aristocratie sacerdotale, qui se porta avec une affaire domestique sous les Romains. L'attaque de Jésus au Temple pourrait avoir coïncidé avec un incident dont les zélotes furent responsables (Marc 15, 7).

L'attitude double de Jésus à l'égard d'un monde injuste, dont il annonce la fin et dans lequel les disciples doivent travailler pour le Royaume, n'est ni contradictoire ni une attitude de compromis. Un tel message était un bon motif pour se débarrasser d'un futur opposant qui de plus se prétendait "roi des Juifs", donc un opposant au pouvoir de l'empereur dont le préfet de Judée devait assoir son autorité.

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Les motifs politiques de la condamnation de Jésus

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Publié le 17 Avril 2014

Simon de Cyrène est donné comme un des acteurs de la crucifixion, mais cette précision pourrait être une création littéraire.

Simon de Cyrène, dans le Nouveau Testament, est un spectateur à qui ont fait porter la croix de Jésus. Il était probablement un Juif africain venant de la province romaine de Cyrénaïque, et il est considéré comme le père d'Alexandre et de Rufus, deux membres important de la communauté chrétienne primitive.

Les Juifs de Cyrène étaient en contact étroit avec leurs frères en Palestine, et étaient libres d'envoyer leurs offrandes à Jérusalem («Ant». XVI. 6, § 5). D'ailleurs, ils avaient une synagogue à Jérusalem, où beaucoup allaient pour les fêtes annuelles et Agrippa avait envoyé une lettre écrite en leur faveur à des Cyrénéens ("BJ" ii. 16, § 4). Trois fils d'un certain Ismaël qui fut décapité à Cyrène, étaient présents lors du siège de Jérusalem (ib. vi 2, § 2.), Et après que la guerre fut terminée en Syrie, les Romains rencontrèrent encore une opposition à Cyrène, où Jonathan le Sicaire incita les Juifs à une émeute. La perturbation fut, cependant, vite étouffée par le gouverneur de Catulle ("BJ" vii 11, § 1;. "Vita", § 76).

Les trois Évangiles synoptiques font dire que Jésus n'a jamais porté sa propre croix, mais que ce fut plutôt «Simon de Cyrène» comme le disent les textes : "En sortant, ils trouvèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, et le requirent pour porter sa croix" (Mt 27,32) », ou "Quand ils l'emmenèrent, ils mirent la main sur un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs, et le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus" (Luc 23,26). Mais Jean, d'autre part, nous dit simplement que Jésus «sortit, portant sa croix» (Jean 19,17), et il ne mentionne pas l'incident avec Simon. On l'aurait rajouté à l'épisode de la crucifixion, car ses deux fils Rufus et Alexandre seraient devenu important dans la communauté chrétienne. D'ailleurs le transport du «patibulum», la poutre transversale était porté sur les épaules du condamné jusqu'au lieu de sa crucifixion.

Simon de Cyrène, un homme de passage ? Simon est identifié par rapport à ses deux fils, pour le lecteur de Marc 15, 21. En effet, en «lisant entre les lignes» le texte évangélique, on se demande si Simon, inspiré et touché par les événements de la passion de Jésus, avait peut-être rejoint la première communauté judéo-chrétienne de Jérusalem, avec toute sa famille. Au moment où les traditions évangéliques furent écrites et diffusées des décennies plus tard, il serait logique que Simon, ne fut sans doute plus vivant, et on se souvenait de lui comme "le père d'Alexandre et de Rufus."

La tradition dit que ses fils Rufus et Alexandre devinrent des missionnaires. L'inclusion de leurs noms dans Marc suggère qu'ils eurent une certaine position dans la communauté chrétienne primitive à Rome . Il fut même été suggéré que le Rufus mentionné par Paul dans Romains 16, 13 serait le fils de Simon de Cyrène. Certains liens mettent Simon lui-même avec les "hommes de Cyrène" qui ont prêchèrent l'Évangile aux Grecs dans les Actes 11, 20. D'ailleurs dans les Actes des Apôtres, plusieurs Cyrénéens sont mentionnés comme étant présent lors de la fête de la Pentecôte à Jérusalem (Actes 10), où ils avaient leur propre synagogue (6, 9). Certains, dont Lucius (13, 1) qu'on disait avoir été le premier évêque de Cyrène, se rendit à Antioche (11, 20).

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Simon de Cyrène, un homme de passage ?

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Publié le 17 Avril 2014

Barabbas est un personnage célèbre qui aurait été libéré à la place de Jésus, mais en regardant de plus près cet épisode aurait été donné à dessein.

Barabbas ("Fils d'Abbas"), est un prisonnier libéré à la place de Jésus. Les évangélistes disaient que c'était un brigand (Jean 18, 40), un meurtrier (Luc 23, 19), un insurgé (Marc 15, 7), et un fameux prisonnier (Matthieu 27, 16). Barabbas, serait un émeutier juif, qui après avoir participé à des actes de violence aurait assassiné une personne (Marc 15, 7), ce qui amena les Romains à le capturer et à l'emprisonner. Il aurait été libéré par Ponce Pilate suite au choix de la foule, convaincue par chefs des prêtres et les anciens (Matthieu 27, 20; Marc 15, 11; et Luc 23, 18). Pilate joua avec la coutume "je vous relâche quelqu'un à la Pâque" (Jean 18,39). Mais il y a peu de preuves que cette coutume ait existé. Mais, une célébration antique romaine appelée Lectisternium impliquait et comprenait parfois un retrait temporaire des chaînes de tous les prisonniers. Mais on voit mal un homme aussi cruel que Pilate le faire.

Barabbas devait être crucifié avec deux autres prisonniers, mais comme la fête de la Pâque devait attirer des milliers de pèlerins à Jérusalem, les autorités romaines pensèrent qu'il fallait attendre la fin de la fête. Bien que les chefs des prêtres et les anciens étaient en faveur de la crucifixion de Barabbas, ils savaient que la foule l'admirait comme un combattant pour la liberté. Par conséquent Barabbas fut libéré quand Pilate entendit la foule crier : "Mort à cet homme et libère-nous Barabbas" (Luc 23,18). Certains chercheurs supposent que Barabbas aurait appartenu au groupe des Zélotes - des patriotes qui luttaient contre la domination romaine. Dans certaines versions antérieures, son prénom nous est donné comme celui de Jésus.

Le philologue allemand Paul Wendland appelait aussi l'attention sur un passage de Philon 5 où il est raconté que la populace d'Alexandrie, pour se moquer du roi juif Agrippa, prit un dément inoffensif nommé Karabas, l'attifa d'une couronne en papyrus, d'un roseau brisé et d'une natte et lui rendit des honneurs comme à un roi. Karabas ne pourrait-il pas être rapproché de Barabbas ? (“Jesus als Saturnalien-Konig”, Hermes, XXXIII (1898), pp. 175-179)

En regardant, ce serait un homme qui aurait arrêté dans une rafle après une émeute qui avait causé quelques décès à Jérusalem. Finalement, il fut libéré par Pilate sans doute innocenté de ce qu'on l'accusait quand le gouverneur vint à Jérusalem pour superviser l'ordre public durant la fête de Pâque. On peut supposer que cela avait eu lieu en même temps que Jésus fut crucifié, ou non loin de là, ou à un autre Pâque. Dans tous les cas, cette nouvelle frappa les chrétiens comme une ironie cruelle. Matthieu, dans une certaine tradition textuelle, soutient que le nom de Barabbas est Jésus (27, 16-17). La foule est selon Matthieu confronté à un choix cornélien entre "Jésus, le roi des Juifs" ou "Jésus, le fils du Père." Cela suggère fortement que les préoccupations théologiques plutôt qu'historique dans cette œuvre.

Pour Benjamin Urrutia, co-auteur de The Logia of Yeshua, Jésus, dans cette perspective, aurait été le planificateur et chef de la résistance juive non-violente au plan de Pilate à mettre en place les sigles en formes d'aigles des légions romaines sur le Mont du Temple de Jérusalem. Mais rien ne semble confirmer que Jésus ait participé à un tel épisode.

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Barabbas, un coupable littéraire ?

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Publié le 16 Avril 2014

Voyons Ponce Pilate, un préfet de Judée à l'époque de Jésus et qui s'avère loin du personnage indécis décrit dans les Évangiles.

Ponce Pilate (mort en 41), est un préfet romain de Judée (26-36), qui présida le procès de Jésus et donna l'ordre de sa crucifixion. Selon la tradition, Ponce Pilate est un chevalier romain du clan samnite des Pontii (d'où son nom latin, Pontius Pilatus). En 26, l'empereur Tibère, sur le conseil de son favori Séjan qui protège Pilate nomme ce dernier procurateur de Judée, ou plutôt préfet selon une inscription découverte à Césarée.

Le Nouveau Testament représente Pilate comme un homme faible et vacillant qui ne trouvait à redire de Jésus, mais il ordonne son exécution car la foule réclamait sa mort. Ce portrait est peu fiable. Le Pilate des Évangiles est une falsification. De tous les gouverneurs de Judée, Pilate est l'un des plus connu, non seulement par le biais du Nouveau Testament, mais aussi parce qu'il est le seul gouverneur romain examiné en détail par les célèbres historiens Juifs de cette période, Philon et Flavius Josèphe. Philon le décrit comme "un homme d'un caractère inflexible, dur et inflexible" (Legatio, 38, 302). Il décrivit du gouverneur ses corruptions, ses actes d'insolence, ses rapines, son habitude d'insulter son interlocuteur, sa cruauté, ses assassinats de personnes non-jugées et donc non-condamnées, et son inhumanité continuelle, gratuite et outrageuse.

Le comportement de Pilate envers la communauté juive montra son étroit mépris envers elle ce qui donna lieu à des protestation, des troubles et du ressentiment. Un de ses premiers actes fut d'envoyer un groupe de soldats en armes à Jérusalem, avec des enseignes portant l'image de l'empereur, ce qui était contraire à la loi juive et à la pratique antérieure de l'armée romaine en Judée. Après un affrontement avec les Juifs à ce sujet, Pilate fit enlever les enseignes (Antiq XVIII, 3, 1, 55-9). La force avec laquelle Pilate réprima des émeutes abouti souvent à de nombreux morts, comme, par exemple, lorsque les personnes ont protestèrent contre l'appropriation des trésors sacrés du temple pour construire un l'aqueduc pour amener de l'eau à Jérusalem (Antiq, 3, 2, 60-62).

Mais les récits bibliques montrent clairement que Jésus était devenu une telle menace pour les pouvoirs établis que seule la peine de mort romaine, la crucifixion, suffirait. C'est une curiosité que les récits bibliques indiquent une réticence de la part de Pilate à condamner Jésus à la mort horrible réservée aux traîtres. En d'autres récits historiques, Pilate avait exécuté des milliers de personnes et n'aurait donc dû avoir aucun scrupule à prononcer une sentence de mort envers un autre juif subversif. Certains historiens pensent que le temps où les Évangiles furent écrites, entre 70 à 90, les premiers chrétiens espéraient rendre leur histoire plus acceptable pour que les Romains se convertissent en minimisant le rôle de Pilate. Pourtant Ponce Pilate n'aurait pas hésité à exécuter un Juif gênant si il pensait qu'il devait préserver l'ordre. Jésus représentait une menace, Pilate l'aurait probablement exécuté juste pour donner l'exemple. Si il se prétendait le roi des Juifs, il aurait constitué une menace pour l'autorité romaine. Les Romains n'auraient donc pas hésité à exécuter un dissident politique ou un fauteur de troubles. Les deux insurgés crucifiés avec Jésus, auraient participé à un soulèvement inconnu contre la domination romaine. Peut-être que cette situation fut provoquée par des actions de Pilate.

Après la chute et l'exécution de Séjan, en 31, Pilate se trouve davantage exposé aux critiques acerbes des Juifs. Le Nouveau Testament nous parle également de “Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices” (Luc 13,1), certains commentateurs l'interprètent comme se référant aux pèlerins venus à Jérusalem durant un grand festival pour présenter leurs offrandes au temple et qui perdirent leurs vies dans la répression violente d'une émeute. C'était la dispersion brutale d'une foule de pèlerins Samaritains au mont Garizim qui provoqua finalement la chute de Pilate (XVIII Antiq 4, 1-2, 85-89). Connu pour sa sévérité envers les Juifs, on lui ordonna finalement de retourner à Rome pour subir un procès pour cruauté et oppression, car les dirigeants Samaritains protestèrent auprès de Vitellius, légat de Syrie. Une tradition d'une exactitude incertaine soutient qu'il se tua sur ordre de Caligula en 39, une autre légende rapporte que Pilate et sa femme se convertirent au christianisme, ce qui est peu probable. Mais dans la réalité, Pilate fut banni par Caligula à Vienne en Gaule, où il mourut en l'an 41.

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Ponce Pilate, un préfet de Judée brutal et expéditif

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Publié le 16 Avril 2014

En cette semaine sainte, je ne vais pas faire de religion, mais vous parler des principaux acteurs de la mort d'un rebelle juif, Jésus, qui eux sont historiques, nous allons commencer par Caïphe, le Grand Prêtre de l'époque.

Caïphe est le Grand Prêtre de 18 à 36, beau-fils et successeur d'Anne. Il appartenait au parti des Sadducéens, mouvement religieux Judéen dont la plupart des membres se trouvaient parmi l'élite juive aisée. Flavius Josèphe parle de lui comme «Joseph, qui était appelé Caïphe». On suppose que Caïphe appartenait à la famille sacerdotale des Kathros, une branche collatérale de la puissante famille des Boethos, originaire d'Alexandrie en Égypte et promue au grand pontificat par Hérode le Grand. Il épouse une fille d'Anne l'ancien Grand Prêtre.

Il est possible que Caïphe était un membre de l'ambassade qui se rendit à Rome en 17 pour discuter de questions fiscales (Tacite, Annales, 2, 42,5). En 18, le gouverneur romain Valerius Gratus nomma Caïphe, Grand Prêtre de Jérusalem à la place de Simon, fils de Camith. Les deux hommes devaient avoir une relation de travail excellente, parce que Caïphe resta dans ce poste d'une façon exceptionnellement longue. Le successeur de Gratus, Ponce Pilate conserva le Grand Prêtre dans son poste. Comme Grand Prêtre, Caïphe était président du tribunal de grande instance (Sanhédrin).

Le ministère de Jean-Baptiste avait eu lieu sous le sacerdoce d'Anne et Caïphe (Luc 3, 2). C'est dans le palais de Caïphe que les prêtres et les anciens complotèrent pour tuer Jésus (Matthieu 26, 3). Lors de cette réunion Caïphe aurait dit qu'il valait mieux pour les Juifs qu'un seul homme meure pour le peuple, plutôt que la nation toute entière soit détruite (Jean 11, 50). Selon Matthieu (26, 57), Jésus après son arrestation fut conduit à la maison de Caïphe, mais selon Jean (18, 12-24), il avait d'abord été interrogé par Anne qui l'envoya ensuite à Caïphe. Ce dernier, à son tour, l'envoya à Pilate. Mais dans la réalité, après que la garde du Temple avait arrêté Jésus de Nazareth, Caïphe organisa surtout une audition et lui demanda s'il était le Messie, une prétention dangereuse. Parce que Jésus ne pouvait pas (ou refusa de) réfuter l'accusation, le Grand Prêtre ne pouvant faire autrement le remis aux autorités romaines, qui l'avaient reconnu coupable de trahison (c'est à dire, le fait de se prétendre le roi des Juifs).

Pour les historiens, comme Marie-Françoise Baslez dans Le Monde de la Bible, ce procès juif est une impossibilité : d'une part les évangiles présentent une séance de nuit du Sanhédrin, ce qui serait irréaliste, d'autre part le Sanhédrin n'avait pas à cette époque le pouvoir d'appliquer la peine capitale. Jésus a pu être condamné pour des blasphèmes divers; aucun ne peut lui être imputé avec certitude; il n'a certainement pas été condamné parce qu'il aurait affirmé sa messianité (seuls ses disciples ont pu ou voulu croire qu'il était le Messie) et encore moins qu'il était «Dieu, Fils de Dieu». Son hostilité au Temple a joué un rôle plus décisif dans sa condamnation. Tout se serait donc déroulé la nuit, dans la cour du Grand Prêtre où des membres du Sanhédrin (ou du moins une partie) aurait été présents ; l'interrogatoire aurait abouti à la décision de conduire Jésus devant Pilate; seul ce dernier aurait instruit un véritable procès aboutissant à la condamnation à mort sous le grief de rébellion par prétention à la royauté.

Caïphe était encore le Grand Prêtre quand Pierre et Jean avaient guéri un boiteux, tout en prêchant au peuple dans le Temple (Actes 4, 6). En Décembre 36, la carrière de Pilate en Judée vint à son terme. Le gouverneur de Syrie, L. Vitellius intervint. Dans les affaires juives pendant la fête de la Pâque de 37, Caïphe fut démis de ses fonctions. Il fut remplacé par son beau-frère Jonathan, fils d'Anne. Cette destitution par l'autorité romaine qui l'avait nommée, fait suite au rappel à Rome de Ponce Pilate auquel il semble lié. Son fils Elyehoeanay (Elionaeus ben Kantheras), sera l'un des derniers grands prêtres.

En 1990, une grotte funéraire datant du IIe siècle fut découverte par les archéologues au sud de Jérusalem qui y trouvèrent des ossuaires en pierre, dont un qui avait le nom de "Joseph fils de Qaifa" inscrit dessus. La sépulture contenait les ossements d'un homme de 60 ans environ, d'une femme de 40 ans et de deux très jeunes enfants. Certains commentateurs pensent que c'était le tombeau de la famille du Grand-Prêtre.

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Caïphe, un Grand Prêtre stratège

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Publié le 15 Avril 2014

Kipa dans sa dépêche du mardi 15 avril 2014 nous montre que des groupes réformateurs suisses de l'Église ont appelé malgré la canonisation de Jean-Paul II (1920-2005) à un examen critique de sa personne. Sans aucun doute, ce pape a fait beaucoup d'actions durant son long pontificat qui méritent le plus grand respect, mais dans l'ensemble ils déclarent avec les organisations allemandes et autrichiennes dans une publication conjointe de la Fondation Herbert Haag pour la liberté dans l'Église le mardi 15 avril que son bilan mérite une critique beaucoup plus sévère.

Cependant, la tragédie de Jean-Paul II se trouve dans le "grand écart" entre sa volonté de réforme et de dialogue avec le monde qui s'est achevé sous sa responsabilité "dans la rechute de l'Église dans ses structures centralisées et autoritaires", selon ce qu'en dit le communiqué.

Les organisations reconnaissent que Jean-Paul II était un "communicant charismatique du christianisme", qui s'est levé pour les droits de l'homme. Mais ils l'accusent d'avoir refusé à des évêques dévoués, des religieuses, des théologiens et des scientifiques ces mêmes droits de l'homme.

Parmi les autres signataires de la déclaration se trouve l'association suisse tagsatzung.ch, l'association allemand "Nous sommes l'Eglise" («Wir sind Kirche») le mouvement et la plate-forme "Nous sommes l'Église en Autriche" («Wir sind Kirche Österreich»).

Le courage de ces groupes est de défaire l'illusion Jean-Paul II, qui au lieu d'avoir eu le courage de réformer l'Église préféra en donner une ligne trop centralisée à partir de 1985, et beaucoup d'hommes d'Église en furent les victimes, car ils dénoncèrent le retour sur les promesses de Vatican II et la protection de groupes sectaires au sein de l'Église.

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Publié le 14 Avril 2014

Christian Makariannous montre dans son excellent article dans L'Express.fr du vendredi 11 avril 2014 que Jésus a encore des points méconnus de sa vie et que la recherche historique est loin d'être finie.

Et si, derrière l'image du Christ et son message de paix, on avait occulté le combat politique de l'homme de Nazareth? La polémique n'est pas nouvelle, mais le livre de l'écrivain musulman Reza Aslan lui redonne une saisissante actualité. L'Express en publie des extraits et prolonge un débat que deux mille ans de controverses n'ont toujours pas épuisé.

Était-il le "bon berger", celui qui faisait paître ses brebis dans de verts pâturages et qui laissait tout pour sauver une seule d'entre elles ? N'était-il pas davantage un révolté qui rêvait de renverser l'ordre établi, de mettre fin à la domination romaine et de chasser du Temple de Jérusalem la caste des grands prêtres ? Sera-t-il jamais une figure paisible, sacralisée par l'aspiration à la paix d'un monde en furie, l'incarnation d'un Dieu réconcilié avec le genre humain, l'inventeur insurpassable du message d'amour ?

Un livre - Le Zélote. La vie et l'époque de Jésus de Nazareth (Arènes) - vient brusquement remettre en question la figure apaisante, fraternelle, universelle, du Christ et rallume une ancienne polémique en offrant une lecture inattendue et très actuelle de la vie de Jésus. Son auteur, Reza Aslan, est un musulman chiite d'origine iranienne, qui s'est passionné pour le christianisme en suivant d'abord la formation littéraliste des évangélistes américains, avant de s'en séparer pour retourner à la foi de ses origines.

En peu de temps, son ouvrage est devenu n° 1 des ventes de livres aux États-Unis, puis best-seller dans 25 pays. Grâce à une thèse qui, sans être résolument nouvelle, soulève de bonnes questions auxquelles il faut apporter des réponses claires. Pour Aslan, Jésus est avant tout un juif qui s'inscrivait pleinement dans son temps, le Ier siècle de l'ère définie par sa naissance, qui cherchait à relier sa parole et son action au message des grands prophètes (Élie, Élisée, Michée, Amos, Isaïe, Jérémie...), tous convaincus que Dieu viendrait un jour libérer Israël. "Comme les zélotes, estime l'auteur, il [Jésus] reconnaissait que le règne de Dieu n'exigeait pas simplement une transformation intérieure tendant à la justice et à la rectitude, mais un retournement complet de l'ordre politique, religieux et économique de la période".

Partant, la réinterprétation que propose Aslan consiste à oublier tout ce qu'enseigne le catéchisme traditionnel pour laisser surgir sous les mêmes mots un autre texte, profondément corrosif et au contenu politique affirmé. Ce qui le conduit très loin, notamment à faire de l'homme de Nazareth un véritable leader révolutionnaire qui applique un principe implacable : "Le règne de Dieu ne peut être installé sans l'anéantissement des dirigeants en place." Il n'est pas jusqu'aux Béatitudes, ces promesses splendides - au nombre de huit dans l'Évangile de Matthieu - faites aux démunis ("Heureux les pauvres en esprit, car le Royaume des Cieux est à eux. [...] Heureux les affligés, car ils seront consolés"), qui ne soient réinterprétées dans le sens d'un programme résolument politique. Ce Jésus-là prend facilement les traits d'un Mahomet, chef de guerre, interprétation dont les chrétiens ne sauraient s'offusquer, puisque, contrairement à l'islam, la foi chrétienne ne consiste pas en une récitation de la seule version autorisée.

Qui étaient ces zélotes auxquels Aslan veut rattacher Jésus ? À proprement parler, leur existence historique n'est documentée que dans la décennie 60, phase de troubles intenses, soit bien après la mort de Jésus. Leur révolte va entrer dans l'Histoire en provoquant par mesure de rétorsion un événement catastrophique et irréversible, la destruction, en 70, du Temple de Jérusalem par les Romains sur ordre de l'empereur Titus. L'historien juif Flavius Josèphe, auquel on doit en grande partie la connaissance de ce mouvement (dont il était l'adversaire), les présente comme un quatrième parti au sein du monde juif de l'Antiquité. Les sadducéens constituent la classe sacerdotale supérieure, dotée de tous les privilèges ; ils négocient leur position avec les Romains, qui s'appuient sur eux. Les esséniens, à l'opposé, abritent le courant puriste, retiré de la cité, isolé dans le dépouillement du désert et concentré sur ses rites parfois presque ésotériques. Les pharisiens, eux, représentent la classe moyenne des villes, se préoccupent de l'application des principes de la Torah (les cinq premiers livres de la Bible ou Pentateuque) dans la vie quotidienne, ce qui se traduit par le développement d'une véritable loi orale et par la contestation des prérogatives que préservent jalousement les sadducéens.

Les pharisiens (dont l'apôtre Paul était un parfait représentant jusqu'à sa conversion sur le chemin de Damas) donneront naissance, après la dispersion du peuple juif, au judaïsme rabbinique qui se confond jusqu'à nos jours avec le destin du peuple juif. Dans ce paysage en pleine accélération dramatique, les zélotes (du grec zêlotai, traduction de l'hébreu qanna'im, qui signifie "zélés") se réclament de grands personnages bibliques, justiciers et réformateurs intransigeants. Proches d'une définition de la foi qui est aussi celle des pharisiens, ils se distinguent de ces derniers par leurs méthodes d'action, radicales voire fanatiques, car ils combattent activement les Romains et considèrent que la détermination guerrière la plus absolue est un moyen de précipiter l'avènement du Messie. En 66, un sacrifice païen effectué devant la synagogue de Césarée sert d'étincelle à la révolte juive, qui s'étend à Jérusalem. Les zélotes, qui parviennent à rassembler leurs compatriotes, infligent une sévère défaite à la XIIe légion romaine et prennent temporairement le contrôle de la Ville sainte. Le philosophe et historien Ernest Renan assimilera ce soulèvement à "un accès de fièvre qu'on ne peut comparer qu'à celui qui saisit la France durant la Révolution". La réplique romaine sera effroyable et se soldera par la destruction complète du Temple et la dissémination des juifs.

C'est donc à ce courant extrémiste que Reza Aslan veut faire adhérer Jésus, en s'appuyant sur de nombreux indices, effectivement troublants, mais en empruntant un chemin biographique qui ne manquera pas d'être critiqué. Certaines des paroles du Christ restent jusqu'à ce jour mystérieuses, voire dérangeantes : "N'allez pas croire que je sois venu apporter la paix sur la terre. Je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive." Mais le choix d'Aslan, qui consiste à se passer de l'interprétation spirituelle pour en rester au mot à mot, produit des effets de distorsion. Pour les chrétiens, cette parole à consonance guerrière est la définition même du combat intérieur, du déchirement des âmes semblable à celui que produirait une lame. La suite de ce passage suffit à la montrer : "Car je suis venu opposer l'homme à son père, la fille à sa mère et la bru à sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa famille" (Matthieu X, 35-36). Il n'y a là rien qui s'apparente à une guerre, mais tout d'un conflit sur la foi qui divisera, en effet, le monde juif d'une maison à l'autre et séparera douloureusement les chrétiens et les juifs. Sinon, pourquoi Jésus aurait-il dit à ses disciples : "Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups" (Matthieu X, 16) ? Plus solide est la mention, dans l'entourage de Jésus, de certains disciples qui présentent toutes les caractéristiques des zélotes - Simon le Zélote et Judas Iscariote -, mais leur appartenance semble, en l'occurrence, clairement assumée par les Évangiles.

Dans un autre livre récemment paru, Jésus (Seuil), le théologien suisse Hans Küng, camarade d'études d'un certain Joseph Ratzinger, rappelle fort utilement que "Jésus est en personne le programme du christianisme". C'est pourquoi il y aura encore de nombreuses polémiques sur la vie méconnue de Jésus, sur ses paroles énigmatiques, sur ses années de silence... Blaise Pascal a résumé au mieux le débat, qui ne s'éteindra pas : "Il y a assez de lumière pour ceux qui ne désirent que de voir, et assez d'obscurité pour ceux qui ont une disposition contraire." Le christianisme poursuit sa course, tant il est vrai qu'il est fondé sur la liberté de chacun et qu'à ce titre il demeure tout aussi subversif après deux millénaires.

Contrairement à ce que beaucoup de courants conservateurs annonçaient avec le Jésus de Benoît XVI, non l'exégèse historico-critique n'est pas finie, et Jésus comme personnage historique n'a pas encore livré tous ses secrets.

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La vie méconnue de Jésus

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Publié le 13 Avril 2014

Le Point.fr dans son article du dimanche que le dimanche 14 avril 2014 nous montre qu'avec la messe des Rameaux, le pape François a ouvert dimanche les festivités de Pâques en appelant les chrétiens à s'interroger pour savoir s'ils ressemblent à ceux qui trahirent Jésus ou aux "courageux" qui lui furent fidèles. "Où est mon cœur, auquel de ces personnages (de l'Évangile) est-ce que je ressemble ? Cette question nous accompagnera toute la semaine", a lancé le pape sur un ton grave en improvisant totalement son homélie.

Auparavant, il avait présidé la procession des Rameaux, appuyé sur un bâton sculpté pour l'occasion par les détenus de la prison de San Remo (centre-ouest de l'Italie), entouré d'une centaine de jeunes prêtres et d'évêques. Vers 8 h 30, vêtu de la traditionnelle chasuble liturgique rouge, il a pris la parole, mais n'a pas lu le texte distribué à l'avance où il devait surtout rappeler l'entrée triomphale de Jésus dans Jérusalem, célébrée, selon la tradition chrétienne, lors de la messe des Rameaux.

Au contraire, le pape a choisi d'insister sur le fait que le dimanche des Rameaux correspond aussi à la lecture de la Passion du Christ. "Qui suis-je devant Jésus qui souffre ?" a lancé le pape, provoquant une tension palpable dans la foule qui remplissait l'immense place Saint-Pierre. "On a entendu tellement de noms, de dirigeants, prêtres, de pharisiens, de docteurs de la loi qui avaient décidé de le tuer, suis-je l'un d'eux ?" a-t-il ajouté en marquant de longues pauses.

"Suis-je comme Judas, capable de trahir Jésus (ou) comme les disciples qui ne comprenaient rien, qui s'endormaient pendant que le Seigneur souffrait, ma vie est-elle endormie ?" a poursuivi le pape argentin, élu il y a un peu plus d'un an à la tête de l'Église catholique. Il a poursuivi avec lenteur son homélie, appelant les fidèles à se demander s'ils sont "comme l'autre disciple qui voulait tout résoudre par l'épée" ou "comme Judas qui fait semblant d'aimer Jésus, de l'embrasser avant de le trahir".

Son message très symbolique visait aussi "ces dirigeants qui improvisent un tribunal, acceptent de faux témoignages", le procurateur de Judée Ponce Pilate qui, "face à une situation difficile, s'en lave les mains, n'assume pas ses responsabilités", et les soldats qui "frappent le Seigneur, lui crachent dessus, l'insultent, s'amusent à l'humilier". Mais il a aussi cité des exemples positifs relatés dans l'Évangile comme le personnage de Simon de Cyrène, "qui rentrait du travail fatigué, mais a eu la bonne volonté d'aider le Seigneur à porter la croix" et "ces femmes courageuses, dont la maman de Jésus, qui étaient là, souffraient en silence".

Une vision symbolique du pape à propos de comment "être chrétien" face aux difficultés mais aussi dans la fidélité au message de Jésus qui amène forcément les fidèles à s'interroger sur leur rôle dans l'Église, mais qui doit aussi amener l'Église à s'interroger sur son propre rôle.

Merci !

Le pape ouvre la semaine sainte

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