La fin du bipartisme en Espagne

Publié le 21 Décembre 2015

La fin du bipartisme en Espagne

L'OBS et LeMonde.fr dans leurs articles du lundi 21 décembre 2015 que les conservateurs du Parti populaire espagnol (PP), au pouvoir depuis 2011, sont arrivés en tête des législatives de ce dimanche. Ils ont remporté 123 sièges sur 350 au Parlement (28,72% des voix), soit 63 sièges de moins qu'il y a quatre ans. Ce résultat les prive de la majorité absolue qui leur aurait permis d'être investis sans souci. Mariano Rajoy, principal artisan d’une cure d’austérité sans précédent, assortie d’une réforme du code du travail limitant les droits des salariés et le chômage, touchant encore un actif sur cinq, ne pouvait pas s'attendre à mieux.

Le Parti socialiste (PSOE) est deuxième et n'a jamais recueilli un aussi mauvais résultat, avec 90 sièges et 22% des voix. Ils sauvent de justesse leur deuxième place. Le PSOE plonge après ce scrutin dans une crise encore plus profonde. Talonnée par Podemos en nombre de voix, la formation emmenée par Pedro Sanchez, 43 ans, ne devra sa deuxième place en nombre de sièges au Parlement qu’à la complexité de la loi électorale, qui donne davantage de poids aux régions rurales et aux petites provinces où il est mieux représenté.

Le nouveau parti de gauche radicale Podemos, né au début de l'année dernière, arrive troisième, avec 20,6 % des voix et 69 députés. Pablo Iglesias, a parfaitement canalisé la colère des Indignés et, au fil des mois, il a opéré une mue impressionnante, passant d’un gauchisme échevelé à une forme de social-démocratie rugueuse et déterminée. L’homme au catogan, fan de la série "Games of Thrones", a siphonné une grande partie de l’électorat historique du PS. L'autre parti émergent, le libéral Ciudadanos, a obtenu 14% des suffrages et 40 députés. Le playboy de Barcelone, Albert Rivera, patron de Ciudadanos, nouveau chevalier blanc du centre, est allé chasser avec succès sur les terres du PP de Mariano Rajoy.

Il faut dire que Podemos et Ciudadanos ont émergé à la faveur d’une crise sans précédent, qui a secoué non seulement l’économie mais aussi les institutions, ternies par la corruption touchant l’ensemble de l’establishment : partis traditionnels, grandes entreprises, syndicats, et même une fille du roi Juan Carlos. Les deux partis exigeaient une "régénération démocratique" et davantage de transparence de la vie politique pour en finir avec la corruption.

La suite s'annonce compliquée : aucun bloc n'ayant eu la majorité absolue, les négociations pour former des alliances s'annoncent ardues. Un bloc PSOE-Podemos n'obtiendrait que 159 sièges. Pas suffisant. Une autre configuration est possible : PSOE-Podemos-Cuidadanos et ainsi obtenir 199 sièges. Un scénario compliqué. Restent les soutiens des petites formations régionalistes séparatistes de Catalogne, du Pays Basque et des Îles Canaries, qui seront disputés. Le chef du gouvernement espagnol et leader du PP, Mariano Rajoy, a assuré : "Je vais tenter de constituer un gouvernement et je crois que l'Espagne a besoin d'un gouvernement stable." Il est trop optimiste.

Comme le montre francetvinfo.fr, un gouvernement minoritaire PP est techniquement possible, mais improbable. Même chose pour une grande coalition entre le PP et les socialistes, que les deux partis ont vigoureusement exclue lors de la campagne électorale. Le PSOE a même confirmé qu'il voterait contre l'investiture de Mariano Rajoy comme premier ministre. Les négociations commencent et espérons qu'on aboutisse à un gouvernement qui en finira avec l'austérité.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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