Le gouvernement socialiste doit revoir ses bases

Publié le 29 Février 2016

Quand je vois Emmanuel Macron et Ségolène Royal fustiger les "postures conservatrices" et l'"omerta politique" contre la loi El Khomri, c'est un peu facile.

Après la déchéance de la nationalité, qui ne sert à rien puisqu'elle ne fait pas peur à des personnes déjà radicalisées qui les confortent dans leur choix, et l'état d'urgence prolongé alors qu'en 15 jours le plus gros était déjà fait. N'oublions pas le refus de la sociologie, car ce serait une "excuse" au terrorisme, un peu gros, vu qu'elle permet de comprendre pourquoi des gens se radicalisent. Ne pas en vouloir, là c'est une excuse des gouvernements qui n'ont rien fait pour en finir avec les inégalités et les explosions sociales récurrentes.

Enfin, une réforme du code du travail, qui profite au Medef enfonce le clou. Le gouvernement socialiste doit tout revoir et surtout ses bases. Pourquoi un gouvernement socialiste perd ? Parce qu'il fait une politique contre nature, d'ailleurs ils ne peuvent se prétendre de la social démocratie, puisqu'ils appliquent le social libéralisme mis en place à partir de 1999, par Tony Blair et Gerhard Schröder. Enfin, ils ont trahis aussi leurs idéaux en mettant en place des politiques de rigueurs à partir de 1983, et des privatisations sous Jospin (1997-2002). Maintenant, Manuel Valls reporte de 15 jours la présentation du projet de loi pour recevoir les syndicats soit disant afin de lever un certain nombre d'incompréhensions. Un vrai jeu de dupe, car il espère les convaincre de se ranger dans son camp dans une semaine.

De plus, le conseiller de Myriam El Khomri Pierre Jacquemain qui a démissionné aujourd'hui nous fait part que la politique du ministère du Travail se décide à Matignon. La ministre du travail aurait mené une concertation fructueuse avec les partenaires sociaux, qui a débouché sur de réelles avancées. Malheureusement, aucune de ces avancées n'apparaît dans le projet de loi final. Ensuite, la loi du travail a été faite à Matignon pendant l'absence du Président de la République qui avait un Conseil européen décisif sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE et une tournée présidentielle dans le Pacifique et en Amérique latine pendant une semaine. Des méthodes que la curie romaine au Vatican ne renierait pas.

Et si la mobilisation contre la loi du travail pouvait amener une société coopérative humaniste, et si l'on prenait l'exemple de l'économie sociale et solidaire ? C'est une économie de valeur : on est sur des projets collectifs, avec une gouvernance collective, dans laquelle les richesses produites sont redistribuées. Elle n’est pas lucrative : les richesses produites sont réparties différemment, soit sur l’objet social de l’entreprise, soit mises en réserve, soit sur les salariés. Pas ce que propose le gouvernement.

D'autres solutions pour lutter contre le chômage et la précarisation des travailleurs sont plus simples : arrêter les politiques de rigueur, faire la diminution du temps de travail, ne plus laisser à l’abandon les quartiers populaires, les zones périurbaines et les zones rurales, faire revenir l'âge de la retraite à 60 ans et mettre fin aux cadeaux fiscaux faits au Medef qui ne donnent jamais rien. Pour éviter les crises économiques qui provoquent du chômage, il faut aussi une taxe sur les transactions financières et une régulation de la mondialisation.

Le gouvernement nous sortira que l'on doit être concurrentiel dans la mondialisation. La mauvaise mondialisation que l'on nous propose est en gros une excuse pour affaiblir la protection sociale et renforcer la précarité accrue de l'emploi, alors qu'on devrait renforcer la protection sociale. On nous sortira que c'est de la gauche moderne que de précariser ou d'envoyer au chômage des travailleurs. Cela n'a rien de moderne, ce sont des réformes indigne de la gauche. Mais ne soyons pas naïf, nous ne pouvons plus abandonner, le combat n'est pas gagné, car le Premier ministre gagne du temps pour bien nous leurrer et imposer cette réforme qui nous fait revenir au XIXe siècle.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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Françoise 01/03/2016 12:27

On est bien d'accord, Taï!
Je regardais hier soir les grèves générales en France. Ben je pense qu'on va renouer avec 1936.

paroissiens-progressistes 01/03/2016 13:30

Françoise,

Ce serait bien et d'ailleurs je souhaite que les partis de gauche, même le PS se désolidarisent de ce gouvernement qui ne fait plus de la gauche et ne peut pas se prétendre socialiste.

Merci !