Le pape François recadre le synode sur la famille

Publié le 6 Octobre 2015

Cécile Chambraud, envoyée spéciale à Rome, nous montre dans son article dans LeMonde.fr nous montre qu'Uune mise au point du pape François s’est imposée dès le matin du deuxième jour du synode sur la famille, mardi 6 octobre 2015. La veille, lors de la première salve d’interventions des évêques et des cardinaux réunis à Rome pour trois semaines afin de débattre du message de l’Église catholique sur ce sujet, des grincements s’étaient fait entendre. Un tiers de la vingtaine d’intervenants s’étaient interrogés sur la méthode de discussion retenue pour encadrer les débats ou sur le bien-fondé des réflexions ouvertes.

Contrairement aux synodes précédents, le temps dévolu aux séances plénières a été cette fois réduit au minimum, au profit de discussions par groupes linguistiques d’une vingtaine de personnes chacun. Ce sont ces groupes qui, chacun de leur côté, sont chargés d’amender le rapport initial. À partir de leurs contributions, le rapport final sera rédigé sous le contrôle d’une commission de dix membres nommée par le pape, puis mis aux voix.

Des prélats s’étant interrogés sur la place accordée à ces groupes et sur le choix des membres de la commission, le secrétaire général du synode des évêques, le cardinal Lorenzo Baldisseri, a dû rappeler mardi matin que ce dispositif avait été approuvé par le pape François lui-même.

Sur le fond, une partie des prélats craignent qu’en se montrant trop conciliant avec les divorcés remariés, les unions libres ou les couples de même sexe, toutes ces formules qui ne correspondent pas à sa conception de la famille, le message de l’Eglise soit en fin de compte dilué. La veille, le rapporteur général, le cardinal hongrois Peter Erdö, qui se range dans ce courant, avait ainsi semblé refermer la porter à toute réflexion sur l’accès aux sacrements des divorcés remariés, à qui l’Église les refuse aujourd’hui.

Sans faire explicitement référence aux propos du cardinal Erdö, Jorge Bergoglio a cependant tenu à rappeler aux participants, mardi, qu’ils doivent travailler à partir du rapport issu du synode de 2014, qui laissait cette question ouverte. Elle demeure posée comme une question «pastorale», a confirmé l’archevêque Claudio Celli, président du conseil pontifical pour la communication sociale. En revanche, le pape a répété qu’il n’est pas question de «toucher à la doctrine sur le mariage».

Lundi et mardi matin, les interventions – qui ont lieu à huis clos mais dont la teneur est rapportée en substance lors d’une conférence de presse – ont démontré que la tension reste vive entre partisans du statu quo et demandeurs d’un assouplissement de la discipline, qui avait déjà marqué le synode de 2014. Ainsi, un prélat a souhaité que l’Église abandonne un vocabulaire «excluant» à l’égard des familles «irrégulières» et le registre de la «pitié» pour s’adresser aux homosexuels, qui doivent être reconnus «tels qu’ils sont». Un autre, au contraire, a mis en garde contre les conséquences d’un changement : «Si on ouvre la porte, les loups risquent d’entrer dans la bergerie.»

On a pu une nouvelle fois constater que les préoccupations varient d’une région à l’autre, d’un continent à l’autre. Certains sont plus concernés par les conséquences des migrations, de la pauvreté, par la polygamie ou les mutilations sexuelles que par le remariage après un divorce. Partant de ce constat, un intervenant a proposé que, s’il n’y a pas forcément de solutions universelles, des solutions «régionales» ou «continentales» puissent être discutées par les églises locales. Cette conception d’une Église catholique plus déconcentrée, pour ne pas dire plus décentralisée, rejoint un point de vue déjà développé par Jorge Bergoglio au début de son pontificat.

Le synode montre déjà une opposition Nord -Sud sur la conception de la famille, et il devient très difficile d'ignorer le clivage sur les divorcés remariés et les couples de même sexe. Une satisfaction, une intervention qui demande à ce que ces problèmes pourraient être réglé de manière régionale ou continentale. Le pape veut trouver un compromis entre deux camps irréconciliable et il devrait faire attention à ce que synode ne devienne pas un galet qui ne fait pas de ricochets.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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