Mariage gay : le pape défend le droit à l'objection de conscience

Publié le 29 Septembre 2015

Reuters.com nous montre dans son article du lundi 28 septembre 2015 que le pape François a attendu que sa visite historique aux États-Unis soit achevée pour s'aventurer dans le débat sur le mariage des homosexuels, affirmant le droit à l'objection de conscience.

Dans l'avion le ramenant dans la nuit de dimanche à lundi vers Rome, le chef de l'Église catholique a estimé qu'un fonctionnaire ou un dépositaire de l'autorité publique devait être autorisé à s'abstenir d'accomplir des actes allant à l'encontre de ses convictions religieuses.

Le pape François répondait à une question posée par un journaliste sur Kim Davis, cette employée des greffes d'un comté du Kentucky qui a été arrêtée pour outrage à magistrat et écrouée au début du mois pour avoir refusé de délivrer des certificats de mariage à des couples homosexuels malgré l'arrêt de la Cour suprême des États-Unis, qui a légalisé fin juin le mariage homosexuel dans l'ensemble des États de l'Union.

"L'objection de conscience doit s'intégrer à toute structure judiciaire parce qu'elle est un droit", a-t-il dit. "Si on n'autorise pas autrui à être objecteur de conscience, on le prive d'un droit", a-t-il insisté. Sauf qu'il y a un gros problème à utiliser ce terme, puisqu'un objecteur de conscience est opposé en toutes circonstances à l'usage personnel des armes, pas au mariage de même sexe. C'est ici une définition biaisé de la conception de l'objecteur de conscience.

Le pape François a achevé par une messe en plein air devant des centaines de milliers de personnes dimanche à Philadelphie sa visite aux Etats-Unis, marquée par ses prises de position en faveur de l'immigration ou de la lutte contre le réchauffement climatique.

Le souverain pontife, âgé de 78 ans, a également fait quelques allusions à la position de l'Église catholique sur le mariage homosexuel, exprimant notamment des inquiétudes quant aux modifications "juridiques" de la définition de la famille. Mais il a pour l'essentiel évité ce thème qui fait l'objet d'un intense débat aux États-Unis.

On s'attendait ainsi à ce qu'il évoque samedi soir la question de la liberté religieuse, sur laquelle s'appuient les partisans de Kim Davis pour la défendre. Mais le pape François s'est écarté des notes écrites de son discours et a opté pour des propos sur l'amour et l'importance des familles.

"Il a voulu construire des liens et non pas diviser, et ce sujet est l'un de ceux qui polarisent le plus la société américaine contemporaine", analyse Stephen Pope, qui enseigne la théologie au Boston College. Le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi, l'a confirmé: le pape, a-t-il dit dimanche peu avant le départ de la délégation pontificale, "est venu ici pour délivrer un message positif. Il ne souhaite pas je pense s'inscrire dans des polémiques ou des débats."

Radio Vatican nous montre que le pape a aussi répondu dans cette interview de 45 minutes à la question de savoir si la réforme récente des procédures de reconnaissance de nullité de mariage n’est pas un "divorce catholique", le Pape a répondu : "Dans la réforme des procès de nullité, j’ai fermé la porte à la voie administrative qui était la voie par laquelle le divorce pouvait entrer". La simplification des procédures en nullité matrimoniale a été demandé par la majorité des pères synodaux lors du synode de l’an passé, a t-il fait remarquer.

Il a tenu à préciser que le récent Motu Proprio pris adopté en ce sens n'était en aucun cas la porte ouverte à un "divorce catholique" : "ce n’est pas un divorce parce que le mariage est indissoluble quand il est un sacrement, et l’Eglise ne peut le changer, c’est la doctrine, c’est un sacrement indissoluble" a t-il martelé. Concernant l'épineuse question de l'accès aux sacrements pour les divorcés-remariés, le pape a répondu : "Il me semble un peu simpliste de dire que le synode soit la solution pour ces gens et qu’ils peuvent communier. Ce n’est pas la solution, l’unique."

Il est revenu sur la crise migratoire et l'apparition de nouvelles barrières en Europe : "Vous savez comment finissent les murs : tous s’écroulent, a t-il dit, ces murs ne sont pas une solution". Questionné sur les bombardements en Syrie, le Pape a répété ce qu'il avait dit au Congrès américain et aux Nations unies : à savoir qu'il fallait les éviter. Le pape François s'est aussi félicité de l’annonce par le gouvernement colombien d’un prochain accord avec les Forces armées révolutionnaires colombiennes, pour lequel le Saint-Siège a joué un rôle déterminant, il a également redit toute son admiration pour le peuple chinois et souhaiter que les relations continuent à aller de l'avant avec Pékin.

Pour la pédophilie la pape François a parlé de "sacrilège". "Les abus, nous savons qu’il y en a partout : dans l’environnement familial, dans le voisinage, les écoles, les salles de sport, mais quand un prêtre commet un abus, c’est très grave, parce que la vocation d’un prêtre est de faire croître l’enfant, la jeune fille, vers le haut, vers l’amour de Dieu, (…) c'est presque un sacrilège".

Que le pape François soit opposé au mariage de même sexe n'est nullement étonnant, mais fait-il cette démarche pour ouvrir un appui des conservateurs pour une ouverture au synode ? Nous n'en savons rien et après tout nous verrons bien. Cette interview démontre surtout son profil modéré cherchant l'union entre les contraires et la paix là où les conflits existent, mais qui est toujours intransigeant sur la pédophilie.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

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gaetan ribault 29/09/2015 16:14

puisqu'un objecteur de conscience est opposé en toutes circonstances à l'usage personnel des armes, pas au mariage de même sexe. C'est ici une définition biaisé de la conception de l'objecteur de conscience.
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A force de vouloir prouver on se trompe !: Il existe une clause de conscience des journalistes (fort bien remunérée) qui n'a rien à voir avec le fait de porter un fusil

paroissiens-progressistes 02/10/2015 17:07

gaëtan,

Historiquement, l'objection de conscience c'est le fait de s'opposer au port d'armes et au fait de les utiliser. Le fait de s'opposer à une décision jusqu'à démissionner, c'est la clause de conscience. Le mot pour définir l'opposition au mariage gay est mauvais ici, on devrait plutôt dire clause de conscience.

Merci !

gaetan ribault 01/10/2015 21:59

Mais c'est vous qui parlez d'armes !!! Pas moi
l'objection de conscience est le fait d refuser en raison de sa conscience de faire un acte "légal" mais contraire à sa croyance.

paroissiens-progressistes 30/09/2015 18:44

Gaëtan,

Je vais faire simple : l'objection de conscience n'est pas la clause de conscience des journalistes. Les définitions sont différentes, puisque la clause de conscience n'est pas le droit de refuser de porter des armes ou de les utiliser.

Merci !

gaetan ribault 30/09/2015 18:34

Désolé mais votre réponse est incompréhensible

paroissiens-progressistes 29/09/2015 17:42

gaëtan,

Non, l'objection de conscience n'est pas la clause de conscience puisque c'est le fait de ne pas vouloir porter ou de se servir d'armes, donc elle est mal utilisée dans le cas donné par le pape, la clause de conscience est différente puisque c'est le droit à un journaliste de démissionner lorsque la direction n'est plus de son bord politique et religieux. Je n'ai pas encore vu d'hommes politiques démissionner, puisqu'ils peuvent donner la patate chaude à leur adjoint quand ils sont maires. On utilise souvent les mauvais termes pour définir une chose.

Merci !