Le pape "bouleversé"

Publié le 14 Novembre 2015

HuffingtonPost.fr, et Challenges.fr, Libération.fr et RTL.fr nous montrent que le pape François, "bouleversé", a dénoncé d'une voix émue ce samedi 14 novembre 2015 les attentats de Paris, mais le Vatican a appelé à ne pas céder à la panique, en particulier à l'approche du Jubilé à Rome. "Je suis bouleversé, je ne comprends pas ces choses, faites par des êtres humains (...). Il ne peut pas y avoir de justifications, religieuses ou humaines. Ce n'est pas humain", a déclaré le pape dans un entretien téléphonique avec la télévision TG2000. D'une voix faible, cherchant ses mots, le pape a exprimé sa proximité avec les familles des victimes. "Je suis proche de tous ceux qui souffrent et de toute la France, que j'aime tant".

Les fédérations musulmanes françaises ont aussi condamné "avec la plus grande fermeté" les attentats de Paris, une "barbarie abjecte, revendiquée par Daech (le groupe État islamique), fruit d'un terrorisme international qui tue indistinctement". Le Conseil français du culte musulman (CFCM), le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), la Fédération française des associations islamiques d'Afrique, des Comores et des Antilles (FFAIACA), la Fédération nationale de la grande mosquée de Paris (FNGMP), Foi et Pratique (F&P), le Rassemblement des musulmans de France (RMF) et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) ont signé cet "appel des fédérations musulmanes à l'unité et au deuil national".

Enfin, plusieurs milliers de personnes se sont spontanément rassemblées cet après-midi à Paris comme dans de nombreuses villes de province, pour "pleurer" les morts des attaques. Malheureusement la manifestation de soutien à Lille à été perturbée par des militants d'extrême droite.

Il est heureux que le ministre allemand l'Intérieur, Thomas de Maizière, a demandé de s'abstenir d'établir tout "lien hâtif" entre les attaques terroristes du 13 novembre à Paris et la crise migratoire en Europe. "Je souhaiterais urgemment demander que personne n'établisse de lien hâtif avec le débat sur les réfugiés", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse le 14 novembre.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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Gribouille 15/11/2015 17:01

"Ce n'est pas humain"... y a-t-il une autre espèce animale sur la terre qui en fasse autant ? C'est donc bel et bien humain. A force de vaticiner sur l'air selon lequel aucun criminel contre l'humanité n'est humain, on évite, évidemment, de regarder ce dont l'humanité est capable.
"ce n'est pas religieux". Ce n'est pas parce que tous les religieux et tous les croyants ne sont pas en accord avec ce type d'actes, que les meurtriers qui ont tiré dans le tas à Paris ou encore ceux qui se livrent à des exactions de toutes sortes hors de nos frontières, au nom de leur divinité, ne sont pas des gens sincèrement croyants et religieux, tout au moins pour certains. On a bien balancé des gens dans les flammes, on les a bien torturés, on a bien fait couler pas mal de sang en 1099 à Jérusalem ou en 1572 dans le royaume de France, en se retranchant derrière une divinité également. Là encore, on peut éviter de nommer les choses et donc les édulcorer. Ca évite de poser le problème dans toute son étendue et donc, de rechercher de possibles réponses et solutions. Ou alors, il faut simplement dire, dans la foulée, que tous les actes de barbarie commis au nom des dieux divers et variés (et en l'espèce des divinités des monothéismes), l'ont été par des non humains complètement décérébrés et se hâter d'oublier que le tout se faisait avec la bénédiction des plus hautes autorités religieuses (probablement non humaines et a-religieuses de ce fait...)

Le déni est un choix philosophique comme un autre sans doute...

Gribouille 16/11/2015 21:57

Tout à fait paroissiens. Le problème est bien humain à la base et nous nous rejoignons là dessus.
Le terrain religieux sur lequel j'ai répondu est le terrain sur lequel se prononçait le pape. Ce qui n'a jamais, dans mon esprit, excusé les crimes d'Etats se revendiquant officiellement de l'athéisme (encore faut-il s'entendre sur la définition de ce mot évidemment. Staline a fait ses classes dans un monastère ne l'oublions pas).
En revanche, vous me permettrez, puisque je parle bel et bien de crimes, définis et nommés comme tels qu'il s'agisse de l'ex URSS ou de la Chine, par exemple, de conserver le même mot pour ce que Jean-Paul II nomme pudiquement des "fautes" ou des "erreurs" ou encore, sublime formulation : "des péchés historiques", ce qui ne veut franchement rien dire.
Repentance un peu facile, univoque évidemment parce que les victimes ne risquent pas d'avoir leur mot à dire, et qui ne permet pas de revenir sur les faits historiques dans toute leur horreur. Le mal a été fait. Rien ne le défera.

Restons clairs sur le vocabulaire. N'édulcorons pas. C'est le seul moyen de bien mesurer l'ampleur de la tâche qui attend chacun-e d'entre nous aujourd'hui, une fois encore dans notre histoire, quelle que soit notre chapelle ou absence de chapelle. A commencer par la lutte contre nous-même en matière de violence.
Donc appelons des crimes par leur nom et cessons de dénier leur qualité de croyants à des gens qui se revendiquent comme tels quelle que puisse être les opinions des autres, que ce soit la vôtre, celle du pape, de l'imam le plus modéré et progressiste qui soit ou la mienne. Leur lecture peut être fautive, ils peuvent être incultes, acculturés, exaltés tout ce que vous voulez, s'ils pensent être de vrais croyants, nous ne pouvons pas leur dénier ce sentiment qui est le leur et cette certitude qui les habite. Nous devons en prendre acte et l'inclure dans le champ de nos réflexions. Et dire cela, ne veut pas dire assimiler, confondre, mélanger. C'est prendre un facteur - parmi bien d'autres encore - en compte au lieu de vouloir à tout prix l'écarter au nom d'une certaine bienpensance. Une équation, pour être correctement résolue, doit comporter dans sa formulation tous les facteurs. Mon propos n'a jamais été autre.

La réponse que vous faites me laisse à penser que fondamentalement, quand bien même la forme de notre expression diffère, il n'y a pas grande opposition sur le sujet. Il s'agit simplement de l'invalidation d'une conclusion papale à l'emporte pièce quant à ce qui définit (entre autres choses) les assassins qui ont agi à Paris. Comme moi, vous leur reconnaissez la qualité d'humains et de croyants. Sans plus. Mais sans moins. Sans assimilation outrancière non plus. Nous posons juste une infime partie des termes de la problématique face à laquelle nous sommes, vous, comme moi, comme tous ceux qui ne participent pas de leur façon de croire.

Merci de votre attention.

paroissiens-progressistes 15/11/2015 18:26

Gribouille,

L'Eglise catholique a reconnu ses crimes par l'intermédiaire de Jean-Paul II le 12 mars 2000, dans une repentance générale relative aux erreurs des membres de l'Église a été faite solennellement dans la basilique Saint-Pierre de Rome. L'Eglise "ne peut franchir le seuil du nouveau millénaire sans pousser ses fils à se purifier dans le repentir des erreurs, des infidélités, des incohérences, des lenteurs", avait-il notamment affirmé. Il a évoqué aussi "la reconnaissance des péchés historiques".

Mais ces fautes sont un exemple à méditer, qui permettent de voir que les religions parcourent de nombreux chemins avant de trouver le bon chemin. Et il est dommage que des régimes ayant prôné l'athéisme d'Etat n'ont pas su faire mieux. Avec ou sans religion, la violence est inscrite en l'homme. Il suffit de ne pas y céder.

Merci !