Publié le 21 Octobre 2014

newsweek.com dans son article du jeudi 18 septembre 2014 nous montre que Jésus peut avoir été crucifié parce que ses disciples portaient des armes, selon une analyse scientifique des livres du Nouveau Testament.

Dale Martin, professeur d'études religieuses à l'Université de Yale, affirme que cet aspect historique sur Jésus, cité dans les Évangiles, a reçu peu d'attention, mais il pourrait expliquer à lui seul l'exécution de Jésus et montre aussi que l'homme de Nazareth n'était pas un pacifiste, on est généralement convaincu qu'il l'était. Les Évangiles de Marc et de Luc montrent qu'au moins une fois (et probablement deux ou plus) des disciples de Jésus portaient une épée quand Jésus ut arrêté peu de temps après la dernière Cène, au moment de la fête de Pâque. Selon l'Evangile de Jean, un disciple, Simon-Pierre, a même utilisé son épée pour couper l'oreille d'un des soldats chargés d'arrêter Jésus.

Comme le dit Martin à Newsweek, ce comportement militant n'aurait certainement pas été toléré par les Romains, dirigés par le préfet Ponce Pilate. Par exemple, des documents historiques montrent qu'il était illégal au moment de marcher d'être armé à Rome et dans d'autres villes romaines. Selon Martin, bien qu'aucun dossiers juridiques survécurent de Jérusalem, il va de soi, en se basant sur une connaissance certaine de l'histoire romaine, que les dirigeants de la région auraient désapprouvé le port d' épées, et n'auraient pas toléré qu'une bande armée de Juifs itinérants soit dans la ville au cours de Pâque, une fête souvent turbulente. D'après Martin, "Tout comme vous pouviez être arrêté à Rome, même pour n'avoir qu'un poignard, si les disciples de Jésus étaient armés, ce serait suffisant pour le crucifier sans raison".

Harold Attridge, un ancien doyen de la faculté de théologie de Yale qui n'était pas impliqué avec le papier, trouve que l'analyse de Martin est solide et que "probablement les Romains ont été sévères contre quelqu'un vu comme une menace politique", comme ce fut certainement le cas avec Jésus. Le document "nous rappelle que les premiers disciples de Jésus et peut-être Jésus lui-même ont été inévitablement jetés dans le conflit avec l'arbitraire d'État utilisé par l'Empire romain [dans lequel] les Romains pratiquaient à la fois une violence aléatoire et intentionnelle contre les populations qu'ils avaient conquises, tuant des dizaines de milliers d'hommes par crucifixion ", selon le spécialiste du Nouveau Testament Hal Taussig, qui est à l'Union Theological Seminary de New York.

L'article de Martin aborde une question encore plus importante, dit Bart Ehrman, professeur à l'Université de Caroline du Nord : Pourquoi les disciples de Jésus étaient tous armés, en particulier au cours d'une fête religieuse ? Martin souligne le fait que Jésus et ses disciples s'attendaient probablement s'attendent à ce qu'une confrontation apocalyptique était à l'horizon, ils se trouvaient donc dans les forces divines (sous la forme des anges) qui détruiraient Rome et temple d'Hérode pour l'avènement d'un règne sainte. Il ajoute que cela pourrait exiger des combats pour les disciples de Jésus.

Il semble assez lointain, mais un scénario similaire est décrit dans certaines parties du livre de l'Apocalypse. D'après Martin, ce scénario de "forces célestes rejointes par les forces humaines ... avait une attente dans un document central de la mer Morte". En effet, de nombreux universitaires qui étudient l'historicité de la Bible croient selon Martin "que Jésus était un prophète apocalyptique juif qui attendait l'arrivée imminente du royaume de Dieu sur terre". Le document suggère également que Jésus peut avoir été en faveur de la lutte, au moins dans ce cas apocalyptique, selon Ehrman. Il dit également que "Ça me fait repenser à mon avis que Jésus était un pacifiste intégral". "Et il en faut beaucoup chez moi pour me faire changer mon point de vue au sujet de Jésus."

Mais tout le monde n'est pas d'accord avec le point de vue de Martin. Bien que le document est une "contribution extraordinaire", pour Taussig, il est "presque impossible pour nous de savoir si les théories que proposent le professeur Martin sont historiquement valable ou pas." Établir la véritable histoire derrière les livres n'est pas une tâche facile à faire, étant donné que les Évangiles ont été écrites 40 à 60 ans après la vie de Jésus, par des gens qui n'ont pas été témoins des événements et dont les écrits ne sont pas de première main. Et comme on peut l'imaginer, il ya beaucoup de désaccord entre les chercheurs.

Paula Fredriksen, une historienne du christianisme antique à l'Université hébraïque de Jérusalem, dit que l'article de Martin a plusieurs trous "qui peuvent conduire des camions de travers." D'une part, elle ne pense pas qu'il est légitime de supposer puisque porter une épée était illégale dans la ville de Rome, les mêmes lois s'appliquaient obligatoirement à Jérusalem. Le contrôle de la ville n'était pas trop serré, soutient-elle, et le préfet romain la visitait que pendant la Pâque, pour aider à maintenir la paix. Et pendant ce temps il aurait été probablement impossible pour la police de surveiller les milliers de Juifs qui se déversaient à Jérusalem. Elle dit aussi : "Je ne peux même pas imaginer dans quel pétrin il était".

En outre, dit-elle, le mot grec utilisé dans les Évangiles que Martin interprète comme une épée signifie quelque chose de plus proche d'un couteau (poignard ?). Et ceux-ci pouvaient être facilement dissimulés, ajoute-elle. selon elle, "Seuls des professionnels", comme des soldats, auraient eu "des épées". Mais elle apprécie Martin qui s'est employer à "travailler son argument", car c'est ce que font les gens qui étudient la Bible dans un critère historique. Pour Fredriksen, la controverse est inévitable et l'argument est "amusant". Elle conclut que : "C'est un sport de contact."

L'étude historique de la Bible se renouvelle continuellement et comme le montre Dale Martin, elle permet de faire un sain débat qui permet de découvrir au mieux Jésus dans son contexte et de pouvoir lire la Bible avec un regard plus ouvert.

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Culture biblique

Publié le 20 Octobre 2014

20minutes.fr et francetvinfo.fr dans leurs articles du dimanche 19 octobre 2014 nous montrent que le synode sur la famille s'est achevé samedi 18 octobre après des débats sur des sujets houleux pour l'Église. Pendant plusieurs jours, il fut largement question de la place des divorcés et des homosexuels. L'idée évoquée est l’adoption d'un langage nouveau et bienveillant envers eux.

Les évêques et les cardinaux les plus conservateurs sont parvenus à bloquer les ouvertures envers les homosexuels ou les couples divorcés. Ils avaient même demandé à Benoît XVI d’intervenir mais celui-ci a refusé. Il a répondu à des cardinaux venant le voir en secret pour protester contre les ouvertures du pape François : "je ne suis pas le pape, ne vous adressez pas à moi". Et il a envoyé un message au pape argentin pour lui offrir amicalement son aide théologique.

"Quand Benoît XVI parle, c'est toujours pour soutenir François", ont relevé des "observateurs attentifs" cités par le journal : le pape émérite, au profil conservateur sur la doctrine, refuse absolument de se laisser utiliser contre son successeur argentin.

Pour les autres sujets, le pape François a obtenu que l’Église s’ouvre un peu au mariage civil, au concubinage. Concernant les dossiers sur lesquels il a échoué, le pape a annoncé : "Nous avons semé et nous allons continuer à semer avec patience." Un tel résultat n'est en rien étonnant puisque le centre de gravité du corps épiscopal est nettement conservateur.

La relatio synodi va donc être débattue dans tous les diocèses du monde au cours de cette année. L'objectif du pape François serait d'arriver à un compromis entre les conservateurs et les libéraux. Un tel compromis ne donnera qu'un texte boiteux qui ne va satisfaire personne.

Au moins l'article de RTL.fr du vendredi 17 octobre nous annonce une bonne nouvelle Dies Irae, le groupuscule d'extrême droite, qui a attaqué France 2 pour un reportage de 2010 a été débouté.

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Publié le 19 Octobre 2014

Hier après le vote du contenu de la 'Relatio synodi', le pape François s'est adressé aux pères synodaux en leur disant que l'Église a encore un an pour mûrir, avec un véritable discernement spirituel, pour proposer des idées et trouver des solutions concrètes aux difficultés et aux innombrables défis auxquels les familles doivent faire face, tout en donnant de nombreuses réponses aux découragement qui entourent et étouffent les familles. Donc, pour le pape ce synode n'a pas su donner les réponses qu'attendaient les familles.

Il a également souligné que de l'Église a les portes grandes ouvertes pour recevoir les nécessiteux et pas seulement les justes. Le pape réfute les hypothèses d'une Église querelleuse où une partie est contre l'autre (ce qui est vrai), et s'est présenté comme le "garant" de son unité. Il réitère également que personne n'a jamais remis en cause l'indissolubilité du mariage et l'ouverture du mariage à la vie. L'indissolubilité du mariage et l'ouverture du mariage à la vie pour le pape n'empêche donc pas de répondre aux situations irrégulières.

Aujourd'hui en clôture du synode, le pape François a procédé durant une messe solennelle à la béatification du pape Paul VI (1963-1978) dans une place Saint-Pierre noire de monde. Le pape a prononcé en latin la formule consacrée, demandant que "le vénérable serviteur de Dieu Paul VI soit fait bienheureux", puis il a annoncé que sa fête aura lieu le 26 septembre. Il a avancé que le pape Paul VI fut le "grand timonier" du concile Vatican (1962-1965) lorsque l'Église traversa une période difficile par sa clairvoyance, sa sagesse et ses décisions parfois solitaires, qui furent aussi critiquées comme son non en 1968 à la contraception. Pour lui, Paul VI était un grand pape, un chrétien courageux et un apôtre infatigable pour le gouvernail de la barque de Pierre.

Durant son homélie, le pape François en réponse à ce synode qui a fini en chou blanc, a invité l'assemblée à ne pas avoir peur de la "nouveauté" et des "surprises de Dieu". Durant son commentaire de l'Évangile, le pape a fait savoir que pour lui : "Dieu n'a pas peur de la nouveauté", puisqu'"il nous surprend continuellement, nous ouvrant et nous conduisant par des chemins imprévus (unions libres, divorce, homosexualité)". Pour le pape le chrétien doit "répondre, avec courage, aux innombrables nouveaux défis." Une réponse claire aux évêques qui n'ont pas eu le courage de prendre des décisions audacieuses.

Le pape François va devoir attendre car l'ouverture sur un sujet aussi difficile que le mariage et la sexualité sera complexe tant que l'Église ne sera pas à l'écoute des couples quels qu'ils soient. Pour le pape François le refus d'ouverture aux divorcés remariés et aux homosexuels est une inflexibilité hostile et il devra batailler ferme contre la tentation du raidissement hostile, c’est-à-dire de vouloir s’enfermer dans la lettre.

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Un synode qui vend du rêve (partie 14)

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Publié le 19 Octobre 2014

Hier, Les pères synodaux viennent de voter et d'approuver le texte de la 'relatio synodi', le document final du synode extraordinaire sur la famille voulu par le pape François. Malgré le fait que l'on ait vendu que le synode allait travailler sur les problèmes avec une grande liberté sans une vision préétablie, cela n'a pas été le cas.

62 paragraphes ont été votés, l'approbation des deux tiers était nécessaire par vote électronique avec l'option "placet (vote favorable) ou "non placet" (vote négatif) et comme ont pouvait s'y attendre, les questions les plus controversées comme les couples de même sexe et l'admission des divorcés remariés à la communions n'a pas obtenu cette approbation (104 pour et 74 contre, et 112 pour et 64 contre pour les deux passages sur les divorcés remariés, puis 118 contre 62 pour les couples de même sexe).

Le pape François a décidé de publier le texte intégral et d'en faire un rapport aux journalistes sur les votes sur toutes les sections, afin de comprendre les choix et pour mettre en évidence les débats. Finalement le rapport final a été "rééquilibré" pour tenir compte des réticences des plus conservateurs. Malgré tout, il figure dans le rapport l'affirmation très claire qu'on ne doit en aucun cas discriminer les homosexuels, un message aux pays où on peut être condamner à mort pour sa tendance sexuelle.

Ce synode souhaite selon le père Federico Lombardi des choix pastoraux courageux pour celui de 2015. Pourtant, le pape François lui est confiant pensant que malgré cet échec, cela permettra une meilleure réflexion sur les problèmes qui n'ont pas été résolus, car il souhaite qu'une nouvelle consultation des paroissiens dans les diocèses fasse céder les conservateurs lors du prochain synode.

La déception est grande, mais on était prévenu qu'il n'y aurait pas de résultat. Le changement ne peut venir que des paroisses où l'Évangile est vécue plutôt que de la hiérarchie trop centrée sur son enseignement plutôt que de comprendre la vie réelle.

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Publié le 18 Octobre 2014

Aujourd'hui, le message final du synode a été adopté à la majorité par les père synodaux (158 électeurs sur 174). Ce message de 3 pages est adressé aux "familles" du monde entier. Il met d'ailleurs en avant que rien ne sera fait : "Dans la première étape de notre démarche synodale, nous avons réfléchi à aider l'accès aux sacrements et le soin pastoral des Pères synodaux divorcés remariés Nous vous demandons de marcher avec nous pour le prochain synode." Mais au moins, il commence par une dénonciation du "fétichisme de l'argent et de la dictature d'une économie sans visage et sans but vraiment humain."

Il semble aussi ne pas mettre en avant les situation irrégulières, pour mettre en avant seulement la vision de l'Église sur les familles. Toute référence aux couples de même sexe et des unions non maritales disparaissent du message qui rehausse la beauté du mariage religieux . Certains souligneront que cette phrase semble y répondre : "Le Christ a voulu que son Église soit une maison avec la porte toujours ouverte et accueillante, sans exclure personne." Pourtant, elle est trop ambiguë pour satisfaire ceux qui attendaient un changement de l'Église à ce sujet. Réfléchir à l'accompagnement pastoral et à la question de l'accès aux sacrements des personnes divorcées remariées ne veut pas dire faire quelque chose. La réflexion doit être suivie d'actes.

Ce texte dénonce les nombreuses crises matrimoniales et les nombreuses épreuves que subissent les familles dont les solutions serait pour les pères synodaux seraient le courage de la patience, de la remise en question, du pardon mutuel, de la réconciliation et même du sacrifice, puis comme par hasard ils mettent en avant la valeur de l'amour conjugal unique et indissoluble, qui selon eux persiste malgré les nombreuses difficultés. Pour eux, l'Église doit donc se montrer consciente des "déchirures internes et sociales des couples et des familles". En insistant sur le mariage religieux, n'est-ce pas le contraire que l'on donne à voir aux couples en difficulté ? Pour autant, le message a une pensée pour les enfants maltraités par ceux qui auraient dû les protéger et favorisé leur développement.

Le rapport final du synode sera voté ce soir. Il sera remis entre les mains du pape qui devrait le rendre public assez rapidement du moins plus vite que ses prédécesseurs. Selon le cardinal Gianfranco Ravasi le vote sera positif. Les ennemis du pape François ne désarment pas, il suffit de voir le cardinal Leo Raymond Burke, préfet du Tribunal de la signature apostolique, dénoncer le fait que le pape n'a pas pris "position" devant l’assemblée synodale.

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Publié le 17 Octobre 2014

Aujourd'hui, le synode des évêques travaille sur la rédaction des documents définitif qui seront présentés et votés demain. Le père Adolfo Nicolas Pachon, supérieur général des Jésuites, membre de la commission chargée de rédiger le document final de ce premier synode, plus réaliste pense que l’Église est engagée dans un long processus et dit à I. Media que "S’il y a une révolution, elle n’aura pas lieu avant octobre 2015". Il est également surprennent de voir Mgr Léonard ne pas craindre d'éventuelles dérives du synode sur la famille puisqu'il dit que les questions familiales doivent être vécue et enseignée de façon "beaucoup plus chaleureuse qu’un simple 'niet'".

La conférence de presse donna à voir Mgr Georges Pontier, président de la conférence des évêques de France, le cardinal Reinhard Marx, président de la conférence épiscopale allemande, et le Dr Ilva Myriam Hoyos Castañeda, qui a parlé au synode en tant qu'auditeur, donner leurs impressions.

Mgr Pontier souhaite que le débat se poursuive avec la même "ouverture", au synode ordinaire d'octobre 2015. Il souligne que le synode n'a pas "changé" les choses, mais aurait trouvé un "équilibre" entre la position de ceux qui sont plus axés sur la question de savoir qui situation est en conformité avec l'enseignement de l'Église et ceux qui ont plus d'attention à certains individus comme les homosexuels. Il souhaite un consensus sur les documents finaux. Répondant à une question sur la "Manif pour Tous", Mgr Pontier a exprimé sa gratitude pour l'engagement des jeunes générations (n'y ont pas participé la JOC, JOCF et le MRJC) à protéger des valeurs fondamentales pour tous (vouloir que les homosexuels soient des couples de seconde classe n'est pas une valeur fondamentale, c'est de l'exclusion), pas seulement pour les chrétiens (en grande partie ce sont des catholiques réactionnaires qui ont défilé), mais il souhaite maintenant l’approfondissement d’une culture du débat et la fin d’une logique du "rapport de force".

Le cardinal Marx a fait savoir que l'exclusion n'est pas dans le langage de l'Église, selon lui on ne peut pas dire aux gens qui vivent dans des situations familiales irrégulières qu'ils sont des chrétiens de seconde classe. Le cardinal Marx dit également qu'on ne peut pas aux dire aux personnes homosexuelles, qu'elle ne peuvent pas vivre l'Évangile. C'est pour lui impensable. L'accompagnement spirituel est nécessaire pour tous, et plus encore s'il y a une vraie relation homosexuelle, depuis 30 ans. Bien que le sacrement du mariage dans l'Église est entre un homme et une femme, pour lui tout n'est pas noir ou blanc. Pour les divorcés remariés, il partage la position du cardinal Walter Kasper afin qu'ils puissent recevoir la communion, mais les avis des pères synodaux sont différents à ce sujet. Ce qui le dérangeait, c'est qu'on ne parlait pas assez des autres situations familiales irrégulières. Pour lui, il faudrait une un nouvel élan à la pastorale familiale, tout en disant que si la doctrine est stationnaire, les pères synodaux peuvent évoluer.

Le Dr Hoyos Castañeda dit que sa voix dans le synode est la voix d'une femme consciente des difficultés qu'un catholique a à dialoguer avec le monde et elle pense qu'il y a une nécessité de dialogue entre l'Église et l'État, dans le respect de la liberté religieuse (un propos bien commode pour s'opposer aux politiques sociétales publiques, alors qu'elle doit servir dans des pays où elle n'existe pas) et la doctrine sociale de l'Église (bien reprise par le pape François qui souhaite que l'Église aide les pauvres), tout en soulignant l'importance de l'engagement des catholiques dans la vie publique. Pour elle, il y a une relation entre foi et politique (tout les opposent, car une croyance ne peut pas épouser le pragmatisme politique). Selon elle la préparation au mariage pour les couples est une nécessité, mais elle suit aussi la vie conjugale dans l'Église. Encore faut-il que cette préparation s'adapte à la réalité des couples actuels.

Ces briefings nous montrent qu'on cherche surtout à rendre ce synode consensuel, en nous faisant croire que les débats ont amené un certain accord, en essayant pour une fois de comprendre la situation réelle des gens sans pour autant y arriver pleinement. Au moins le pape François ne nous ment pas et dit que ce sera un long synode et que la conclusion ne se fera que dans celui d'octobre 2015. espérons que les résultats seront plus concluants que les derniers synodes.

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Publié le 16 Octobre 2014

Hier au soir lors d'une conférence de presse, le cardinal Walter Kasper estime qu'une majorité croissante au sein du synode est en faveur de sa proposition visant à permettre à certains catholiques divorcés remariés civilement de recevoir la communion. Le cardinal Kasper a également parlé de ses vues sur le synode, et suggère que les points de vue des Africains sur l'homosexualité, car pour lui les pères synodaux devraient écarter l'opinion des évêques africains qui ne doivent pas être acceptées en totalité ou être prises au sérieux. Pour lui, les commentaires sur les questions africaines sont impossibles, et ce n'est pas aux Occidentaux de les résoudre. Pour lui, l'Afrique ne veut pas résoudre ses problèmes et les Africains pour lui ne devraient pas nous dire ce que nous avons à faire sur ce sujet.

Mais le cardinal José Francisco Robles Ortega, archevêque de Guadalajara et président de la Conférence épiscopale mexicaine, n'est pas aussi enthousiaste. Pour lui, le rapport après la discussion est une image fiable de ce qui a été dit entre les pères synodaux, avec certaines limites. Comme il le déclare tous les pères synodaux sont clairement dans l'enseignement et la doctrine de l'Église; l'enseignement reste donc ferme, engagé et réitéré.

Aujourd'hui dans le Corriere della Serra, l'archevêque argentin Victor Manuel Fernandez se déclare ouvert à un changement dans le traitement de l'Église avec des divorcés remariés ou les homosexuels, car pour lui les participants du synode croient que l'Église doit trouver des moyens pour les fidèles se sentent inclus, et cela en dépit de leurs problèmes. Il souligne qu'il n'y a sans doute que quelques-uns, peut-être cinq ou six qui étaient d'avis de ne jamais changer les choses. Le cardinal Christoph Schönborn lui nous livre une belle réponse de Normand en disant que l'enseignement de l'Église sur le mariage et la famille ne peut pas changer, mais il peut se développer. Une "évolution" comme il le souligne. Une Évolution, sans changement est impossible.

La présentation des rapports des dix circuli minores (3 en anglais, 2 en espagnol, 2 en français et 3 en italien) proposait une évaluation du rapport de synthèse provisoire. On nous avance maintenant que la relatio post disceptationem ne présentait pas l'opinion des pères synodaux, et regroupait seulement les préoccupations des familles en crise, sans toucher au message de l'Evangile de la famille, la relatio synodi devrait finalement être un fort encouragement un et soutien de l'Église à l'institution familiale. En gros, ce rapport ne dit pas ce que nous avons dit, un beau retournement de chemise.

Les pères synodaux souhaite mieux exposer la doctrine du mariage comme un don de Dieu, et inclure des sujets qui ne figurent pas dans le rapport de synthèse comme l'adoption, pour laquelle il faut simplifier les procédures, ou la biotechnologie, comme la diffusion de la culture sur le web pour aider la vie de la famille, ainsi qu'une note sur l'importance de politiques en faveur de la famille. En gros, s'opposer à toutes les mesures qui ne plaisent pas à l'Église, sans souci de ce que peuvent penser les fidèles et les populations locales.

Il convient aussi d'être plus attentifs à la présence des personnes âgées au sein de la famille, aux familles prolongées dans la pauvreté extrême, à la question prostitution, à celle des mutilations génitales féminines, l'exploitation sexuelle des enfants et le travail infantile. Insister sur son rôle de transmission de la foi et d'évangélisation permettra de souligner aussi la vocation missionnaire de la famille, tout en exprimant de manière globale et équilibrée ce qu'est la famille chrétienne. La famille chrétienne est une famille comme une autre qui connait ses problèmes et qui vit sa foi non de façon identitaire mais réaliste, sans qu'on cherche à faire d'elle ce qu'elle n'est pas.

Pour les situations difficiles les groupes linguistiques veulent que l'Église soit un espace de compréhension pour que personne ne se sente exclu. Pour les pères synodaux la gradualité ne légitime pas les situations familiale irrégulière, même si celles-ci peuvent être un étape vers le sacrement matrimonial. Le problème est que l'Église voit les relations de couple qu'à travers le mariage. D'autres ont exprimé la volonté d'approfondir le concept de communion spirituelle, en vue de le préciser et de le diffuser. Donc, tous ceux qui seraient en situations irrégulières participeront à la messe sans communier.

Pour l'accès des divorcés remariés à la communion, la doctrine demeure et les pères synodaux souhaitent malgré tout envisager des exceptions dans une perspective de compassion et de miséricorde. Mais dans des conditions précises, et en soumettant la question à une commission interdisciplinaire. C'est à se demander si aimer à nouveau est un crime. Ils proposent également également une meilleure attention aux divorcés non remariés, qui seraient témoins de la fidélité conjugale. Le divorce, ne dit-il pas le contraire ? Les enfants des divorcés remariés ne doivent pas être considérés comme une charge mais comme un don de Dieu, fruits de l'amour conjugal. Cela fera plaisir aux divorcés remariés de considérer qu'ils n'aiment pas leurs enfants.

Les groupes linguistique souhaitent une meilleure orientation christocentrique (?) du mariage, et un plus solide rapprochement entre sacrement du baptême et sacrement du mariage, car pour inviter l'homme à la conversion il faut que la vision du monde passe par l'Évangile. Comment rapprocher deux sacrements qui ne se ressemblent en rien, et n'invitent nullement les hommes à la conversion qui ne s'apporte pas par les sacrements, mais par une volonté propre.

Pour les homosexuels, pas de reconnaissance du mariage de même sexe mais on les suivra pastoralement et on respectera leur dignité. Quant à la polygamie et en particulier dans le cas de convertis désirant recevoir les sacrements, il convient de conduire une étude approfondie. Une étude qui serait intéressante notamment en Afrique. Les circuli minores ont enfin conseillé de plus insister sur Marie et la Sainte Famille comme modèles familiaux. En gros, un modèle familial impossibles à imiter puisque nous n'avons pas grand chose sur eux.

Ce rapport des groupes linguistiques montrent que l'Église ne prend pas de risque, les mots sont plus subtils mais l'enseignement ne change en rien. Le rapport de synthèse avait donné lieu à de grand espoirs, voyons ce que la relatio synodi va nous offrir.

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Publié le 15 Octobre 2014

Aujourd'hui, deux modérateurs des circuli minores, Joseph Kurtz, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, le cardinal Lluis Martinez Sistach, archevêque de Barcelone, et un rapporteur, Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, ont fait part de leur expérience du travail des groupes linguistiques. Selon le père Frederico Lombardi, la réunion des groupes linguistiques réduit permet d'amener une réponse concrète au rapport de synthèse, en vue de la synthèse qui sera publié des rapports de différents groupes qui sera publiée demain.

Le cardial Sistach parle de son groupe linguistique en langue espagnole où il fait part d'un climat de communion, de fraternité et pastoral, où toutes les décisions ont été prises à l'unanimité, dans un débat en pleine liberté. Selon lui le rapport de synthèse serait objectif. En ce qui concerne la contraception et l'encyclique de Paul VI Humanae Vitae, le cardinal Sistach signale que son groupe insiste sur la dignité de la personne et que le fidèle n'est pas formée correctement, ou ne sent pas l'enseignement de l'Église à cause de l'environnement dans lequel il vit. Le cardinal Sistach parla de l'exemple de Barcelone où existe déjà des juges ecclésiastiques pour offrir des conseils (gratuit selon les possibilités financières) pour les conjoints divorcés remariés pour déterminer s'il y a des cas de nullité, mais son groupe a décidé de ne pas aborder la question du fait qu'une commission pontificale travaille déjà sur cette question.

Le cardinal Kurtz parle de son groupe en langue anglaise, et montre que pour lui le rapport de synthèse est un beau document de travail qui doit être modifié. De son groupe émergea trois idées : mettre davantage l'accent sur la valeur positive des familles chrétiennes, souligner l'harmonie de la pastorale familiale avec l'enseignement de l'Écriture et de l'Église, et mettre en évidence la nature missionnaire de l'Église parce que "nous ne devons pas attendre que les gens viennent à nous, mais nous aller vers les gens." Quand on lui demanda si la presse manipulait le synode, il répondit : "Ma responsabilité est se concentre pas sur ce que les gens pensent, mais ce qui est bon pour l'Eglise". Mgr Kurtz a également mis en garde contre les taux élevés de divorce dans son pays et dit que beaucoup de gens sont victimes de statistiques qui militent contre le succès des mariages pour la vie. Consternant.

Mgr Fischella dans son groupe de langue italienne met tout de suite en avant qu'il n'y aura pas de changement à propos d'Humanae Vitae, puisque pour lui, il y a presque un boycott de la connaissance et de la formation des méthodes naturelles. Il avance que de son groupe a émergé la proposition de rendre les processus de nullité de mariage plus libres. Pour son groupe, il y a des "éléments positifs" si ces couples sont ouverts au mariage. Au sujet des unions homosexuelles, pour Mgr Fisichella : "il n'y a rien de nouveau sous le soleil". Malgré tout, Mgr Fisichella pense qu'il peut y avoir des "éléments de stabilité, de loyauté" dans le concubinage.

Ce que nous montre ces groupes de travail est que l'ouverture a fait son temps puisque des demandes de clarification ont été faites sur les rapports du passage concernant le concubinage et les relations homosexuelles, et que les père synodaux veulent mieux souligner "la beauté de la famille chrétienne".

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Publié le 14 Octobre 2014

Le rapport de synthèse lu hier par le cardinal hongrois Peter Erdö, est nuancé ou critiqué par certains père synodaux qui le juge trop complaisant envers les situations familiales "imparfaites". Pour eux, il insiste trop sur l'accueil, sur la nécessité d'un chemin "graduel" pour permettre à ceux qui ne sont pas en règle avec le dogme de se rapprocher de l'Église, et sur la "conversion du langage" de l'Église, qui ne doit plus se contenter de "présenter des règles".

Pour certains père synodaux, cela viendrait du fait que le samedi 11 octobre, le pape avait nommé six évêques supplémentaires, proches de lui, pour aider à la rédaction du texte. Les conservateurs avaient critiqué ce choix, considéré comme une mesure partisane.

Est-il étonnant de voir le cardinal Camilo Ruini, le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, le cardinal Gerhard Müller, le cardinal de Durban, Wilfrid Napier et le cardinal Raymond Burke s'opposer à un changement de langage, sans pour autant changer la doctrine. Soi-disant qu'une vision un peu plus réaliste du mariage et des vies de famille irait à l'encontre de l'enseignement de l'Église.

Les problèmes se posent sur l'indissolubilité du mariage et quand à une solution non généralisée, basée sur un discernement au cas par cas. Le président de la Conférence épiscopale polonaise, Stanisław Gadecki est le plus dur sur ce sujet, car il veut que l'Église encourage la fidélité et les valeurs familiales, plutôt que d'accepter les choses présentes.

D'autres appuyés par le cardinal Gerhard Müller, ne veulent pas que l'Église puisse reconnaître les couples homosexuels. Le rapport souligne que "l'identité d'une personne n'était pas déterminée principalement par sa tendance sexuelle", tout en prenant acte "de cas où le soutien réciproque jusqu'au sacrifice constitue une aide précieuse pour la vie des partenaires", cela peut expliquer une telle réaction. Pourtant le texte ne propose pas de modifier la doctrine condamnant l'acte homosexuel, ni d'accepter le mariage pour les couples de même sexe.

D'ailleurs certains pères synodaux ne sont pas plus heureux sur le fait que le synode cherche à comprendre la réalité positive des mariages civils, et, des concubinages. D'ailleurs le rapport relève dans nombre dans ces types d'unions, des valeurs familiales authentiques peuvent se nouer. Pour autant, le rapport met toujours en avant le mariage religieux. Cela va dans le fait que certains père synodaux n'acceptent pas qu'on présente mieux le mariage religieux, afin qu'il ne soit plus considéré comme une tradition culturelle ou une exigence sociale.

Plus fort encore, le cardinal Burke avance que les informations sur les travaux du synode sont manipulé, car soit disant un grand nombre d'évêques n'accepte pas les principes de transparence, puisqu'ils souhaitent ouvrir l'Église. Mais le père Federico Lombardi a fait retomber la pression sur ce rapport reçu avec enthousiasme par une grande partie de la presse et largement critiqué par plusieurs pères synodaux, en disant que ce n'est qu’un "document de travail".

Le synode n'est en rien révolutionnaire puisqu'il ne change pas la doctrine, mais le changement des mots et une tentative de voir les familles et le mariage dans une tentative réaliste est déjà une avancée pour des évêques ne voulant pas prendre de risque. Espérons que les groupes de travail arriveront à des résultats plus probants, mais l'offensive des conservateurs est plus que visible et pourrait amener un synode trop consensuel.

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Publié le 13 Octobre 2014

Aujourd'hui, nous venons d'apprendre ce qu'ont retenu les pères synodaux de la première semaine de synode dans le rapport de synthèse, la "Relatio post disceptationem" lu par le cardinal hongrois Péter Erdö, rapporteur général du synode des évêques sur la famille lors de la matinée. L'attention fut surtout consacré aux problèmes des blessures dans les familles et les familles irrégulières, même si le synode ne centre pas sur ces seuls thèmes. Le rapport souligne les "éléments positifs" présents dans certaines unions en dehors du mariage catholique, comme les concubinages, les mariages civils ou les couples divorcés remariés.

Pour les pères synodaux le mariage civil, permet aux couples d'atteindre une remarquable stabilité, qui est caractérisé par une profonde affection et responsabilité envers leurs enfants, qui sont un germe d'accompagnement l'évolution vers le mariage sacramentel. Et en ce qui concerne le concubinage, le rapport indique qu'il y a un nombre croissant de concubins qui, si ils sont bien soutenu et aidé, demandent ensuite la célébration du mariage. L'Église semble réduire ces deux sujets à l'obsession du mariage religieux alors qu'il n'en est rien.

Pour les divorcés remariés rien ne change, pas de possibilité de communion sous diverses conditions, la facilitation de l'annulation du mariage et la pénitence sont les seules solutions qui ne répondent pas à la souffrance de ceux-ci. Les pères synodaux ne désirent pas de nouvelle pastorale, mais plutôt d'améliorer la préparation au mariage. Ce n'est pas une meilleure préparation au mariage qui changera la donne, mais une vision plus réaliste de celui-ci.

L’assemblée synodale s’est également demandée comment l’Église pouvait être "une maison accueillante" pour les homosexuels. Les pères synodaux affirment qu'ils ont des dons et des qualités à offrir à la communauté chrétienne, cependant les évêques ne tirent pas de conclusion sur les couples de même sexe puisqu'ils réfléchissent à comment développer des moyens réalistes de croissance et de maturité affectives intégrant la dimension sexuelle humaine et évangélique sur cette question. Ils ont surtout une attention particulière aux enfants vivant avec des couples de même sexe, et jugent inacceptable de vouloir mettre la pression pour que les personnes de même sexe puissent se marier. En gros, rien ne bouge.

Enfin, l'enseignement d'"Humanae vitae" est toujours considéré comme valide et doit être redécouvert, en insistant sur la nécessité de respecter la dignité de la personne dans l'évaluation morale des méthodes de la réglementation des naissances. En gros, on interdit la contraception. Ce rapport fait comprendre que l'Église ne comprend rien aux vies actuelles des familles, et ne souhaite pas le faire.

Ce rapport de synthèse nous annonce que notre hiérarchie n'a pas le courage de faire des avancées fortes, la peur de faire une véritable réforme va rendre ce synode peu concluant et on essaye maintenant de nous faire croire qu'après la lecture de ce rapport plusieurs pères synodaux se sont sentis dans l'atmosphère du concile Vatican II (1962-1965) après la publication du document conciliaire "Gaudium et Spes", ce qui est des plus risible.

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