Le synode entre dans la discussion sur les divorcés remariés

Publié le 15 Octobre 2015

Vatican Insider et Radio Vatican dans leur articles du jeudi 15 octobre 2015 nous montre que le synode sur la famille au Vatican (4 au 25 Octobre 2015) entre au cœur de la discussion sur l'hypothèse d'accorder la communion à certains couples qui sont divorcés et remariés, l'une des questions les plus controversées. Les opinions sont divisées entre ceux qui soulignent que nous ne pouvons pas changer la doctrine et tromper les fidèles et ceux qui montre que l'Église les accompagne tous. Selon Bernd Hagenkord, le collaborateur du père Lombardi pour la langue allemande, beaucoup d'évêques pensent qu'il est nécessaire de résumer de façon claire et sans ambiguïté de la vision chrétienne du mariage, en soulignant que l'Église n'a aucune autorité ou pouvoir de changer les mots de Dieu. D'autres, ont souligné que suivant l'enseignement de Jésus, l'Église ne peut exclure de manière permanente certains membres des sacrements parce qu'ils ne sont pas des responsables de douanes qui contrôlent la pureté des chrétiens.

Don Manuel Dorantes, qui travaille à la réunion d'information pour la langue espagnole, a fait cas de l'émouvante histoire d'un enfant qui durant sa première communion a rompu son hostie en deux pour donner la moitié à son père, qui étant divorcé remarié ne peut la recevoir directement. Quant à la voie de la pénitence, le projet initialement proposé par le cardinal Walter Kasper, un an et demi auparavant, comme condition pour l'accès à la communion, Mgr Carlos Aguiar Retes, archevêque de Tlalnepantla (Mexique), prenant la parole à la séance d'information, a déclaré qu'il y a un chemin similaire à celui présent dans les Églises orthodoxes, comprenant la repentance qui amène les divorcés remariés à accepter leurs erreurs et leur permettant de commencer un nouveau voyage.

Stanislaw Gadecki, archevêque de Poznan et président de la Conférence épiscopale polonaise, pour sa part, a rappelé que les évêques polonais ont "exclu" la possibilité de communion, se référant à Familiaris consortio de 1984, soulignant que les divorcés remariés "ne sont pas excommuniés (sans la participation aux sacrements, c'est comme tel), mais qu'il y a beaucoup de façons de participer à la vie de l'Église" et il reconnaît, parfois, "que ceux qui sont exclus de l'Eucharistie ont un désir plus fort de communion que ceux qui peuvent y accéder." L'évêque mexicain, en général, a rappelé que le synode "n'a pas l'intention et n'a jamais eu l'intention de prendre des décisions qui sont dans les mains du Saint-Père". On botte en touche ?

Beaucoup de sujets ont été abordés dans les nombreuses interventions. Le père Thomas Rosica, qui a travaillé avec le père Lombardi pour l'anglais, a mentionné la diversité de nombreuses cultures, la formation des prêtres qui viennent de familles pauvres, les questions sociales comme "l'immigration et la prostitution, et l'observation d'un père synodal qui a parlé de "l'importance du sourire, "comme François nous montre l'importance de sourire pour un prêtre". Certains jugent même que le clergé est responsable de l'éloignement des fidèles. Sept pères synodaux anglophones ont fait référence au langage utilisé par l’Église, souhaitant qu’il parle plus aux gens. Il n'y pas que langage qui doit changer, mais aussi la façon de penser.

Quelqu'un, dit le père Lombardi, "a parlé de sa propre initiative, du processus de nullité matrimoniale, en particulier en ce qui concerne la formation des opérateurs dans le domaine juridique", il y a eu également de nombreuses propositions et conseils pastoraux très spécifiques. Comme le fait qu'un nombre exponentiel de jeunes cohabitent sans songer au sacrement du mariage. D’autres se marient après une longue période de vie commune. Les pères synodaux aimeraient que ces couples puissent bénéficier d’une formation adéquate, qui permettrait d’éviter les divorces qui inclurait une réflexion sur la liturgie du mariage et la valeur du sacrement, mais ne serait pas une instruction purement formelle, mais plutôt une mission que devrait prendre à sa charge toute la communauté des fidèles. Les fiancés devront faire aussi l’objet d’un accompagnement constant pour qu’ils soient véritablement matures avant de dire oui à l’église. Une attention particulière devra être portée à leur foi, l’absence de foi étant un motif d’annulation de mariage. En gros, les futurs mariés sont des enfants qui ne savent pas ce qu'ils font.

Les francophones comme les anglophones ont parlé de manière récurrente du mariage mixte, multiracial, multiculturel, entre chrétiens de confessions différentes ou entre un chrétien, ou une chrétienne, et une personne de religion différente. Dans certains cas, notamment en Asie ou en Afrique, les femmes sont obligées de changer de religion si elles ne veulent pas être répudiées. Il arrive également que des femmes chrétiennes se retrouvent mariées à des hommes polygames. Au-delà des difficultés, le mariage mixte peut aussi être l’incarnation d’un dialogue vécu au quotidien et ainsi peut être perçu de manière positive.

Les pères synodaux ont aussi évoqué la "colonisation idéologique" (l'Église en ce domaine n'a pas de leçon à faire aux États) selon laquelle procèdent certains États qui financent par exemple des préservatifs ou des méthodes contraceptives aux pays en développement. Ils ont parlé de ces pays où l’on tente de redéfinir le mariage à travers de nouvelles législations, permettant à deux personnes du même sexe de se marier. C'est un peu fort, ils ne redéfinissent pas le mariage hétérosexuel, ils font la place à d'autres formes de couples. Ils ont rappelé qu’il fallait protéger le droit des enfants à avoir un père et une mère (et s'ils ont deux pères et deux mères, ils sont exclus ?) et se sont prononcés contre les "utérus à louer" (la GPA), et contre la traite des êtres humains. Il a été question de la souffrance des couples sans enfant qu’il faut accompagner et de la question de l’adoption qui n’enlève rien à la parentalité et y ajoute cette "gratuité qui conduit à l’inclusion".

Un père synodal a enfin souligné que durant le travail ils ont parlé une seule fois du mot pardon et c'est un peu "petit". Ce qui est trop peu pour un thème aussi fondamental.

Le synode avance, tâtonne, fait du surplace et cherche des solutions. Peu à peu, on voit poindre à l'horizon, que beaucoup d'évêques essayent de se défausser de leur travail et espèrent que le pape trouvera la solution. Espérons que ce ne soit pas le cas.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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