Conférence de Marrakech : des droits garantis pour les minorités en terre d'Islam

Publié le 29 Janvier 2016

Radio Vatican et huffpostmaghreb.com nous montre dans son article du jeudi 28 janvier 2016 une question que s'est posé quelque 300 personnes : oulémas, intellectuels, ministres, muftis, et chefs religieux musulmans, de différents rites et tendances et des représentants d’autres religions venus de plus de 60 pays étaient rassemblées du 25 au 27 janvier à Marrakech, au Maroc pour débattre de cette question d’une grande actualité : Quels droits pour les minorités religieuses dans les sociétés musulmanes ? Placée sous le Haut Patronage du roi Mohammed VI et organisée par le ministère des Habous et des Affaires islamiques et une fondation basée aux Émirats arabes unis, cette conférence se tenait sur le thème : «Les droits des minorités religieuses dans les pays musulmans : le cadre légal et l’appel à l’action».

À l’issue des travaux une Déclaration de Marrakech a été adoptée. Elle fait référence à la Charte de Médine. Les participants à cette rencontre ont invité les Oulémas et les penseurs musulmans à s’investir dans la démarche visant à ancrer le principe de citoyenneté, qui englobe toutes les appartenances. La Déclaration souligne «l’impérieuse nécessité pour les intellectuels et toutes les composantes de la société civile de favoriser l’émergence d’un large courant social faisant justice aux minorités religieuses dans les sociétés musulmanes et suscitant une prise de conscience concernant leurs droits». Elle invite les politiciens et les décideurs à «prendre les mesures constitutionnelles, politiques et juridiques nécessaires pour donner corps à la citoyenneté contractuelle».

Les participants au congrès ont aussi appelé les différentes communautés religieuses, unies par le même lien national, à «reconstruire le passé» en «soignant les traumatismes» liés notamment à «l'occultation de siècles de vie commune sur la même terre».

Un appel a également été lancé aux institutions académiques et magistères religieux pour «réaliser des révisions courageuses et responsables des manuels scolaires de manière à corriger les distorsions qui, outre l’incitation à l’extrémisme et à la violence, alimente les guerres et les dissensions et sape l’unité des sociétés». En faisant écho au message adressé par le roi Mohammed VI, les participants ont aussi réaffirmé, à son invitation, leur adhésion totale à dénoncer toute instrumentalisation de la religion aux fins de priver les minorités religieuses de leur droits dans les pays musulmans.

Dans un contexte marqué par la montée en puissance de l'extrémisme religieux et de groupes terroristes comme Daech, ils appellent également la communauté internationale à édicter des lois criminalisant les offenses faites aux religions, les atteintes aux valeurs sacrées et les discours d'incitation à la haine et au racisme, et rappellent l'interdiction d'instrumentaliser la religion dans le but de priver les minorités religieuses de leurs droits dans les pays musulmans.

Les dignitaires religieux demandent enfin aux spécialistes et intellectuels musulmans du monde entier «de développer une jurisprudence sur la notion de 'citoyenneté' incluant divers groupes». Cette jurisprudence «doit être ancrée dans la tradition et les principes islamiques et consciente des changements globaux», indiquent-ils.

L’Union des Mosquées de France, qui a pris part à cette grande rencontre, a salué une déclaration courageuse et responsable des Oulémas musulmans. Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry-Corbeil-Essonnes, et président du Conseil pour les relations interreligieuses et les nouveaux courants religieux de la Conférence des évêques de France a participé à la première journée de cette conférence. Une rencontre qu’il qualifie d’historique même si, souligne t-il, ce n’est que «le début d’un processus».

«Rien ne nous paraît justifier, au Royaume du Maroc, que des minorités religieuses soient privées de l’un quelconque de leurs droits. Nous n’acceptons pas que ce déni de droit soit commis au nom de l’islam, ou à l’encontre d’un musulman, quel qu’il soit. Cette conviction qui nous anime procède d’une juste appréhension des préceptes de la religion» affirmait le roi Mohammed VI dans son message aux participants soulignant que «le Prophète recommande d’être bienveillant à l’égard des juifs et des chrétiens».

Inspirée de la Charte de Médine cette Déclaration met en avant la liberté de culte, de mouvement et de posséder des biens, ou encore le principe d'égalité devant la loi, ce qui permettra aux minorités religieuses de pouvoir pratiquer leur culte sans discrimination. On se demande si cette Déclaration sera appliquée en Arabie Saoudite et au Pakistan.

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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