"Le travail n'est pas recommandé pour quelques-uns"

Publié le 14 Décembre 2015

Vatican Insider nous montre que le pape François a reçu en audience ce lundi 14 décembre 2015 le projet "Policoro" né il y a 20 ans pour aider les jeunes chômeurs du Sud de l'Italie où "Trop de jeunes sont sans travail", dans une Italie où 40% des moins de 25 ans sont sans travail, pour le pape la tâche de l'Église est de les encourager et de les soutenir.

"Le travail n'est pas un cadeau gentiment concédé contre un peu de raccommodement : il est un droit pour tous", a dit le pape lors de l'audience du projet "Policoro" de la Conférence épiscopale italienne, créée il y a 20 ans par le père Mario Operti pour le jeunes chômeurs du Sud de l'Italie. Ce projet représente désormais une importante initiative afin de promouvoir auprès des jeunes une réelle opportunité pour le développement local au national. Ses idées fortes connaissent du succès : la formation des jeunes, le lancement de coopératives, la création de figures de médiation comme les "leaders communautaires" et une série d'actions concrètes.

Soulignant que le travail, par opposition à la paresse, est une "vocation" et que l'Église a un rôle d'encouragement et de soutient pour ceux qui ont perdu leur emploi, leur dignité, Jorge Mario Bergoglio a rappelé la figure dramatique des jeunes chômeurs en Italie, où les enfants de moins de 25 ans sont à 40% au chômage, et de dénoncer que dans de telles conditions des jeunes hommes sont susceptibles de tomber malade, de tombent dans la toxicomanie ou de suicider. Pour les aider l'Église doit promouvoir l'esprit créatif et travailler autour de la même table, réfléchir ensemble, planifier ensemble, obtenir et donner de l'aide : ce sont des formes les plus efficaces pour exprimer la solidarité comme un cadeau.

Pour le pape le travail rend l'homme libre, selon sa noble dignité, et il demande à l'Église de faire que son travail aille à son terme pour accompagner les jeunes.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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Françoise 17/12/2015 08:46

Nous sommes d'accord, Taï.
Il me semble que compte tenu de la volonté de remise en esclavage de la plupart d'entre nous par le monde néolibéral, il faudrait pouvoir défendre la notion de travail libre avec même sans travail un salaire à vie universel, ce qui briserait la subordination et en finirait avec le salaire pour la simple survie. Si tu as un peu de temps, va voir ce qu'en dit Franck Lepage ou Bernard Friot. Leurs propositions sont très intéressantes.

Bises
Françoise

Françoise 18/12/2015 09:17

Merci beaucoup pour ces liens, Taï. Ils sont effectivement complémentaires des vidéos de Lepage et Friot!

paroissiens-progressistes 17/12/2015 13:26

Françoise,

Nous avons gagnés le combat pour le salaire, mais nous avons perdu celui de l'emploi qui est devenu un chantage qui devient "l'esclavage moderne", où nous devenons malade à force de stress et de vexations. Le salaire à vie nous permet de nous libérer de cet esclavage. Et merci de m'avoir parlé de Frank Lepage, je connais déjà les ouvrages et les vidéos où l'on voit Bernard Friot.

Je te mets un lien qui devrait t'intéresser celle d'Usul pour "mes chers contemporains" sur le salaire à vie : https://www.youtube.com/watch?v=uhg0SUYOXjw
Et des sites très intéressants comme la page d'Horizon Gull : https://www.youtube.com/channel/UCGeFgMJfWclTWuPw8Ok5FUQ, et celle du Stagirite : https://www.youtube.com/user/LeStagirite

Ces liens m'ont appris beaucoup et j'espère qu'ils seront pour toi aussi une excellente nourriture intellectuelle.

Merci !

Françoise 17/12/2015 08:41

Bonjour MW

Quand je parle de la classe dirigeante, je pense aux patrons milliardaires des multinationales et des grandes banques, encore plus riches que bourgeois et nobles et qui ne produisent rien, qui ne travaillent pas mais font travailler les autres. Je pense aux gros actionnaires millionnaires qui vivent de leurs rentes sans travailler. Même dans la noblesse et la bourgeoisie, vous avez finalement peu de gens qui vivent encore ainsi. La plupart ne constituent plus la classe dirigeante. La classe dirigeante se sont les patrons de Total, Bayer, Unilever, BNP Paribas, le Crédit Agricole, la banque Worms, Sanofi, Coca Cola, Microsoft, etc...Aidés bien sûr de nos politiques.
Vous pouvez rajouter sur le versant religieux une partie de l'épiscopat et des cardinaux. Qui savent se faire une vie confortable sans beaucoup travailler. Nous avons un exemple sur le département qui fait surtout travailler les autres. Son seul travail est d'aller se montrer régulièrement sur les médias et d'organiser des réunions avec l'extrême droite et des groupes intégristes. Super gestion épiscopale, n'est-ce pas?
Heureusement tous ne sont pas ainsi. Mais je suis frappée d'en voir de plus en plus adopter ces comportements.

M.W 19/12/2015 20:45

Madame Françoise,

Je comprends votre colère mais je tiens à relever quelque chose : les médias ne montrent qu'une partie du travail mais jamais la totalité, quelques fois par conviction politique mais bien souvent c'est par manque de temps, les médias ne peuvent pas tous montrer malheureusement.

Cordialement

Françoise 15/12/2015 12:42

Bonjour Taï

Je n'aime pas l'expression "le travail rend libre". C'était la formule utilisée par les nazis sur les grilles des camps de concentration. Et nous avons bien vu ce qu'il en était réellement en terme de libération.
Dans la maison où je vivais quand j'étais enfant, sur la cheminée d'un des salons, était inscrite en latin un équivalent de cette formule, toute aussi détestable: in labora salus. C'est à dire, le salut par le travail. Ca faisait et ça fait toujours écho pour moi à la formule pétainiste "travail, famille, patrie". La maison avait été construite dans les années 1880-90, mais tu vois, c'était déjà le même état d'esprit facho qui prévalait.
En réalité, toute activité qui permet de se loger, de manger à sa faim, de se soigner, de se laver, d'être éduqué, donne une certaine liberté. Les hommes préhistoriques quand ils chassaient, cueillaient, fabriquaient des outils, tannaient les peaux, faisaient des huttes, s'octroyaient une liberté. Ils ne travaillaient pourtant pas au sens salarié, il n'y avait pas d'argent en jeu mais simplement la survie du groupe.
Il est donc faux et manipulateur de prétendre que le travail (sous entendu l'emploi salarié subordonné) rend libre. Le travail libre ne concerne qu'une toute petite partie des citoyens de notre planète, plus principalement la classe dirigeante. Qui a toutes les libertés en ne travaillant pas, au détriment de l'ensemble des citoyens qui pourtant eux travaillent. Où est donc la liberté? Pas dans le travail. Mais dans le fait de faire travailler les autres.


En Italie, le gros souci, c'est la mafia. Qui affame, menace perpétuellement tout le sud de l'Italie.
F1 devrait bien le savoir puisque l'IOR a blanchi et peut-être continue de le faire l'argent de la mafia.
Et puis, ce qui est déjà particulièrement préoccupant en Italie du Sud, c'est la destruction de l'éducation scolaire avec la mise au travail d'enfants dès l'âge de cinq six ans, garçons et filles. En toute illégalité, en rupture avec les droits de l'enfant internationaux, simplement pour la survie des familles.
C'est ce qui déjà devrait préoccuper F1, car le travail de l'enfant nourrit une économie souterraine qui elle aussi est rattachée à la mafia. Ce qui constitue un vrai fléau pour tous les italiens, faisant baisser le coût du travail pour tous, laminant tout le travail syndical, les droits sociaux.
Dans ce cas, le travail ne rend aucunement libre mais au contraire aliène et ne permet même pas aux familles de vivre décemment. C'est bien ça le pire!
Paradoxalement, l'Italie est aussi le pays qui tente le plus de légiférer contre la corruption et les mafias. Mais c'est vraiment très compliqué et rude (Roberto Scarpinato est toujours sous protection du fait de son travail juridique et judiciaire de juge anti-corruption et anti-mafia).

M.W 15/12/2015 21:16

Madame Françoise,

Je comprends votre réticence avec cette formule et il est vrai qu'en ce moment le travail oppresse plus qu'autre chose. Cela dit je voudrai réagir sur ce que vous dîtes sur la classe dirigeante : si en effet certains membres des classes dirigeantes ne travaillent pas et restent oisifs n'en faisons pas une généralisation. Les patrons, les évêques, les ministres et autre sont loin d'être parfaits mais beaucoup d'entre eux travails et n'occupent pas toujours des postes faciles. Certes ils ont un salaire parfois trop élevés mais ils sont chargés de maintenir l'harmonie dans les communautés et je ne pense pas que ce soit facile. Je le redis certains d'entre eux ne font rien et attendent que l'argent leur tombe dessus d'autres sont corrompus par l'argent et le pouvoir mais la plupart travaillent je le pense. Je ne suis ni un larbin des patrons ni un larbin des ministres ni un larbin des évêques.

A moins que ce terme de classe dirigeante ne désigne les bourgeois et les nobles ? en fait en vous lisant j'ai parfois l'impression que vous avez une dent contre tous les bourgeois et tous les nobles mais je dois me faire des idées.
Cordialement

paroissiens-progressistes 15/12/2015 17:22

Françoise,

Je ne pense pas que le pape a utilisé cette citation dans ce sens, mais il aurait sans doute pu utiliser un autre terme. Le travail est surtout devenu actuellement un chantage et un cadeau que nous offriraient les entreprises que l'on ne voit jamais arriver. Le travail est un droit, comme un salaire juste et non cette un outil de soumission des travailleurs. La corruption et le crime organisé sont des maux des sociétés néolibérales sans cadre légaux pour protéger nos populations. Il faudrait un véritablement changement qui mettrait fin à cette société profondément inégalitaire.

Merci !