Le pape appelle les catholiques à "la sobriété" et la "justice"

Publié le 25 Décembre 2015

Le pape appelle les catholiques à "la sobriété" et la "justice"

Jeudi 24 décembre 2015, le pape a lancé un appel à "la sobriété" lors de la traditionnelle messe de minuit : "Dans une société souvent éprise de consommation et de plaisir, d'abondance et de luxe, d'apparence et de narcissisme, Dieu nous appelle à un comportement sobre, c'est-à-dire simple, équilibré, cohérent, capable de saisir et de vivre l'essentiel", a recommandé le pape argentin, 79 ans, dans la basilique Saint-Pierre comble comme nous le montre Lepoint.fr dans son article du vendredi 25 décembre. "Dans un monde qui est trop souvent dur avec le pécheur et mou avec le péché, il faut cultiver un fort sens de la justice", a-t-il ajouté, lors de la messe retransmise aux 1,2 milliard de catholiques dans le monde. Pâle et la voix sourde à la suite d'une grippe, il a aussi exhorté les fidèles parfois persécutés à résister à "toute peur et toute frayeur".

À la fin de la cérémonie, seize enfants de pays visités par le pape François cette année comme le Kenya, les Philippines ou les États-Unis ont accompagné, bouquets dans les mains, le pape qui portait la statuette de l'Enfant Jésus afin de la déposer dans la crèche installée au fond de la basilique. Place Saint-Pierre, les pèlerins, par crainte d'attentats, et au milieu d'un déploiement rarement vu de forces de l'ordre, n'étaient pas venus en nombre, malgré l'ouverture début décembre du "Jubilé de la miséricorde" par le pape François.

À Bethléem, où Jésus est né selon la tradition biblique, les pèlerins étrangers étaient aussi rares alors que les violences ont connu une recrudescence depuis près de trois mois. Quatre Palestiniens ont encore été tués jeudi par les forces de l'ordre israéliennes en Cisjordanie occupée, dont trois après avoir lancé des attaques contre des juifs. Dans son homélie prononcée lors de la messe de minuit à laquelle assistait le président palestinien Mahmoud Abbas, le patriarche latin de Jérusalem Fouad Twal a largement évoqué le conflit au Proche-Orient. "Nous songeons aux maisons démolies à Jérusalem et en Palestine, aux terrains expropriés, et aux hommes touchés par une punition collective", a-t-il dit, alors qu'Israël a repris les démolitions de maisons de Palestiniens accusés d'avoir mené des attaques anti-israéliennes. "Nous songeons aux victimes du terrorisme, partout, de quelque peuple que ce soit", a-t-il poursuivi. Les cloches ont sonné sur la place où les lumières du sapin avaient été éteintes quelques minutes en mémoire des victimes du terrorisme. Dans de nombreux pays, Noël a été en partie éclipsé par les violences et les exactions de djihadistes.

Le nonce (ambassadeur) du Saint-Siège à Damas, Mario Zenari, a souhaité sur Radio Vatican que "les germes apparus (allusion notamment à la feuille de route adoptée par le Conseil de sécurité de l'ONU) puissent fleurir. Et que l'an prochain, dans toutes les crèches de Syrie, il y ait autant de rameaux d'olivier". En Irak, dont une partie est contrôlée par le groupe État islamique et où la communauté chrétienne s'est réduite comme peau de chagrin, le cœur n'était pas à la fête. "Nous prions (...) pour le retour des déplacés sur leur terre", confiait Farida, une quinquagénaire dont douze proches ont dû abandonner leur maison après la prise par les djihadistes en juin 2014 de la deuxième ville du pays, Mossoul. En Somalie, pays à majorité musulmane, le gouvernement a interdit les célébrations de Noël au motif qu'elles pourraient susciter des attaques des islamistes shebabs.

En France, où des attentats revendiqués par l'EI ont fait 130 morts le mois dernier, la sécurité devait être renforcée à l'entrée des églises. Et comme dans les grands magasins ou les musées, il fallait ouvrir les manteaux, selon les consignes du ministère de l'Intérieur. Faisant état de "possibles menaces contre les Occidentaux", les ambassades des États-Unis et de Grande-Bretagne à Pékin ont demandé à leurs ressortissants d'éviter un quartier animé de la capitale durant les fêtes de Noël. Quant aux migrants en route vers l'Europe, dont 370 ont été sauvés jeudi au large de l'Italie, mais dont dix-huit autres, dont plusieurs enfants, sont morts au large de la Turquie, c'est dans le dénuement qu'ils allaient passer Noël. En novembre, le pape avait dénoncé un monde qui "n'a pas pris la voie de la paix". "Il va y avoir des lumières, des fêtes, des arbres illuminés et aussi des crèches... Tout est feint ! Le monde continue à faire la guerre", avait-il dit.

Un noël sobre où il faut cultiver son sens de la justice tout en nous demandant de résister à la peur, telles sont les attentes du pape et en ces jours difficiles pour les chrétiens et plus particulièrement pour ceux du Proche-Orient, espérons que viennent enfin la paix face à la violence des djihadistes et l'indifférence.

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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