Raul Olmos : "Les disciples de Maciel financent une partie de l'État du Vatican"

Publié le 5 Janvier 2016

Raul Olmos : "Les disciples de Maciel financent une partie de l'État du Vatican"

periodistadigital.com nous montre ce lundi 4 janvier le livre du journaliste Raul Olmos, "El imperio financiero de los Legionarios de Cristo" (L'Empire financier des légionnaires du Christ), qui se base sur son enquête de plus de cinq années sur les vastes réseaux de pouvoir de la congrégation fondée par Marcial Maciel. On pensait qu'on avait tout dit sur les Légionnaires du Christ, mais on en savait peu sur leur puissance économique et leur influence politique déployée dans le monde entier. Son livre sortit en décembre 2015 et permet de nous décrire et de nous documenter sur la façon dont s'est construit son empire qui compte aujourd'hui plus de liquidités que le Vatican lui-même.

De dizaines de documents et de témoignages de membres de la congrégation, certains d'entre eux sont des proches collaborateurs de Marcial Maciel, permettent à Olmos de trouver alors un réseau complexe d'associations et d'écoles au Mexique, en Amérique latine, aux États-Unis, au Canada et en Europe, qui lèvent jusqu'à 300 millions de dollars en dons investis dans des dizaines de sociétés de fonds et entreprises qui génèrent d'énormes richesses dans des paradis fiscaux. Ils sont appelés avec un certain humour et ironie les "millionnaires du Christ" au Mexique. Cependant, personne ne s'était documenté sur l'existence de cette fortune, la manière dont Maciel l'exploita pour multiplier et gagner influence et l'impunité au Saint-Siège et dans les gouvernements mexicains en dehors de tout signe politique.

"C'est une religion transnationale, parce qu'ils sont non seulement dans la question de l'éducation, jusqu'à leur présence dans les apostolats en Asie", dit l'auteur, "mais dans ce réseau, il existe aussi des entreprises que Maciel a créé dans les lieux sans un profil évangélique; au Panama, par exemple, dans les îles de Jersey entre l'Angleterre et la France, le Luxembourg, la Suisse ... c'est un vaste réseau de sociétés créées dans un but lucratif, qui sont un point à questionner". Le livre d'Olmos commence par une révélation : les millions de dollars investis dans les fonds internationaux de la Légion ayant des liens avec l'industrie de l'armement (United Technologies Corporation et Ametek Inc); liée à des sociétés de porno (Liberty Media, Private Media Group, ou Comcast), de jeu (Wynn Resorts), d'alcool (Diageo, Constellation Brands et Heineken) et de contraception (Johnson & Johnson et Pfizer, entre autres).

"C'est la caractéristique de la Légion : Maciel, l'homme aux deux ou trois visages, qui se présentait comme un leader moral et était à la fois un criminel, en écart recto-verso à l'assemblée et qui définit au moins le type des fonds qui pendant des décennies fut investi des millions de dollars". La multiplication de cette fortune a construit un pouvoir qui, selon l'auteur, même le pape François ne peut pas réglementer. Raul Olmos a dit dans l'ouvrage qu'une relation complexe avec la Légion du Christ s'est dessiné avec le Vatican.

Dans une interview, l'auteur fournit plus de données pour comprendre la relation actuelle avec de la Légion avec le pape François le 28 octobre de l'année dernière, le pape avait alors accordé une indulgence plénière aux Légionnaires et à sa branche laïque, le mouvement Regnum Christi, durent le 75e anniversaire de la congrégation, à la demande de son président actuel, Eduardo Robles Gil. "Quand le pape François est arrivé, il avait l'espoir que cela mettrait fin à la congrégation, étant un jésuite. Maciel détestait les jésuites qu'il considéraient comme contraire à mode de vie et d'être de sa congrégation. Et les critiques elles-mêmes au sein de la Légion avec un buzz qui a vu l'arrivée de François, qui nomme un superviseur de la Légion pour vérifier leurs comptes. Mais rien ne se passe. Et il y a quelques mois, il accorde une indulgence plénière, une sorte de pardon", a déclaré Olmos.

La raison est très simple, puisque comme nous le dit Olmos : "leur pouvoir économique est si grande que la chute de la congrégation aurait coupé une énorme offre de fonds pour le Vatican. Seulement en dons, ceux qui sont reçus par la Légion au sein du budget de l'État du Vatican : 300 millions avec lesquels ils financent l'État du Vatican. Ils se tireraient une balle dans le pied." "En outre, face à François existe des divisions internes : lorsqu'il a voulu faire des réformes, les groupes conservateurs les ont limitées, et l'un de ceux-ci est la Légion", explique Olmos.

Face à la visite du pape au Mexique (du 12 au 17 février prochain), l'auteur de ce livre considère que cette indulgence aurait été une façon de préparer le terrain, une condition préalable à la question qui saute le pas lors de sa tournée. Le Vatican fait face à un dilemme : il ne peut pas rompre avec les Légionnaires, car ils ont l'expérience de l'organisation de la logistique et des voyages pontificaux des pontificats précédents, mais aussi peut être une réconciliation publique. "Le pape avait toujours eu une condamnation de la parole Maciel, et soudain l'indulgence, tout d'un coup il est reçu en audience, et va soudainement se rendre à Jérusalem, où Jean-Paul II lui a donné l'administration de l'Institut pontifical Notre-Dame. Ma théorie est que ce qui est derrière cela est la puissance économique des Légionnaires et que c'est un groupe conservateur puissant, qui a une grande influence sur le Vatican lui-même et au Mexique ", a déclaré Olmos.

"La visite ne sera pas pour une pause, ne sera pas pour François, mais ne sera ni une réconciliation publique. La Légion sera sur cette visite, elle fonctionnera dans l'ombre, à la logistique et à sa structure", a-t-il ajouté.

L'Église pauvre pour les pauvres a encore du chemin à faire, surtout en ayant des congrégations comme les Légionnaires du Christ qui amassent de l'argent, au lieu d'aider les pauvres.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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