Les femmes catholiques appellent fortement pour que le synode s'ouvre à la participation des femmes

Publié le 18 Septembre 2015

Joshua McElwee dans son article sur NCRonline.org du jeudi 17 septembre 2015 nous montre qu'une diversité mondiale de femmes catholiques se prépare à lancer une vaste et convaincante collection d'écrits avant l'ouverture du synode des évêques d'octobre, appelant ostensiblement les prélats masculins à inclure l'autre moitié de l'humanité et son expérience dans les discussions du synode.

Dans 40 courts essais mélangeant le sociologique, le théologique, et parfois des situations profondément personnelles, les écrivaines soulèvent un certain nombre de préoccupations de poids pour le très attendu synode des évêques sur la vie familiale, qui sont centrée sur le fait que peu de femmes extraordinairement sont invités ou impliqués. Au cœur du nombre de leurs préoccupations, elles parlent de leur propre exclusion au processus du synode. Tandis que la pape François a nommé 30 femmes pour assister à titre d'auditrices au Synode comme une validation aux discussions, seuls les 279 membres masculins du synode peuvent voter.

En appuyant sur ce point dans l'un des essais, l'historienne italienne Lucetta Scaraffia, qui titres sa contribution : "Respirer avec un seul poumon : Où sont les voix des femmes dans les Synodes". Scaraffia est l'une des femmes nommées à titre d'auditrice. "L'absence de perspectives aux femmes dans ces moments de réflexion sur ces questions est non seulement un acte de mépris envers les femmes, qui représentent plus de la moitié des religieux et des croyants, c'est également un appauvrissement de la vie catholique", écrit Scaraffia. "Si la voix de l'Église veut être entendu, les femmes doivent partager le travail de la proclamation", selon Scaraffia, qui édite également une édition mensuelle du journal semi-officiel du Vatican, L'Osservatore Romano dédiée aux questions relatives aux femmes.

Ce volume d'essai, qui sera lancé à Rome le 1er octobre lors d'un événement à l'Université pontificale Antonianum, rassemble des femmes à partir d'une gamme de domaines professionnels et des lieux à travers le monde afin d'exprimer leurs vues sur les problèmes nombreux et complexes auxquels font face les familles. C'est le fruit d'un projet d'une mise en réseau en ligne d'un an pour connecter des femmes catholiques du monde entier, le livre espère influencer les discussions qui auront lieu du 4 au 25 octobre au synode des évêques.

Les femmes dans le livre ne répugnent pas à parler de certaines des questions les plus chaudes du Synode, comme le mariage homosexuel, les divorcés remariés, et l'utilisation généralisée de la contraception. Mais elles discutent aussi de questions peu médiatisé comme les luttes rencontrées dans les mariages interconfessionnels, des défis spécifiques pour les femmes en Afrique et en Amérique latine, et la pauvreté qui a un impact particulier sur les femmes.

Dans leur introduction, les rédactrices de ce volume disent qu'elles veulent "divulguer la riche diversité, l'engagement et l'apprentissage des femmes catholiques d'aujourd'hui." "La hiérarchie n'a pas reconnu cette diversité parce qu'elle parle de nous, mais rarement avec nous", comme le signale les rédactrices.

Citant l'appel du pape François en 2013 pour que l'Église étudie une théologie de la féminité, les rédactrices disent que "ces commentaires réduisent les femmes à des objets d'étude, une catégorie distincte de réflexion." "Nous résistons ... à toute suggestion que l'Église aurait besoin d'une théologie de la 'femme' ou de la 'féminité'", disent-elles. "Plutôt que d'une théologie plus profonde des femmes, nous disons que l'Église a besoin d'une théologie plus profond de l'humain, une anthropologie théologique qui peut être développée que par la pleine intégration des femmes dans le processus de réflexion théologique informé par les réalités de la vie quotidienne expérimentant la vie."

Les rédactrices de la collection d'essais comprennent un certain nombre de théologiennes américains bien connues, parmi elles : sœur Elizabeth Johnson, Lisa Sowle Cahill, et sœur Margaret Farley. Cette représentation étend aussi dans le monde entier, avec des essais de sœurs africaines comme Anne Arabome et Nontando Hadebe, latino-américaines comme Carolina del Río et Ana Lourdes Suárez, philippine comme Agnes Brazal, et indienne comme Astrid Lobo Gajiwala.

Dans un essai particulièrement convaincant sur "la structure de l'Eglise et les familles catholiques", Catherine Cavanagh montre que dans l'enseignement de l'Église seuls les hommes sont à l'image Christ comme un prêtre qui peut enseigner aux familles qu'un "Papa doit être plus important que la maman". Pour elle, on oublie l'enseignement que tous ont été créés à l'image de Dieu par le simple fait qu'a travers le Christ, Dieu serait mâle.

Anne Arabome, une théologienne et sœur du service social du Nigéria, va plus loin et dit que les femmes à travers l'Afrique sont "moins reconnus en matière de ministère et de participation au niveau de la direction et des décisions." Elles ne sont que mères et femmes, et on ne les limite qu'à la maternité et à la féminité. Selon elle : "Le rôle de la femme comme procréatrice et compagne contourne souvent la valorisation positive de la personnalité de la femme africaine en elle-même".

Astrid Lobo Gajiwala, qui est une consultante pour la Conférence des évêques indiens, concentre son chapitre sur les défis spécifiques des femmes dans sa région du monde. Elle dit que beaucoup de femmes en Inde ont été laissés de côté de l'excitation du Synode, car 42 % des femmes dans les zones rurales du pays sont analphabètes. Elles sont souvent "confrontés à une pauvreté incroyable, sont peu ou pas éduqués, et les mariages sont même forcés." "Ces femmes posent de nombreux défis à la vision chrétienne de la famille", affirme-t-elle.

Margaret Farley, dont le travail a attiré un large succès aux États-Unis, aborde la question du mariage de même sexe. Elle examine pourquoi l'enseignement catholique trouve le mariage est la sortie appropriée pour les désirs sexuels de l'homme, et elle déclare que ce qui fait que le mariage est si spécial pour beaucoup de théologiens est surtout l'engagement l'un envers à l'autre. Pour elle le mariage de même sexe n'est qu'"une forme spéciale de cette alliance". "Pour beaucoup, le mariage est compris entre deux personnes égales", poursuit-elle. "Pour chaque personne, le sexe a d'autres questions. Mais pour l'institution et le sacrement du mariage, cela n'a pas d'importance." "Dans un monde où il n'est pas grave que les personnes soient gays ou hétéros, le mariage sera toujours aussi important que ce qu'il est aujourd'hui", déclare Farley. "En effet, il pourrait finalement être aussi importante qu'il devrait l'être."

Le lancement de l'ouvrage Catholic Women Speak aura lieu le 1er octobre avec une conférence de presse et une série de tables rondes. Parmi les participants à cet événement seront présents : le jésuite nigérian le père Agbonkhianmeghe Orobator, l'ambassadeur britannique au Saint-Siège Nigel Baker, l'ambassadeur du Chili auprès du Saint Siège Mónica Jiménez de la Jara, et l'ancienne présidente irlandaise Mary McAleese.

Cette initiative est des plus judicieuse, car souvent l'Église n'a vu que la famille et la sexualité d'un point de vue d'homme en oublient celui des femmes, il est bon que ces théologiennes rappellent à cette Église majoritairement dirigée par des hommes que l'autre moitié de l'Église se compose aussi des femmes qui ont le droit de donner leur avis.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Réforme de l'Église

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