Publié le 1 Septembre 2014

Le jésuite Thomas Reese dans un article de NCR.online.org du vendredi 29 août 2014 montre que ceux qui sont pour le statu quo en matière de gouvernance de l'Église disent souvent que "L'Église n'est pas une démocratie", sous entendant qu'elle n'a rien à apprendre des gouvernements civils. Mais ce qui fâche, c'est qu'elle a emprunté depuis longtemps les structures gouvernementales de la société civile. Et comme le signale Thomas Reese, ceux qui pensent que les structures de l'Église sont uniques et immuable sont naïfs et ignorants du passé, car il est parfaitement logique de regarder la société civile contemporaine pour obtenir des idées sur la gouvernance de l'Église.

La papauté est davantage organisé comme une cour royale que comme tout gouvernement moderne. Les évêques et les cardinaux, comme les nobles et les princes d'autrefois, aident le monarque à gouverner. On peut donc se demander si des alternatives modernes existent ? Pour Thomas Reese quatre modèles possibles sont possibles :

Un premier, où le pape est le roi et travaille avec un équivalent de premier ministre. Ici, le roi est le symbole vivant de l'unité qui fournit l'inspiration et la vision tandis que le premier ministre fait réellement ces choses. Tout le monde dans le gouvernement rend des comptes au Premier ministre. Les gouvernements avec un système solide de deux partis comme en Grande-Bretagne ont souvent ce modèle. Ce modèle a évolué au fil du temps jusqu'à ce que la nomination du premier ministre par la couronne est une reconnaissance des résultats des élections. Le secrétaire d'État du Vatican n'est pas élu, cela ne peut pas arriver. Mais on peut imaginer un univers alternatif où le secrétaire d'Etat est élu par le collège des évêques.

Un deuxième modèle peut avoir un premier ministre, mais il a aussi un fort cabinet des ministres qui ont des bases de pouvoir indépendants du premier ministre. Afin de faire avancer les choses, vous avez besoin d'un consensus au sein du cabinet. Les gouvernements comme à Israël avec plusieurs partis ont souvent ce modèle. Beaucoup de responsables du Vatican souhaitent ce modèle parce qu'il leur donne plus de puissance et un accès plus direct au pape. Le Vatican fonctionne souvent avec un secrétaire d'État faible et un pape faible.

Un troisième modèle a un président fort élu indépendamment du parlement, comme dans les États-Unis. Il peut nommer et sortir des gens de son conseil des ministres. Il aurait un staff personnel qui le conseille et l'aide superviser son conseil des ministres. À bien des égards, Paul VI, qui connaissait intimement la curie, suivi ce modèle avec l'archevêque Giovanni Benelli comme le chef de cabinet de son conseil de ministre, mais la plupart des papes n'ont pas l'expertise ou le temps d'être de mettre en place une telle pratique administrative.

Enfin le quatrièmement modèle, où les gouvernements peuvent être divisés entre ceux qui sont unitaires et ceux qui sont fédéraux. Dans les gouvernements unitaires, tout le pouvoir est dans la capitale nationale, alors que dans les systèmes fédéraux, le pouvoir est dispersé. Donner plus de pouvoir aux Conférences épiscopales suit le modèle fédéral. Traiter les évêques comme des directeurs de succursales d'une multinationale suit plutôt le modèle unitaire.

Comme le signale Thomas Reese, en approchant de la gouvernance de l'Église, chacun apportera sa propre expérience de la gouvernance laïque. Et comme il le signale, il faut élargir notre esprit lorsque nous pensons à la réforme de la papauté, ce qui sera très utile.

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Réforme de l'Église

Publié le 31 Août 2014

NCRonline.org nous montre que les Légionnaires du Christ ont présenté des excuses pour un reflet dans un livret promotionnel comparant le fondateur de l'ordre qui était un abuseur en série à Marie-Madeleine.

Le père Juan Solana, le Légionnaire directeur du Centre de Magdala, déclara dans un communiqué jeudi 28 août 2014 : "Je m'excuse personnellement et profondément de mes réflexions dans le livret, Magdala: God Really Loves Women, publié cet été par le Centre Magdala à Jérusalem, qui est géré par la Légion du Christ".

Le mardi 26 août, NCR indiqua que le livret promotion du nouveau centre de 100 000 000 de dollars incluait une réflexion de Solana sur le père Marcial Maciel Degollado, démis de son ministère en 2006 par le Vatican après qu'on ait découvert qu'il abusa sexuellement de séminaristes et avait eu des enfants, dans lequel il comparait le fondateur de la Légion à Marie-Madeleine, disciple de Jésus qui était présente à la crucifixion de Jésus et à son tombeau après sa résurrection.

Le père Solana avait écrit dans la brochure : "Le prêtre parle de son cœur. "Les initiales de Marcial Maciel sont également MM, tout comme Marie-Madeleine. Elle avait un passé problématique avant sa délivrance, ici il y a un parallèle. Notre monde a deux poids deux mesures quand il s'agit de morale. Certaines personnes sont formelles, elles s'étalent en public et dans la vrai vie elles mènent une vie souterraine."

"Mais quand nous accusons quelqu'un d'autre et nous sommes prêts à le lapider, nous devons nous rappeler que nous avons tous des problèmes et des défauts. Avec les communications modernes tellement hors de contrôle, il est facile de tuer la réputation de quelqu'un sans même enquêter sur la vérité. Nous devons être plus silencieux et moins condamner."

Lorsque le père John Connor, directeur territorial des Légionnaires du Christ en Amérique du Nord, a vu le passage dans la l'article de NCR, il tendit la main au père Solana, et exprima que ce point de vue était offensant pour lui d'autres personnes qui partageaient son avis. Selon Jim Fair, directeur de la communication du territoire basé à Chicago, le père Solana s'est rendu compte de ce qu'il avait fait et accepta de présenter des excuses.

Le père Solana précise : "J'ai essayé de faire un point sur la compassion et le pardon à la lumière de l'histoire de la Légion, mais je réalise maintenant que mes paroles étaient maladroites et que j'ai proposé un respect pour notre fondateur que nous rejetons clairement. Encore une fois, je suis désolé pour toute les blessures que cela a causé". Le père Solana ajouta que la Légion cessait de distribuer le livret contenant la réflexion en question.

Malgré un effort pour se soumettre à une réforme, on peut se demander si les Légionnaires du Christ vont jouer le jeu, car l'ordre aurait besoin d'un grand nettoyage.

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Publié le 30 Août 2014

En 1999, le cardinal Carlo Maria Martini avait "fait un rêve" : la convocation d'un nouveau Concile, un Vatican III, estimant que Vatican II (1962/65) était en quelque mesure dépassé. Le manque "parfois dramatique" de prêtres, le rôle de la femme dans la société et dans l'Église, la participation des laïcs à certaines responsabilités sacerdotales, la sexualité, la discipline du mariage, les rapports avec les orthodoxes et l'œcuménisme en général, le rapport entre démocratie et valeurs et entre lois civiles et loi morales étaient les thèmes qu'il proposait pour un nouveau concile. Ce concile devait réviser les dogmes obsolètes et attirer de nouveaux fidèles.

Plus tard, il a fait état que l'Église a besoin de convoquer un concile à tout moment, afin de se retrouver face à face avec les différentes conceptions du monde. Il pensait que cette nécessité était utile : car il semblait y avoir quelques difficultés à parvenir à une compréhension commune. il ne pensait pas, d'autre part, qu'il devait être comme le concile Vatican II, à savoir dédié à tous les problèmes de l'Église et de sa relation avec le monde. Il pensait que le nouveau concile devrait être axée sur seulement un ou deux thèmes et, après 10 à 15 ans, une fois que les sujets furent examinés et épuisés, en convoquer un nouveau concentré sur d'autres thèmes.

Dans ce but, alors que le Vatican sous Jean-Paul II (1978-2005), passait son temps à annoncer ce qui ne pouvait pas être tolérée (les femmes prêtres, l'homosexualité, la théologie de la libération), il parcourait le monde, parlant en termes positifs de son soutien aux familles plutôt que de taper sur l'avortement, et relevant le défi de l'accueil de tous dans les églises plutôt que de limiter les sacrements à ceux dont les vies ne sont pas conformes aux règles de l'Église. Il avait dénoncé aussi "la tentation" de certains catholiques de "se réfugier" dans des nouveaux mouvements de l'Église en leur prêtant une "valeur absolue" et en les transformant en véritables "idéologies".

En 2006, il avait pris position sur la morale sexuelle dans un journal italien (L’Espresso), expliquant que l’Église devait considérer l’IVG et la fécondation in vitro comme "un moindre mal". Dans un livre paru en 2008 (Conversations nocturnes à Jérusalem), il avait critiqué l’encyclique de Paul VI, Humanae Vitae, qui avait, selon lui, éloigné les catholiques de l’Église, et disait espérer que Benoit XVI écrive un texte sur le sujet de la sexualité. Il y appelait aussi à l’ordination d’hommes mariés comme prêtres.

Il garda son franc-parler jusqu'à la fin dans l'espoir que l'Église réalise l'urgence de la réforme. Dans une interview publiée après sa mort en 2012, il a parla avec plus d'insistance comme c'était son habitude d'une institution de "d'églises vides" qui a "200 ans de retard" et a besoin d'une "transformation".

Le cardinal Martini encouragea l’Église à "entreprendre un chemin radical de changement", alors continuons de faire vivre son espoir que l'Église s'ouvre sur le monde monde.

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Publié le 29 Août 2014

L'Église catholique doit tout faire pour que les "couples non conventionnels" se sentent chez eux au lieu d'en faire les cibles d'une "discrimination de facto", c'est ce qu'à déclaré cette semaine le chef de la Conférence épiscopale italienne, qui est aussi un allié du pape François, selon NCRonline.org dans son article du jeudi 28 août 2014. Les remarques de Mgr Nunzio Galantino ont été largement rapportés dans les médias italiens, dont Avvenire, le journal officiel de la hiérarchie italienne, et ont été traduites par l'agence de nouvelles italienne ANSA.

Mgr Nunzio Galantino déclare en faisant ici une référence apparente aux catholiques divorcés, que "Les couples dans des situations matrimoniales irrégulières sont aussi des chrétiens, mais ils sont parfois regardés avec préjudice". Il avait déjà dit mercredi 27 août dans un discours durant une conférence nationale sur la liturgie dans la ville italienne d'Orvieto que "Le fardeau de l'exclusion des sacrements est un prix injustifié à payer, en plus de la discrimination de facto".

Galantino était le choix du pape François au mois de mars pour conduire l'hargneuse hiérarchie italienne, et dès le début l'évêque adopta l'approche inclusive du pontife. Cela a souvent causé des ennuis à Galantino, du fait qu'il parla de la nécessité pour l'Église d'accueillir les gays et d'envisager le célibat optionnel pour le sacerdoce.

Mais Galantino n'a pas adouci ses vues, qui sont particulièrement dignes d'intérêt, qu'il continua à mettre en avant en octobre 2013 lorsque le synode des évêques, pour discuter de ces questions face à la famille moderne. Comment faire face aux gays et aux couples qui cohabitent est un sujet susceptible de discussion, mais la question de savoir si les catholiques qui ont divorcé sans annuler leur mariage peuvent prendre la communion est devenue un point focal des différends entre les évêques.

C'est parce que cette question est test pour savoir ce que sera l'Église sous le pape François, ou si elle pourra modifier ses politiques en matière du sacrement central de la communion. Certains disent qu'un tel changement est impossible, tandis que d'autres disent que les changements ne sont pas seulement possible mais impératifs étant donné que tant de couples divorcés et remariés se sentent en dehors de l'Église.

Dans son discours, Galantino, qui est le secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne, souligne que tout le monde devrait "se sentir à la maison" dans l'église, et en particulier durant la messe - y compris les migrants, les handicapés, les pauvres et les relations non conventionnelles. Il parla également de la nécessité pour les églises de rendre leurs bâtiments accessibles aux personnes handicapées, par exemple, et dit que les catholiques devraient veiller à ce que les pauvres ne soient pas traités différemment des riches à la messe.

Mais il est surtout apparu comme envoyant un message fort pour les catholiques divorcés remariés qui sont exclus des sacrements. Il signale qu'"Ils vivent leur situation avec une grande souffrance", "et ils qu'ils perçoivent les règles de l'église comme très sévères, sans compassion pour ne pas dire punitives."

Mgr Nunzio Galantino est un souffle d'ait frais en Italie puisqu'il a dit au mois mai 2014: "Je ne m’identifie pas au visage sans expression de ceux qui récitent le Rosaire devant des cliniques qui pratiquent l’avortement". Le choix du pape François a été judicieux puisque cet évêque italien marque une ouverture envers ceux qui ne vivent pas une vie de couple conventionnelle pour l'Église, pour lui ils sont avant tout chrétien et cela permet de voir que l'Église peut parler à la société d'une manière plus juste.

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Publié le 28 Août 2014

L'article de periodistadigital.com du jeudi 28 août 2014 nous montre le choix surprise de Mgr Carlos Osoro Sierra comme archevêque de Madrid et la fin de ligne dure de Mgr Rouco Varela.

Carambole pour certains. Changement historique dans l'Église espagnole pour d'autres. Le fait est que, le jeudi 28 Août 2014 passera dans les annales ecclésiastiques espagnoles comme le jour où le cardinal Rouco Varela s'en va et laisse son poste à Madrid à Carlos Osoro Sierra, qui est remplacé à Valence par le cardinal Antonio Cañizares Llovera.

Contre la volonté de Rouco Varela, l'homme nommé par le pape pour diriger l'archidiocèse de Madrid et, par contagion, l'Église espagnole est le lointain archevêque de Valence, Carlos Osoro. Il est affable, fin, et un pasteur dont le travail est inégalé, ce nouvel archevêque de Madrid est un évêque qui marche dans les rues. En fait, la dernière fois le pape François l'a vu à Rome, il l'appela "le pèlerin", tellement il aima son travail pastoral à pied, toujours présent dans tous les types d'actions sociales, civiles et surtout pastorales. Un évêque en terrain pastoral et modéré dans la communauté ecclésiale.

Osoro a prouvé, au fil des ans, comme le pape François, est en faveur d'une Église productive. Une Église qui souhaite être avec les peines et les joies des gens, attentive aux signes des temps et consommées par zèle pour Dieu. Une Église sans ennuis, sans penchant pour des groupes fermés sur eux et sans contact avec la vie réelle. Il désire une Église qui dialogue. Son souhait est un retour à la thèse du cardinal Tarancón : L'Église comme autorité neutre et morale. Elle sera gratuite et non partisane, afin d'exercer, plus librement, sa capacité à dénonciation prophétique. Et Finalement il veut une Église de tous et pour tous. Il rencontrera tout le monde, les mouvements néoconservateurs mais aussi l'Action catholique, les mouvements spécialisés dans le monde du travail, les simples gens des paroisses ou les prêtres de Vallecas et San Carlos Borromeo. Il ne désire pas jouer le jeu d'un camp en particulier.

Madrid gagne un archevêque proche, simple, qui sent l'odeur de ses moutons. Quand au cardinal Antonio Cañizares Llovera, surnomme le "petit Ratzinger", il va à Valence, sa ville natale avec un caractère beaucoup plus ouvert et dialoguant. Beaucoup plus «franciscain» et, beaucoup plus modéré à tous les niveaux. Il serait pour une direction de l'Église beaucoup plus collégiale. Il faut signaler que Cañizares ne souhaite pas déconstruire le travail de son prédécesseur Osoro, puisque ce diocèse est riche dans tous les sens, avec un personnel qualifié et des vocations. Ce virage ne serait pas étonnant, car il fut l'un de ceux qui appuyèrent l'élection du pape François. Mais on peut aussi penser que le pape François ne le voulait pas comme l'archevêque de Madrid, du fait de son âge et du fait qu'Osoro était son favori.

Mais Cañizares pourrait être avec Osoro, avec l'ajout du nouvel archevêque de Barcelone (pas encore de nom, mais le cardinal Sistach est maintenant prolongé dans ce poste pour deux ans) et l'archevêque militaire, Juan del Rio les tenants d'une direction d'une l'Église beaucoup plus collégiale que la précédente surveillance du cardinal Rouco Varela. Dans la ligne du pape François, espérons que c'est le début d'une nouvelle phase de changement pacifique dans l'Église espagnole, qui l'entraînera vers la modération.

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Publié le 27 Août 2014

RTL.fr dans son article du mercredi 27 août 2014 nous montre que Benoît Hamon, ému, a cédé sa place à Najat Vallaud-Belkacem au ministère de l'Éducation nationale. Il dit avoir passé "cinq de ses plus beaux mois de (sa) vie politique" au ministère de la rue de Grenelle.

"Tu peux contribuer à ce que l'école forme des républicains, que l'école apprenne à penser, à formuler un jugement", a-t-il adressé à la nouvelle ministre.

"Te succéder ne sera pas une mince affaire", a remercié Najat Vallaud-Belkacem. Son prédécesseur est resté 147 jours à ce poste, un mandat très court.

La nouvelle ministre a également dit son "aversion profonde pour les polémiques stériles". Un message pour la Manif pour tous, qui cible la ministre pour sa défense des ABCD de l'égalité. Plus tôt sur France Info, elle a prévenu qu'elle ne voulait pas d'une école otage "d'instrumentalisations".

"La polémique inutile, les débats stériles, les instrumentalisations insupportables de l'école n'auront pas de place dans le ministère qui est le mien", a-t-elle déclaré.

Une belle mise au point de la première ministre femme de l'éduction nationale, ce qui est une bonne chose, car Najat Vallaud-Belkacem qui remet en place la Manif pour Tous qui reprend les plus folles rumeurs pour avoir gain de cause à propos d'une pseudo théorie du genre qui n'existe pas et c'est dommage pour ceux qui croient leur mensonge.

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Publié le 26 Août 2014

Depuis 2012, les médias nous vendent le rêve père Michel-Marie Zanotti-Sorkine qui est un prêtre dans une très grande paroisse marseillaise. À 55 ans, son église fait salle comble, plus de 800 fidèles se pressent chaque dimanche pour assister à sa messe. Il a été ordonné prêtre seulement à l’âge de 40 ans, avant il chantait de cabarets en piano-bars. En gros, la modernité de l'Église, est un prêtre moderne en apparence, mais réactionnaire à l'intérieur.

Le culte proposé à l'église des Réformés à Marseille est célébré dans la grande tradition : processions solennelles, enfants de chœur, encens, grandes orgues, chants, célèbres sermons du nouveau curé, chapelets dits en commun, confessionnal ouvert deux fois dans la journée. Le prêtre reçoit sans rendez-vous tous les soirs à partir de vingt heures. Ce qu'il prêche : les grands préceptes de l'Église catholique, le don de soi, l'amour des autres, la confiance en Dieu, la pratique religieuse. Pourtant, on peut se poser la question de savoir si c'est Jésus que les fidèles veulent entendre ou voir un prêtre faire son show avec une ambiance sentant la naphtaline ? Car, si c'était un autre prêtre les fidèles iraient-ils encore dans cette église. On peut en douter. Et aurait-il rencontré le même succès ailleurs face à des fidèles mieux formés ? Là encore, le doute est permis. Ce prêtre est un communicateur de grand talent, mais il est théologiquement limité puisque sa vision est complètement déconnecté du monde.

D'ailleurs, il se défend de faire du prosélytisme mais parle de l'urgence à évangéliser une société en perte de valeurs. Un peu gros pour quelqu'un qui ne ferait pas de prosélytisme. Le fameux effondrement des valeurs, qui ne semble pas le déranger quand il défend le père Marie Dominique-Philippe qui a eu des manquements à la chasteté. Ces fervents catholiques qui le suivent, donnent leur voix à la droite, il faut dire que le père Zanotti tresse des louanges au maire actuel de la ville, Jean-Claude Gaudin, qui parfois se trouve sur les bancs de l'église des Réformés. Un sérieux manquement à la laïcité.

Mais derrière le rêve d'une Église qui fait un semblant de retour sur le devant de la scène se cache un homme orgueilleux. La forte personnalité médiatique doublée d'un certain ego du père Zanotti dérange. Tous les médias nous annonçaient déjà qu'il allait rejoindre Paris et la rue du Bac, cela paraissait beaucoup pour juste une nouvelle affectation qu'il aurait pris seul. L'Église humble proposée par le pape François n'y est pas, il suffit de regarder le site du père Zanotti pour en être convaincu. Il faut dire aussi que plusieurs évêques français et non des moindres ont émis de sérieuses réserves pour un certain sectarisme de sa part, l'exemple de Mgr Rey est notable puisqu'il refusa de continuer à lui faire assurer la formation des séminaristes qui n'obéissaient qu'à ses ordres.

Pour ne pas être en reste, il se fait le militant de la soutane et dit que le prêtre est un autre Christ. Donc, il n'est pas étonnant qu'il utilise les anciennes méthodes même pour faire la messe. Pourtant le pape François en 2013 n'a-t-il pas mis en garde devant le risque de se limiter à "faire comme on l’a toujours fait". Et pour le pape "La tentation du cléricalisme", "est un obstacle pour le développement de la maturité et de la responsabilité chrétienne d’une bonne partie du laïcat". Il ajoute aussi que le cléricalisme, "entraîne une attitude autoréférentielle, une posture de groupe qui appauvrit la projection vers la rencontre du Seigneur". Au mois d'avril 2014, le pape François a enfoncé le clou en disant que le prêtre ne peut pas être "onctueux, imposant, et présomptueux" et il aussi invité les prêtres à ne pas être déconnectés du reste du monde.

Ce n'est pas ce modèle de prêtres que l'Église doit proposer aux fidèles, mais des hommes simples qui ne perdent pas contact avec la réalité, afin de recentrer vraiment les fidèles sur le message du Christ.

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Publié le 25 Août 2014

Kipa nous montre que le pape François a mis en garde contre une image sécularisée de Jésus. Beaucoup voient seulement aujourd'hui Jésus comme un grand prophète, un maître de sagesse et un modèle de justice, a-t-il dit, le dimanche 24 Août 2014, au cours de sa prière de l'Angélus sur la place Saint-Pierre.

Ce n'est pas un visage sécularisé de Jésus qu'ont les gens, car il est impossible d'enfermer la figure de Jésus dans un portrait unique. Les évangiles canoniques proposent quatre portraits de Jésus différents et complémentaires. Dans les Évangiles synoptiques (Matthieu, Marc et Luc) Jésus est nommé rabbin, prophète, Fils de l'Homme, Messie et Fils de Dieu, tandis que dans l'Évangile de Jean il est le Roi, l'Agneau de Dieu, le Messie, Le Fils de Dieu, le Fils de l'Homme ou la personnification de l'Esprit Saint. Les options sont nombreuses et il n'est pas anormal que la vision qu'on a de Jésus peut différer.

Aujourd'hui encore, tous les gens se posent la question de savoir la position qu'ils lui confèrent au lieu de le nommer Fils de Dieu, comme l'ont fait ses disciples auparavant, déclare le pape François devant des dizaines de milliers de pèlerins et de visiteurs. Il a invité la foule à répéter trois fois avec lui la phrase : "Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant".

Contrairement à ce que pense le pape François, Jésus n'a pas grand-chose à voir avec la révélation surnaturelle du Jésus-Christ propagée après coup. Et comme le signale Geza Vermes (Enquête sur l'identité de Jésus : Nouvelles interprétations, Bayard, 2003), le terme Fils de dieu servait aussi à désigner le Messie depuis le IIe siècle avant J.-C., mais semble aussi juste désigner par métaphore que Jésus était un juif pieux.

Donc, que le pape François n'ait pas d'inquiétude les gens sont mieux formés et peuvent maintenait mieux comprendre qui était Jésus à travers leurs lectures et leurs actes.

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Publié le 24 Août 2014

Dans la lecture de ce dimanche 24 août, nous voyons le passage de Matthieu 16, 13-20Pierre déclare que Jésus est le Messie. Pourtant en regardant de près ce passage, ce n'est pas la vision chrétienne qui se dessine mais bien celle d'un Messie politique car la christologie qui s’est développée à partir du Nouveau Testament éclipse souvent la messianologie originelle.

Jésus dans ce texte demande à ses disciples : "Mais vous, qui dites-vous que je suis ?" Et Pierre répond : "Toi, tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant !"

Quand Pierre dit à Jésus qu'il est le Messie, il y montre ses espoirs politiques et non spirituels. Il désire à travers Jésus la libération de l'Empire romain et la restauration de la grandeur d'Israël (Chrétiens du Nicaragua : l'évangile en révolution, KARTHALA Éditions, 1980). Il faut dire que l'entourage de Jésus l'avait suivi mais dans la forme du Messie qu'ils espéraient eux-mêmes (Minnerath, Jésus et le pouvoir, Éditions Beauchesne, 1987). Ce n'est nullement comme l'annonce l'Évangile de Matthieu son "Père qui est aux cieux" qui lui a "révélé cela", mais son rêve de voir un Jésus politique prenant les armes contre Rome.

Comme le montre Roland Minnerath (Jésus et le pouvoir, Éditions Beauchesne, 1987), Jésus choisit d'être le Messie selon la vision de Zacharie IX, un roi pacifique des petits et des opprimés, contrairement à celle que souhaite Pierre. Mireille Hadas-Lebel (Une histoire du Messie, Albin Michel, 2014) de façon plus précise montre que les Messies juifs se prétendaient d'authentiques descendants de David, justes et bons comme le conseiller merveilleux d’Isaïe XI, humbles comme le roi monté sur un âne de Zacharie IX. Jésus ne différait pas d'eux dans cette prétention, sauf peut être dans ses méthodes. Il ne désirait pas utiliser la violence pour instaurer le Royaume de Dieu.

Jésus reprend Pierre et lui annonce : "Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux."

Contrairement à ce que l'on pourrait croire dans ce passage, Jésus ne fonde pas l'Église, qui est ici encore une mauvaise traduction, car ekklesia en grec, veut dire assemblée, et dans le papyrus d'Éléphantine, le mot servait à désigner la synagogue, qui est une assemblée des croyants. Donc, Simon devenu Pierre ne sera que l'une des colonnes d'un mouvement purement juif. De plus, Jésus en donnant les clés du Royaume à Pierre ne le fait devenir que son vizir pas son successeur, car cette capacité de lier et de délier est un pouvoir juridique qui fait référence à la prérogative du vizir, lui permettant d’autoriser ou de refuser l’entrée dans le palais et l’accès au roi, et il avait également par ce dernier le pouvoir de lier et délier les affaires (Hyam Maccoby, Paul et l'invention du christianisme, 1987).

Enfin comme le dit l'Évangile de Matthieu : "Alors il recommanda aux disciples de ne dire à personne qu'il était le Christ." Le fait que Jésus demande à ses disciples de taire sa prétention messianique, c'est afin d'éviter le risque que Rome puisse réagir, car le préfet de Judée Ponce Pilate n'hésitait pas à se débarrasser des gêneur sans procès. Il faut dire qu'au tournant du premier siècle, une révolte générale couve et Jésus pourrait devenir le symbole de la résistance juive face à l’occupation romaine. Il préfère la prudence à une mort trop précipitée.

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Publié le 23 Août 2014

La crise actuelle de l'Église n'est pas d'un manque de foi en Dieu, mais plutôt un effondrement de la confiance envers le leadership de l'Église. La direction de l'Église semble indifférent et arrogante, mais aussi réticente à tenir elle-même ses responsabilités devant ses paroissiens sur les abus sexuels des prêtres, sur la chutes des vocations et de la pratique. En fin de compte, il faut mettre plus étroitement dans la direction de l'Église les divers et pieux laïcs qui la compose pour les voir comme les instigateurs de vastes et nécessaires réformes.

Historiquement, les changements dans l'Église catholique est toujours venu du bas vers le haut. Mais durant les temps anciens, le changement venait d'ordres religieux influents, de moines et de religieuses ainsi que de champions individuels, comme Thérèse d'Avila et Hildegarde de Bingen.

Aujourd'hui, avec le nombre de religieuses et de moines qui chutent encore plus vite que les prêtres, c'est aux laïcs de créer la révolution d'en bas. Les laïcs sont ce leadership émergeant d'un mouvement qui est en déjà en place dans l'Église, où ces derniers lisent maintenant les Écritures à la messe, distribuent la communion aux fidèles, donnent des cours de catéchisme et servent comme aumôniers dans les hôpitaux et dans les universités.

Les laïcs devront développer dans l'Église une relation plus complexe avec les écritures, desserrer ses structures de pouvoir afin de permettre une participation plus laïque, purger les prétentions et les comportements politiques de l'Église, abroger l'infaillibilité pontificale et souligner l'enseignement de Jésus, tout en rendant l'Église démocratique, et en se repentant de l'antisémitisme, du sexisme, de l'homophobie, et de bien d'autres maux en admettant que l'Église a péché.

L'Église n'a jamais essayé de se servir des laïcs en dehors du sérail, après tout ils peuvent apporter leur expérience du monde leurs efforts afin que la réforme de l'Église marche. Et si le pape François se tournait vers eux pour réussir sa réforme.

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