Deux cardinaux du Vatican ont parlé du projet de loi d'union civile pour les couples de même sexe

Publié le 26 Février 2016

cruxnow.com dans son article du jeudi 25 février et RFI.fr dans celui du vendredi 26 février 2016 nous montre que même si le pape François a refusé de participer au débat en cours en Italie sur un projet de loi pour légaliser les unions civiles de même sexe, affirmant que le pape appartient à tout le monde et qu'il ne doit pas commenter la politique locale, mais deux cardinaux du Vatican n'étaient pas si réticents à cela.

Le mardi, le secrétaire d'État du Vatican, le cardinal italien Pietro Parolin a dit qu'il est "essentiel" que la législation italienne n'assimile pas les unions civiles avec le mariage, un message qu'il a réitéré mercredi à la présentation d'une copie pour commémorer l'Année Sainte de la Miséricorde à la bibliothèque du Vatican. Mgr Parolin, diplomate du Vatican, a déclaré aux journalistes que "les positions [de l'Église et du gouvernement] sont claires", ajoutant qu'il trouvait "approprié" que la clause d'adoption de son conjoint a été retiré du projet de loi, ce qui aurait permis à une personne gay d'adopter son ou l'enfant biologique de son partenaire. "Le point clé est que l'on assimile en aucune façon le mariage aux unions civiles et qu'ils restent deux disciplines complètement différentes", dit-il.

Le jeudi, un second prélat de haut rang du Vatican a pataugé dans le débat. Lors d'une conférence du Vatican, "La charité ne finira jamais", le cardinal allemand Gerhard Müller, chef de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a déclaré qu'il est impossible d'avoir un mariage entre deux hommes ou femmes. S'égarant loin de ses remarques préparées, il a ajouté, "Ce n'est pas une ingérence politique, mais il faut dire aux politiciens de respecter la nature humaine sur laquelle ils ne sont pas les maîtres." "Les politiciens doivent servir la communauté et ne pas imposer une fausse idéologie", a ajouté Mgr Müller.

La conférence dans laquelle il a parlé commémore le 10e anniversaire de Deus Caritas Est (Dieu est amour), une lettre encyclique écrite par le pape émérite Benoît XVI. Mgr Müller a expliqué le document papal à la lumière du pape François pour l'Année Sainte de la Miséricorde. Parlant de l'amour dans le document de Benoît XVI, Mgr Müller a dit qu'il explore différents types d'amour, comme l'amour entre amis, frères et sœurs, mais aussi l' amour pour les arts, la musique, ou de la science. "L'aspect le plus sublime, cependant, où chaque culture parle de l'amour, en particulier dans le contexte de la révélation biblique, est la communion physique et spirituelle entre un homme et une femme dans le lien du mariage", a déclaré le cardinal.

Le Premier ministre italien Matteo Renzi a réussi à obtenir le vote de confiance du Sénat sur le projet de loi avec 173 voix pour, contre 71. Le conjoint étranger peut obtenir un titre de séjour, et prendre le nom de son compagnon. La loi rend obligatoire l’assistance morale et matérielle réciproque et il autorise aussi le droit de visite à l’hôpital. Mais le texte présenté n’ouvre aucun droit à l’adoption qui sont toujours jugées au cas par cas, car ce vote s’est fait au prix de nombreux compromis. Cette décision a été prise pour tenter de gagner le soutien des sénateurs conservateurs et catholiques, nécessaire pour passer la proposition, connue sous le nom de loi Cirinnà pour la député qui en est l'auteur, Monica Cirinnà, du Parti démocrate du premier ministre.

Le pays était encore le seul en Europe occidentale sans reconnaissance juridique pour les couples de même sexe, et il est fortement divisé par ce débat, avec des rassemblements organisés en faveur et contre le projet de loi. Jusqu'à cette semaine, le Vatican était resté la plupart du temps à l'écart, même les évêques catholiques italiens qui étaient divisés sur la façon dont ils devaient être franc au sujet de la loi.

Lors d' une conférence de presse à son retour du Mexique, le pape François a été interrogé sur le projet de loi, en particulier sur la question de l' adoption. Le pontife a refusé de répondre, en disant : "le pape ne doit pas être mêlé à la politique italienne." Cependant, il a dit que ses croyances correspondent à "ce que l'Église croit", et a souligné que sa position a été indiqué précédemment, étant donné que l'Italie n'est pas le premier pays à participer à ce débat. Par exemple, l'année dernière, quand le mariage homosexuel a été approuvé lors d'un référendum en Irlande, Mgr Parolin l'a appelé comme une "défaite pour l'humanité."

Le pape François n'a pas eu tort d'être neutre et de ne pas faire de politique ici, mais ce n'est pas le cas du cardinal Pietro Parolin et du cardinal Gerhard Müller qui doivent travailler rapidement leur sens de la miséricorde. Se féliciter d'une union civile qui ressemble beaucoup à un mariage est des plus ironique. Plus ironique encore est le refus de l'adoption pour les couples de même sexe alors que depuis 2014, plusieurs tribunaux ont d'ailleurs prononcé des adoptions de ce type au nom de l'intérêt de l'enfant. Un beau marché de dupe.

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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Commenter cet article

Jean-Christian Hervé 26/02/2016 21:27

Je ne comprendrai jamais la position de l’Église qui s'oppose à l'adoption de l'enfant du conjoint lorsqu'il n'y a pas déjà un autre parent biologique, préférant ainsi laisser cet enfant orphelin total en cas de décès. Où est l'amour du prochain dans cette position?
Cordialement.

paroissiens-progressistes 26/02/2016 21:46

Jean-Christian,

L'Eglise a une vue courte sur ce sujet, et l'amour du prochain ne semble pas avoir en vue le bonheur de l'enfant. Il faudra attendre que l'Eglise se rende compte à force de baptême et de catéchisme où seront présent les enfants d'un couple gay, qu'eux et leurs parents sont pleinement des membres de l'Eglise. Ce sera long.

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