Publié le 18 Juillet 2024

Sascha Garcia dans liberation.fr le mercredi 17 juillet 2024 a interrogé la théologienne Véronique Margron, présidente de la Corref (Conférence des religieux et religieuses en France),  qui lutte contre les violences sexuelles dans l’Eglise catholique française, qui est revenu sur les révélations à l’encontre de l’abbé Pierre. Auprès de Libération, elle ne s’étonne pas de ces révélations, et dénonce le manque de vigilance face à de telles figures tutélaires, car  comme elle l’indique : «comme dans beaucoup d’autres affaires, ce qui est très impressionnant, c’est l’impunité dont il a pu jouir, et ce jusqu’à sa mort ! Cet homme a agressé des femmes - un prêtre par-dessus le marché - pendant plus de 30 ans, et il ne se passe rien».

 

Elle doute du fait «que les compagnons de route de l’abbé Pierre n’aient rien vu. Je ne peux pas le croire. D’autant plus qu’il n’avait pas vraiment l’air de se cacher.», et elle salue «le courage qu’il a fallu aux victimes pour oser dénoncer cette figure», car «C’est presque comme toucher au sacré. Il était considéré comme tel par tant de personnes dans la société. Nous avons un vrai problème avec les personnalités charismatiques. Soit parce qu’elles emportent les foules, soit parce que, comme l’abbé Pierre, elles ont réalisé des actions très importantes. D’un seul coup, face à ces hommes, il n’y a plus aucun esprit critique. Ce que cela dit de l’Eglise catholique, c’est que, décidément, nous manquons de la vigilance la plus élémentaire sur les comportements des hommes, d’autant plus lorsqu’ils sont célèbres. Et je pense que ça, c’est extrêmement grave et c’est une tragédie. On dirait que l’Histoire ne nous apprend rien.»

 

Elle explique aussi pourquoi les faits se seraient déroulés durant plusieurs décennies, car «Beaucoup de victimes parlent très longtemps après les faits, y compris après la mort de leur agresseur. Et cela vaut aussi pour les cas de figure où l’agresseur n’est pas une figure tutélaire comme l’était l’abbé Pierre. Dissociation traumatique, culpabilité, honte… C’est un mélange de tout ça. Mais la figure de l’abbé Pierre en a rajouté une couche, c’est sûr. Je me rappelle cette femme venue me parler, qui me disait : «Je ne veux pas faire de mal au mouvement Emmaüs.» Je lui ai répondu : «Mais même si ça lui faisait du mal, c’est votre vie avant tout, c’est ça qui compte.» Elle avait vraiment peur que sa parole entache le mouvement.» Et heureusement «Les organisations auraient pu dissimuler toutes ces informations, mais elles ne l’ont pas fait.» Et pour elle, «ils ont eu le courage de le faire car ils ont vraiment cru ces personnes, qui ont réclamé une enquête indépendante. Ils ont fait cela en toute conscience de la nécessité pour les victimes, et pour eux-mêmes, de faire la lumière autant que possible sur les agissements de l’abbé Pierre. Et ce, peu importe les conséquences que cela aura sur le mouvement, par exemple en termes de donateur.»

 

Enfin, elle est partagée à propos de savoir si une nouvelle libération de la parole de femmes victimes de violences sexuelles dans l’Église aura lieu, car «D’un côté, j’ai envie de vous dire : j’espère ! A partir du moment où des victimes sont identifiées, on peut craindre que beaucoup d’autres ne le soient pas. Alors si cela peut permettre à ces personnes d’être crues, reconnues, et un tout petit peu réparées, je le souhaite. Que ce soit les potentielles autres victimes de l’abbé Pierre, ou tout autre membre de l’Eglise. Si ce rapport peut aider les victimes à parler, ce sera toujours ça pour ce que j’appelle «une vie restaurée». Après la diffusion du rapport de la Ciase, en 2021, j’ai reçu des centaines et des centaines de témoignages dans la semaine. Et je crois que ce nombre de 200 000 victimes est en deçà de ce qu’il en est réellement.»

 

Hier, libération.fr nous montre dans son article (https://www.liberation.fr/societe/religions/labbe-pierre-accuse-dagressions-sexuelles-par-plusieurs-femmes-20240717_QKT3PZZZVBCOZEEU52U5UGR7YY/) que le second vice-président de la Conférence des religieux et religieuses de France, Michel Laloux, décrit à Libé une «libération de la parole absolument essentielle» et appelle à ce que ces témoignages soient crus et écoutés «en profondeur» : «Je ne connais pas le cas de ces sept femmes, mais je suis en contact avec des personnes victimes et c’est terrible ce que ça peut produire comme ravages.» Et de décrire des cauchemars, la dégradation de la santé physique et psychique ou la dévalorisation de soi que peuvent éprouver les personnes victimes qu’il accompagne. «Les actes et les paroles» de l’abbé Pierre entrent aujourd’hui dans «une contradiction terrible» pour le frère Michel Laloux : «C’est d’autant plus triste qu’il a fait énormément de choses pour les personnes qui vivaient dans la misère.»

 

Enfin la-croix.com (https://www.la-croix.com/france/martin-hirsch-sandrine-rousseau-les-premieres-reactions-aux-revelations-sur-l-abbe-pierre-20240717) nous montre que Plusieurs personnalités ont réagi aux accusations d’agressions sexuelles mettant en cause l’abbé Pierre et révélées dans un rapport publié mercredi 17 juillet. «Quand nous avons reçu le premier témoignage… ça a été un choc terrible. C’était une déflagration», a assuré Christophe Robert, délégué général de la Fondation abbé Pierre, sur France 2. «On s’est dit» qu’il fallait «faire la lumière», «donner la parole à ces victimes, pour que nous puissions, de toutes nos forces, les soutenir et qu’elles puissent être entendues», dit-il, se disant «triste» et «en colère». «Ce que nous dit le cabinet qui a mené ce travail d’écoute auprès des victimes, c’est que quand on a une telle amplitude de temps (…), où nous avons identifié sept victimes, ça veut dire qu’il y en a probablement d’autres», ajoute Christophe Robert.

 

«Je suis surprise de ces accusations, j’ai du mal à y croire», a confié Annie Porte, filleule de l’abbé Pierre et le premier enfant né dans une cité Emmaüs en 1951, à France Bleu Mayenne, Celle dont la photo avec l’abbé a été immortalisée sur une célèbre une de Paris Match, en 1954, s’interroge sur les raisons qui ont poussé à ces femmes à témoigner si longtemps après la mort de l’abbé Pierre, soulignant que ce dernier «ne peut pas se défendre». Annie Porte assure que l’abbé Pierre s’est toujours très bien comporté quand elle le recevait dans sa famille : «Il s’est toujours conduit comme un grand-père, quelqu’un de très gentil, de correct».

 

Président d’Emmaüs France entre 2002 et 2007, ancien haut-commissaire aux solidarités actives dans le gouvernement de François Fillon, Martin Hirsch retient des révélations le travail «rigoureux» de l’association. La députée écologiste Sandrine Rousseau, qui a fait du combat féministe l’un des marqueurs de son action, a fait part de sa colère sur le réseau social X. Enfin, Henri de Beauregard, avocat et président de la Haute Autorité des Républicains, a de son côté dénoncé une enquête sur «un homme mort depuis 17 ans».

 

Et après la publication de ce rapport levant le voile sur des accusations d’agressions sexuelles à l’encontre de l’abbé Pierre, de nombreux catholiques font part de leur désarroi, car l’onde de choc a dépassé les murs de l’Église, tant l’admiration vouée à cet inlassable défenseur des plus pauvres est restée prégnante dans la société. Sans remettre en cause la fécondité de son œuvre, certains veulent alerter contre les risques de «starification» de telles figures charismatiques (https://www.la-croix.com/religion/affaire-abbe-pierre-des-catholiques-entre-colere-deni-et-sideration-20240718).

 

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Publié le 17 Juillet 2024

Pierre Jova et Laurence Faure dans lavie.fr nous montrent ce mercredi 17 juillet 2024 qu’un rapport commandé par Emmaüs International identifie au moins une dizaine de femmes, dont une alors mineure, victimes d’agressions sexuelles ou de tentatives d’agressions de la part du fondateur d’Emmaüs. Des révélations qui mettent en lumière une dimension jusqu’ici tue du héros de l’hiver 1954.

 

C’était le prêtre le plus aimé de France. Il incarne la conscience morale, la capacité à se révolter, le courage d’agir. Il est, pour beaucoup de nos compatriotes, l’un des minces fils qui les relient toujours à la chrétienté. Ses interpellations résonnent encore à nos oreilles : «Mes amis, au secours…» Mort en 2007, l’Abbé Pierre demeure une icône française. Son engagement inégalé pour les exclus inspire le respect de tous – au point d’être convoqué par le Nouveau Front populaire au cours des dernières élections législatives 2024. Canonisé par l’opinion, l’Abbé Pierre n’avait pourtant jamais caché certaines de ses limites. Mais peu auraient imaginé qu’il fasse un jour l’objet d’accusations de violences sexuelles. Interpellé en 2023 par une victime, Emmaüs International a lancé une enquête conjointement avec Emmaüs France et la Fondation Abbé-Pierre. Un travail externalisé, commandé au cabinet Egaé, qui forme des entreprises et institutions à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. La Vie a pu consulter, en accord avec le mouvement, ce rapport publié le 17 juillet 2024, identifiant au moins 12 victimes, toujours vivantes, présumées de faits qui auraient été commis par l’Abbé Pierre durant une période de 30 ans, de la fin des années 1970 à 2005. «J’ai l’habitude de me défendre. Mais là, c’était Dieu. Comment vous faites quand c’est Dieu qui vous fait ça ?», témoigne une des victimes présumées (toutes anonymes) citée dans le rapport. Parole sidérante, comme le reste de l’analyse conduite par Egaé, qui fait écho à de nombreux autres témoignages de violences sexuel.

 

Parmi les faits remontés, "des comportements inadaptés d'ordre personnel, une proposition sexuelle, des propos répétés à connotation sexuelle, des tentatives de contacts physiques non sollicités, des contacts non sollicités sur les seins". Une des femmes rapporte ainsi que l'Abbé Pierre "s'est mis à lui tripoter le sein gauche" alors qu'elle se trouvait "au pied de l'escalier, un endroit de type sas". Quelques années plus tard, elle raconte une autre scène dans un bureau. "Je me suis avancée vers lui pour lui serrer la main. Il a essayé de m'attirer vers la fenêtre. Je lui ai dit 'Non, Père'. Il m'a dit 'J'en ai besoin'. J'ai dit 'non', il est parti." Une autre femme raconte la fois où l'Abbé Pierre "pose ses mains sur (sa) poitrine, (ses) seins", pendant "qu'on parle du travail". Une autre indique quant à elle qu'un jour, "au moment de lui dire au revoir, il a introduit sa langue dans ma bouche d'une façon brutale et totalement inattendue". De cette série d'entretiens ressort "une forme de sidération lors des faits", écrit l'autrice du rapport, Caroline de Haas, qui pointe une "forme d'emprise alimentée par la différence d'âge, le statut de l'abbé Pierre et une forme d'idolâtrie, ou la situation de subordination entre lui et les personnes" (https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/l-abbe-pierre-accuse-d-agressions-sexuelles-par-plusieurs-femmes-selon-un-rapport-3860659).

 

"Nous saluons le courage des personnes qui ont témoigné et permis, par leur parole, de mettre au jour ces réalités", soulignent Emmaüs France, Emmaüs International et la Fondation Abbé Pierre. "Nous les croyons, nous savons que ces actes intolérables ont laissé des traces et nous nous tenons à leurs côtés", ajoutent-elles. "Ces révélations bouleversent nos structures" et "ces agissements changent profondément le regard que nous portons sur un homme connu avant tout pour son combat contre la pauvreté, la misère et l'exclusion". Un dispositif de recueil de témoignages et d'accompagnement, "strictement confidentiel, s'adressant aux personnes ayant été victime ou témoin de comportements inacceptables de la part de l'abbé Pierre", a été mis en place, selon les trois associations. L'Église catholique en France a déclaré mercredi sur X avoir appris "avec douleur" les conclusions du rapport. Attendant de prendre connaissance du rapport publié, la Conférence des évêques de France "tient à assurer les personnes victimes de sa profonde compassion et de sa honte que de tels faits puissent être commis par un prêtre", souligne ce message publié peu après ces révélations (https://www.france24.com/fr/france/20240717-abbe-pierre-accuse-agressions-sexuelles-sept-femmes-rapport).

 

«Ce sont des amis qui m’ont prévenu et m’ont dit d’allumer la télévision», a expliqué sa filleule Annie Porte à France Bleu Mayenne. Cette dernière, qui habite à Laval, se déclare «sous le choc à la suite de ces révélations. J’ai du mal à y croire. Il faut qu’on écoute ces personnes, qu’on leur donne la parole. Il y a une justice.» (https://www.ouest-france.fr/faits-divers/violence-sexuelle/douleur-honte-les-premieres-reactions-apres-les-accusations-visant-labbe-pierre-b407108e-4443-11ef-90f2-b61ef193591b).

 

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Publié le 15 Juillet 2024

Jesús Bastante nous montre dans religiondigital.org dans son article du lundi 15 juillet 2024 que deux mois plus tard, le «feuilleton Belorado» continue de faire la une de la presse du monde entier. Les anciennes religieuses excommuniées, qui luttent contre l'évêque (et le Vatican) pour - soi-disant - défendre leur liberté et les biens du couvent, allant jusqu'à renoncer à la foi qu'elles auraient pratiquée pendant des décennies, sont pourtant l'une d'entre elles. C'est encore un cas dans un processus, croissant surtout en Europe, de désaffection à l'égard de l'Église catholique, né du Concile Vatican II et qui a trouvé en le pape François un promoteur déterminé.

 

Car le cas des religieuses schismatiques de Belorado n’est en aucun cas unique au monde. Au-delà des gros titres qui exaltent aujourd'hui l'ancien nonce, également schismatique, Carlo Maria Viganò (qui a trouvé ce week-end dans l'attaque frustrée contre Donald Trump un alibi pour ses théories du complot sur le nouvel ordre mondial) , la vérité est que, depuis des mois maintenant - et, surtout, après la mort de Benoît XVI, qui agissait comme une sorte de «mur de soutènement» contre les groupes les plus perturbateurs, de plus en plus de groupes prônent un retour à l'Église d'avant la réforme, que ce soit à travers des rites préconciliaires, ou par une décision de ne pas obéir aux instructions de Vatican II. Des prêtres qui prient pour la mort du pape , dont certains visitaient le monastère de Belorado avec une certaine fréquence avant le schisme, des religieuses qui affrontent l'autorité ecclésiastique, des cardinaux et d'anciens fonctionnaires de la curie qui, indirectement (ils ne sont pas aussi clairs que Viganò) soulignent à d'éventuelles hérésies si les couples homosexuels sont bénis, si le diaconat féminin est autorisé ou si la communion est donnée aux personnes divorcées et remariées. La dynamique s'est multipliée après la mort de Ratzinger et, surtout, avant la convocation de la deuxième assemblée du Synode, qui a déjà réussi à décaféiner l'Instrumentum Laboris.

 

L'un des exemples les plus proches de Belorado, que Katholisch nous rappelle aujourd'hui, est le conflit des Carmélites d'Arlington, au Texas, dont la supérieure, Mère Teresa Agnes, a accusé Mgr Olson d'avoir «commis des péchés contre le sixième commandement et rompu son vœu de chasteté avec un prêtre extérieur au diocèse de Fort Worth», c'est pourquoi il a expulsé la religieuse. Bien que le Vatican ait annulé cette décision, il a néanmoins approuvé le prélat, également nommé délégué apostolique - comme Iceta à Belorado - et également rejeté par les religieuses. De plus, les deux religieuses ont tenté de se réfugier sur les genoux de Viganò. Ainsi, ceux d'Arlington ont publié sur leur site Internet une lettre de soutien de l'ancien nonce excommunié, qui dénonçait la «frénésie idéologique» du Saint-Siège pour contrôler les religieuses «capricieuses», et accusait Braz d'Aviz (préfet de la Vie consacrée)  et Rodríguez Carballo (alors secrétaire de celui-ci, aujourd'hui archevêque de Mérida-Badajoz) des «ultramodernistes, impitoyablement corrompus».

 

Viganò est également devenu le défenseur de l'abbesse du couvent bénédictin de Pienza, également licenciée en 2023 par le Vatican. Même si, dans ce cas (comme à Belorado et à Arlington), il y avait derrière cela un problème financier : les activités commerciales du monastère italien et l'intention de l'ancien nonce d'établir les sœurs à Viterbe, à côté du lieu où il avait l'intention de fonder sa nouvelle Église anti-bergoglienne. Mais Viganò n’est pas seul. Des évêques comme Strickland, ou des dirigeants catholiques du nouvel âge, comme les acteurs Eduardo Verástegui ou Mel Gibson, ont critiqué, de manière plus ou moins voilée, les actions du Vatican. Le plus dur, sans aucun doute, a été le réalisateur de La Passion du Christ, qui a dénoncé l'excommunication de l'ancien nonce. «Viganò a raison (…). L’Église de Rome est sabotée de l’intérieur», a perpétré le protagoniste de Braveheart ou L’Arme Fatale dans une vidéo YouTube. «La racine des problèmes est représentée par le Concile Vatican II», a affirmé Gibson, dénonçant «la peur d'un clergé silencieux face aux travaux de démolition de Bergoglio».

 

L’héritage du concile Vatican II est de plus en plus combattu  et seuls quatre des plus de 200 pères conciliaires sont encore vivant, après la disparition de l'ancien archevêque de Bangalore, Alphonsus Mathias décédé aujourd’hui à l'âge de 96 ans, dont "Sa vie a été un témoignage des valeurs évangéliques d'amour, de service et d'humilité", sa mort marque la fin d'une époque, mais son héritage perdure dans l'Église et les personnes dont il a touché la vie, et «Sa vision d’une Église vibrante, dynamique et socialement engagée reste une force directrice pour les générations futures» (https://www.katholisch.de/artikel/54736-einer-der-letzten-konzilsvaeter-gestorben-jetzt-leben-nur-noch-vier), cependant le pape François se moque des passéistes en appelant lors d'une audience avec des membres de divers ordres catholiques, hommes et femmes, les communautés religieuses à l'action en poursuivant l'œuvre des fondateurs de leurs ordres et à travailler avec charité, courage et créativité, en particulier en faveur des plus faibles, tout en les mettant en garde contre l'ambition, l'envie, l'arrogance, la rigidité et «toute autre vilaine tentation d'égocentrisme», comme le font ses adversaires actuellement (https://www.katholisch.de/artikel/54745-papst-an-ordensleute-zukunft-der-kirche-liegt-im-globalen-sueden).

 

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Publié le 15 Juillet 2024

José Manuel Vidal dans religiondigital.org le dimanche 14 juillet 2024 nous montre aussi que le pape François, dans sa catéchèse depuis la chaise de la fenêtre, explique le sens de la mission : «Les disciples sont envoyés ensemble et ne doivent emporter avec eux que le nécessaire». Autrement dit, la communion et la sobriété «sont des valeurs importantes pour notre vie chrétienne» et pour la vie de l’Église. Car «si l’individualisme et l’envie l’emportent, l’air devient lourd, la vie devient difficile», car cela empêche de «ressentir la joie d'annoncer l'Évangile», «de marcher ensemble avec les autres, à partager avec eux des idées et des compétences, avec un esprit ouvert et un cœur généreux», et enfin, de «cultiver un style de vie sobre et attentif aux besoins de mes frères et sœurs» (https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2024-07/angelus-annoncer-l-evangile-dans-la-communion-et-la-sobriete-de.html).

 

La communion et la sobriété seraient nécessaire en ce moment en France, car près d'une semaine après le second tour des législatives, l'idée lancée par le président Emmanuel Macron d'une large coalition n'a pas vraiment trouvé preneur. La composition du prochain gouvernement relève du casse-tête. D'autant qu'à droite comme à gauche, les principales forces politiques brandissent la menace ultime : renverser le gouvernement par une motion de censure si leurs conditions n’étaient pas respectées. Pendant ce temps,  l'union des gauches vit l'épreuve du feu en raison des désaccords entre les Insoumis de l'ancien candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, et les socialistes. Après près d’une semaine de tractations, ils ne se hasardent plus à promettre de s'entendre rapidement sur un nom pour le poste de Premier ministre. (https://www.rfi.fr/fr/france/20240712-france-des-menaces-de-censure-planent-d%C3%A9j%C3%A0-sur-le-futur-gouvernement-toujours-en-attente).

 

Actualité oblige, en réponse à la tentative d’assassinat apparente contre l’ancien président des États-Unis Donald Trump lors d’un rassemblement de campagne samedi, le Vatican a exprimé son inquiétude, qualifiant l’incident de «coup» à la démocratie. Le Vatican a déclaré qu’il est «uni avec la prière des évêques des États-Unis pour l'Amérique, pour les victimes et pour la paix dans le pays, afin que la logique des violents ne prévale jamais», a-t-il déclaré (https://cruxnow.com/vatican/2024/07/vatican-says-attack-on-trump-wounds-people-and-democracy). Et avant le Vatican, des évêques américains comme Mgr David A. Zubik, du diocèse local de Pittsburgh, le cardinal américain Sean O’Malley, proche conseiller du pape François qui a renvoyé l’attaque à la situation de tension généralisée dans le pays, ont condamné cette attaque, ainsi que toute forme de violence politique, et la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) a aussi, par l’intermédiaire de son président Mgr Timothy Broglio, «condamné la violence politique» et offert ses prières pour l’ancien président ainsi que pour les autres victimes (https://www.cath.ch/newsf/attentat-contre-d-trump-les-eveques-americains-condamnent/).

 

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Publié le 13 Juillet 2024

katholisch.de nous montre ce samedi 13 juillet 2024 que «les femmes doivent pouvoir se sentir à l'aise dans l'Église catholique - c'est actuellement la préoccupation la plus importante de l'Église», selon le cardinal luxembourgeois Jean-Claude Hollerich. "Si les femmes ne se sentent pas à l'aise dans l'Église, nous avons échoué en tant que chrétiens", a déclaré le cardinal au magazine américain "America" dans une interview publiée vendredi (heure locale). Selon Hollerich, il ne peut pas dire si le bien-être des femmes dans l'Église est également important pour qu'elles puissent occuper des fonctions d'ordination. Mais si les femmes ont le sentiment que "leur voix est autant écoutée que celle des hommes, mais qu'elles se sentent néanmoins discriminées parce qu'elles ne peuvent pas occuper une fonction ordonnée, alors il faut y réfléchir".

 

Le cardinal a fait ces commentaires en vue de la deuxième étape du synode mondial, qui doit s'ouvrir à Rome en octobre. En tant que «rapporteur général», l'archevêque luxembourgeois coordonne le contenu de l'assemblée. Le document de travail du synode récemment publié indique que la question de l'admission éventuelle des femmes au diaconat, l'office d'ordination le plus bas de l'Église, ne sera pas abordée lors de la réunion du synode. Cette question devrait plutôt être traitée dans l’un des groupes de travail spéciaux que le pape François a mis en place pour les questions d’actualité.

 

Et katholisch.de (https://www.katholisch.de/artikel/54709-hollerich-wenn-frauen-sich-in-kirche-unwohl-fuehlen-haben-wir-versagt) nous montre que selon le cardinal indien Oswald Gracias, on parlera également beaucoup des femmes dans l'Église lors de la deuxième étape du Synode mondial à Rome. "Il est clair que nous devons donner aux femmes la place qui leur revient. Cela ne fait aucun doute", a déclaré l'ancien archevêque de Mumbai au portail américain "Crux" (samedi). "Nous discuterons des moyens par lesquels les femmes peuvent jouer un plus grand rôle dans l'Église, notamment en tant que décideurs", a poursuivi le cardinal indien. Gracias est considéré comme un proche confident du pape. Il est membre du Conseil des cardinaux, qui conseille le pape François, depuis 2013 et est également membre du Conseil synodal permanent.

 

Enfin, Gracias a également commenté la position des personnes homosexuelles et transsexuelles dans l'Église. «Nous ne les rejetons pas en tant que personnes», a déclaré le cardinal, faisant référence à la communauté LGBTQ. Mais en même temps, il a mis en garde contre des attentes excessives quant à un changement dans l'autorité enseignante de l'Église. "Il y a un risque que si nous faisons une déclaration à ce sujet, cela puisse être interprété par certains comme signifiant que l'Église veut changer sa position morale, mais seulement pour être à nouveau mieux acceptée." Cependant, cette évaluation n'est pas correcte, a souligné Gracias. "L'Église est très stable. L'Évangile dit très clairement ce que veut notre Seigneur, le Pape est un homme d'une profonde piété et conduit l'Église dans la direction que Dieu et l'Esprit Saint indiquent."

 

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Publié le 12 Juillet 2024

vaticannews.va nous montre dans son article du jeudi 11 juillet 2024 nous montre que le pape François a signé la préface de «Femmes et ministères dans l'Église synodale», écrit par les cardinaux Hollerich et O'Malley et trois théologiennes, dont l'évêque anglican Jo Bailey Wells, qui ont participé à la réunion du C9 en février dernier, dont le titre «Démasculiniser l'Église», s’inspire d'une expression du pape lui-même.

 

Pour le Saint-Père, «le drame des abus nous a obligés à ouvrir les yeux sur le fléau du cléricalisme qui est une manière déformée d'exercer le pouvoir dans l'Église dans laquelle tout le monde peut tomber : même les laïcs et les femmes». «Écouter les souffrances et les joies des femmes est certainement une façon de nous ouvrir à la réalité», a estimé le pape François. Le pape François nous invite donc à regarder la réalité plutôt que les idées, et à partir de «l'interprétation sapientielle de l'expérience des femmes dans l'Église».

 

La question du rôle des femmes dans l'Église a refait surface ces derniers jours avec la publication de l'Instrumentum laboris de la deuxième session de la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques en octobre prochain. En effet, le texte de base pour le travail des pères et mères synodaux souligne «la nécessité de mieux reconnaître» leurs charismes et leurs vocations.

 

Les femmes, souligne le texte, «en vertu du baptême, sont dans une condition de pleine égalité, reçoivent la même effusion de dons de l'Esprit et sont appelées au service de la mission du Christ». Ainsi poursuit l'Instrumentum laboris, le premier changement à opérer est donc «celui de la mentalité», avec «une conversion à une vision de relation, d'interdépendance et de réciprocité entre les femmes et les hommes, qui sont sœurs et frères dans le Christ, en vue de la mission commune».

 

Cependant comme le montre RFI.fr (https://www.rfi.fr/fr/monde/20240711-l-%C3%A9glise-refuse-encore-les-femmes-diacres-et-reconna%C3%AEt-du-machisme-qui-reste-fort) le document préparatoire du prochain synode qui aura lieu au Vatican au mois d'octobre propose de donner plus de responsabilités aux femmes dans la vie et les décisions de l'Église mais écarte pour l'heure l'idée que des femmes puissent être ordonnées. L'institution juge que «la réflexion théologique doit se poursuivre». Il faut donc repenser la manière dont sont prises les décisions dans l’Église en permettant aux fidèles une plus importante participation, et aux femmes en particulier, car «La présence du machisme reste forte» dans certaines Églises locales, reconnait le document.

 

katholisch.de (https://www.katholisch.de/artikel/54685-theologin-kritisiert-verzoegerung-und-geschwafel-bei-rolle-der-frau) nous montre aujourd’hui que cela pousse  la théologienne anglaise Tina Beattie à critiquer vivement le «retard» de l'Église catholique dans l'autonomisation des femmes. Au lieu de cela, «les bavardages banals sur les charismes et les dons des femmes se poursuivent année après année», écrit Beattie dans un article publié jeudi sur le site Internet de l'université catholique américaine «Sacred Heart University» à Fairfield, Connecticut.

 

Le contexte des remarques du professeur émérite d'études catholiques à l'Université de Roehampton à Londres est le document de travail publié mardi pour la deuxième session du Synode mondial et l'annonce simultanée par le Dicastère de la Foi qu'il présentera un document sur le rôle des les femmes dans la direction de l'Église. Beattie soupçonne que cette dernière mesure devrait être considérée comme une compensation pour le fait que le synode de Rome ne discutera plus du diaconat des femmes.

 

Beattie a expliqué qu’un consensus à l’échelle de l’Église ne peut pas être la condition préalable à tout développement doctrinal et à tout changement dans l’Église. Elle s'adresse à l'Église en Afrique, habituellement citée comme une «source de résistance» au diaconat des femmes. Mais ce qui s'applique à la hiérarchie ecclésiale ne s'applique pas toujours aux gens.

 

Au sommet de l’Église, on souhaite donner un rôle plus important aux femmes sans pour autant donner un ministère, cette situation devient intenable car rien ne s’oppose à un changement comme le diaconat féminin sauf le machisme.

 

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Publié le 11 Juillet 2024

religiondigital.org et Efe nous montrent ce jeudi 11 juillet 2024 nous montre que le groupe Corazón Silenciado, la première association de victimes d'abus au sein de l'Église catholique portugaise, a demandé à la Conférence épiscopale portugaise (CEP) de modifier son système de réparations pour «humaniser» davantage le processus, y compris sa manière de communiquer avec la société et les critères de calculer la compensation économique.

 

Le groupe a expliqué ce jeudi dans un communiqué que tels étaient certains des messages qu'il a transmis hier, mercredi, à la présidence du CEP lors d'une réunion organisée à Coimbra (à environ 200 kilomètres au nord de Lisbonne). Au cours de la réunion, Corazón Silenciado a célébré la décision de l'Église d'indemniser les victimes, tout en demandant un changement dans la méthode de calcul des indemnisations établie par le CEP, qui a annoncé en avril dernier que chaque montant serait décidé au cas par cas par un comité. "En devant justifier la nouvelle commission, créée pour analyser l'impact que les abus ont eu sur nos vies, nous ne serons qu'un numéro sans visage de plus, soumis à un 'tarif' de souffrance", a critiqué l'association, qui a défendu qu'elle devrait être une «question d’humanisation» et non quelque chose de «bureaucratique».

 

De même, il a rapporté que le CEP a éliminé tous les témoignages fournis lors d'une enquête menée en 2022 par une commission indépendante (également créée par le CEP), qui a recueilli les témoignages de plus d'un demi-millier de personnes et qui a projeté qu'au Portugal au moins 4800 mineurs ont subi des abus sexuels dans les institutions ecclésiales depuis 1950. De cette manière, les personnes qui réclament une compensation ne pourront pas se référer à ce qu'elles ont communiqué à cette première commission et devront à nouveau expliquer leur cas devant la nouvelle commission. "Il est frustrant de savoir que tout le travail de la commission indépendante n'avait pas pour but d'aider et d'accompagner les victimes, mais plutôt de recueillir des données/témoignages pour la connaissance de la réalité passée et pour des statistiques", a déploré l'association.

 

Lors de la réunion, il a également exigé que la Conférence épiscopale "parle d'une seule voix", sans diviser les décisions selon les diocèses, et a suggéré "une publicité fréquente et explicite, de la part de l'Église, notamment à travers une campagne télévisée" pour informer "de manière simple et claire" vers où doivent s'adresser les victimes qui souhaitent demander une indemnisation. D'autre part, le CEP "a valorisé toute la contribution que le courage des victimes a apporté à la compréhension des souffrances causées" par les exactions et a pris en considération leurs "préoccupations et suggestions", indique la note.

 

La Conférence épiscopale portugaise a annoncé en avril qu'elle indemniserait les victimes d'abus qui demandent réparation, à travers un fonds monétaire qui sera financé par les «contributions de solidarité» de tous les diocèses du pays. Les victimes pourront demander cette indemnisation entre juin et décembre 2024. Le groupe Vita, structure d'accompagnement également créée par le CEP pour accompagner les victimes, a récemment signalé qu'au moins 39 personnes envisageaient de demander une indemnisation.

 

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Publié le 10 Juillet 2024

katholisch.de nous montre dans son article du mardi 9 juillet 2024 qu’après des mois de délibérations, les évêques espagnols ont approuvé mardi un plan d'indemnisation pour les personnes victimes d'abus sexuels. Cela prévoit une «réparation globale» et inclut les aspects psychologiques, sociaux, spirituels et financiers. Cela vise également à indemniser les victimes dont les dossiers sont prescrits ou ne peuvent pas faire l'objet de poursuites judiciaires pour d'autres raisons. Il s’agit d’un tournant : jusqu’à présent, après une pression publique et politique soutenue, l’Église espagnole n’avait généralement versé des compensations qu’après des décisions de justice appropriées.

 

Une commission spéciale doit être créée pour mettre en œuvre le plan désormais définitivement arrêté. La tâche de ce poste sera d'examiner chaque cas individuellement afin de trouver des solutions individuelles. La commission, composée d'experts ecclésiastiques, judiciaires et médico-légaux, peut impliquer un représentant des victimes dans les délibérations, mais n'est pas nécessairement obligée de le faire. "Ce que nous avons adopté aujourd'hui n'est pas un décret juridiquement contraignant qui lie les diocèses et les ordres", a précisé le président de la Conférence épiscopale espagnole, Mgr Luis Argüello. Il s’agit plutôt de remplir une «obligation morale».

 

En réalité, l’Église en Espagne se moque du monde, elle ne tient pas en compte  les grandes demandes des survivants et du gouvernement : une norme obligatoire, et que les victimes soient présentes dans la commission consultative. De plus, les évêques espagnols se permettent de critiquer le gouvernement rappelant «qu'il est responsable de toutes les victimes qui surviennent dans le pays» (donc les leurs aussi), alors qu’ils n’auraient rien fait sans la pression venue suite à la protestation des victimes d’abus appuyée par le gouvernement (https://www.religiondigital.org/espana/Iglesia-espanola-reparacion-obligatorio-victimas-cee-confer-espana_0_2686531333.html).

 

Ce n’est pas la honte qui les étouffe, ce qui leur a valu une critique du gouvernement espagnol qui  fait pression sur la Conférence épiscopale espagnole (CEE) pour qu'elle négocie un système de réparation conforme aux recommandations du rapport du médiateur, qui propose un organe mixte entre l'Église et l'État, plus inclusif et plus efficace pour les victimes d'abus sexuels au sein de l'Église le jugeant unilatéral et non contraignant, car les évêques espagnols n'envisagent pas la participation directe des victimes et n'établissent pas d'obligations claires pour tous les diocèses, et souhaite un système qui garantit la participation active des victimes, qui lie toutes les parties impliquées et qui garantit une compensation juste et adéquate de la part de l'Église (https://www.cronista.com/espana/actualidad-es/el-gobierno-exije-a-la-iglesia-catolica-que-repare-adecuadamente-a-las-victimas-de-abuso/).

 

Les associations de victimes, telles que l'Association des victimes d'abus de Navarre (AVA) et l'Association nationale de l'enfance volée (ANIR), qui ont soutenu la position du gouvernement, ont exprimé leur inquiétude quant au manque d'inclusion dans le processus de réparation proposé par la CEE. Ont également participé à la réunion le sous-secrétaire du ministère de la Présidence, de la Justice et des Relations avec les tribunaux, Alberto Herrera, et la directrice générale de la Liberté religieuse, Mercedes Murillo, qui ont réaffirmé l'engagement du gouvernement à rechercher un système de réparation juste et équitable pour toutes les victimes d’abus sexuels au sein de l’Église (https://www.cronista.com/espana/actualidad-es/el-gobierno-exije-a-la-iglesia-catolica-que-repare-adecuadamente-a-las-victimas-de-abuso/).

 

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Publié le 9 Juillet 2024

Christopher White nous montre sur NCRonline.org ce mardi 9 juillet 2024 que bon nombre des questions brûlantes qui  ont dominé le sommet à enjeux élevés du pape François sur l'avenir de l'Église catholique en octobre dernier, comme les femmes diacres et l'accueil des catholiques LGBTQ, seront retirées de la table lorsque les prélats et les délégués laïcs reviendront à Rome en octobre pour le l'assemblée de clôture d'un mois de la réunion, et seront finalement traitées par  des groupes de travail de théologiens et de responsables du Vatican mis en place par le pape, avec bon nombre des questions les plus sensibles relèvent de la  compétence du puissant Dicastère pour la doctrine de la foi du Vatican. Au lieu de cela, selon un document intitulé «Comment être une Église synodale missionnaire», très attendu publié par le Vatican le 9 juillet, les participants à la deuxième session du synode sur la synodalité seront invités à réfléchir à la manière dont les structures de l'Église peuvent encourager une plus grande participation et à déterminer où il y a de la place pour une «diversité légitime» entre les églises locales sur différentes questions et pratiques.

 

Parmi les domaines identifiés par le document figurent la nécessité pour les femmes d'être davantage impliquées à la fois dans «les processus de prise de décision et de prise» au sein de l'Église, notamment des appels à davantage de domaines de dialogue afin que les femmes puissent partager leurs expériences et leurs idées, à un meilleur accès aux postes de responsabilité au sein des diocèses et d'autres institutions ecclésiales, à une plus grande reconnaissance du travail des femmes consacrées, à l'inclusion des femmes dans la formation au séminaire, une augmentation du nombre de femmes servant de juges dans les processus canoniques de l'Église et un langage plus inclusif dans la prédication, la catéchèse et les documents officiels de l'Église, la possibilité pour les laïcs, femmes et hommes, de prêcher à la messe, la réflexion sur la manière de construire une culture de transparence et la responsabilité à travers l'Église et la création de nouveaux ministères institués d'écoute et d'accompagnement.

 

Le document ne mentionne pas «l’homosexualité», «l’orientation» ou «gay», mais offre une reconnaissance générale d’un désir de tous les continents «à l’égard des personnes qui, pour différentes raisons, sont ou se sentent exclues ou en marge de la société, de la communauté ecclésiale ou qui luttent pour y trouver la pleine reconnaissance de leur dignité et de leurs dons». «Ce manque d’accueil les laisse se sentir rejetés, entrave leur chemin de foi et leur rencontre avec le Seigneur, et prive l’Église de leur contribution à la mission», indique le document (https://cruxnow.com/vatican/2024/07/synod-working-document-skips-women-lgbtq-married-priests).

 

Sur la question des abus, le document accuse le cléricalisme d'être une cause d'abus et reconnaît les appels à une plus grande transparence et responsabilité. "À notre époque, l'exigence de transparence et de responsabilité dans et par l'Église est née de la perte de crédibilité due aux scandales financiers et, plus encore, aux abus sexuels et autres abus sur des mineurs et des personnes vulnérables", souligne le rapport. Pour que l’Église soit plus synodale, et donc plus accueillante, dit le document, «alors la responsabilité et la transparence doivent être au cœur de son action à tous les niveaux, et pas seulement au niveau de l’autorité» (https://cruxnow.com/vatican/2024/07/synod-working-document-skips-women-lgbtq-married-priests).

 

"Cependant, ceux qui occupent des positions d'autorité ont une plus grande responsabilité à cet égard", dit-il, affirmant que la transparence et la responsabilité doivent être davantage prises en considération dans l'élaboration des plans pastoraux, des méthodes d'évangélisation et dans la réflexion sur "la manière dont l'Église respecte la dignité de la personne humaine, par exemple en ce qui concerne les conditions de travail au sein de ses institutions". Le document indique que la pratique de la responsabilité envers les supérieurs est une pratique courante dans l’Église, tandis que «la dimension de responsabilité de l’autorité envers la communauté doit être récupérée». «La transparence doit être une caractéristique de l’exercice de l’autorité dans l’Église. Aujourd’hui, des structures et des formes d’évaluation régulière de la manière dont les responsabilités ministérielles de toutes sortes sont exercées apparaissent comme nécessaires», a-t-il déclaré (https://cruxnow.com/vatican/2024/07/synod-working-document-skips-women-lgbtq-married-priests).

 

Mais le document synodal élargit également l'orientation et le rôle des Églises locales, à la fois pour garantir que la pratique de la synodalité s'implante au niveau local, tout en reconnaissant que la décentralisation signifiera probablement que différentes églises pourront adapter des approches différentes sur certaines questions. "L'adoption d'un style synodal nous permet de dépasser l'idée selon laquelle toutes les Églises doivent nécessairement avancer au même rythme sur chaque question", indique le document. "Au contraire, les différences de rythme peuvent être considérées comme une expression d'une diversité légitime et une opportunité d'échange de dons et d'enrichissement mutuel. Pour se réaliser, cet horizon doit s'incarner dans des structures et des pratiques concrètes."

 

Bien que le document mette l'accent à la fois sur le rôle des laïcs et sur celui des femmes en particulier, il a été présenté par quatre religieux masculins. Interrogé sur les raisons de cette décision, le cardinal luxembourgeois Jean Claude Hollerich, qui est rapporteur général du synode, a déclaré qu'une plus grande diversité est "la situation idéale vers laquelle nous voulons aller", mais que les quatre religieux européens présents à l'estrade sont "la situation réelle." Hollerich a poursuivi en soulignant que même si le document de travail servira de plan pour la réunion d'automne, "l'assemblée d'octobre doit être comprise dans un processus mondial". Il a ensuite cité un certain nombre d'exemples, de la Corée au Zimbabwe, où il a déclaré que la méthode synodale «a déjà un impact significatif et multidimensionnel sur les Églises locales» qui stimule le changement pastoral.

 

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Publié le 8 Juillet 2024

Manon Muller nous montre dans RCF.fr ce lundi 8 juillet 2024 qu’au lendemain du second scrutin des législatives, Monseigneur Matthieu Rougé, invité de la matinale par Pierre-Hugues Dubois, a partagé sa perspective pastorale sur les résultats jugeant que «les questions profondes, les questions anthropologiques, les questions du sens de la personne humaine et du bien commun pour une société, n'ont pas été suffisamment profondément abordées», pour ce dernier il est indispensable que les chrétiens travaillent ensemble au projet de bien commun, car il ne s'agit pas pour les chrétiens de défendre des valeurs qui leur seraient propres, mais de "contribuer à ce que la dignité humaine soit première dans l'organisation politique".

 

Signalant que dans son discours de victoire hier soir, François Hollande a évoqué la fin de vie, Mgr Rougé signale «que la majorité relative qui se dégagera n'a malheureusement pas beaucoup de chance d'être sur ce sujet, plus sensible à nos arguments que la précédente. Mais on va continuer à dire les choses», et "De toute façon, je pense que cela va prendre un certain temps, parce que comme rien n'avait été définitivement voté avant la dissolution, on doit redémarrer à zéro. Il y a un nouveau travail d'audition, de commission. Nous serons évidemment très vigilants sur ce sujet, comme tous les sujets qui concernent la dignité de la personne humaine, le bien commun et la fraternité".

 

Enfin, il souligne la responsabilité des chrétiens dans la quête de la "véritable fraternité" face à une société de plus en plus fracturée, car «Il y a beaucoup de sujets qui doivent être pris en compte. Le respect de tous, le désir d'avoir un langage politique responsable et pacifique. Une des valeurs cardinales du point de vue des chrétiens, plus largement dans la société, c'est de contribuer à sa paix, son unité et sa sérénité. La société en général vit la chose politique de manière trop électrique. Je pense que la capacité de responsabilité, d'unité et  de dialogue respectueux, d'accueil des opinions, tout cela va être très important pour qu'il y ait un gouvernement digne de ce nom».

 

Après la surprise des législatives anticipées qui ont porté le Nouveau Front populaire en tête et ont amorti la chute du camp présidentiel, le Rassemblement national a bel et bien fait face à un front républicain dans les urnes. Place désormais aux tractations pour former une majorité parlementaire. Emmanuel Macron a demandé à Gabriel Attal de rester en poste pour «assurer la stabilité du pays» (https://www.ouest-france.fr/elections/legislatives/direct-resultats-legislatives-le-nfp-en-tete-le-rn-3e-attal-remet-sa-demission-les-reactions-469e2eed-ca24-43d3-8133-03b209cdef91). Les macronistes, en deuxième position, tablent sur de potentielles divisions du NFP pour bâtir un accord de gouvernement. Cependant, dans le camp d'en face, les assauts de la macronie semblent, pour le moment, n'avoir pas de prise (https://www.francetvinfo.fr/elections/legislatives/ils-ne-sont-d-accord-sur-rien-le-camp-presidentiel-espere-l-explosion-du-nouveau-front-populaire-pour-tenter-de-reprendre-la-main-apres-les-legislatives_6653991.html).

 

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