Synode : les groupes linguistiques exposent leurs amendements

Publié le 9 Octobre 2015

Radio Vatican dans son article du vendredi 9 octobre 2015nous montre qu'après l’intervention du pape, les travaux dans l’Aula du Synode se sont poursuivis avec les synthèses des 13 cercles mineurs, relatives à la première partie de l’Instrumentum laboris dédiée à «l’écoute des défis sur la famille». Moins de crises, plus d’espérance, voilà l’observation qui émerge de ces textes, qui invitent à souligner la beauté de la famille et non seulement ses difficultés. Les pères synodaux ont également délivré une réflexion sur la réelle efficacité de la pastorale familiale. Voici quelques éléments de ces réflexions :

1) Mettre en évidence la beauté et la vitalité de la famille : Moins de crises, plus d’espérance : et ceci est l’observation qui émerge avec plus de fréquence des relations des Cercles mineurs. La beauté et la vitalité de la famille basée sur le mariage indissoluble entre l’homme et la femme, sa façon d’être école d’humanité, creuset d’intégration qui donne de la force au tissu social, expliquent les rapporteurs des Cercles mineurs, se sont pas suffisamment mises en évidence dans l’Instrumentum Laboris, qui souvent semble faire une analyse sociologique des défis regardant le noyau familial, listant les problèmes comme une litanie, mais en oubliant le regard de la foi, le regard du Christ. Au contraire, soulignent les groupes linguistiques, doit émerger l’Église du oui, qui donne de la confiance et de l’espérance aux familles, sans édulcorer ou nier leurs difficultés objectives.

2) Crise de foi, crise de la famille. Les responsabilités de l’Église : Une seconde observation regarde la Pastorale familiale ; si la famille est en crise, soulignent les 13 rapports, dans lesquels les pères synodaux font aussi une autocritique, c’est peut-être parce qu’il a manqué une juste éducation à la foi. L’Église elle-même, dans un certain sens, est responsable de la situation de la famille aujourd’hui, car elle eu dans ses débats une pensée quasiment «médiévale», trop éloigné des réalités, trop normative et privée d’une vision intégrale. Au contraire, les pères synodaux exhortent à se souvenir que l’Église est servante, et non maître, de la famille et qu’elle lui doit beaucoup, parce que justement son futur en dépend.

3) Non à une approche trop eurocentrique : Donc, les cercles mineurs reflètent leur structure et le langage de l’Instrumentum laboris, en en mettant en évidence les aspects excessivement occidentaux, «eurocentriques», qui le caractérisent le style peu attractif et parfois un peu confus, surtout dans la façon d’individualiser les destinataires auxquels il a été remis. Il est donc souhaité que le document final de l’Assemblée soit écrit dans un mode plus frais, linéaire, clair, pas trop technique, pour être d’une lecture facile pour tous.

4) Non à la «théorie du genre». Une pastorale spécifique pour les migrants et les réfugiés : Les treize relations convergent ensuite sur certains points particuliers : il est demandé, par exemple, une attention plus grande sur la «théorie du genre» (qui n'existe pas) et sur les risques (?) que comporte sa diffusion, et parfois son imposition, dans les programmes scolaires (donc selon l'Église on doit nier que l'homosexualité, la bisexualité et la transsexualité existent), en les transformant en une pensée unique qui endommage la famille (comme si l'Église ne faisait pas la même chose en essayant d'imposer son modèle unique de famille même à l'école publique). Une unanimité se rencontre aussi sur l’approche à avoir pour les migrants et les réfugiés pour lesquels on souhaite une pastorale spécifique, dans l’Église comme dans l’Église d’accueil. Il est rappelé que la question migratoire représente un défi dans le domaine interreligieux, et qu’il faut souligner les droits, mais aussi les devoirs des migrants.

5) Plus d’attention aux personnes âgées et handicapés : Les rapports des groupes linguistiques demandent une majeure réflexion sur l’importance des personnes âgées dans la vie familiale, en particulier sur le rôle des grands-parents, comme sur les défis du handicap dont les aspects positifs doivent être mieux mis en évidence et valorisés.

6) Approfondir la bioéthique et ses implications sur la vie humaine : Certains cercles mineurs avancent des propositions spécifiques : par exemple, insérer dans le document final de l’Assemblée des histoires de vie familiale ou de sainteté qui soient exemplaires pour les fidèles, ajouter des citations bibliques, réfléchir mieux sur le thème de la chasteté et de l’éducation affective, surtout pour les jeunes, considérer avec plus d’attention les influences de la technologie sur la vie familiale, en particulier en ce qui concerne Internet et la pornographie, approfondir le thème de la bioéthique, dont les développements peuvent endommager l’être humain dans son essence et sa valeur. En gros, les évêques donnent aux familles des modèles de vie familiale ou de sainteté exemplaires qui leur est impossible à atteindre et souhaitent que les jeunes soient chastes avec une éducation affective, mais pas d'éducation sexuelle pour leur éviter d'avoir des enfants trop tôt et des MST.

7) Satisfaction pour la méthode de travail dans les Cercles : Les groupes linguistiques expriment leur satisfaction pour la méthode de travail : le débat direct entre les pères synodaux qui parlent la même langue, mais vivent des histoires, des réalités et des cultures diverses dans des pays différents, est une vraie expérience de catholicisme. Les amendements présentés pour la première partie de l’Instrumentum Laboris sont nombreux, les pères synodaux sont conscients que toutes leurs observations ne pourront pas être accueillies, mais le défi de l’écoute réciproque a été gagné.

Les groupes linguistiques veulent moins de crises et plus d'espérance, mais tout n'est pas parfait, comme le refus des études de genre et de véritables exemples de familles contemporaines tout en donnant des réponses limitées pour les jeunes. Espérons, que ces débats iront plus loin.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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Commenter cet article

Sandro 10/10/2015 14:39

Tant que le célibat des clercs restera un carcan et non un choix librement consenti, tant que la hiérarchie catholique romaine continuera à faire croire au monde que, sur le plan charnel, elle est une communauté de supermen, voire même d'extraterrestres, l'Eglise d'en haut sera toujours à des années lumière par rapport à Celle d'en bas, notamment sur la problématique de la famille. Oui, car dans une société de "gens normaux", l'on ne peut honnêtement concevoir qu'une assemblée de députés dont aucun des membres ne connaît même pas l'odeur et encore moins le goût du chocolat (enfin, c'est ce que eux-mêmes disesnt...), légiférèrent sur la régulation de la consommation du chocolat dans cette société. Eh bien, c'est exactement ce qui se passe avec cette asdemblée synodale. Soyons honnête et disons-nous la vérité pour une fois. Apprendre par coeur des théories toutes faites et les vociférer en temps opportun, n'est pas la même chose qu'apprendre par de l'expérience. Un historien de la Shoa, si brillantissime soit-il, ne pourra jamais raconter l'horreur de Shoa avec la même émotion, les mêmes tripes, les mêmes vibrations de ton, bref, avec le même état d'esprit, qu'un survivant de la Shoa. Voilà...! On va décider d'un apect essentiel de l'existence des gens, sans se soucier de ce que ces gens vivent réellement AU PLUS PROFOND D'EUX-MÊMES. Et après, on vient leur imposer ce qu'on a décidé pour eux (et très souvent contre eux), et en plus, en se foutant de leur geule en leur racontant que ces décisions sont des " injonctions" du Saint-Esprit, à respecter tête courbée. N'est-ce pas là une forme inconsciente d'EMBRIGADEMENT DES ESPRITS et du MÉPRIS DES GENS ??? À chacun d'en juger.....

paroissiens-progressistes 10/10/2015 17:57

Sandro,

Je partage votre avis à ce sujet. On demande à des hommes célibataires de définir la famille alors qu'il n'ont pas de famille, ni de vie de couples. C'est comme on disait un historien de parler du boson de Higgs. Une aberration en effet, puisque la parole des évêques a déjà peu de poids au sein des couples et cela malgré un matraquage depuis Jean-Paul II.

Merci !