Synode sur la famille : "L’Église ne comprend pas vraiment ce qu’est un divorce"

Publié le 6 Octobre 2015

Les lignes rouges ont été clairement fixées dès l’ouverture du synode sur la famille : pas question pour les personnes divorcées de pouvoir se remarier religieusement. Comment les divorcés remariés vivent-ils le fait de ne plus pouvoir communier ou se confesser ? RMC leur a directement posé la question le lundi 5 octobre 2015.

Le second synode de l'Église catholique sur la famille a commencé dimanche, au Vatican. Le pape François est très ferme sur la question du mariage, les lignes rouges ont été clairement fixées dès l’ouverture : pas question pour les personnes divorcées de pouvoir se remarier religieusement. Le pape a réaffirmé, dans la basilique Saint-Pierre, que le sacrement du mariage devait rester indissoluble.

Dans les rangs de l'Église, les plus libéraux espèrent pourtant une "approche individualisée d'accompagnement" pour chaque divorcé remarié. Les 360 évêques qui participent à ce synode rendront leurs conclusions le 25 octobre. Après quoi, c'est le pape qui tranchera seul, probablement au printemps. Pour l’heure, les divorcés remariés ne sont pas excommuniés, mais exclus des sacrements de l'Église. Le remariage civil est une infidélité au premier et unique conjoint, avec qui l'on s'est marié devant Dieu.

Comment les divorcés remariés vivent-ils leur foi, le fait de ne plus pouvoir communier ou se confesser au sein de leur Église? RMC leur a directement posé la question. Martine est divorcée remariée, mais dans sa paroisse, elle n'a jamais osé le dire. "J’ai fait des cours de catéchisme, pendant un an", précise-t-elle au micro de RMC. "Et c’est vrai que je n’ai pas dit que j’étais divorcée remariée, parce que j’avais trop peur d’être jugée, et de ne pas pouvoir le faire".

Edith, elle, est divorcée, pas encore remariée, mais elle a déjà l'impression d'être pointée du doigt. "L’Église, malheureusement, ne comprend pas vraiment ce que c’est qu’un divorce", déplore-t-elle. "On se sent mis au ban de l’Église".

Le diacre Jean-Marc Hudault organise des temps de prière avec les divorcés remariés. Plutôt que de las exclure, il veut les accompagner. "Ils restent des chrétiens baptisés", explique-t-il. "Àce titre-là, ils font partie de la famille des chrétiens et ils sont toujours aimés de Dieu. Et avec une place tout à fait importante dans l’Église, peut-être différente du chrétien classique, qui va à la messe tous les dimanches, mais ils ont une place à part entière dans l’Église".

Les conclusions des évêques sur la question des divorcés remariés sont attendues pour le 25 octobre. Et vu le discours du cardinal Peter Erdö les divorcés remariés ne seront admis aux sacrements que s'ils promettent de changer de vie. La miséricorde ne se rencontre pas derrière un tel chantage. La pénitence, ils la subissent depuis longtemps puisqu'ils ne sont pas admis aux sacrements. L'Église ne comprend toujours rien à la souffrance que vivent les divorcés remariés dans l'Église, car être exclu des sacrements est une comme excommunication de fait, malgré ce qu'en dit la hiérarchie.

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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