Le pape François condamne le divorce avec force lors du synode sur la famille

Publié le 4 Octobre 2015

Le pape François condamne le divorce avec force lors du synode sur la famille

RTL.fr et LeTemps.ch nous montrent que le pape a défendu ce dimanche l'indissolubilité du mariage et condamné le divorce en s'en référant à l'enseignement de Jésus.

Le pape François a ouvert ce dimanche matin 4 octobre un synode très attendu sur la famille, le deuxième en deux ans, et qui rendra ses conclusions le 25 octobre 2015. Revêtu d'une aube verte, le souverain pontife, visage grave, a précisé à l'ouverture de la messe que les lectures du jour seraient centrées sur trois thèmes : "le drame de la solitude, l'amour entre l’homme et la femme, et la famille".

Un synode qui s'ouvre dans une atmosphère tendue, après le coming out d'un haut dignitaire du Vatican samedi, qui a révélé son homosexualité et dénoncé "l'homophobie institutionnalisée" de l'Église catholique. Une révélation qui lui valu d'être immédiatement révoqué de fonctions par le Vatican. Paradoxalement, le sujet de l'homosexualité devrait être peu abordé lors des débats. Nullement intimidé par ces réactions, l'abbé Charamsa a contre-attaqué en déclarant : "Je dédie mon coming out aux nombreux prêtres homosexuels qui n'ont pas la force de sortir du placard."

Pointant "un contexte social et matrimonial très difficile", il a défendu l'indissolubilité du mariage et condamné le divorce en s'en référant à l'enseignement de Jésus. Jorge Bergoglio a commenté l'évangile dans une basilique Saint-Pierre pleine à craquer : "Jésus, face à la demande rhétorique qui lui est faite – probablement comme un piège, pour le faire devenir tout à coup antipathique à la foule qui le suivait et qui pratiquait le divorce comme réalité enracinée et intangible–, répond de manière franche et inattendue : il fait tout remonter à l’origine de la création, pour nous apprendre que Dieu unit les cœurs de deux personnes qui s’aiment et les unit dans l’unité et l’indissolubilité (...) Jésus rétablit ainsi l’ordre qui était à l’origine".

Doit-on rappeler que Jésus a dit dans Matthieu 5, 8-19 : "Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui supprimera l'un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux." Donc le guett (divorce juif) est pleinement valide puisque selon Jésus on ne peut pas supprimer un plus petit de ces commandements.

Sans jamais citer les personnes en situation "irrégulière", aux yeux de l'Église (divorcés, homosexuels, personnes vivant en union libre), la pape François a par ailleurs rappelé le devoir de la miséricorde, condamnant "une Église aux portes closes, qui, au lieu d’être un pont, devient une barrière". L'Église, a-t-il dit, ne doit "pas pointer du doigt pour juger les autres, mais se sentir le devoir de chercher et de soigner les couples blessés avec l’huile de l’accueil et de la miséricorde".

Ainsi en rappelant, dans son discours d'ouverture le caractère indissoluble du mariage, nécessairement célébré entre un homme et une femme, celui-ci a piqueté les espaces de liberté théologique concédé au synode. Et surtout, apaisé l'aile conservatrice de l'assemblée, qui a dû boire du petit lait en entendant le pape réaffirmer : "Voilà le rêve de Dieu pour sa créature bien-aimée: la voir se réaliser dans l'union d'amour entre l'homme et la femme." À l'endroit de l'aile progressiste, le pape François a comparé l'Eglise à un hôpital de campagne (c'est sa fameuse mission pastorale) qui ne ferme ses portes à personnes. Et pour les conservateurs : mais un hôpital de campagne aidant les pécheurs à revenir sur le droit chemin. C'est peu convainquant d'ouvrir ses portes en y mettant un grillage devant.

Le pape, qui cite à deux reprises longuement son prédécesseur conservateur Benoît XVI, a fustigé la "solitude", citant "les personnes âgées, abandonnées même de leurs propres enfants; les veufs et les veuves; tant d’hommes et de femmes laissés par leur épouse ou par leur mari; tant de jeunes victimes de la culture de la consommation et du déchet". "Paradoxalement aussi, l’homme d'aujourd’hui – qui ridiculise souvent ce dessein (du mariage) – reste fasciné par tout amour authentique. Nous le voyons suivre les amours temporaires, courir derrière les plaisirs de la chair, mais il désire la donation totale". "Beaucoup de plaisirs, mais peu d’amour; beaucoup de liberté mais peu d’autonomie… Les personnes qui se sentent seules sont de plus en plus nombreuses, mais aussi celles qui se renferment dans l’égoïsme, la mélancolie, la violence destructrice et l’esclavage du plaisir et du dieu argent".

"Il semblerait, a-t-il fustigé, que les sociétés les plus avancées soient justement celles qui ont le taux le plus bas de natalité et le taux le plus élevé d’avortements, de divorces, de suicides et de pollution environnementale et sociale". Le taux de natalité bas ne s'explique pas par l'avortement, les divorces, les suicides et la pollution environnementale et sociale, mais viendrait plutôt de cette peur des parents de ne pas être à la hauteur est sans doute aussi la généralisation de l’idée de risque que feraient encourir les parents à leurs enfants s’ils n’adoptent pas les bonnes conduites. Il faut aussi voir dans ce taux de natalité bas une croissance économique qui ne donne pas confiance dans le futur, la pauvreté et la précarité qui ne sont pas endigués, et surtout le fait que des services permettant d’épauler les parents dans leur travail de socialisation et de soins aux enfants n'existent pas.

Le pape François essaye de faire plaisir à tout le monde, mais déçoit tous ceux qui attendaient des ouvertures à ce niveau là, sans pour autant répondre aux questions. C'est sans doute la limite de cet exercice d'équilibriste entre conservateur et progressiste qui risque de décevoir les deux camps.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Mike 09/10/2015 12:07

Cher paroissien,
Je vous réponds pour la partie "famille", l'autre partie (synode) n'appelle aucune réponse puisqu'il y a incompréhension réciproque.
Vous me parlez matériel, inquiétude pour l'avenir, etc... Certes, il ne faut pas être inconscient de tout cela.
Mais nous a font AUSSI le choix de mettre notre confiance dans Celui qui peut tout: Dieu. Ben oui, Il nous aime et est quand même là pour notre bien.
L'homme n'est pas parfait et ne peut p

paroissiens-progressistes 09/10/2015 13:45

Mike,

Dieu ? Il nous laisse nous débrouiller, car il nous traite comme des adultes. Une bonne chose, car c'est à nous de prendre nos décisions. Le libre arbitre ? Vous connaissez ? Je n'ai pas l'impression. C'est parce que Dieu nous aime qu'il ne nous traite pas comme des enfants et nous laisse faire nos propres choix. Les couples choisissent d'avoir des enfants ou pas selon leur situation économique, ou de peur d'être de mauvais parents. C'est une réalité.

Merci !

Mike 05/10/2015 15:02

Bonjour Paroissien,
Autre explication, et non des moindres, que vous oubliez par rapport à la baisse du taux de natalité: LE MANQUE DE GENEROSITE.
Je constate, c'est tout.
Bien à vous.

Mike

Adam 10/10/2015 16:40

Bonjour à vous monsieur/messieurs (vous êtes deux si j'ai bien compris.)

En fait dire "société avancée" est un terrible mensonge et l'église qui prétend souvent savoir mieux que les autres avec sa doctrine est en réalité totalement ignorante sur tout (ou presque.)

Une société évoluée, avancée, ne doit pas tant se définir sur sa technologie, son niveau de vie (hors consommer toujours plus n'est pas un indicateur du niveau de vie mais une façade, un écran de fumée.)

En réalité il faudrait pour cela reconnaître le degré d'humanité d'une société et le vrais niveau de vie que devraient êtres les conditions de vie de façon globale mais aussi locales (donc bien entendu le côté humain...)

L'église aussi ment comme les autres car elle n'a pas été fichue de percevoir autre chose que cet écran de fumé.

Je ne suis pas croyant, du moins, pas de dieu et je rejette les religions (mais pas les personnes, ne pas confondre!) Toutefois, je crois quand même en quelque chose car on peut le percevoir, on peut le trouver en sois-même dans certains cas et c'est ce que l'humain est réellement en lui-même et non pas ce en quoi il a été transformé/conditionné...

Enfin, tout ça pour dire que, l'avortement, la natalité, les séparations, ce ne seraient pas des problèmes si les sociétés étaient véritablement avancées et non pas en quête désespérée d'une croissance absurde, inutile et destructrice qui provoque d'énormes problèmes sur tous les plans.

Avorter n'est pas un problème dans de bonnes conditions mais les conditions sont mauvaises (même en france, ce pays qui se vente de sa loi mais qui se fiche bien de la réalité et s'est juste contenté de parader sans réellement faire quoique ce soit...) idem pour bien d'autres choses...

Non, nous ne sommes pas si "avancés" bien au contraire!

Et je trouve plus avancées certaines tribus dans des forêts (qu'on massacre pour tout déboiser, les industries de ceux qui sont "avancés" et pour une croissance qui n'a strictement aucun sens, qui est impossible...)

La générosité ce n'est pas de pondre une bonne grosse pelletée de gosses (comme des "bons conservateurs" bien obscures et qui se fichent des conséquences à termes (aucune religion sur Terre n'en parle jusqu'à preuve du contraire.)

Non, la générosité, ce serait déjà d'établir de vraie valeurs en dehors des idéologies présentes (donc pas de religion, pas de "visions" dites "athées" (et certainement pas "humanistes" comme on l'a toujours prétendu à tort (encore un odieux mensonge.)

Non, ce serait là une bonne base de départ, établir des échange plus humains, faire en sorte que plus personne ne soit obligé de se taper des sales boulots (ménages, ramasser les poubelles) (pour la terre c'est autre chose mais là, ce serait aussi de revoir nos modèle agricoles (et la polyculture c'est déjà intéressant...)

Enfin, il y a tellement de choses à voir...


C'est justement par rapport à notre modèle global, à nos sociétés, que j'essaie de travailler sur un projet.

Si certains morceaux peuvent servir pour vôtre blog je veux bien vous faire passer le peu que j'ai.

Disons que ça parle de pays alternatifs dont un qui est frontalier avec la France.

Chez eux, dans cette fiction, puisqu'ils n'ont ni besoin de pétrole ni de gaz étranger ou de charbon ni de nucléaire (et qu'ils ont la fusion depuis une quarantaine d'années environ) ils n'ont aussi besoin de personne pour l'agriculture, la technologie... et l'usure ils ne veulent pas que ça passe leurs frontières.

Si vous voulez je peux vous en dire davantage et vous envoyer un morceau (si ça peut vous servir?)

Mon mail:

lucieornotlucie@gmx.fr

merci à vous.

Bonne chance dans vos actions et je ne peux que vous soutenir.

paroissiens-progressistes 08/10/2015 12:48

Mike,

Vous en manquez beaucoup aussi de ce bon sens que vous demandez. La générosité n'est-ce pas d'aider ces couples à assurer un meilleur avenir à leurs enfants, comment le peuvent-ils dans un monde en pleine crise économique, où ils ne pourront pas donner tous les avantages qu'eux ont pu avoir. Il est normal qu'ils hésitent à avoir plus d'un ou deux enfants, ou même à en avoir un seul. Comment vont-ils faire vivre leurs enfants quand il n'arrivent déjà pas à s'assurer à eux-mêmes un avenir. La compréhension de ce fait permet de ne pas faire des discours sans âme.

Pauvre société dominée par la pensée dominante ? Comme par hasard c'est toujours les autres la pensée dominante mais pas ceux qui en parlent. Dois je-vous rappeler que la pensée dominante existe aussi dans l'Église, et qu'une minorité nous l'impose depuis trop longtemps. Vous pouvez vous y ajouter dedans. Si le synode ne fait pas preuve d'un peu d'ouverture, j'ai bien peur que l'Église puisse tout perdre à force de tergiverser. Ne pas vouloir de ministère féminin, c'est renier le rôle important des femmes dans l'Église. Elle ne sont pas des faire valoir, mais une part importante de l'Eglise.


Merci !

Mike 08/10/2015 02:45

Cher paroissien,
Décidément, je crois que ce qui ne va pas chez vous c'est le bon sens.
La générosité ne se compte pas: donner sans compter.
La vie.
Donner la vie...
Ah oui mais vous comprenez ça coûte cher les enfants...!
Oui, mais une société déboussolée, ça coûte aussi très cher. Et ça fait + de 40 que ça dure.
Pour ma part j'ai fais mon choix, et ça ne m'empêche pas de donner en plus. Pour info, je fais partie de cette classe sociale dont on ne sait si elle fait partie de la "classe moyenne" ou celle du dessous.
Pour élargir le débat à vos attentes sur le synode, là encore, ne prenez pas vos désirs pour des réalités: l'église catholique ne lâchera jamais ses fondamentaux, au mieux elle
Fera un meilleur accueil aux divorcés remariés. Quant aux personnes homosexuelles, elle ne bougera pas d'un iota. Idem pour l'ordination des femmes sous quelque forme.
Toute attente sur ces 2 points est stérile, désolé ;-)
Le problème dans notre société, c'est que l'absence de bon sens est devenu la pensée dominante...
Bien à vous quand même.
Mike

paroissiens-progressistes 05/10/2015 17:50

Mike,

Donc soyez généreux vous aussi : donnez leur un surplus financier, et occupez vous de leurs enfants pour qu'il puissent financer leur éducation. La générosité n'est pas dans votre commentaire qui manque sérieusement de compréhension.

Merci !

Sandro 05/10/2015 02:46

Excellente analyse et surtout, belle conclusion...! Eh oui...! Tout ce revirement de situation, quoique decevant, ne devrait guère nous étonner. Oui oui, car, et comme je le faisais observer hier dans mon commentaire, le coming out de ce prêtre polonais et haut fonctionnaire du Saint Siège, avec présentation du compagnon aux médias (acte héroïque et hautement louable, il faut le souligner), ne devrait pas faciliter les choses à ce synode.
Toutefois, il conviendrait de nous dire que pour comprendre l'attitude quelque peu contrastée (c'est le moins qu'on puisse dire) du pape François sur la question du mariage dans son ensemble, il faudrait se référer au long pontificat de Jean-Paul II qui, en 28 ans de règne, n'a quasi "fabriqué" que des évêques et cardinaux de droite (Eh oui, mes chers, "un seul Seigneur, une Foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père..." et pourtant, dans l'Eglise, c'est comme en politique où, pour gouverner, il faut absolument composer avec des sensibilités différentes, voire même opposées, jusqu'à ce que la sensibilité dominante (à ne pas confondre avec majoritaire) l'emporte sur les autres). Et le court, mais lourd, pontificat de Benoît XVI (droitiste convaincu et avéré) n'a fait qu'empirrer sur les questions de moeurs.
C'est donc avec ce lourd héritage que le pape François (visivlement du centre-droit, ou du centre-gauche, j'en sais rien, l'avenir nous le dira) doit, à présent, faire avec, du moins d'abord, le temps qu'il crée suffisamment de cardinaux et d'évêques à sensibilité doctrinale corollaire ou du moins assez proche de la sienne propre. Voilà à mon avis la seule et unique condition pour François d'avoir les mains libres (eh oui, Dieul seul sait si un pape a réellement la liberté totale d'agir) pour mener à bien les réformes qui lui sont chères, et que nombre de catholiques, en particulier les jeunes qui sont l'avenir de l'Eglise et de la société, souhaitent voir conduire. Nous comprendrions alors que, si d'ordinaire, nous catholiques, prions pour nos pasteurs en général et pour le pape en particulier, il s'avère davantage important, voire même nécessaire et urgent, que nous le fassions de plus belle et instamment en faveur de ce pape indubitablement prometteur pour l'Eglise et son avenir. Oui, ne nous lassons jamais de prier pour François. Car, à l'instar de Paul VI qui voyait dans le Renouveau Charismatique naissant "une chance pour l'Eglise", beaucoup de fidèles chrétiens et même de personnes étrangères à l'Eglise, pensent trés sincèrement aujourd'hui, que le pape François constitue lui aussi une chance pour l'Eglise, en raison justement de signaux positifs qu'il envoie à la planète entière depuis son élection. Voila...! Bien à toutes et à tous, et quoi qu'il arrive, soyez heureux.

paroissiens-progressistes 05/10/2015 17:57

Sandro,

L'héritage de Jean-Paul II est lourd car il a fossilisé l'Eglise dans une passé datée, pourtant dès son pontificat se sont levées des personnes pour que les choses changent. Tôt ou tard le vent de la réforme reviendra sur l'Eglise et qui sait Sandro nous le verront sans doute. Et voyons si le pape François qui est toujours prudent va ouvrir cette voie réformatrice.

Merci !

M.W 04/10/2015 20:36

Bonjour, Paroissien-Progressiste

Malheureusement, le pape désire plaire à tous le monde sans doute par crainte d'un schisme en cas de déception mais le problème est que si l'on veut plaire à tous le monde, alors, on ne fait plaisir à personne puisque les conservateurs nous reproche de trop en faire et les progressistes de ne pas en faire assez. Enfin, j'espère que notre pape veut faire plaisir à tous parce que sinon cela veut dire que c'est un démagogue et qu'il révèle son vrai visage. J'espère sincèrement me tromper, j'espère sincèrement...

Cordialement

paroissiens-progressistes 05/10/2015 18:00

M.W.,

Il n'est pas démagogue, malheureusement il fait de la politique (ça existe aussi dans l'Eglise), car en satisfaisant les 2 camps il veut obtenir des réforme dans les points qui fâchent, ce qui peut s’avérer inefficace si la stratégie a été mal faite.

Merci !