Synode sur la famille : le pape prône rigueur doctrinale et ouverture aux autres

Publié le 5 Octobre 2015

Synode sur la famille : le pape prône rigueur doctrinale et ouverture aux autres

L'OBS nous montre que le pape François a donné ce lundi 5 octobre 2015 le ton à l'occasion du début des débats au sein du synode sur la famille, prônant rigueur doctrinale mais aussi ouverture aux autres pour ne pas faire de l'Église un "musée".

Le pape argentin a d'emblée appelé les "pères synodaux" à ne pas considérer leur assemblée comme un "parlement" où les participants se livreraient à des "tractations et des compromis", mais comme le lieu où "l'Église chemine ensemble".

Dans la salle du synode, avaient pris place les membres de la Curie (gouvernement de l'Église), les délégués envoyés par les conférences épiscopales, ceux nommés par le pape, les auditeurs et auditrices, dont - pour la première fois - un couple italien, Marco et Marialuca Matassonni, venu avec leur bébé de quelques mois.

Dimanche, lors de la messe d'ouverture de ce deuxième synode en deux ans sur la famille, Jorge Bergoglio avait déjà fixé le cadre des débats, qui se prolongeront jusqu'au 25 octobre. Rassurant les conservateurs, il a réaffirmé fermement le dogme catholique sur le caractère indissoluble du mariage, nécessairement célébré entre un homme et une femme. Mais il a aussi prévenu que l'Église se "trahirait" si elle fermait ses portes à "quiconque frappe et demande aide et soutien". Et sans jamais nommer les personnes en situation "irrégulière" du point de vue de l'Église catholique (divorcés remariés, couples en union libre, homosexuels...), le pape argentin a rappelé qu'il ne saurait être question "de pointer du doigt pour juger les autres" car l'Église a "le devoir de chercher et de soigner les couples blessés".

Dans son exposé introductif, le rapporteur général, l'archevêque de Budapest Peter Erdö, a de son côté évoqué l'accueil des couples en union libre voulant se préparer au mariage, mais s'est montré très peu flexible sur la doctrine, aussi bien concernant les divorcés remariés que les homosexuels. "Entre le vrai et le faux, le bien et le mal, il n'y a pas de gradualité, même si certaines formes de cohabitations civiles portent en elles des aspects positifs, ce qui n'implique pas qu'elles puissent être présentées comme bonnes", a-t-il affirmé. Au-delà de la question de l'homosexualité, soulevée avec fracas samedi par le "coming out" d'un prêtre polonais, bien d'autres sujets divisent aussi l'Église, à commencer par la question cruciale des divorcés remariés, qui promet quelques débats houleux. Considérés comme infidèles à leur premier -- et aux yeux de l'Eglise unique -- conjoint, peuvent-ils communier comme les autres fidèles, comme beaucoup le réclament, ou sont-ils condamnés à rester en dehors des sacrements ?

Mais pour l'heure, c'est surtout la place des homosexuels dans l'Église qui s'est imposé sur le devant de la scène. Samedi, le père Krysztof Olaf Charamsa, membre de la Curie, a révélé son homosexualité, et son intention de vivre ouvertement son amour pour son compagnon Eduardo, accusant au passage l'Église d'avoir "institutionnalisé l'homophobie". "Le clergé est largement homosexuel et aussi, malheureusement, homophobe jusqu'à la paranoïa car paralysé par le manque d'acceptation pour sa propre orientation sexuelle", a-t-il affirmé. Ces déclarations fracassantes ont provoqué les foudres du Vatican qui l'a démis de ses fonctions auprès de la Congrégation pour la doctrine de la foi, organisme du Vatican chargé précisément de veiller au dogme catholique.

Le cardinal Erdö, dans son rapport introductif, mais sans faire allusion à l'affaire Charamsa, a jugé lundi "inacceptable que les pasteurs de l'Église subissent des pressions en la matière". Il a condamné "toute analogie, même lointaine" entre les unions homosexuelles et le mariage homme/femme, et fustigé le "conditionnement d'aides financières" aux pays pauvres pour "l'introduction de lois sur le mariage entre personnes de même sexe". De son côté, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, un des quatre coprésidents de l'assemblée, a mis en garde : "Malgré nos différences, ce synode ne doit pas être une épreuve de force dont les micros et les caméras seraient les arbitres".

Face à des centaines de prélats, seuls 18 couples auront la charge de faire entendre la voix des femmes et des laïcs. Pour le pape argentin, la famille traditionnelle subit une crise profonde et l'Église doit savoir répondre aux évolutions du temps sans pour autant s'y conformer. Il reviendra à Jorge Bergoglio de décider seul, probablement au printemps, des inflexions à apporter ou non au message de l'Église.

Le pape François demande d'ouvrir l'Église aux autres tout en prônant la rigueur, ce qui sera difficile à faire dans un synode où les débats seront passionnés, mais le cardinal Peter Erdö fidèle à son conservatisme n'a pas su débuter un synode de manière reposé pour éviter les divergences. Courage au père Krysztof Olaf Charamsa qui a décidé de briser le silence dans une Église qui vit trop dans le secret et qui en paye le prix sans le regretter.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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Jean-Christian Hervé 05/10/2015 23:03

Bonsoir,
C'est sûr que le Cardinal Erdö, en introduisant ce synode en condamnant "toute analogie, même lointaine entre les unions homosexuelles et le mariage homme/femme", ne laisse pas augurer d'avancées très constructives à propos de l'homosexualité. Si ce prélat n'a pas compris que c'est quand même le même amour qui lie les couples, quels qu'ils soient, dans la fidélité, je ne vois pas quelle pastorale peut être envisagée pour les homosexuels... Comme aurait pu lui suggérer Christophe Charamsa: "Avant de parler d'homosexualité, interrogez-nous, nous avons déjà des réponses au sein même de l'Eglise"...

paroissiens-progressistes 06/10/2015 21:13

Jean-Christian,

Je me demande même si le cardinal Erdö sache ce qu'est la vie de couple, car on ne peut pas comparer des couples puisqu'ils s'aiment, forment des familles et partagent leur joie avec les autres, cela quels qu'ils soient. La pastorale ne peut pas marcher si on met de côté une partie du Peuple de Dieu.

Merci !

Sandro 05/10/2015 21:13

En tout cas, rien d'étonnant dans tout cela. Moi je ne sais qu'une chose. C'est, comme nous le dit St. Paul, celui qui proclame du fond de son coeur que Jésus-Christ est Seigneur, celuu-là sera sauvé. DIEU EST AMOUR, et quiconque vit dans l'Amour , est en Dieu, et Dieu en lui. Aimer Dieu de tout son coeur, de toute son âme, de toutes ses forces, et aimer son semblable comme soi-même. Voilà en quoi consiste la quintessence même de ce que Dieu attend de chacun et de chacune d'entre nous. C'est d'autant plus vrai que dans l'évangile de Mathieu au chapitre 24, Jésus nous expose sans aucune ambiguïté et dans son entièreté le tableau du dernier jugement avec toute l'ambiance qui ira avec. En effet, à ce moment là, quand nous aurons fini de "jouir" sur terre de nos de nos égoismes, de nos narcissismes, de nos fondamentalismes et sectarismes; bref, quand nous aurons fini de "savourer" notre cecité d'esprit et de coeur, Jésus nous dit qu'il y aura deux groupes. L'un à gauche et l'autre à droite. Et la suite, je crois que chacun la connais. J'étais malade et vous m'avez guéri. J'étais en prison et vous m'avez rendu visite. J'avais faim et vous m'avez donné à manger. J'étais sans toit et vous m'avez hébergé. J'étais nu et vous m'avez habillé. J'étais étranger et vous m'avez accueilli. Entrez donc dans la joie de votre Père. Car quand vous faisiez tout cela à vos frères et soeur, c'est exactement à moi que vous le faisiez. Voilà...! Et ce passage de Mathieu 24, au-delà de son caractère apocalyptique, nous montre et nous démontre clairement, qu'au jugement dernier, il y aura bien des surprises, agréables commes désagréable. Il nous montre aussi et surtout que, c'est LA VIE D'AMOUR VRAI ET DÉSINTÉRESSÉ que nous menons au quotidien envers notre prochain, qui sera la seule et unique condition pour entrer dans la Royaume de Dieu et y pouvoir participer à son Festin et contempler en permanence son Visage Glorieux. Nous notorions alors qu'à aucun la question de la sexualité en général et celle du mariage en particulier ne figurent dans ce tableau apocalyptique que Jésus nous a légué, et qui, il faut le reconnaître, a aussi une dimension testamentaire. La même attitude, Jésus nous l'a aussi et clairement montrée dans l'évangile de St. Jean, dont je m'excuse de ne pas avoir en tête la référence exacte, où il nous résume toute la loi et les prophètes en celle de l'Amour.
Voilà pourquoi j'estime humblement, que la pesanteur et la radicalité de la doctrine sexuelle et matrimoniale de l'Eglise ne devraient constituer aucune espèce de traumatisme pour le chrétien catholique qui fonde sa foi sur l'ESSENTIEL qui est la loi d'Amour à nous donnée par le Christ, et cela, en toute connaissance de cause, plutôt que sur ce que pense et dit tel ou tel autre prélat de l'Eglise. Oui, bien sûr... Car, justement, même si l'Eglise se prétend dépositaire de la foi et du message divin, ne perdons jamais de vue, que la Révélation va toujours de paire avec l'Inspiration. Ce qui implique à comprendre, que Dieu se manifeste toujours à nous, il ne le fait jamais dans des conditions étrangères à celles concrètes que nous vivons. Ainsi donc, Dieu nous connaît plus que nous-mêmes. Il sait qui nous sommes avant même que nous le sachions nous-mêmes. Et l'importanr n'est pas ce que nous sommes, mais de ce que nous faisons de ce que nous sommes. Et pour finir, n'oublions jamais cette parole de St. Paul pour qui "si le Christ nous a libérés, c'est pour que nous soyons vraiment libres" ; ou de celle m-ci de St. Augustin: "Amie et fas ce que tu veux." Vivons donc dans l'Amour, et pour le reste, Dieu pourvoira...! Béni soit son Nom maintenant et toujours. Amen...!

paroissiens-progressistes 06/10/2015 21:10

Sandro,

C'est un beau message plein d'espoir, j'espère que l'avenir de l'Eglise se fera au service des autres en leur apportant l'amour de Dieu sans rien attendre en retour. L'amour, là est l'essentiel pour un chrétien.

Merci !

M.W 05/10/2015 20:28

Je le sens mal, très mal....

Cordialement

paroissiens-progressistes 06/10/2015 21:14

MW,

Difficile de savoir ce qui sera fait durant ce synode, mais il ne faut pas attendre grand chose, sauf si les évêques ont enfant le courage d'aller de l'avant.

Merci !