La face sombre du Vatican

Publié le 5 Novembre 2015

Dominique Dunglas dans son article du jeudi 5 novembre 2015 dans Le Point.fr nous montre qu'alimentés par des documents dérobés au Vatican, deux livres explosifs révèlent les coulisses des finances du Saint-Siège. Édifiant !

Escroqueries, privilèges exorbitants, menaces, incompétence : c'est la face sombre du Vatican que deux ouvrages présentés mercredi 4 novembre 2015 à Rome, Chemin de croix, de Gianluigi Nuzzi, et Avarice, d'Emiliano Fittipaldi, révèlent. Pour les croyants, le chapitre le plus douloureux est celui qui concerne le denier de Saint-Pierre. Financé par le don des fidèles, ce fonds qui est à la disposition directe du pape est censé alimenter les œuvres de charité de l'Église. Une mission fondamentale pour un pape qui prêche «une Église pauvre au service des pauvres» et a choisi de s'appeler François, comme saint François d'Assise.

À titre d'exemple, les croyants ont donné 378 millions d'euros pour l'obole de Saint-Pierre en 2013. Mais au terme d'un travail rendu extrêmement difficile par les réticences de la hiérarchie de la curie, les experts financiers de la Cosea, la commission d'enquête instaurée en 2013 par Jorge Bergoglio, ont démontré que la vocation du denier de Saint-Pierre a été trahie. Sur 10 euros de dons qui entrent, 6 sont utilisés pour renflouer les comptes des différents dicastères (les ministères) du Saint-Siège, 2 euros consolident le fond qui affiche une provision de 400 millions et seulement 2 euros vont effectivement aux miséreux.

Un détournement de fonds dicté par l'incompétence des administrateurs du Saint-Siège. Gianluigi Nuzzi révèle par exemple que sur les 5050 appartements détenus par le Vatican à Rome, personne n'est en mesure de connaître la surface de la moitié d'entre eux. Le copinage fait le reste. Des centaines d'appartements luxueux sont loués à moins de 100 euros par mois à des personnalités de la presse et du spectacle. Et charité bien ordonnée commence par soi même. Si le pape habite dans moins de 50 m2 dans la modeste résidence Sainte-Marthe, 36 cardinaux vivent gratuitement dans des appartements dont la surface dépasse 300 m2. L'ancien cardinal secrétaire d'État, Tarcisio Bertone, remporte la palme. Son appartement de 700 m2 a été rénové à hauteur de 200 000 euros, qui ont été payés par la fondation du «bambino Gésù», un fonds destiné à… venir en aide aux enfants malades. Si le patrimoine foncier du Vatican, qui est largement sous-évalué, était géré aux prix du marché, ses revenus seraient multipliés par quatre.

Au-delà des privilèges accordés à la vieille garde et de l'incompétence des administrateurs, les ouvrages de Nuzzi et Fittipaldi mettent en lumière de véritables escroqueries. Ainsi, les canonisations et béatifications sont une véritable «pompe à fric». L'ouverture de chaque dossier – il y en a plusieurs centaines par an – coûte 50 000 euros. Où va l'argent ? C'est la commission diligentée par le pape François qui a posé la question – restée sans réponse – à la Congrégation des saints. Un inventaire surprise dans le supermarché dans lequel le Vatican vend vêtements, produits de beauté, cigarettes, alcool et nourriture, électroménagers et matériel électronique a permis de découvrir dans les stocks l'absence injustifiée de 1,5 million de marchandises. Soit ces marchandises ont été facturées et pas livrées, soit elles ont été volées... Alors que 5000 personnes, religieux ou employés du Saint-Siège, ont le droit de s'approvisionner dans ce supermarché, 46 000 cartes d'accès sont en circulation.

Avec l'affaire du cambriolage du palais des Congrégations, le récit des journalistes se teinte de noir. En décembre 2014, des cambrioleurs s'emparent des archives de la commission d'enquête financière créée par le pape François. Quelques semaines plus tard, une lettre qui faisait partie de ces archives est renvoyée anonymement au Vatican. Il s'agit d'une lettre adressée en son temps par le banquier Michele Sindona à un prélat. Banquier de Cosa Nostra en affaire avec le Saint-Siège, Michele Sindona fût assassiné par un café au cyanure en 1986. Un avertissement dans le plus pur style mafieux qui a mis les services de sécurité de pape François en alerte rouge.

Pendant ce temps, le porte-parole du Vatican le père Frederico Lombardi cherche à minimiser l'impact de ces deux livres de livres racontant les malversations financières et la cupidité au sein du Vatican, en disant que la plupart de ces informations étaient déjà connues, mais avec moins d'ampleur et de détails. Pour lui ces livres sont partiaux, mais la réalité ne l'est jamais. Au moins, ces deux ouvrages montrent que les manœuvres politiques des fonctionnaires de la curie romaine ne font que confirmer la nécessité d'aller de l'avant avec une refonte de la bureaucratie papale.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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