Congrès eucharistique international à Cebu : «L’Eucharistie appelle à une 3ème guerre mondiale contre la pauvreté»

Publié le 27 Janvier 2016

«L’Eucharistie appelle à une 3ème guerre mondiale contre la pauvreté et la cruauté.» C’est par ces mots-chocs que Mgr Charles Bo, archevêque de Rangoun (Birmanie), s’est adressé aux milliers de personnes rassemblées pour la messe d’ouverture du 51ème Congrès eucharistique international, qui a lieu à Cebu, au centre de l’archipel philippin, du 24 au 31 janvier 2016 comme nous le montre eglasie.mepasie.org dans on article du mardi 26 janvier 2016 et dont le thème est : «Christ en vous, l’Espérance de la gloire».

Près de 12 000 délégués, dont 1500 étrangers représentant 72 pays, sont inscrits aux différentes manifestations prévues tout au long de cette semaine, et pour la messe de clôture, la ville de Cebu attend près d’un million de personnes.

Lors d’une homélie musclée, le cardinal Charles Maung Bo, qui s’exprimait en sa qualité de représentant personnel du pape au Congrès eucharistique, a mis en valeur la dimension sociale de l’Eucharistie, expliquant aux participants que si l’Eucharistie était vécue en actes et en vérité, elle appelait «à une 3ème guerre mondiale contre la pauvreté et la cruauté (…), à une 3ème guerre mondiale contre un monde qui produit de plus en plus d’armes, alors qu’un demi-milliard de personnes n’a pas assez à manger».

L’Eucharistie «appelle le monde à rejoindre les plus pauvres et à s’engager pour la justice», a-t-il souligné, ajoutant que «l’Eucharistie et la pauvreté sont inséparables, l’Eucharistie étant le phare qui nous éclaire sur la dignité humaine des plus pauvres, aucune autre religion n’élevant le statut du pauvre à un tel niveau».

Abordant la question de l’aggravation de la faim dans le monde, il a rappelé, que «chaque jour, près de 20 000 personnes meurent de faim ou de malnutrition (…), alors que des chiens peuvent bénéficier de repas bio somptueux, pendant que de plus en plus d’enfants n’ont rien à manger», situation qu’il qualifie de «génocide collectif», dans un monde pétri d’inégalité, d’insensibilité et d’indifférence.

S’exprimant tantôt en anglais, tantôt en cebuano ou en tagalog, le cardinal birman a également insisté sur la nécessité de proclamer dans les rues «un Évangile de la vie», à l’image de Jésus-Christ, en mettant en garde les milliers de participants contre les dangers mortifères que sont l’avortement, la peine de mort et l’euthanasie, «les ennemis de l’Eucharistie».

L'Église aux Philippines aurait du soutenir la loi sur le contrôle des naissances facilitant ainsi l'accès des plus pauvres à la contraception qui permettra de lutter contre l’explosion démographique, l’augmentation des grossesses précoces, et l’avortement clandestin. Mais elle l'a mise au même plan que l'avortement, la peine de mort et l'euthanasie. Une mauvaise idée puisque 72% des Philippins approuvent la nouvelle loi que ses partisans jugent indispensable pour lutter contre la pauvreté et faire baisser le taux de fertilité élevé de 3,54 enfants par femme. L'avortement n'est pas permis, la peine de mort est abolie en 2007 et l'euthanasie est seulement passive (le renoncement aux traitements médicamenteux, l'interruption de l'alimentation ou de l'hydratation artificielle ou l'administration d'opiacées ou de sédatifs à haute dose) depuis 1997 et non active, donc il est très difficile d’exagérer la situation sur ces sujets.

«La dévotion est bonne, mais elle n’est pas suffisante. Le Christ nous invite à être ses disciples et à porter sa croix» en venant en aide aux plus pauvres, a expliqué Mgr Bo, ajoutant que le jeûne est une arme qui «brise les chaînes de l’injustice», car il soulage la misère en permettant de partager la nourriture qui n’est pas consommée avec ceux qui ont faim, ou de contribuer à donner un toit à ceux qui sont sans-abri.

D’après Mgr Jose Palma, archevêque de Cebu, interrogé par le CBCP Monitor, journal de la Conférence des évêques catholiques des Philippines, Mgr Charles Bo rendra visite à des prisonniers de l’établissement provincial de Cebu, le 26 janvier. En janvier 2015, lors de son séjour aux Philippines, le pape François s’était d’ailleurs rendu dans cette prison, le Cebu Provincial Detention and Rehabilitation Center, qui compte quelque 1 500 détenus, et dont certains prisonniers, bien avant la venue du pape, étaient devenus célèbres grâce à une chorégraphie de Thriller, en 2009, vue plus de 46 millions de fois sur YouTube.

Accompagné du secrétaire de la délégation papale, le P. Dominic Bar Bu, et du P. Marvin Mejia, secrétaire général de la Conférence épiscopale philippine, le cardinal birman visitera également un centre vocationnel dans le village de Pasil, un des villages les plus pauvres de la région de Cebu. Il se rendra aussi dans un centre salésien qui s’occupe d’enfants pauvres, géré par ses confrères de Don Bosco.

«Dans notre monde, nous manquons d’espérance, et l’humanité a besoin d’entendre le message d’Espérance du Christ», a déclaré Mgr Palma, ajoutant : «Ce congrès sur l’Eucharistie est un des signes de cette espérance, et les visites du représentant du pape auprès des plus pauvres, sa manifestation concrète.»

Le cardinal Charles Maung Bo donne un discours intéressant sur la lutte contre la pauvreté et donc à s'engager pour la justice, mais en ajoutant un combat d'arrière garde politique contre l'avortement, la peine de mort et l'euthanasie qui ne concernent en rien le sujet de lutter contre la pauvreté, mais sont plutôt des choix sociétaux que social.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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