Publié le 23 Avril 2014

gonews.it dans son article du mardi 22 avril, nous montre la réaction d'Adele Corradi, un ancien collaborateur de Don Milani au sujet de sa réhabilitation et il ne mâche pas ses mots envers l'Église.

"Don Milani réhabilité. De quoi ? De quels péchés ? On réhabilite ceux qui avaient commis des crimes graves, se repentent, acceptent, et en reflètent l'effort. À peine peut être également accordée la réhabilitation." Ceci est écrit par Adele Corradi, qui était l'un des premiers collaborateurs de Don Lorenzo Milani à Barbiana, au Mugello, dans un message adressé au prêtre florentin Don Alessandro Santoro, le prêtre de Piagge, après avoir appris la nouvelle que la Congrégation pour la Doctrine de la Foi veut retirer l'interdiction de publication de l'ouvrage Esperienze Pastorali (Expériences pastorales) de 1958 qu'on jugeait à l'époque inapproprié. Le livre ne contenait pourtant aucune déviation doctrinale, mais il fut jugé socialement trop avancé pour être lu par les catholiques.

"Et l'Église, elle a aussi commis de graves erreurs, elle inflige une souffrance injuste, compte tenu de ce grave scandale", poursuit Corradi dans le message court à Don Santoro, dont le prêtre se dit prêt à "partager et à s'abonner pleinement à lui", pour le rendre public. Pour l'ancien collaborateur de Don Milani c'"est l'Église en quelques siècles (si la miséricorde de Dieu nous donne d'autres papes comme celui-ci), qui peut être éventuellement réhabilitée", et il critique ce qui est dit et écrit dans les médias après l'annonce de "réhabilitation" donnée par l'archevêque de Florence, le cardinal Giuseppe Betori, la semaine dernière.

L'histoire "dramatique" liée à l'ouvrage d'Esperienze Pastorali, est "le résultat de neuf années de travail, qui révèle à chaque page un amour attentionné et constant d'un jeune prêtre à toutes les personnes de son peuple", qui selon Corradi a fait "disparaître pendant des années un livre qui pouvait apporter un élément vital à l'Église." Une histoire qui maintenant "est stocké à la suite d'un "un acte de prudence en raison de circonstances contingentes"", conclut-il en soulignant et en critiquant les paroles de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

Don Lorenzo Milani considéré comme un progressiste voulait échapper à une logique minoritaire qui voyait ceux qui aidaient les pauvres comme des communistes au nom de la fidélité à l'Évangile qui l'a conduit vers l'option préférentielle pour les pauvres. Un choix où il consacra toute son énergie à l'éducation des jeunes espérant une révolution sociale basée sur la variété des personnes. Provocateur et critique, il était "mal à l'aise" et voulait discuter au sein de l'Eglise.

On se rappelle alors la célèbre phrase de Dom Helder Camara : «Je nourris un pauvre et l'on me dit que je suis un saint. Je demande pourquoi le pauvre n'a pas de quoi se nourrir et l'on me traite de communiste.»

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Publié le 22 Avril 2014

rfi.fr nous montre dans son article du lundi 21 avril 2014 que Pâques coïncide cette année avec l'anniversaire de la loi sur le mariage pour tous en France. Mercredi cela fera un an que le Parlement a adopté la loi Taubira autorisant le mariage homosexuel qui avait donné lieu à des débats houleux. Les partisans du mouvement de la Manif pour tous avaient organisé des manifestations géantes, parfois teintées de violences. Les représentants religieux et en particulier les catholiques avaient pris position contre. Un an après, le dialogue entre catholiques progressistes et conservateurs peine à se rétablir.

Les catholiques étaient particulièrement nombreux dans les manifestations d'opposition à la loi Taubira dite du «mariage pour tous» autorisant le mariage civil entre personnes de même sexe. Le mariage a un sens particulier pour les catholiques, c'est un sacrement - comme le baptême par exemple. Monseigneur Patrick Jacquin, recteur et archiprêtre de la cathédrale Notre-Dame de Paris explique que pour le clergé, la famille est fondée sur le mariage, qui est une union établie par Dieu et donc sacrée. "On estime toujours que le mariage est une union entre un homme et une femme pour faire des enfants, explique-t-il. Si des gens veulent faire autrement et si l’État décide autrement, on l’entend. Mais pourquoi appeler ça "mariage" ? Cela peut être un pacte républicain par exemple ! Pour nous, le mariage c’est pour faire des enfants", insiste Mgr Jacquin. Ce sont donc les termes «mariage» et «famille» qui sont importants aux yeux des catholiques. Un an après l’adoption du mariage homosexuel, l'institution religieuse ne semble pas vouloir faire évoluer sa vision.

Pourtant les sondages d’opinion montrent qu’environ 40 % des catholiques pratiquants sont favorables à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Un chiffre qui est resté stable tout au long du débat dans la société française. La loi a donc fait apparaître au grand jour différents courants au sein de l'Eglise : ceux qui sont favorables à l’évolution des mœurs, les progressistes, et ceux qui ne le sont pas, les conservateurs et les identitaires. Nicolas Neiertz est co-président du mouvement homosexuel chrétien David & Jonathan. L’association a milité pour la loi et aujourd'hui, il veut porter un nouveau regard sur les événements d'il y a un an. "Les catholiques relisent ce qui s’est passé avec du recul et se demandent comment on a pu en arriver là. Comment y a-t-il pu y avoir une telle violence dans certains discours, y compris d’autorités religieuses catholiques ?" Il estime d’ailleurs que certains "sont sortis de leur rôle en tenant un discours politique". Nicolas Neiertz pense toutefois que les catholiques tentent maintenant de se réconcilier, "de renouer le dialogue". "Dans tout le pays, des gens qui n’avaient jamais vu un couple de même sexe voient ces couples se marier. Ils voient que ce sont des gens normaux, qui s’aiment et ça les fait changer. Ça les fait évoluer".

Il compte beaucoup sur le nouveau pape François qui se montre plus ouvert que son prédécesseur. Mais le pape pourra-t-il réformer l’Église sur ces questions de société qui s’attaquent à des sujets essentiels aux yeux des catholiques ? La mobilisation des catholiques identitaires, sentant leurs convictions mises en danger par la loi du mariage pour tous, a été forte. Pour le sociologue des religions Olivier Bobineau, l’Église doit changer si elle veut survivre à son époque, car la société évolue et les mœurs se libèrent. "Le premier pilier de la société paroissiale qui a structuré l’occident chrétien s’effondre avec cette loi qui atteint le mariage, le sacré. Le deuxième pilier, le prêtre qui incarne une perfection, s’est déjà effondré avec le scandale des prêtres pédophiles. On s’est rendu compte qu’ils sont des hommes comme les autres". Pour lui, la loi du mariage pour tous a montré les limites de l'institution religieuse. "Elle a provoqué un sursaut identitaire et c’est un baroud d’honneur", analyse-t-il.

En même temps, Olivier Bobineau n’est pas sûr que le changement soit proche, au vu des critiques de plus en plus nombreuses des catholiques identitaires "sur internet notamment" contre le nouveau pape plus progressiste. Et puis, dit-il, "l'Église a toujours réussi à passer toutes les épreuves, tous les âges, depuis 1500 ans".

Il est grand temps d'un réel dialogue, de montrer que l'Église sait évoluer et sait parler à tous. Non, l'obscurantisme n'est pas une voie qui attire, elle ferme l'Église et transmet une image erronée à la société, car les catholiques ne sont pas représentés par un mouvement comme la Manif pour tous, mais par ceux qui sont au contact de la souffrance des autres.

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Publié le 21 Avril 2014

tf1.fr nous montre dans son article du 20 avril 2014 qu'à l'occasion de son "Urbi et orbi" pour Pâques, Le pape François a demandé dimanche que des "initiatives de pacification" soient entreprises dans la crise ukrainienne, en Syrie, Centrafrique, Soudan du Sud et Venezuela.

Le pape François a demandé dimanche, à l'occasion de Pâques, que des "initiatives de pacification" soient entreprises dans la crise ukrainienne, en Syrie, Centrafrique, Soudan du Sud et Venezuela, mettant aussi l'accent sur l'exploitation, l'abandon, l'extrême pauvreté et les gaspillages dans le monde.

Lors de son message pascal "Urbi et orbi" ("à la ville au monde"), devant 150 000 fidèles et curieux et devant les télévisions du monde entier, le pape a rappelé que Pâques était fêté cette année à la même date par les catholiques et les orthodoxes : "nous te prions, Seigneur, d'éclairer et d'inspirer des initiatives de pacification en Ukraine, pour que les parties intéressées, soutenues par la communauté internationale, entreprennent tout effort pour empêcher la violence et construire, dans un esprit d'unité et de dialogue, l'avenir du pays".

Le pape François a par ailleurs demandé dimanche une nouvelle fois aux belligérants syriens "l'audace de négocier la paix, désormais attendue depuis trop longtemps". Les parties en présence doivent cesser d'"utiliser la force pour semer la mort, surtout contre la population sans défense" et à permettre l'accès des populations "aux aides humanitaires nécessaires". Il a aussi condamné "les victimes des violences fratricides en Irak" voisin, et souhaité une solution au conflit israélo-palestinien.

Pour l'Afrique, le pape a lancé des appels pour des arrêts aux affrontements sanglants en République Centrafricaine, au Soudan du Sud et aux "atroces attentats terroristes dans certaines zones du Nigeria". Au Venezuela, où le Vatican participe à une médiation pour rétablir la paix civile, le pape latino-américain a demandé que "les esprits se tournent vers la réconciliation et la concorde fraternelle".

Mais le pape François, comme à d'autres occasions, a aussi évoqué plus largement les malheurs dus à l'injustice et à l'exploitation. Il a fustigé "les immenses gaspillages dont nous sommes souvent complices" qui contribuent à la faim dans le monde, les personnes "sans défense, surtout les enfants, les femmes et les personnes âgées, parfois transformés en objets d'exploitation et d'abandon".

"Fais que nous puissions soigner les frères touchés par l'épidémie d'Ébola en Guinée Conakry, en Sierra Léone et au Liberia, et ceux affectés par tant d'autres maladies, qui se diffusent aussi à cause de l'incurie et de la pauvreté extrême", a-t-il aussi déclaré, dans une allusion assez rare au problème des négligences dans les soins dans les pays les plus pauvres.

Le pape François comme à son habitude prône la paix et demande que des efforts soient entrepris dans ce sens. Le concile Vatican II exhorte les chrétiens à s'unir à tous les hommes et à toutes les femmes qui aiment la paix, dans le but de l'implorer et de la réaliser (Gaudium et spes, n° 78). La paix est avant tout la protection de la liberté, un droit inaliénable et une aspiration profonde de chaque personne, alors l'Église ne doit pas collaborer avec des régimes qui s'opposent au droits de l'homme, et soutenir tous les hommes qui recherchent la liberté et la justice. La paix ne se fera jamais au prix de la liberté.

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Ukraine, Syrie, Centrafrique... : le pape plaide la paix tous azimuts

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Publié le 20 Avril 2014

Le thème de la résurrection devint un des thèmes de l'Église pré-conciliaire notamment dans l'exégèse moderne. Il fut considéré comme une question de l'apologétique, une preuve afin de garantir ce que Jésus avait dit et fait, mais pas le cœur même de la foi chrétienne, et elle fut à attaché à la rédemption future.

Par conséquent, il n'est pas étonnant que FX Durrwell, livra un travail de la théologie biblique en 1950, qui trouva une oreille réceptive, ensuite le Concile Vatican II inaugura un intense de travail exégétique et théologique sur la résurrection dans les années 1960 et au début des années 1970, par exemple, en 1966 Pierre Benoit, avec La Passion et la Résurrection de Jésus-Christ et Léon-Dufour en 1971, avec La Résurrection et le Message de Pâques. Ce ferment exégétique ne passa pas inaperçue à Rome, et les exégètes furent invités à tenir un séminaire sous l'égide du Vatican en 1970, pour afficher le fruit de leurs travaux historiques. Parmi ces qui firent des présentations se trouvaient B.M. Ahern, R.E. Brown, J. Dupont, A. Feuillet, J. Guitton, J. Kremer, M.-J. le Guillou, X. Léon-Dufour, et C.M. Martini, et les participants furent abordés par Paul VI. Les théologiens à propos de la résurrection auraient bénéficié d'une certaine ouverture sur les études historico-critiques qui se divisa entre une théologie modérée d'un Gerald O'Collins ou d'un Raymond Brown en 1973, et les présentations plus radicales d'un Hans Küng et d'un Edward Schillebeeckx en 1974.

Gerald O'Collins en 1973, dans The Resurrection of Jesus Christ (The Easter Jesus) fait appel à des études bibliques récentes sur la résurrection. Il suggère, par exemple, que deux traditions authentiques mais distinctes sont à l'origine des récits évangéliques de la résurrection. La première est l'apparition de Jésus à Pierre et aux Douze, et de l'autre les femmes visitant le tombeau vide, ce n'est que progressivement que ces deux traditions furent réunies, d'abord dans l'Évangile de Marc, puis dans celui de Luc, et enfin sous forme entièrement intégrée dans Jean. Il pense aussi qu'il est plausible, malgré "un point mineur" que la première apparition avait eu lieu en Galilée. L'épisode du tombeau vide est pour lui une pièce importante. Raymond Brown lui dans The Virginal Conception and Bodily Resurrection of Jesus en 1973, pense que la résurrection corporelle de Jésus est un élément sûr. Pour Brown l'historicité du tombeau vide ne fait également aucun doute. En ce qui concerne Joseph d'Arimathie, il écrivait : "Il est pratiquement certain que ce n'était pas le fruit de l'imagination chrétienne, on se souvenait précisément de lui parce qu'il a joué un rôle de premier plan dans la sépulture de Jésus, et donc il y avait quelqu'un qui savait exactement où Jésus avait été enseveli." Et dans l'élaboration de ses conclusions définitives à propos de la résurrection de Jésus, il écrit : "Et donc à partir d'une étude critique de l'évidence biblique, je jugerais que les chrétiens peuvent et doivent continuer de parler d'une résurrection corporelle de Jésus. Nos premiers ancêtres dans la foi proclamèrent une résurrection corporelle dans le sens où ils ne pensaient pas que le corps de Jésus avait été corrompu dans la tombe."

Hans Küng dans Être chrétien en 1974 nous dit que Paul dans I Corinthiens n'en parle jamais, et il ne "pouvait imaginer la résurrection dans le sens d'être revêtu d'un corps nouveau qui nous attend déjà dans les cieux" et donc il aurait pu supposer que le corps de Jésus est resté dans le tombeau. Mais même si Paul "ne pouvait pas imaginer une résurrection sans un tombeau vide ..." Sa foi en la résurrection ne repose ni sur le tombeau vide, ni sur certains événements du matin de Pâques. Pour Hans Küng, "Il n'est guère possible, par conséquent, de réfuter l'hypothèse que les histoires de la tombe vide comme des élaborations mythiques du message de la résurrection." Il suffit de noter les difficultés rencontrées par les disciples qui ont dû prêcher Jésus ressuscité à Jérusalem tandis que son corps était dans la tombe, un problème que reconnaît Hans Küng, mais il note la période écoulée entre l'enterrement et la prédication qui aurait rendu la vérification du corps difficile, ou bien que la prédication, elle-même, n'aurait pas eu de retentissement dans à Jérusalem. Pour Hans Küng le tombeau vide "ne peut fournir aucune preuve de la résurrection." Hans Küng en vient à la conclusion que la foi en Jésus ressuscité est indépendante du tombeau vide. Enfin Hans Küng affirme que, bien que la résurrection n'est pas un événement historique, ni un miracle, elle est en quelque sorte un événement réel. Le tombeau vide n'est pas l'affirmation d'une réanimation du corps de Jésus, pour Hans Küng, tous ses aspects corporels ont été laissé derrière lui.

Edward Schillebeeckx va plus loin dans Jezus, het verhaal van een levende en 1974, nous disant que l'épisode du tombeau est légendaire, de même que les apparitions après la résurrection le sont. Ce n'est pas le tombeau vide et les apparitions après la résurrection qui ont amené les disciples à croire que Jésus était ressuscité, mais ils en possédaient déjà que la croyance qu'ils ont ensuite sur une certaine période rempli par la création des histoires du tombeau vide et sur les apparitions. De cette façon, la question fondamentale de l'existence de ces évènements est renversée : le tombeau vide est née de pèlerinages au tombeau et des liturgies qui y étaient célébrées. L'histoire des femmes au tombeau est une légende, tandis que Luc compte les apparitions après la résurrection selon un modèle hellénistique. Nous ne devons pas nous se soucier se trouvant dans le tombeau parce qu'il suit "l'eschatologie de la résurrection des corps, qui théologiquement parlant, n'a cependant rien à voir, avec un cadavre."

Le dominicain Jacques Pohier en 1977 dans la revue Concilium, lui nous dit que les témoins de la résurrection ne croient pas en Jésus ressuscité, car ils l'ont rencontré de leur vivant, mais c'est leur foi en Jésus qui leur fait croire en Jésus ressuscité, et dire qu'il était ressuscité. En 1984, Thomas Sheehan écrivit un avis dans un livre concernant la résurrection. Son titre était “Revolution in the Church”, et sa première ligne est explicite : "Le démantèlement de la théologie catholique traditionnelle, par les catholiques eux-mêmes, est désormais un fait accompli." Les histoires sur la résurrection, nous dit Sheehan, sont «en contradiction l'une avec l'autre», qui est l'une des raisons pour lesquelles il en vient à la conclusion qu'ils "ne sont pas des récits historiques, mais les mythes religieux." Alors que selon lui le tombeau de Jésus a sans doute été trouvé vide, les histoires d'apparitions "sont relativement des légendes tardives" puisqu'elles figurent dans Matthieu et Luc aux environ de l'année 85, et en dernière analyse, "ils ne sont pas essentiels à la foi chrétienne". Simon, après la mort de Jésus, s'était rendu à Capharnaüm, et il avait eu une "expérience révélatrice", ce qui a peut-être été rien de plus qu'une réflexion "sur la vie et le message" de Jésus. Sheehan essaie ensuite d'imaginer ce que le contenu de ce message aurait pu être : "Jésus allait bientôt revenir dans la gloire pour inaugurer le royaume de Dieu !" Après cette expérience, Pierre parla à ses condisciples sur ce sujet. Pas d'apparitions, pas besoin de se demander si le tombeau était vide ou non, et donc, pas de résurrection qui conduisit à une apparition à Simon pour qu'il puisse recouvrer la foi en Jésus ressuscité. Au contraire, l'expérience révélatrice de Simon vient en premier lieu et elle fut formulée plus tard comme la résurrection de Jésus, mais cette expérience pourrait être, et était probablement, exprimé d'une autre manière au sein des premier Chrétiens.

John Dominic Crossan, un ancien prêtre Servite, nous montre dans The Historical Jesus : The Life of a Mediterranean Jewish Peasant, en 1991, la reconstruction savante du Jésus historique prend la place de celui de la foi. Et sa reconstruction de la résurrection n'est pas "sur les origines de la foi chrétienne, mais sur les origines de l'autorité chrétienne", il démontre la rivalité pour le leadership dans l'Église primitive qui sont exprimé dans les différentes histoires au sujet de Pierre, et dans l'Évangile de Jean, sur le disciple bien-aimé courant au tombeau.

La plupart des chercheurs pensent aujourd'hui que quelque chose s'est réellement passé. Les disciples auraient eu des expériences réelles. Ils crurent avoir vu Jésus ressuscité. Et la plupart de ces chercheurs pensent que les disciples ont vraiment vu quelque chose, qu'ils eurent des expériences réelles. Mais la majorité des savants qui admettent que Jésus leur est apparu, répugnent à un corps physique et ils pensent qu'il y avait une sorte d'esprit vaporeux ou bien quelque chose d'autre, un corps glorieux qui pourrait être physique. Le débat reste ouvert.

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La résurrection de Jésus selon l'exégèse moderne

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Publié le 19 Avril 2014

b) La formation des disciples :

Il décide donc de s'éloigner de la Galilée, où d'après Marc, il ne reviendra qu'à une reprise, et dans le plus grand secret (9, 30 : « Jésus ne voulait pas qu’on le sache »), pour se protéger des poursuites du « renard » dont il est un des sujets et organiser le groupe des disciples pour la venue du Royaume.

Il restructure probablement d'abord son groupe autour de ses plus proches, sa famille, les douze, dont les noms fluctuent (la multiplication des pains a donc aussi divisé son cercle le plus proche), et du groupe des femmes. Puis, il décide de reprendre leur formation en main car ses disciples, en grande majorité galiléen comme la foule de la multiplication des pains, sont encore pollués par une vision glorieuse et guerrière du Messie. Le film Le Rois des Rois de Nicholas Ray restitue d'ailleurs très bien ce moment charnière.

D'abord, il annonce à ses disciples que la venue du Royaume n'est pas une réalité lointaine mais proche : « Je voyais Satan tomber du ciel comme l’éclair » (Luc 10, 18), c'est-à-dire l'adversaire de Dieu, l'empereur de Rome, Tibère, et que « parmi ceux qui sont ici, certains ne mourront pas avant de voir le Règne de Dieu venu avec puissance » (Marc 9, 1). Les disciples ont toutes les raisons d'être optimistes.

Il doit, cependant, modérer leur enthousiasme, le Royaume ne viendra pas à la manière des rebelles galiléens, mais par leur action de prédication de la Bonne Nouvelle : « Le Royaume de Dieu est en vous » (source Q 17, 21 dans Frédéric Amsler, id.) Raison pour laquelle, tel qu'il l'annonce dans la paraboles des Mines, les disciples ne peuvent se contenter de leurs acquis : « Méchant esclave, tu savais que je moissonnais où je n'avais pas semé et que je ramassais où je n'avais pas répandu ? Il te fallait donc placer mon argent chez les changeurs ! Et à mon retour, j'aurais retiré mon bien avec intérêt. Enlevez-lui donc cette mine et donnez-là à celui qui a dix mines. Car, à tout homme qui a, on donnera, mais celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera enlevé. » (source Q 19, 22-26 dans Frédéric Amsler, id.) Et doivent comprendre les effets immédiats de la venue du Royaume : « Beaucoup sont appelé, mais peu sont élus » (Matthieu 22, 21) ; « Entrez par la porte étroite, car beaucoup chercheront à entrer et peu nombreux ceux qui la (franchissent). » (source Q 13, 24 dans Frédéric Amsler, id..) Car C'est Yahvé, « le plus fort » de Jean le Baptiste, en personne qui fera venir le Royaume, et non Jésus, tel que le montre la prière du « Notre Père » : « Que ton règne vienne » (source Q 11, 2b dans Frédéric Amsler, id.). On comprend donc le propos de Simon-Pierre, qui ne figurait probablement pas à l'origine dans le récit de l'appel de l'homme riche mais plutôt après ces appels à l'urgence : « Eh bien ! nous, nous avons tout laissé pour te suivre. » (Marc 10, 28.) Cependant, Jésus par la symbolique, les rassure, car ce sera un Israël restauré, dont les Douze seront les représentants, à l'image de celui de Daniel 7, 13-14, qui jugera aux côtés de Dieu : « Alors on verra le Fils de l’homme venir, entouré de nuées, dans la plénitude de la puissance et dans la gloire » (Marc 13, 26). Raison pour laquelle, c'est le peuple d'Israël qui est visé par cette annonce : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » (Matthieu 15, 24.) Cette restauration sera, toutefois, terrible : « Car tel l'éclair qui surgit de l'Orient et étincelle jusqu'à l'Occident, ainsi sera le Fils de l'homme lors de son jour. » (source Q 17, 24 dans Frédéric Amsler, id.) Et Jésus en a bien conscience : «C’est du feu que je suis venu jeter sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! » (source Q 12, 49 dans Frédéric Amsler, id.)

Cependant, le Royaume de Dieu n'est pas fermé, comme celui des membres de la « quatrième philosophie », c'est-à-dire des rebelles galiléens, et des Esséniens, il est ouvert à tous, car la restauration d'Israël profitera à toute l'humanité : « Et beaucoup viendront de l'Orient et de l'Occident et s'attableront avec Abraham et Isaac et Jacob dans le royaume de Dieu. » (source Q 13, 29-28 dans Frédéric Amsler, id.) Le retour de Dieu sera festif, joyeux, un banquet messianique, au cours duquel Dieu récompensera, en effet, tous les hommes de bien, peu importe leur origine : « toutes les fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait » (Matthieu 25, 40), et ceux qui auront suivi Jésus : «Amen, je vous dis qu’il n’est personne qui aura quitté maison ou frères ou sœurs ou père ou mère ou enfants à cause du royaume de Dieu qui ne reçoive de nombreuses fois autant, et il héritera de la vie éternelle » (Proto-Matthieu, version Phlippe Rolland.) Dans une société où l'ordre établi sera renversé : « Les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers » (source Q 13, 20 dans Frédéric Amsler, id.) ; « Quiconque s'élève sera abaissé et qui s'abaisse sera élevé » (source Q 14, 11 dans Frédéric Amsler, id.). Ce qu'il dit dans la clandestinité, et non le secret, à ses disciples est donc dans la droite ligne des Béatitudes (source Q 6, 20-23 dans Frédéric Amsler, id.) : « Bienheureux, vous les pauvres, parce que le règne de Dieu est à vous. Bienheureux, vous les affamés, parce que vous serez rassasiés. Bienheureux vous les endeuillés parce que vous serez consolés. » Message révolutionnaire car dans le Royaume ce ne sera pas les importants, qui composent avec les Romains et leurs collaborateurs, qui seront récompensés mais leurs victimes, les petits paysans, propriétaires et les commerçants, qui ont vu la pression fiscale augmenté et se retrouve confronté aux tentatives d'Hérode Antipas, le tétrarque de Galilée et de Ponce Pilate, le préfet de Judée, de modifier leur culture en introduisant l'hellénisme, auquel a succombé une partie de l'élite. Jésus dit donc à ses disciples que Dieu a enfin entendu les cris de son peuple comme au temps de l'Exode. C'est la raison pour laquelle, rien de ce qu'il a dit dans la clandestinité ne doit être dissimulé quand le temps sera venu : « Il n'y a rien de voilé qui ne sera pas dévoilé ni de caché qui ne sera pas connu. Ce que je vous dis dans l'obscurité, dites-le en pleine lumière, et ce que vous entendez à l'oreille, proclamez-le sur les toits. » (source Q 12, 2-3, dans Frédéric Amsler, id.) Bien conscient qu'un tel message amènera la division, et mal compris la violence, jusqu'au sein même de la famille : « Pensez-vous que je sois venu jeter la paix sur la terre ? Je ne suis pas venu jeter la paix mais l'épée. Car je suis venu diviser fils contre père et fille contre sa mère et belle-fille contre sa belle-mère. » (source Q 12, 51, 53, dans Frédéric Amsler, id.)

Ces propos, dont certains peuvent paraître proche des disciples de Judas le Galiléen, influent dans leur région d'origine, provoquent l'excitation des ses disciples, qui ne les entendent que d'un point de vue très humain. Pour eux, le Royaume est une réalité qui n'est pas ouverte mais fermée autour du seul groupe choisi par Jésus, à l'image des rebelles galiléens et des esséniens, dont les bouillants Jacques et Jean, fils de Zébédée, surnommée par les lui les « fils du tonnerre » sont les dignes représentants : « Maître, nous avons vu quelqu’un qui chassait les démons en ton nom et nous avons cherché à l’en empêcher parce qu’il ne nous suivait pas » (Marc 9, 38) ; « Seigneur, veux-tu que nous disions que le feu tombe du ciel et les consume ? » (Luc 9, 54.). Un royaume où ils se voient siéger comme des rois auprès de Jésus et pour lequel il se dispute les places d'honneur. Il doit mettre les points sur les i au sujet de la venue de Dieu avec des phrases très dures, envers Simon-Pierre : « Passe derrière moi, Satan! - qu'il faut traduire soit par adversaire ou pire partisan des romains - Car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes! » (Marc 8, 33, qui pour John P. Meier était à l'origine isolé du récit de l'annonce de la mort et de la résurrection par Jésus), et Jacques et Jean : « Vous ne savez de quel esprit vous êtes animés. Car le Fils de l'homme est venu, non pour perdre les âmes des hommes, mais pour les sauver » (Luc 6, 55-56, addition) ; « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous » (Marc 10, 40); « siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder : ce sera donné à ceux pour qui cela est préparé » (Marc 9, 40). En effet, ce royaume n'est pas celui des hommes mais de Dieu, où Jésus se met au service des autres pas au-dessus des autres : « Les rois des nations les commandent en maîtres, et les grands personnages leur font sentir leur pouvoir. Mais cela ne se passe pas ainsi parmi vous. (...) si l'un de vous veut être grand, il doit être votre serviteur, et si l'un de vous veut être le premier, il doit être l'esclave de tous. Car le Fils de l'homme lui-même n'est pas venu pour se faire servir, mais il est venu pour servir. » (Marc 9, 42-45.) Ce que ne comprend pas non plus sa famille, qui elle aussi, garde cette vision trop humaine (Jean 7, 3), et à qui il une violente remontrance : « Quiconque fait la volonté de Dieu, voilà mon frère, ma sœur, ma mère. » (Marc 3, 34). Un dit plus à sa place à un moment où Jésus, dans la clandestinité, serait revenu à Capharnaüm, y ameutant la foule devant sa maison, et inquiétant sa famille qui lui conseillait la prudence. Il est possible que ce dit fut prononcé pour protéger sa famille d'une arrestation toujours possible en Galilée, mais aussi avec une arrière pensée : faire comprendre à sa famille que Dieu va plus loin que les liens du sang, même si ils sont appelés à gouverner avec Jésus en tant que famille régnante aux côtés des disciples qui constitueront l'administration de ce nouveau royaume.

L'objectif de Jésus est Jérusalem, la ville sainte où Dieu demeure dans le saint des saints du Temple. Un épisode est clair à ce sujet celui de la Transfiguration, rapporté par Luc, que Marie-Émile Boismard jugeait être indépendant de celui des évangiles de Marc et Matthieu. Ici, Jésus parle avec « deux hommes » (Luc 9, 30a) « de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem » (Luc 9, 31b). Ce récit de la Transfiguration a un degré d'authenticité que n'a pas celui de Marc et Matthieu, car on dirait une réunion préparatoire au grand projet de Jésus qui démarrera à la fête des Tentes de l'an 29 qui a été transformé en révélation probablement par Simon-Pierre, Jacques et Jean, qui sous la fatigue et la présence de nuages bas sur le mont Hermon qui réfléchissaient le soleil, ont cru assisté à un événement merveilleux, qui a probablement eu lieu après la question de confiance. D'ailleurs, c'est à partir de là que Luc nous dit que « Jésus prit résolument la route de Jérusalem » (Luc 9, 51b).

Jésus, afin de préparer ce voyage, doit créer des réseaux pour le soutien logistique dont il aura besoin afin de convaincre les autorités juives qu'il est venue, en tant que Messie, préparer la venue immédiate du Royaume.

c) L'organisation de réseaux :

Les villes visées sont particulièrement Béthanie (Jean 11, 1 ; Marc 11, 1, 11, 12 ; 14, 3), Jéricho (Luc 10, 30 ; Marc 10, 46), Bethphagé (Marc 11, 1), qui sont essentielles afin de pouvoir installer un groupe dans un axe autour de la ville de Jérusalem, où il fera de même et pourra trouver des bastions nécessaires à une installation qui pourra être définitive. Le choix de Bethphagé est tout sauf innocent quant on sait que c'est une ville de prêtres, il cherche donc des alliés au sein même du Temple. Et, Jésus semble avoir créé d'excellents réseaux, car quand il vient à Jéricho, il est déjà connu (Marc 10, 46, 48), et il compte des amis proches à Béthanie, Marthe, Marie, et leur frère Lazare (Luc 10, 38-39 ; Jean 11, 1) et peut-être Simon le lépreux (Marc 14, 3), la ville devenant son quartier général en Judée, tout comme Capharnaüm l'avait été en Galilée. Ici, on peut probablement voir l'action de l'intendant du groupe de Jésus, Judas Iscariote, probablement le seul Judéen parmi ses disciples, et qui semble avoir été un notable, qui a pu jouer de relations possibles avec des membres du Sanhédrin ou des prêtres du Temple de Jérusalem, qui pourrait expliquer la grande proximité qu'on lui prête avec ses derniers (Marc 14, 10 ; Matthieu 27, 4). Et, dans la province, ce qui augmente ses opportunités d'audience, il a d'excellentes relations avec les Pharisiens, car ceux-ci prennent plaisir à discuter avec ce maître qui a un enseignement nouveau, même s'il n'approuve pas sa trop grande mansuétude de table avec les pécheurs, à tel point qu'il l'invite à manger (Luc 11, 37). Il faut dire, que comme Jésus, c'est une « secte » très centrée autour de l'importance des repas, où l'on débat de façon animé, ce qui explique que les déclarations très dures de Jésus étaient tout sauf mal vu même à propos de l'hypocrisie de certains de ses membres (source Q 11, 39- 44 dans Frédéric Amsler, id.), ces derniers s'y retrouvant probablement quand on se rappelle les 7 types de Pharisiens que l'on retrouve dans le Talmud (Sotah 22b), dont les 6 premiers ressemblent beaucoup à ceux hypocrites de Jésus :

« 1). Les « Forts d’épaule », Ils écrivent leurs actions sur leur dos pour se faire honorer des hommes. 2). Les « Pointilleux », qui vont par les rues, traînant, pour se faire remarquer ; en faisant de petits pas sans lever les pieds. 3). Les « Cogne-tête, » ceux là ferment les yeux, soi-disant pour ne pas voir les femmes et vont se cogner le front contre les murs. 4)... Les « Humbles renforcés » qui marchent pliés en deux. Ils se montrent comme s’ils avaient déjà tout accompli, et veulent en faire plus. 5)... Les « Pharisiens de calcul » qui ne pratiquent la Loi que pour avoir les récompenses qu’elle promet, et non par amour pour Dieu. 6)... Les « Pharisiens de la peur », qui ne font le bien que dans la crainte du châtiment. 7)... Les « Pharisiens du devoir », ceux là sont les bons. »

Jésus ne se contente pas de créer des réseaux mais recrée aussi ceux déjà existant, qui lui sont favorables. Son voyage au-delà du Jourdain (Marc 10, 1 ; Jean 10, 40) en est révélateur car il se rend « à l’endroit où Jean avait commencé à baptiser » (Jean 10, 40) et semble y avoir demeurer un certain temps d'après les deux évangiles. Ce faisant il ne fait que revendiquer son rôle de successeur du Baptiste, ayant déjà été associé à la mission de ce dernier en tant que Messie-Roi au début de son ministère. Et il pourra aussi espérer s'appuyer sur ces réseaux que le Baptiste a installé en Samarie (Jean 3, 23), pouvant expliquer l'accueil dans un village dans Luc 9, 56. Dosithée semble avoir été un de ses disciples et la conversion de son disciple, Simon, par le diacre Philippe (Actes 8, 9-13), semble montrer que les deux groupes s'entendaient bien mais pas sans heurts. Jésus semble n'avoir pas eu trop de difficultés pour ressusciter le mouvement, brisé pour un temps par Hérode Antipas : « Et là, ils furent nombreux à croire en lui. » (Jean 10, 41) Il pourra donc compter sur lui pour son futur projet.

Le choix de viser aussi la Samarie est tout sauf accidentel. En effet, le projet de Jésus invite aussi à dépasser les clivages, notamment entre Juifs et Samaritains, car la venue du Royaume signifierait la réunion des Douze tribus d'Israël, et donc des Juifs avec les Samaritains. D'ailleurs, Jésus ne l'annonce-t-il pas en choisissant les Douze ? Dans la parabole du Bon Samaritain, il prend ainsi, en exemple, un Samaritain qui fait preuve de bonté envers un Juif laissé pour mort par des brigands sur la route de Jéricho, une chute choquante qui dépasse le simple « aime ton prochain comme toi-même » pour aller plus loin : « aime celui que tu crois être ton ennemi ». Probablement pour le scribe qui a posé la question, mais peut-être pas pour tous les Pharisiens. Certains Sages puis Rabbis, jusqu'en 150, considèrent les Samaritains comme des membres du Peuple élu. D'ailleurs, ces derniers se battront aux côtés des Juifs lors de la guerre juive de 66-70. Mais cela ne va pas de soi, le message de Jésus a du mal à atteindre l'autre membre du peuple élu, ce qui explique son mauvais accueil dans un village (Luc 9, 52-53) parce que celui-ci ne se rend pas au mont Garizim, l'équivalent, pour eux, du Temple de Jérusalem. Peut-être aussi parce qu'il invite à dépasser les lieux cultes, tout en insistant sur la primauté spirituelle des Juifs : « l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs » (Jean 4, 21-22). Ce que montre très bien, comme l'a très bien remarqué Oscar Cullmann (Jésus et les révolutionnaires de son temps, Les éditions Labor et Fides, 1973), la place qu'à le Temple pour lui dans la religion juive : « Quand donc tu vas présenter ton offrande à l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; viens alors présenter ton offrande » (Matthieu 5, 23-24.) Ce faisant, en ne remettant pas en cause le culte sacrificiel comme les Esséniens, il ne peut que s'attirer la sympathie des prêtres et des lévites qui exercent au sein du Temple, ce qui encourage les probabilités de succès à Jérusalem.

C'est donc avec beaucoup de confiance que Jésus monte à Jérusalem pour la fête des Tentes de l'an 29 pour un séjour qui sera marqué de symboles forts pour le long projet de Jésus qui ne s’achèvera à la Pâque de l'an 30.

Freyr1978

Le dernier pèlerinage de Jésus à Jérusalem : le regard de l'exégèse historico-critique (2ème partie)
Le dernier pèlerinage de Jésus à Jérusalem : le regard de l'exégèse historico-critique (2ème partie)
Le dernier pèlerinage de Jésus à Jérusalem : le regard de l'exégèse historico-critique (2ème partie)
Le dernier pèlerinage de Jésus à Jérusalem : le regard de l'exégèse historico-critique (2ème partie)

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Publié le 19 Avril 2014

Pour comprendre pourquoi Jésus s'est rendu à Jérusalem et y est mort, on doit d'abord s'éloigner d'une théologie simpliste qui perdure encore dans la tête de certains chrétiens : Jésus serait venu à Jérusalem « pour mourir pour nos péchés ».

Surtout parce que, dans le Nouveau Testament, notre première source au sujet des buts de ce séjour est Paul de Tarse, qui ne se réfère jamais à ce sujet à un propos de Jésus au point de développer sa propre théologie sur la mort de Jésus : « un seul est mort pour tous et donc que tous sont morts. Et il est mort pour tous afin que les vivants ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux » (2 Corinthiens 5, 14-15) ; « nous croyons en celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification » (Romains 4, 24-25).

On peut comprendre que les disciples de Jésus soit resté circonspect quant à sa théorie de la croix salvatrice, croyance étrange à une époque où la croix est une mort dévalorisante et humiliante, celle des rebelles contre Rome, mais contrairement à ce qu'avance Paul, la croix n'est pas un scandale pour les Juifs car les corps pendu au bois l'étaient après la mort, et Gamaliel, qui prend la défense des disciples de Jésus dans Actes 5, 34-39, ne s'y réfère jamais, alors que ce sujet aurait pu prêter à contradiction. D'ailleurs, le Sanhédrin ne le fait pas plus. Étrange vu le niveau des études de ses membres en matière de théologie. Ce qui a plutôt tendance à montrer que ces derniers jugeaient que Jésus était plus mort pour des buts politiques que religieux. On comprend donc pourquoi Simon-Pierre n'en parle jamais, sinon dans des interpolations, œuvre de l'auteur des Actes des Apôtres, pour créer une union des premières communautés chrétiennes alors que tout au long de cet ouvrage, il ne fait que prouver le contraire. D'ailleurs, pour eux, c'est la Résurrection de Jésus qui a sauvé Israël et l'humanité, pouvant permettre, ainsi, la venue du Royaume : « Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait et Seigneur et Christ, ce Jésus (...) crucifié. » (2, 36) ; « Dieu, lui, avait d’avance annoncé par la bouche de tous les prophètes que son Messie souffrirait et c’est ce qu’il a accompli » (3, 18). Ces deux passages, tiré de la bouche d'un des plus proches disciples de Jésus, suggèrent même que Jésus n'était pas au courant du plan de Dieu, et aucun récit des disciples de Jésus ne nous dit à quel prophétie il se rapporte car il n'utilise jamais celle du Serviteur Souffrant, par contre il se réfère à un Psaume (2, 1-3, Actes 4, 25-26), qui date probablement de la période où un roi de Juda dominait ses voisins, d'où le terme mis en avant de Oint (Messie). Les disciples y pointent du doigt les autorités juives et romaines, ce qu'il font aussi dans les passages cités plus haut. Il faut d'ailleurs savoir que les trois récits de l'annonce de sa mort et sa résurrection sont considérés actuellement, tel que l'avait bien montré Raymond E. Brown (La Mort du Messie, Bayard, 2005), comme une création de l'évangéliste, rédacteur de l'évangile de Marc, sur la figure du Serviteur Souffrant, qui a été développé au sein de la communauté helléniste, mais pas au sein de celle que l'on baptisera plus tard de judéo-chrétienne. Et même ici, Jésus ne dit jamais qu'il va mourir pour les péchés de qui que ce soit. Par contre, on sent une influence de la communauté helléniste sur les propos de Paul, même si à ce niveau, il les a dépassé, car pour lui, Jésus a libéré les hommes de la Torah par sa mort et sa résurrection, car par « les œuvres de la loi, personne ne sera justifié » (Galates 2, 16), « les passions pécheresses, se servant de la loi, (...) afin que nous portions des fruits pour la mort » (Romains, 7, 15) , « les pratiquants de la loi sont » donc « tous sous le coup de la malédiction, puisqu’il est écrit : Maudit soit quiconque ne persévère pas dans l’accomplissement de tout ce qui est écrit dans le livre de la loi. » (Galates 3, 10.) Par cette théologie du péché et de la Loi qui semble l'avoir beaucoup obsédé au point que cet enseignement marquera aussi la communauté de l'évangile de Jean, qui a vu dans une communauté fondée par ce dernier, celle d'Éphèse, il nous fait remarquer que le Jésus historique ne l'intéressait pas (c'est le seul ressuscité), au point de ne pas connaitre (ou de l'avoir volontairement oublié) un enseignement essentiel de Jésus en la matière : « Mais il est plus facile au ciel et à la terre de passer qu'à un iota ou un sherif de la loi de tomber. » (source Q 16, 17 dans Frédéric Amsler, L'évangile inconnu. La source des paroles de Jésus, Essais bibliques n°30, Labor et Fides, Genève, 2001.)

Pour comprendre ce qu'attendait Jésus de son dernier pèlerinage à Jérusalem, il faut convient d'étudier tout ce séjour jusqu'à sa mort à partir de ce qui l'a motivé.

1) Un homme populaire mais incompris : une formation nécessaire des disciples

La décision de Jésus est du à un événement qui n'aurait pu du prêter à confusion mais que le contexte galiléen explique aisément et amènera Jésus à remettre en question sa prédication.

a) Un geste messianique incompris :

Lorsque Jésus envoie ses disciples en mission deux par deux à travers la Galilée (Marc 6, 6-13 ; source Q 10, 2-12 dans Frédéric Amsler, id. ; Matthieu 10, 5b, 23bc), il est persuadé que le Royaume de Dieu est proche : « en vérité, je vous le déclare, vous n’achèverez pas le tour des villes d’Israël avant que ne vienne le Fils de l’homme. » (Matthieu 10, 23bc.) Cette image avait une grande force dans les milieux apocalyptiques juifs du Ier siècle, car elle ne désignait pas un personnage unique comme sera le cas après la chute du Temple mais les « saints du Très Haut » (Daniel 7, 18, 22, 27), c'est-à-dire le peuple d'Israël. C'est pourquoi elle avait une aussi grande force dans la communauté de Qumran, où elle a été reprise dans un apocryphe araméen de Daniel, datant du Ier siècle av. J. - C. C'est donc la restauration de la royauté d'Israël qu'annonce Jésus par ses disciples.

On peut donc comprendre leur succès, tant la domination d'Hérode Antipas est détesté en Galilée, ce qui réjouit au plus haut point Jésus lorsqu'ils font un bilan prometteur de leur mission : « En cet instant, il dit : « Je te remercie, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché aux sages et aux érudits et de l’avoir révélé aux tout-petits. Oui, Père, parce que tu as bien voulu qu'il en soit ainsi. » (source Q 10, 21.) Il en est maintenant persuadé, Israël va régner à nouveau : « Bienheureux les yeux qui voient ce que vous voyez (...) Car je vous le dis : Nombre de rois et de prophètes ont désiré voir ce que vous voyez et ne l'ont pas vu, et entendre ce que vous avez entendez et ne l'ont pas entendu. » (source Q 10, 23-24.)

Si l'on suit Marc 11, 28-33, tout au long de son enseignement, Jésus associe son action à celle de Jean. Ce dernier vient alors d'être exécuté et Jésus peut être considéré par le mouvement baptiste comme son successeur désigné. Le succès de la mission galiléenne renforce alors sa position de prédicateur de la venue du Royaume comme Jean le Baptiste. Mais il n'est pas encore reconnu par le mouvement à l'image de ce dernier comme un Messie. Pourtant les premiers passages de l'évangile de Jean suggère que Jean et Jésus menaient leur action de façon commune pour la venue du Royaume, en tant que Messie-Prêtre et Messie-Roi. Il doit donc convaincre son mouvement de ce fait. Cela passe par un geste symbolique, celui de la multiplication des pains, tout sauf innocent. Jean-François Baudoz (Les signes du Messie d’Israël, dans Philippe Gruson, Michel Quesnel, dir., La Bible et sa culture. Jésus et le Nouveau Testament, Paris, Desclée de Brouwer, 2000, pp. 123-130), dans nous rappelle, en effet, qu'« Les Juifs du Ier siècle attendaient un Nouveau Moïse qui renouvellerait les signes de l'Exode, particulièrement le don de la manne (...). La multiplication des pains a donc un rapport avec la messianité de Jésus (...) Nombre de prophètes, au demeurant thaumaturgique, se sont levés au Ier siècle et voulaient renouveler les signes de l'Exode. C'est ainsi qu'un certain Theudas prétendait diviser les eaux du Jourdain. Il ne fait guère de doute que Jésus a été considéré comme l'un de ces prophètes des temps nouveaux. » En gros, Jésus décide donc de faire une déclaration publique de sa messianité, ce que montre très bien la progression du récit : choix d'un lieu désert (lieu du don de la manne), foule (représentation du peuple d'Israël) et don du pain, qualifié du « ciel » (terme que donne Jean 6, 31 à la manne, qui au départ n'a jamais concerné Jésus).

On comprend alors l'enthousiasme de la foule : « À la vue du signe qu’il venait d’opérer, les gens dirent : « Celui-ci est vraiment le Prophète (...). » Mais Jésus, sachant qu’on allait venir l’enlever pour le faire roi, se retira à nouveau, seul, dans la montagne. » (Jean 6, 14-15.) La foule, probablement constituée en partie des membres de la « Quatrième philosophie » (qui donnera naissance aux Sicaires et aux Zélotes), celle de Judas de Galiléen, n'a pas compris la portée du symbole de Jésus, ne voyant que la portée politique. Est-ce cela que les « tout-petits » ont compris, que ce n'est pas Dieu qui ferait venir le royaume, mais Jésus ?. Ce qui est frustrant pour ce dernier qui se rend compte qu'en plus d'un an personne n'a rien compris de son enseignement alors que sa première annonce à Capharnaüm était pourtant claire : « Le temps est accompli, et le Règne de Dieu s’est approché : convertissez-vous et croyez à l’Evangile. » (Marc 1, 15.) Il décide donc de se retirer hors de portée de la foule, trop exaltée pour retrouver toute logique.

Jésus va aller de désillusion en désillusion au cours de la journée qui suit. En effet, dans la rédaction primitive du récit - d'après John P. Meier (Un certain juif, Jésus. Les données de l'histoire : vol. 2, La parole et les gestes, Les éditions du Cerf, 2005) -, la multiplication était suivi par la demande d'un signe. Celui-ci évolue entre l'évangile de Marc, et de Jean, qui par son rapport à la manne, renvoie probablement le mieux aux espérance de ses disciples et de la foule : « Le lendemain, ils lui dirent : « Mais toi, quel signe fais-tu donc (...) ? Au désert, nos pères ont mangé la manne, ainsi qu’il est écrit : Il leur a donné à manger un pain qui vient du ciel. » Mais Jésus leur dit : « Amen, Amen, je vous le dis, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain du ciel, mais c’est mon Père (...). » (Jean 6, 22a, 30ab, 31-32.) En effet, la foule, probablement influencé par les disciples de Judas le Galiléen, peut-être autour de ses fils, Simon et Jacob, ne veut pas un nouveau Moïse, mais veut un Messie guerrier qui viendra les sauver immédiatement, mais Jésus refuse. Il voulait rassembler le mouvement baptiste pas prendre le pouvoir. C'est Dieu qui y pourvoira comme au temps du désert. Des disciples proches décident alors de partir, car ils n'ont vu Jésus qu'à travers le point de vue guerrier : «Dès lors, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de faire route avec lui. » Ce n'est donc pas une « crise galiléenne », tel que l'avait très bien montré Jules Isaac, dans Jésus et Israël (Broché, 1948) - un très bon livre que je conseille -, mais plutôt une crise dans le groupe des disciples de Jésus, qui n'a jamais affecté sa popularité, tel que le montre très bien son entrée à Jérusalem au milieu d'une foule en liesse.

Toujours d'après John P. Meier (id.), la demande de signe était suivi par la question de confiance de Jésus à ses disciples restants. Dans Jean, selon la version primitive proposée par Marie-Émile Boismard (Synopse des quatre évangiles en français, vol. III, L'évangile de Jean, avec A. Lamouille et G. Rochais, Paris, Éd. du Cerf, 1977 ; Un évangile pré-johannique, vol. III, avec A. Lamouille, J. Gabalda, Paris,1994 ; Comment Luc a remanié l'évangile de Jean, J. Gabalda, Paris, 2001), elle est très directe : « Alors Jésus dit aux Douze : « Et vous, ne voulez-vous pas partir ? » Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? (...) Tu es le Saint de Dieu.» » (Jean 6, 67-68b, 69b.) Et dans le proto-Marc, proposé par le même exégète (L'évangile de Marc. Sa préhistoire, F. Paris, Gabalda, dans Études Bibliques n.s. 26, 1994 ; Jésus, un homme de Nazareth, raconté par Marc l'évangéliste, Éd. du Cerf, 1996) : « il interrogeait ses disciples : « Qui suis-je, au dire des hommes ? » Pierre lui répond : « Tu es le Christ. » » (Marc 8, 27b, 29cd.) Jésus est rassuré car la question de confiance au disciples restants portent ses fruits : il pourra compter dorénavant sur un groupe de disciples plus réduit mais plus fiable pour son futur projet qui doit se faire dans la plus grande discrétion : « Et il leur commanda sévèrement de ne parler de lui à personne. » (Marc 8, 30.)

Ce qui est compréhensif, car le signe de la multiplication des pains a décidé Hérode Antipas à réagir, mais Jésus a été prévenu : « A cet instant, quelques Pharisiens s’approchèrent et lui dirent : « Va-t’en, pars d’ici, car Hérode veut te faire mourir. » Il leur dit : « Allez dire à ce renard : Voici, je chasse les démons et j’accomplis des guérisons aujourd’hui et demain, et le troisième jour c’est fini. » (Sources de l'EP dans Phlippe Nautin, L'Évangile retrouvé. Jésus et l'évangile primitif, collection Christianisme antique 5, édition Beauschene, 1998) Cette anecdote montre que Jésus pourra peut-être compter pour son futur projet sur la sympathie des Pharisiens dont son enseignement les rapproche. Mais il faut dire que cela tombe bien car le départ de disciples proches a montré à Jésus qu'il devait préparer ses disciples aux attentes du Royaume et non aux leurs plus humaines.

Freyr1978

Le dernier pèlerinage de Jésus à Jérusalem : le regard de l'exégèse historico-critique  (1ère partie)
Le dernier pèlerinage de Jésus à Jérusalem : le regard de l'exégèse historico-critique  (1ère partie)

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Publié le 19 Avril 2014

Le Point.fr nous montre que le vendredi 18 mars 2014, le pape François a prié vendredi dans la nuit au Colisée pour tous les précaires victimes de la crise, les enfants et femmes abusés et maltraités, les victimes de l'alcool et de la drogue, lors du traditionnel Chemin de croix, d'une tonalité très concrète et chaleureuse. "Si tu n'étais là, Dieu, je me sentirais une créature finie ! Avec la croix, le mal n'a pas le dernier mot, mais l'amour, le pardon, la miséricorde", a-t-il déclaré à la fin de la cérémonie, affirmant que "la croix est pesante mais aussi glorieuse".

"Rappelons-nous les malades, toutes les personnes abandonnées", a-t-il lancé devant une foule de quelque 40 000 fidèles dans un grand silence. Puis un cri a éclaté : "viva il papa", suivi d'un tonnerre d'applaudissements. C'est un évêque italien, Giancarlo Maria Bregantini, archevêque de Campobasso (sud), connu pour ses positions courageuses contre la mafia et grand défenseur des chômeurs, qui avait été chargé par Jorge Mario Bergoglio de rédiger les méditations des quatorze stations.

Les thèmes abordés, universels et tous liés à la vie quotidienne des gens, étaient en syntonie avec les priorités du pape François : proximité, tendresse, accueil, solidarité. Comme l'année précédente, le pape était installé en hauteur, sous un dais rouge, devant la foule dans la nuit et ses dizaines de milliers de lumières de bougies, tandis que des groupes de deux - jeunes, détenus, malades, immigrés... se relayaient pour porter la croix autour de l'amphithéâtre Flavien où des milliers de chrétiens avaient été martyrisés. Jorge Bergoglio, âgé de 77 ans, n'a pas porté la croix.

"Le poids de toutes les injustices qui ont provoqué la crise économique" a été dénoncé dès le début des méditations : "précarité, chômage, licenciements, l'argent qui gouverne au lieu de servir, la spéculation financière, les suicides des entrepreneurs, la corruption et l'usure, les entreprises qui abandonnent leur propre pays".

Par contraste, la méditation a mis l'accent sur les gestes du volontariat : "une nuit à l'hôpital, un prêt sans intérêt, une larme essuyée en famille, la gratuité sincère, le partage du pain et du travail". Mgr Bregantini a longuement décrit les maux qui frappent les jeunes : "les jeunes condamnés à mort, massacrés ou démolis par les guerres, surtout les enfants soldats" et "les enfants mourant de tumeurs causées par les incendies des déchets toxiques".

"Reconnaissons, a-t-il ajouté dans une allusion aux crimes pédophiles, la dignité violée de tous les innocents, spécialement les petits. Dieu est irrévocablement du côté des victimes". Le "supplice des mères qui veillent la nuit, avec les lampes allumées, anxieuses pour les jeunes emportés par la précarité ou engloutis par la drogue et l'alcool, surtout les samedis soirs" a été décrit de manière touchante. "Pleurons, a-t-il prié, sur ces hommes qui déchargent sur les femmes la violence qu'ils ont en eux. Pleurons sur les femmes esclaves de la peur et de l'exploitation".

La prière a encore évoqué "le vide impossible à combler de la mort d'un enfant", le sort de "ceux qui meurent de solitude", des mourants désespérés : que "quelqu'un se tienne près d'eux, s'asseye sur leur lit", a suggéré la prière. L'accueil des immigrés "qui demandent asile, dignité et patrie" et la situation dans les prisons, deux priorités du pape François, ont été relevés : "la double peine de la surpopulation carcérale, qui consume la chair et les os", a été dénoncée par Mgr Bregantini, ancien aumônier de prison.

La diffamation, bête noire du pape, a été un autre thème, en rappelant la condamnation à mort de Jésus : les insinuations "se font culture raciste, d'exclusion et de marginalisation, avec les lettres anonymes et les horribles calomnies". L'objet de méditations du Vendredi Saint, jour de la crucifixion de Jésus, est de rappeler que, selon la tradition, il s'est fait solidaire de toutes ces souffrances en acceptant de mourir sur la croix avant de ressusciter à Pâques.

Retransmise par des télévisions du monde entier, la cérémonie n'a pas évoqué de guerre en particulier. L'an dernier, la Syrie avait été un des thèmes des méditations.

Le pape François a choisit de mettre en avant tous les précaires victimes de la crise, les enfants et femmes abusés et maltraités, les victimes de l'alcool et de la drogue, pour montrer qu'il est plus facile de détourner son regard de la souffrance, alors que nous devrions être solidaires de tous ceux qui souffrent.

Merci !

Le pape François a prié vendredi soir au Colisée pour les victimes d'exploitation économique et de mauvais traitements quotidiens

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Publié le 18 Avril 2014

Dans l'avenir.net, le pape François a lavé le jeudi 17 avril 2014 les pieds de douze handicapés dont un Libyen musulman lors d’une messe du jeudi saint célébrée sobrement dans une église moderne de la périphérie de Rome, un an après avoir lavé les pieds de jeunes détenus dont deux musulmans.

Jorge Mario Bergoglio, 77 ans, qui s’est ainsi incliné à douze reprises, avait du mal à se baisser et se relever, a-t-on constaté. Le pape François avait choisi cette année de refaire ce geste de Jésus à ses douze apôtres lors de sa dernière Cène, selon les Évangiles, à douze femmes et hommes handicapés, âgés de 16 à 86 ans, au Centre «Santa Maria della Provvidenza» de la Fondation don Gnocchi, à la périphérie ouest de Rome.

L’an dernier aussi, rompant avec la tradition de ses prédécesseurs, il s’était rendu hors du Vatican dans une prison du même quartier pour laver les pieds à des jeunes détenus.

«Ce geste, c’étaient les esclaves, les serviteurs qui le faisaient pour laver les pieds noirs de terre de la route. Jésus a fait un travail d’esclave. Lui est Dieu et il s’est fait notre serviteur; c’est notre héritage», a rappelé le pape, appelant les catholiques à imiter le Christ dans le service des autres hommes.

Le souverain pontife était arrivé à bord d’une Ford Focus au Centre «Santa Maria della Provvidenza», où il a été acclamé par une petite foule. Trois des personnes qui avaient été choisies étaient des étrangers et les autres italiens, certains souffrant de handicaps permanents, d’autres temporaires.

Le pape François a montré l'exemple lors du jeudi saint et démontre à travers l'exemple de Jésus que l'Église et ses membres doivent servir plutôt que rechercher le pouvoir.

Merci !

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Publié le 18 Avril 2014

Les motifs de la condamnation à mort de Jésus sont surtout politiques, contrairement à ce qu'en disent les Évangiles, car ce Messie potentiel gênait les élites de son temps.

Juridiquement la condamnation à mort de Jésus a été prononcé par l'autorité romaine. la flagellation et la crucifixion sont des supplices romains. De plus l'inscription obligatoire fixée sur la croix, le titulus, indique le motif de la condamnation : "Jésus, le Nazaréen, roi des Juifs" (Jean 19, 9). La prétention royale de Jésus faisait si peu de doute aux yeux des Romains que c'est à cause d'elle que Jésus fut tourné en ridicule par la cohorte. Pilate ne douta pas de la revendication politique d'un homme qui se disait si clairement le roi des Juifs. Il le classa donc parmi les chefs zélotes qui de temps à autres prétendaient au trône d'Israël.

Les Évangiles à plusieurs reprises laissent transparaitre son implication révolutionnaire dans le rétablissement du Royaume de dieu sur Terre, assurance d'une nouvelle ère de justice pour les classes opprimées. Sa prédication le rapproche des zélotes : le "Royaume de Dieu est proche". "Heureux, vous qui êtes pauvres , car le royaume de Dieu est à vous !" ... "Mais malheur à vous les riches, car vous avez votre consolation" (Luc 6, 20 et 24) dit-il, en s'exprimant à la manière de David dans les Psaumes. On peut également voir son attitude critique à l'égard d'Hérode Antipas qu'il appelle le "renard" (Luc 13, 32). Mais aussi l'ironie avec laquelle, il parle des souverains, qui en dominant sur les peuples, se parent du titre de "bienfaiteurs" (Luc 22, 25).

La conscience qu'avait Jésus de remplir une mission divine est décisive pour la venue de ce royaume. Jésus assume son rôle dynastique et s'implique politiquement, rassemblant les foules et bravant les autorités juives pro-romaines pour rétablir la royauté en Israël. Il a un certain ascendant sur la foule qui veut le faire roi (Jean 6, 15). Il y a également certaines de ses paroles sur le port de l'épée. S'il n'est pas zélote lui-même, il en admet dans son état major. L'attraction qu'il exerce sur les zélotes est indéniable, parmi les Douze, il y en a sûrement un, Simon le Zélote.

Martin Hengel, professeur protestant du Nouveau Testament, spécialiste reconnu du judaïsme hellénistique et, dans ce contexte, du mouvement zélote dressé contre l'occupation romaine, publia un article sous le titre, «Jésus était-il un révolutionnaire ?» en 1970, nous montre que Jésus de Nazareth était un jeune homme de 36 ou 37 ans, lucide, décidé, inflexible et, s'il le fallait, combatif, en tout cas sans peur. Ce n'était sûrement pas un représentant de l'establishment politico-religieux, ni un conformiste, ni un apologète de l'état des choses, ni un défenseur du calme et de l'ordre. Il demandait qu'on s'engage, et, en ce sens, il «brandissait le glaive» : il ne semait pas la paix, mais, dans certaines circonstances, le conflit, même dans les familles. Pas de problème : il remettait totalement en question le système social et religieux, l'ordre de la loi juive et du Temple, et, dans cette mesure, son message avait ses conséquences politiques.

Le message de Jésus suggère qu'il préparait Israël pour le remplacement de l'ordre social et politique par une théocratie, différente de celle que voulurent imposer les papes plus tard. Son message et ses miracles étaient une réponse populaire à cet effet. Jésus fut reconnu par beaucoup comme le Messie, à cause de son action durant sa dernière visite à Jérusalem suggérant qu'il se regardait lui-même ainsi : il apparait qu'il ait arrangé son entrée messianique dans la ville (Marc 11, 1). on suppose que "son nettoyage du Temple" (Marc 11, 15) est un casse-tête : elle eut un effet, celle d'attaquer l'autorité de l'aristocratie sacerdotale, qui se porta avec une affaire domestique sous les Romains. L'attaque de Jésus au Temple pourrait avoir coïncidé avec un incident dont les zélotes furent responsables (Marc 15, 7).

L'attitude double de Jésus à l'égard d'un monde injuste, dont il annonce la fin et dans lequel les disciples doivent travailler pour le Royaume, n'est ni contradictoire ni une attitude de compromis. Un tel message était un bon motif pour se débarrasser d'un futur opposant qui de plus se prétendait "roi des Juifs", donc un opposant au pouvoir de l'empereur dont le préfet de Judée devait assoir son autorité.

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Les motifs politiques de la condamnation de Jésus

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Publié le 17 Avril 2014

Simon de Cyrène est donné comme un des acteurs de la crucifixion, mais cette précision pourrait être une création littéraire.

Simon de Cyrène, dans le Nouveau Testament, est un spectateur à qui ont fait porter la croix de Jésus. Il était probablement un Juif africain venant de la province romaine de Cyrénaïque, et il est considéré comme le père d'Alexandre et de Rufus, deux membres important de la communauté chrétienne primitive.

Les Juifs de Cyrène étaient en contact étroit avec leurs frères en Palestine, et étaient libres d'envoyer leurs offrandes à Jérusalem («Ant». XVI. 6, § 5). D'ailleurs, ils avaient une synagogue à Jérusalem, où beaucoup allaient pour les fêtes annuelles et Agrippa avait envoyé une lettre écrite en leur faveur à des Cyrénéens ("BJ" ii. 16, § 4). Trois fils d'un certain Ismaël qui fut décapité à Cyrène, étaient présents lors du siège de Jérusalem (ib. vi 2, § 2.), Et après que la guerre fut terminée en Syrie, les Romains rencontrèrent encore une opposition à Cyrène, où Jonathan le Sicaire incita les Juifs à une émeute. La perturbation fut, cependant, vite étouffée par le gouverneur de Catulle ("BJ" vii 11, § 1;. "Vita", § 76).

Les trois Évangiles synoptiques font dire que Jésus n'a jamais porté sa propre croix, mais que ce fut plutôt «Simon de Cyrène» comme le disent les textes : "En sortant, ils trouvèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, et le requirent pour porter sa croix" (Mt 27,32) », ou "Quand ils l'emmenèrent, ils mirent la main sur un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs, et le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus" (Luc 23,26). Mais Jean, d'autre part, nous dit simplement que Jésus «sortit, portant sa croix» (Jean 19,17), et il ne mentionne pas l'incident avec Simon. On l'aurait rajouté à l'épisode de la crucifixion, car ses deux fils Rufus et Alexandre seraient devenu important dans la communauté chrétienne. D'ailleurs le transport du «patibulum», la poutre transversale était porté sur les épaules du condamné jusqu'au lieu de sa crucifixion.

Simon de Cyrène, un homme de passage ? Simon est identifié par rapport à ses deux fils, pour le lecteur de Marc 15, 21. En effet, en «lisant entre les lignes» le texte évangélique, on se demande si Simon, inspiré et touché par les événements de la passion de Jésus, avait peut-être rejoint la première communauté judéo-chrétienne de Jérusalem, avec toute sa famille. Au moment où les traditions évangéliques furent écrites et diffusées des décennies plus tard, il serait logique que Simon, ne fut sans doute plus vivant, et on se souvenait de lui comme "le père d'Alexandre et de Rufus."

La tradition dit que ses fils Rufus et Alexandre devinrent des missionnaires. L'inclusion de leurs noms dans Marc suggère qu'ils eurent une certaine position dans la communauté chrétienne primitive à Rome . Il fut même été suggéré que le Rufus mentionné par Paul dans Romains 16, 13 serait le fils de Simon de Cyrène. Certains liens mettent Simon lui-même avec les "hommes de Cyrène" qui ont prêchèrent l'Évangile aux Grecs dans les Actes 11, 20. D'ailleurs dans les Actes des Apôtres, plusieurs Cyrénéens sont mentionnés comme étant présent lors de la fête de la Pentecôte à Jérusalem (Actes 10), où ils avaient leur propre synagogue (6, 9). Certains, dont Lucius (13, 1) qu'on disait avoir été le premier évêque de Cyrène, se rendit à Antioche (11, 20).

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Simon de Cyrène, un homme de passage ?

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