Une nouvelle version du "Notre Père" va être adoptée

Publié le 15 Octobre 2013

Une nouvelle version du "Notre Père" a été validée par le Vatican cet été après le travail de 70 experts suite à une nouvelle traduction française de la Bible liturgique. Elle devrait être diffusée le 22 novembre 2013.

Les paroles de la neuvième phrase de la prière seront modifiés pour être conformes à l'originale latine. À la place de "Et ne ne nous soumets pas à la tentation", ce sera : "Et ne nous laisse pas entrer en tentation." Suivant le nouveau sens de la prière, l'homme est libre face à la tentation.

Mais en voyant la prière dans les Évangiles de Matthieu et de Luc, la phrase que l'on veut modifier donne : "Et ne nous conduits pas à la tentation". Cettre traduction dans un sens différent se retrouve aussi dans la TOB de 2010. Sauf dans des traductions récentes qui donnent : "Et ne nous introduits pas à la tentation." Cela risque de poser des problèmes aux fidèles qui malgré cela pourront réciter la prière comme avant. Il faudra attendre la nouvelle traduction du Missel pour en savoir plus.

Cette formule provenait d'un accord entre les catholiques, les protestants et les orthodoxes entre 1964 et 1966. La dernière traduction datait de 1993 toujours en accord avec les protestants et les orthodoxes. Mais en 2004, certains orthodoxes renoncèrent à cette traduction. Attendons de voir si cette nouvelle mouture sera accepté par nos confrères protestants et orthodoxes.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Liturgie

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M
Le texte original, celui qui fait foi, est en grec ancien. En grec ancien, μὴ εἰσενέγκης ἡμᾶς εἰς ne peut avoir pour sens que « ne nous emporte pas dans », « ne nous conduis pas dans ». Toute traduction qui ne respecte pas cela est une imposture. Pour ne pas avoir l’air de dire que Dieu pourrait, si nous ne le priions pas de n’en rien faire, nous conduire dans une tentation (car seul le diable tente, Dieu ne pousse pas au mal), on manipule le texte, on invente « ne nous laisse pas aller dans », qui n’est pas une traduction honnête. Mais il y a une autre solution, parfaitement honnête : le mot grec πειρασμόν ne s’interprète comme « tentation » que de manière dérivée, son sens fondamental est « essai de la valeur de », « mise à l’épreuve ». Et il n’y a rien de scandaleux à dire que Dieu, dans certaines circonstances, met les siens à l’épreuve (soit pour manifester et exalter leur fidélité, soit pour faire mieux faire apparaître leurs transgressions et les appeler à se corriger), la Bible le dit plusieurs fois. Mais, connaissant notre faiblesse, notre fragilité, nous demandons au Père de ne pas nous exposer à une mise à l’épreuve qui pourrait se révéler au-dessus de nos forces. Le sens est « ne nous embarque pas dans une mise à l’épreuve », « épargne-nous d’être mis à l’épreuve ».
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N
Bonsoir Paroissiens<br /> <br /> la phrase &quot;et ne nous conduits pas à la tentation&quot; posait quand même un problème sérieux. En effet, dans on acception littérale, on pourrait être tentés, pour utiliser une image, de voir Dieu, tenant sa créature par la main pour l'amener jusqu'à l'objet d'une potentielle tentation et lui dire ensuite : &quot;vas-y, résiste maintant&quot;. Le principe de la tablette de chocolat placée devant un enfant gourmand en quelque sorte.<br /> Il est vrai que dans un cas pareil, résister suivant en cela son libre arbitre, est nettement plus difficile et relèverait un peu du &quot;pousse au crime&quot;. On est moins dans la relation avec un Dieu... disons un dieu empli de mansuétude envers sa créature, que dans une relation sado-maso, si vous me permettez l'expression.<br /> <br /> Autant donc, effectivement, et surtout compte-tenu de la présentation médiatique de la modification, on peut se dire qu'il faut beaucoup de temps et beaucoup d'experts, autant, je comprends votre point de vue et oui, la modification est très sensible puisque cette fois, même si l'homme conserve le libre arbitre, il demande à Dieu de l'aider à ne pas même se trouver en situation d'être tenté. De ce point de vue là, effectivement, on peut considérer que la nuance est de taille.<br /> Par ailleurs les discussions que vous évoquez entre les différentes branches du christianisme sont extrêmement révélatrices de divergences plus fondamentales qu'on ne l'imagine. Et nous nous retrouvons bien face à ce qui a santionné la naissance de ces différentes Eglises.
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P
Nathalie,<br /> <br /> Le verbe employé dans le texte original grec, εἰσενέγκῃς / eisenégkêis, de εἰσφέρω / eisphérô signifie «introduire, amener dans, induire à». De même, dans le texte latin, inducere in, signifie aussi bien «faire entrer» (dans quelque chose) que «entraîner à» (quelque chose). Ainsi, certains pensent que la phrase veut dire «Ne nous abandonne pas lors du grand jugement». Jusque dans les années 1970, la traduction catholique (non officielle) en était «ne nous laissez pas succomber à la tentation».<br /> <br /> Des orthodoxes francophones se sont prononcés en 2005 pour l'emploi de la formule «Ne nous laisse pas entrer dans l’épreuve». En 2013, la nouvelle traduction de l'Église catholique est «Et ne nous laisse pas entrer en tentation», en octobre 2013, il n'est pas encore sûr que cette nouvelle traduction sera utilisée également pour le Missel.<br /> <br /> J'aime bien la traduction de la Bible d’André Chouraqui : &quot;Ne nous fais pas pénétrer dans l’épreuve.&quot; <br /> <br /> Mais j'aime bien la formule : &quot;Ne nous soumets pas à la tentation&quot;, seulement dans le sens tenant du libre arbitre. Car on peut nous soumettre ou nous introduire à la tentation, mais c'est nous qui décidons de ne pas y aller.<br /> <br /> Merci !
L
Ce changement de quelques mots dans une prière c'est une vraie révolution ... Lucifer doit être en colère , ou bien rigoler ...
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P
Lannig,<br /> <br /> Regardez mieux le commentaire que j'ai fait plus haut, c'est pour une traduction entière de la Bible. 70 experts ce n'est pas de trop.<br /> <br /> Merci !
L
Sacrebleu , 17 ans et 70 experts pour changer une phrase !. Mais où était donc le Saint Esprit pour une prière si importante ? . Il est vrai que le Vatican a mis 350 ans pour admettre officiellement que Galilée avait raison . Il est vrai que l' Eglise Constantinienne a pour habitude d'édicter des dogmes pour ce qu'elle ne peut pas prouver ( Immaculée Conception ...) . C'est tellement facile qu'elle aurait dù le faire aussi il y a + de 3 siècles pour contrer Galilée ...
P
Lannig,<br /> <br /> Cette nouvelle traduction de la Bible ne vient pas du pape François mais d'un travail de 17 ans fait par 70 experts. Ici, c'est un peu facile et dur pour le travail de ces experts.<br /> <br /> Merci !