Message du 35e Congrès de l'Association de Théologie "Jean XXIII" : "L'asile est un droit humain qui ne peut être refusé"

Publié le 14 Septembre 2015

Message du 35e Congrès de l'Association de Théologie "Jean XXIII" : "L'asile est un droit humain qui ne peut être refusé"

periodistadigital.com dans son article du dimanche 13 septembre 2015 nous montre le message final du 35e Congrès de théologie à Madrid auquel participèrent de nombreux théologiens étrangers et qui a réfléchi entre le 10 et 30 septembre sur la question, l'approche, les personnes impliquées, d'une analyse à effectuer sur les voies de la paix qui peut s'ouvrir vers l'une des utopies les plus souhaitables pour l'humanité : la paix fondée sur la justice, l'égalité inséparable de la liberté :

"Du 10 au 13 Septembre 2015, nous avons célébré le 35e Congrès de théologie, qui a réuni des gens de différents pays, continents, cultures et religions afin de réfléchir sur "la religion, la violence et les moyens de la paix " qui contribuent à construire un monde plus juste pacifique et unie.

1. Dans le monde aujourd'hui, il ya 42 conflits armés, auxquels il faut ajouter la violence de nombreux gouvernements et organisations terroristes contre la population civile. Ces conflits causent la destruction de vies humaines, des dommages à la nature, l'élimination de d'anciennes cultures millénaires, l'exode, le déplacement et la migration de masse, et la persécution des minorités religieuses et culturelles. En 2015, il y a eu environ 3000 décès dans la Méditerranée à cause des conditions inhumaines dans lesquelles des centaines de milliers de personnes font la traversée, alors que les capitales n'ont pas de frontières, elles devraient circuler librement sous la protection des gouvernements.

2. Dans de tels conflits les facteurs économiques et politiques sont impliqués et jouent un rôle important, parfois décisif, les religions deviennent une source de violence, ou du moins, une justification ou même le véhicule. Une partie non négligeable de la responsabilité incombe à la mondialisation néolibérale, qui se comporte de manière agressive et même violemment, avec les identités culturelles et religieuses subordonnés, dont les multinationales terres exploiter leur avantage avec une grave dégradation environnementale et la vie des communautés autochtones.

3. La violence est étroitement liée à la corruption, l'exploitation des êtres humains, l'injustice et l'inégalité structurelle accrue. En Europe 123 millions de personnes vivent dans la pauvreté, alors qu'il ya 342 000 millionnaires. 1% des plus riches ont un tiers de la richesse du continent. Et 30% des filles et des enfants européens vivent en dessous du seuil de pauvreté. L'Espagne est le quatrième pays le plus inégalitaire dans l'Union européenne. Les situations de pauvreté et les inégalités sont encore plus prononcées dans les continents d'Afrique et d'Amérique latine. C'est la violence du système.

4. La violence a de nombreux visages et d'innombrables manifestations. La plus extrême, est la violence de genre, instrument permanent de pouvoir et de domination du patriarcat contre les femmes, conduisant à féminicide de masse. En Espagne, durant les treize dernières années, il y a eu 790 meurtres de femmes. La violence patriarcale est très répandue chez les adolescents et les jeunes dans le milieu de travail, durant l'enfance, où ce problème se produit de façon persistante et occulte. Nous avons prêté une attention particulière aux filles et enfants volés avec la complicité directe des institutions catholiques. À ces manifestations doivent être ajoutés la violence contre les homosexuels, les bisexuels et les transsexuels.

5. Le féminisme répond à la violence de genre avec un discours critique de la discrimination contre les femmes et des pratiques fondés sur l'égale dignité êtres humains. La hiérarchie catholique, cependant, loin de condamner la violence patriarcale et homophobe, a tendance à garder le silence et condamne ce qui est la théorie du genre. Elle exerce la violence contre les femmes et les minorités sexuelles en leur refusant l'accès au ministère ordonné, les excluant des domaines de responsabilité, niant les droits sexuels et reproductifs et imposant une morale répressive.

6. En réponse à diverses formes de violence, nous avons besoin d'un changement de paradigme des religions avec ces caractéristiques : option pour les personnes, les groupes, les peuples et les continents pauvres et discriminés; travailler pour la justice et la défense des droits de l'homme, en particulier pour les personnes qui se voient refuser ces droits; l'égalité entre les hommes et les femmes dans tous les domaines de la vie religieuse; reconnaissance des différentes identités sexuelles; le respect des autres, aux autres, présentant des différences ethniques, culturelles et religieuses; le dialogue interreligieux; le développement durable, les soins à de la maison commune et la protection de la biodiversité; la construction d'une culture de la paix à travers des accords de collaboration de paix et la réponse négociée de conflits; l'hospitalité. C'est seulement ainsi qu'on pourra faire face à la violence et trouver un chemin de la paix.

7. Nous demandons aux États le désarmement militaire et le réarmement moral, le remplacement de la course aux armements et du commerce des armes pour des politiques de coopération politique avec le Sud, de surmonter l'ethnocentrisme et l'évolution du pour mettre en place une politique de solidarité et d'hospitalité, l'ouverture des frontières à tous les immigrés, les réfugiés et les personnes déplacées par la faim, l'intolérance religieuse, et la persécution politique. L'asile est un droit de l'homme que personne ne peut nier.

8. Nous demandons pour les religions et leurs dirigeants d'éliminer les frontières religieuses qui séparent et parfois conduisent à des guerres de religion, de préparer des discours et des pratiques de solidarité, surmontant l'endogamie et développant un macro-œcuménisme de la non-violence active, de l'hospitalité et luttant pour la justice.

9. Nous nous félicitons de la sensibilité du pape François envers les immigrants et les réfugiés, sa dénonciation contre le manque de solidarité en Europe et qui avant ce drame appelait à la solidarité. Conformément à cette attitude, nous lui demandons d'ouvrir les portes de l'État du Vatican à des gens qui viennent dans nos pays à la recherche de meilleures conditions de vie et fuyant la violence. Ainsi, ils sera crédible avec ses dénonciations.

10. Nous nous engageons à lutter contre le modèle économique néolibéral injuste et violent à sa racine, à aider à l'accueil des réfugiés et des immigrants avec des organisations travaillant dans cette direction, d'ouvrir les portes de nos maisons et de nos communautés et d'allouer une partie de la collecte de ce Congrès à cet effet.

Madrid, le 13 Septembre."

Une réflexion théologique très utile qui au moins le courage de dire que la violence et les conflits même religieux peuvent être arrêtées, avec la participation des institutions politiques et religieuses. Elle peut s'avérer utile au pape François, qui sait peut-être s'en servira-t-il ?

Merci

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Réforme de l'Église

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gaetan ribault 18/09/2015 22:26

C'est vraiment mes théologiens chez les bisounours . Quand le principe de réalité va-t-il penetrer certains Pères de l'Eglise ?

paroissiens-progressistes 19/09/2015 09:08

gaëtan,

C'est ce principe qui a fait que l'Eglise a imité les institution de son époque, et que l'Eglise a toujours du se réformer pour répondre aux questions de son époque.

Merci !