La ministre du Travail Myriam El Khomri répond aux 500 000 signataires de la pétition contre son projet de loi sur Change.org, les jeunes socialistes font campagne contre la loi et la mobilisation contre elle augmente : l'arrogance du pouvoir face à ses contradictions

Publié le 26 Février 2016

L'OBS nous montre que Myriam El Khomri passe aux choses sérieuses ce vendredi 26 février 2016 : la ministre du Travail a créé un compte certifié sur la plateforme de pétitions en ligne Change.org. Selon les règles du site, toute personne interpellée a en effet le droit de répondre directement, sans validation par l'auteur de la pétition, en l'occurrence la militante Caroline de Haas.

"L'avant-projet de loi Travail suscite un intense débat démocratique. Vu l'enjeu et l'ampleur de la réforme c'est normal et c'est salutaire !" écrit-elle. "Si certaines affirmations de cette pétition sont vraies, de nombreuses autres sont fausses et beaucoup sont incomplètes." Myriam El Khomri rappelle les objectifs de son projet de loi : permettre aux entreprises de s'adapter à la concurrence, donner de nouveaux droits aux salariés via le compte personnel d'activité et favoriser les embauches des TPE et PME. Mais répliquer contre une pétition qui dépasse maintenant les 600 000 signatures n'est-ce pas un aveu d'échec ?

Le message devrait être transféré automatiquement vers les boites mail des signataires. Toutefois, il pourrait y avoir un décalage de plusieurs heures, le temps d'envoyer 500 000 mails, ce qui, même pour un programme informatique, est une tâche conséquente. Il s'agit d'un nouvel épisode de la guerre médiatique sur le projet de loi travail. En réponse au site loitravail.lol, le gouvernement avait déjà publié une page vrai/faux pour tenter de mieux faire accepter son projet. Mercredi, des Youtubers se sont réunis pour inviter les salariés à partager leurs mauvaises expériences. Et ce jeudi après-midi, la rue de Grenelle a répliqué en créant un compte Twitter @loitravail, vite devenu un sujet de plaisanterie sur le réseau social.

D'ailleurs francetvinfo.fr nous a montré hier que les militants socialistes sont perdus. Depuis la tribune dans Le Monde, signée notamment par Martine Aubry, les divisions ressurgissent au sein du Parti socialiste. Le texte, qui attaque la politique du gouvernement, montre les dissensions qui existent au sein du parti. Dans les rang des Jeunes socialistes, certains ont même décidé de franchir le pas : les voilà en train de distribuer des tracts contre la politique du gouvernement !

"Si cette gauche-là utilise les mêmes mots que la droite pour poser des diagnostics, pour produire des propositions […] alors ça ne peut en aucun cas s'inscrire dans l'action du Mouvement des jeunes socialistes (MJS)", explique Boris Corlobe, un jeune militant, face à la caméra de France 3. Pour ces jeunes, la balle est dans le camp du président. S'il ne revient pas aux fondamentaux du socialisme, et qu'il est candidat en 2017, alors ce sera sans eux.

Et bien sûr ce vendredi nous découvrons que dix-sept parlementaires de droite et du centre droit sont prêts à voter la réforme du Code du travail. Ils estiment, dans une tribune publiée vendredi dans "L'Opinion" (de droite), que le texte de la ministre du Travail va "dans le bon sens" et annoncent être prêts à le voter. Devrions nous être surpris que ces partis politiques pour la régression des droits des travailleurs et des chômeurs sont pour ? Non. D'ailleurs, ils souhaitent une modification des seuils sociaux ainsi qu'une réforme du syndicalisme. Le progrès social en créant plus de misère, et en minorant les syndicats, le rêve du Medef mais pas des travailleurs.

Maintenant comme le montre HuffingtonPost.fr, la mobilisation a aussi gagné Facebook, avec une page appelant à la "grève générale" contre la loi le 9 mars, jour où le projet sera présenté en Conseil des ministres, avant un débat à l'Assemblée nationale à partir du 4 avril. Vendredi matin, la page comptait 44 000 inscrits. "Cet appel n'est pas à l'initiative d'une organisation. C'est un appel citoyen et militant", affirment dans leur présentation les auteurs de la page. Info'Com CGT, la branche CGT des salariés de l'information et de la communication, a aussi appelé sur Facebook à descendre dans la rue le 9 mars. Ces initiatives prennent de vitesse les centrales syndicales, qui ont critiqué le texte mais n'ont pas encore décidé d'une éventuelle mobilisation.

Tout ce que le gouvernement offre est un mépris général aux inquiétudes des travailleurs. Nous ne comprenons jamais rien, alors que nous nous rendons très bien compte de ce qu'il se passe. On en a assez qu'ils utilisent la pédagogie, pour nous pousser a accepter ce qui est mauvais. Qu'ils nous disent ce qui est pour notre bien, alors qu'ils n'ont pas à subir les réformes qu'ils imposent aux autres. Qu'ils prétendent parler en notre nom, sans nous consulter. À quoi, ont servi les 41 milliards d'euro donné au patronat ? À rien. Où sont les un millions d'emploi promis par le Medef ? Il faut peut être une longue vue pour les trouver ? C'est toujours aux mêmes de faire des efforts, jamais au Medef. Et n'oublions pas les économistes toujours aussi prétentieux et arrogants qui nous disent aussi que c'est pour notre bien, alors qu'ils n'ont pas prévu la crise de 2008. Nous ne leur demandons qu'une chose qu'ils se taisent.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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M.W 27/02/2016 20:26

Françoise, Paroissien-Progressiste

Alors bonne chance pour votre défilé

Cordialement

Françoise 27/02/2016 01:26

J'espère que tu as signé la pétition Taï?
Je sens que je descendrai dans la rue le 9 mars. En plus c'est ma fête! Ce sera une façon assez originale de le faire.

paroissiens-progressistes 27/02/2016 09:18

Françoise,

Je l'ai signé, c'est pourquoi je l'ai diffusé sur le blog. Défilé le 9 mars, j'y pense aussi. Là, ils ont poussé trop loin.

Merci !