Le Vatican juge malhonnête la une de "Charlie Hebdo"

Publié le 6 Janvier 2016

LePoint.fr nous montre que dans on article du 5 janvier 2016 que la caricature de l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo montrant un dieu armé sous le titre «Un an après, l'assassin court toujours» omet de rappeler que de nombreux dignitaires religieux ont condamné la violence au nom de la religion, regrette mardi le quotidien du Vatican. Pour le premier anniversaire de l'attentat djihadiste contre lui, Charlie Hebdo sort mercredi un numéro spécial avec en une un dieu barbu, armé d'une kalachnikov et à l'habit ensanglanté. Ce numéro doit être tiré à environ un million d'exemplaires, dont des dizaines de milliers expédiés à l'étranger.

«L'épisode n'est pas une nouveauté : derrière le drapeau trompeur d'une laïcité sans compromis, l'hebdomadaire oublie encore une fois ce que tant de dirigeants religieux de toutes appartenances ne cessent de répéter pour rejeter la violence au nom de la religion : utiliser Dieu pour justifier la haine est un véritable blasphème, comme l'a dit à plusieurs reprises le pape François», affirme l'Osservatore Romano dans son édition parue mardi. La laïcité ne fait pas de compromis, c'est la séparation de l'Église et de l'État, rien d'autre. On pratiquement librement sa religion sans empiéter dans le domaine public.

«Dans le choix de Charlie Hebdo, il y a le triste paradoxe d'un monde de plus en plus attentif au politiquement correct au point de frôler le ridicule, mais qui ne veut ni reconnaître ni respecter la foi en Dieu de tout croyant, quelle que soit sa religion», observe encore le quotidien du Vatican. C'est comme demander à Charlie Hebdo de ne plus être Charlie Hebdo, de limiter la liberté d'expression ou carrément de l'interdire. La foi des croyants est-elle si fragile pour se choquer devant des caricatures ? Si c'est le cas, alors la foi des croyants n'est pas solide ou des plus réactionnaire.

Le journal cite encore le président du Conseil français du culte musulman, Anouar Kbibech, qui a estimé que cette caricature «blesse tous les croyants des diverses religions» et n'aide pas à la cohésion de la société française en un moment difficile. Elle ne me blesse aucunement, car cette image montre comment les fanatiques religieux se représentent Dieu et rien d'autre. Si des croyants se sentent blessés par cette image, alors ils donnent aux athées militants ce dont ils ont besoin pour montrer que nous sommes intolérants.

L'an dernier, dans l'avion qui le ramenait des Philippines, le pape François avait estimé que la liberté religieuse comme la liberté d'expression étaient deux valeurs inaliénables. Mais il avait ajouté que la liberté d'expression ne devait pas être utilisée pour l'offense et l'insulte. Si un ami «dit un gros mot sur ma mère, il doit s'attendre à recevoir un coup de poing», avait argumenté le pape François, simulant le geste du coup de poing. La liberté d'expression si elle connaît des limites, peut elle encore mériter ce titre ? La question mérite d'être posée.

Charlie Hebdo n'a jamais été là pour faire plaisir. Le Vatican croyait-il que l'hebdomadaire allait s'assagir ? Était-il si naïf ? Il est satirique, appuie la laïcité et s'est toujours montré sévère envers l'intolérance religieuse. Il va fort, mais il l'a toujours fait depuis sa création même envers les hommes politiques. Et si on demande des comptes à Charlie Hebdo, après à qui le tour ? Dès qu'un article ou une image sera offensante pour les croyants, on ne pourra plus rien publier ? Le délit d'expression ce n'est pas de liberté, c'est de la censure.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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