Cuba se prépare à accueillir le pape François

Publié le 19 Septembre 2015

L'OBS, TF1.fr et euronews.com nous montrent que la visite du pape François, à partir de samedi 19 septembre 2015 à Cuba, est la troisième d'un souverain pontife en moins de vingt ans dans l'île communiste, qui devrait réserver un accueil très chaleureux au chef de l'Église catholique. Un traitement privilégié pour un petit pays, dont 10% de la population se revendique catholique, même si le nombre des baptisés est bien plus important, beaucoup mélangeant cultes afro-cubains et catholicisme.

Le pape argentin - compatriote d'Ernesto "Che" Guevara, figure légendaire de la révolution cubaine - a joué un rôle de premier plan dans le réchauffement entre les Etats-Unis et Cuba, qui a abouti cet été au rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays après plus d'un demi-siècle d'hostilité. Sa simplicité, son refus de l'apparat, sa proximité avec les plus humbles plaisent aux onze millions de Cubains et à leurs dirigeants mais personne n'attend de cette visite de grands changements pour la population.

"Nous lui sommes très reconnaissants, il a déjà beaucoup fait pour Cuba", déclare Ariel Guerra, 30 ans, employé dans un restaurant de la vieille ville de La Havane dont le frère, condamné pour homicide involontaire alors qu'il conduisait en état d'ivresse, a bénéficié la semaine dernière de l'amnistie qui a rendu la liberté à 3522 détenus de droit commun avant la visite papale. "Ce qu'il nous faut, c'est plus d'ouverture, des investissements, de meilleurs salaires, mais je ne pense pas que la pape puisse avoir une quelconque influence sur l'économie cubaine", ajoute-t-il.

Le premier pape à se rendre à Cuba fut Jean Paul II en 1998. En 2012, Benoît XVI se rendit également dans l'île. "Le pape François est différent. Il est plus simple. On pourrait même dire que c'est un pape 'socialiste' ! Alors il est vraiment le bienvenu", dit en riant Juan de la Torre, un catholique de 47 ans qui se rappelle les deux précédentes visites d'un souverain pontife à La Havane.

Du côté des autorités, on espère que le pape réaffirmera l'hostilité du Vatican à l'embargo américain, qui frappe toujours Cuba cinquante-trois ans après son entrée en vigueur. Le pape ne devrait cependant pas s'attarder sur ce sujet afin de ne pas donner l'impression de vouloir s'ingérer dans la politique américaine, dit-on à Rome. Lorsque le pape Benoît XVI s'était rendu à Cuba, il avait condamné "des mesures de restriction économiques, imposées de l'étranger, qui pèsent de manière injuste sur le peuple cubain". Lors de sa visite dans l'île, Jean Paul II avait également condamné à plusieurs reprises, en termes très forts, l'embargo américain.

L'opposition cubaine, qui dénonce le système de parti unique, attend du pape François qu'il les aide à obtenir la libération d'une cinquantaine de militants emprisonnés. "Vous pouvez, et nous sommes sûrs que vous le souhaitez, aider le gouvernement cubain à comprendre qu'il doit mettre fin aux arrestations arbitraires et aux violences, qui touchent chaque semaine des dizaines de femmes pacifiques et des militants des droits de l'homme dont le seul tort est de penser autrement", a écrit au pape l'Union patriotique de Cuba, le principal groupe d'opposition. L’organisation accuse aussi le régime d’avoir interné des sans-abris ou des personnes atteintes de troubles mentaux, pour garder la réalité sociale du pays à l’abri des regards.

Dans un vidéo-message diffusé avant la visite, il a dialogué avec deux groupes de cinq élèves de plusieurs écoles de La Havane et de New York, reliés entre eux par une liaison satellitaire. Ce dialogue a eu lieu dans le cadre d'un réseau associatif, Scholas Occurrentes, soutenu par le pape. Cette conversation cubano-américaine entre jeunes fait partie du message que veut transmettre le pape lors de ce voyage. Dans son vidéo-message, le pape François a fait aussi l'éloge de la fidélité à la foi et du courage des chrétiens cubains : "Cela me fait beaucoup de bien et cela m'aide beaucoup de penser à votre fidélité envers le Seigneur, au courage avec lequel vous affrontez les difficultés de chaque jour et à l'amour avec lequel vous vous aidez et vous soutenez sur le chemin de la vie".

Le pape François arrivera samedi après-midi à l'aéroport de La Havane. Dimanche matin, il célébrera une messe sur la place de la Révolution au cœur de la capitale cubaine. François doit présider des Vêpres dans la cathédrale de l'Inmaculada Concepcion avant de rencontrer quelques milliers de jeunes Cubains. Dans l'après-midi, il rencontrera le président Raul Castro. Une entrevue avec le vieux "lider maximo" Fidel Castro pourrait avoir lieu dans cette journée. Lundi, il se rendra à Holguin, ville fondée par un conquistador espagnol au XVe siècle, pour la bénir depuis une colline, la Loma de la Cruz, et priera près d'une croix d'où on peut voir toute l'île de Cuba, puis à Santiago, il rencontrera les évêques et récitera une prière pour l'avenir de Cuba au sanctuaire de la Virgen de la Caridad del Cobre, une Vierge très vénérée au-delà même des milieux catholiques, avant de quitter Cuba pour les Etats-Unis.

Le pape François va se rendre à Cuba pour un voyage symbolique puisque le Vatican a œuvré en faveur du rétablissement des relations entre les deux pays, mais il devra faire attention à ne pas être récupéré politiquement et savoir dire au régime castriste ce qu'il n'a pas envie d'entendre, sans pour autant menacer les dissidents. C'est difficile, mais pas impossible.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

M.W 19/09/2015 20:37

Bonjour, Paroissien-Progressiste

Dîtes, que pensez-vous d'Ernesto Che Guevarra ?

Cordialement

paroissiens-progressistes 21/09/2015 18:04

MW,

Ernesto Guevara n'est pas pour moi un héros, on lui a collé l'image romantique du révolutionnaire. Il n'était pas franchement le héros idéaliste que l'on pense. Après la prise de pouvoir à Cuba en 1959, il est chargé par Castro de se débarrasser de ceux qui sont contre la Révolution cubaine à la Cabana, il organise les exécutions, y assiste et y participe pendant 6 mois. Il a également commandé la commission d'épuration à Cuba, et a justifié devant l'ONU l'exécution des opposants politiques. Je lui préfère Raul Alfonsin, le président de l'Argentine entre 1983 et 1989.

Merci !