Qu'est-ce que la "théorie du genre" ?

Publié le 30 Janvier 2014

franceinfo.fr nous montre dans son article du mercredi 29 janvier 2014 que le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon est monté au créneau mardi pour rassurer des parents au sujet d'une rumeur insinuant que la "théorie du genre" est enseignée à l'école. Pour ceux qui l'ont lancée, on cherche à gommer les différences sexuelles entre hommes et femmes. Depuis quelques années, cette idée se répand en France, et le mariage homosexuel, adopté l'an dernier, lui a donné un coup d'accélérateur. Elle relève pourtant du fantasme. Mais un fantasme bien utile, politiquement, pour certains.

La "théorie du genre" n'existe pas. En elle-même, l'idée tient déjà d'une rumeur, d'une mauvaise compréhension. Elle puise ses racines dans un domaine d'études universitaires qui est né aux États-Unis et y a connu un certain succès jusqu'aux années 70 : les "gender studies", littéralement, études sur le genre.

Les chercheurs ont voulu comprendre pourquoi et comment naissent les inégalités sociales entre hommes et femmes. Ils en ont décortiqué les mécanismes dans les champs politiques, sociaux, artistiques, historiques, philosophiques etc. Ces études ont donné lieu à des controverses passionnées entre chercheurs, mais elles n'ont jamais débouché sur aucune théorie politique. Il s'agit d'un domaine d'études universitaires. Toutefois, le féminisme des années 60-70 a commencé à utiliser ces recherches pour contester la domination sociale masculine. Le schéma femmes à la maison-hommes au travail ne reposait sur rien d'autre que des constructions sociales.

Avec les mutations dans la structure de la vie familiale, comme la hausse continue du nombre de familles recomposées ou la progression du travail féminin, la crainte d'une disparition du schéma familial traditionnel a commencé à se diffuser sourdement. Des réformes comme le mariage homosexuel l'ont accéléré. Et la prétendue "théorie du genre", qui viserait à gommer les différences entre hommes et femmes, a donné un visage à ces craintes. C'est sur elle, mais sans la nommer, que le pape Benoît XVI fait tomber les foudres vaticanes.

Dès lors, la "théorie du genre" devient un épouvantail politique pour lutter contre des réformes sociales. Dernier exemple en date, l'appel au boycott des classes un jour par mois, lancé par une ancienne militante de la cause "beur" des les années 80, Farida Belghoul, aujourd'hui proche de l'extrême droite. Elle utilise la "théorie du genre" contre un programme scolaire visant à lutter dès le plus jeune âge contre les clichés garçons-filles, qui servent de fondations, à l'âge adulte, aux inégalités sociales hommes-femmes.

Libération.fr dans son article du jeudi 30 janvier montre que la FCPE de Seine-et-Marne explique avoir reçu un courrier électronique anonyme de personnes disant soutenir «la journée de retrait de l’école et menaçant explicitement tous les parents élus». Dans son mail, l’auteur des menaces se réclame de «réseaux insoupçonnés en termes d’influence», soutenant Farida Belghoul, militante proche de l’essayiste d’extrême droite Alain Soral, à l’origine du mouvement de boycott de l’école contre un prétendu enseignement de la «théorie du genre». Il affirme que des noms de parents d’élèves FCPE ont été relevés dans toute l’Île-de-France, et menace de «cibler automatiquement» les parents qui pourraient évoquer la question en conseil d’école.

Après tout laissons le dernier mot à la ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti : «Moi, je trouve qu’il y a une forme de retour à l’obscurantisme, qui n’est pas du tout un acte gratuit de la part de ceux qui conduisent ce type de rumeur», a-t-elle poursuivi, désignant «une extrême droite qui fonctionne de façon très traditionnelle», en faisant «appel à l’émotion, aux sentiments, à l’irrationnel».

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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