Le jésuite nicaraguayen Fernando Cardenal est mort à 82 ans

Publié le 21 Février 2016

Le jésuite nicaraguayen Fernando Cardenal est mort à 82 ans

Carlos Salinas dans internacional.elpais.com et Claire Lesegretain dans la-croix.com nous montrent dans leurs articles du samedi 20 février et du dimanche 21 février 2016 que proche de la théologie de la libération et du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), le P. Fernando Cardenal avait accepté en 1984 d’être ministre de l’éducation dans le gouvernement de Daniel Ortega, ce qui lui avait valu d’être suspendu de son ministère sacerdotal par Jean-Paul II.

«Le P. Cardenal nous a quittés ce matin à l’aube, à la suite de complications cardiaques après s’être soumis à une opération chirurgicale en vue de réduire une hernie ombilicale», peut-on lire dans le communiqué publié samedi 20 février par Silvio Gutiérrez, directeur international du mouvement d’éducation populaire «Fe y Alegría» (Foi et joie).

Le jésuite Fernando Cardenal avait été en effet un artisan ardent de Fe y Alegría au Nicaragua, puisqu’il avait été à l’initiative de la vaste campagne d’alphabétisation lancée en 1980 par la révolution sandiniste, qui avait permis de réduire l’analphabétisme de près de 40 % en dix ans. En 1980, le P. Cardenal avait coordonné «95 582 étudiants, instituteurs et professionnels de l’éducation», rappelle ce communiqué en précisant qu’une telle réussite avait mérité à ce petit pays d’Amérique centrale une reconnaissance de l’Unesco en 1981.

Né le 26 janvier 1934 dans une famille aisée de Granada (Nicaragua), le jésuite Fernando Cardenal Martinez était proche de la théologie de la libération et s’était joint – ainsi que son frère Ernesto – aux rebelles du Front sandiniste de libération nationale (FSLN). Après que ceux-ci avaient renversé le dictateur Anastasio Somoza en 1979, il avait pris la tête de cette campagne d’alphabétisation, puis avait été nommé ministre de l’éducation (1984-1990) au sein du premier gouvernement sandiniste de Daniel Ortega.

Le P. Cardenal fut ensuite vice-coordinateur de la jeunesse sandiniste, puis responsable des Comités de défense sandiniste (CDS). En acceptant cette responsabilité politique, il savait qu’il contrevenait aux règles de la vie religieuse et ecclésiale qui interdisent tout engagement politique direct.

«Je considère sincèrement devant Dieu que je commettrais un grave péché si j’abandonnais mon poste», avait-il expliqué en 1984, considérant qu’«il est possible de vivre ma fidélité à l’Église comme jésuite et comme prêtre en me dédiant au service des pauvres du Nicaragua au sein de la Révolution populaire sandiniste. Cependant on me défend de conjuguer les deux grands amours de ma vie.»

Après avoir refusé de démissionner de son poste au gouvernement, il avait été suspendu de son ministère sacerdotal par le pape Jean-Paul II. Il fut contraint également de quitter la Compagnie de Jésus, avec laquelle cependant il resta en bons termes. En 1990, le P. Cardenal laissera son poste et rompra d’avec le Front sandiniste, expliquant que l’organisation s’était éloignée des principes de la révolution. Sept ans plus tard, il faisait part de sa décision de réintégrer la Compagnie : il fut réadmis en 1996 après un temps de nouvelle probation. Il devint alors, et jusqu’en 2011, directeur national du mouvement éducatif «Fe y Alegría».

Le P. Cardenal était l'une des voix les plus progressistes au sein du catholicisme nicaraguayens en 2015. Après l'appel au Synode de la famille par le pape François, Cardenal a déclaré que la réunion de 400 prêtres et évêques du monde entier était approprié pour renouveler l'Église et ceci pour ouvrir la discussion sur des problèmes considérés comme tabous, comme l'homosexualité, l'avortement ou le célibat. Le P. Cardenal était également été ouvert à la pratique de l'avortement thérapeutique dans un pays où cela a été criminalisé en 2006, après plus de cent ans de pratique par les médecins, avec des votes au Parlement contrôlé par le sandiniste Daniel Ortega.

«Fernando a laissé un bel héritage : il était une voix prophétique pour la jeunesse nicaraguayenne qui, par manque d’emploi et d’opportunités, émigrent vers d’autres pays», a déclaré Dora Marie Téllez, ex-guerrillera et ancienne ministre de la santé dans les années 1980. «Nous avons perdu le général de la plus belle bataille de notre pays : la bataille contre l’ignorance», a regretté de son côté le poète nicaraguayen Gioconda Belli.

Nous perdons un prêtre qui a lutté toute sa vie contre les injustices de la dictature de Somoza, puis pour surmonter l'analphabétisme endémique, et contrer l'inertie d'une Église qui a régressé à ses positions préconciliaires. Mais, il nous laisse le modèle d'une Église portée sur l'action sociale, engagée à souffrir avec les autres, sur l'éducation des peuples et de leur conscience. Que cet héritage puisse nous porter sur une Église qui va vers les autres.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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M.W 21/02/2016 21:04

Paroissien-Progressiste

Ca y'est je sais ce que les athées militants pensent du père Cardenal :c'est un débile mental comme tous les croyants mais il est plus honorable.

Cordialement

M.W 23/02/2016 21:24

Paroissien-Progressiste

Alors bonne chance pour votre combat, bonne chance pour convaincre une humanité qui se complet dans l'intolérance et dans le rejet de l'Autre que le pluralisme est une bonne chance. Bonne chance pour promouvoir la tolérance alors que les gens vraiment tolérants sont minoritaires. Oui je suis impatient de voir le résultat.

Cordialement

paroissiens-progressistes 23/02/2016 15:25

MW,

Qu'ils m'injurient s'il le veulent, je peux toujours les contredire. Et vous modifiez le sens de mes propos, j'essaye surtout de comprendre pourquoi on en arrive à haïr les religions, car il y des raisons. Je ne suis pas plus pour les intégristes athées et religieux, mais leur donner le beau rôle ce n'est pas notre devoir. Notre travail est de combattre un monde qui s'enfonce dans l'acceptation de ce qui est mal, pas de jouer le jeu de ceux qui cherchent à montrer que nous sommes intolérants et à nous rendre inaudibles. Les actes seront nos preuves face à leurs mots, et non un combat stérile où il n'y aura jamais de vainqueur.

Il faut accepter la critique, même la recevoir. Ce n'est pas parce que nous sommes progressistes que nous serons aussi à l'abri de celles-ci. Mais, de là à abandonner face à quelques athées militants c'est leur donner un trop grand et beau rôle. J'ai l'impression que vous détestez Cavanna, Jésus ne nous a-t-il pas dit d'aimer nos ennemis ? Je ne le détestait pas, d'ailleurs il a débattu à plusieurs reprises avec les autres religions, et les représentants de celle-ci ne prenait pas mal ses critiques.

Il injurie les croyants, mais ce n'est pas nouveau, il y a eu pire, comme lors de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, ou les critiques de Lucien de Samosate lors des débuts du christianisme. On toujours été critiqué. Ce ne sont pas des athées militants maintenant qui vont changer les choses. D'ailleurs les progressistes aussi tant par les athées que par les intégristes. La foi est un parcours du combattant dont l'arrivée n'est jamais facile.

Merci !

M.W 23/02/2016 14:34

Paroissien-Progressiste

Il c'est surtout battu pour SA liberté, sa liberté de cracher sa haine et son mépris de ceux qui pensent différemment mais auraient-ils été prêt à se battre pour que les croyants chinois par exemple aient eux aussi le droit de s'exprimer ? Pour la "lettre ouverte aux culs-bénits" c'est bien ce que je dis : vous refusez d'entre un croyant injurier ceux qui pensent différemment mais vous acceptez qu'un athée injurie les croyants. Là ce n'est pas une question de respecter la foi mais bel et bien la personne car oui quand ont dit quelque chose comme "raison de plus pour laisser Dieu aux abrutis" on traite d'abrutis les croyants, on méprise catégoriquement les personnes. D'ailleurs vous précédentes réponses vous confirme ce que je dis : vous dîtes que moi, croyant, je dois respecter les athées et que je ne dois pas penser qu'ils sont tous intolérants mais vous reconnaissez à Cavanna le droit d'insulter et de mépriser ouvertement les croyants. C'est bien ce que je dis, vous acceptez la haine quand elle vient des athées. Et qui vous parle de censurer ? je ne veux pas censurer Cavanna mais je pense que j'ai le droit de lui répondre et de le traiter d'intolérant quand il explique que croire en Dieu c'est être un idiot. Ah ben oui j'ai oublié il est athée il a le droit de traiter les croyants d'idiots et nous nous devons de dire qu'il a raison. Sa phrase ""Heureux les croyants, mais je préfère mon angoisse et ses yeux grands ouverts." reflète aussi son méprit totale des croyants : elle veut dire "Les croyants ne sont que des imbéciles heureux, moi je suis dans la réalité". Et devant cela je devrai montrer ma joie ? pffffff cela fait longtemps que je n'en ai presque plus, il faut dire que voir l'humanité s'enfoncer dans la haine et dans le rejet de la différence me déprime de plus en plus. Et je vous le redis les gens comme lui cela ne sert strictement à rien de leur montrer que les croyants tolérants existent : pour eux un croyant tolérant est soit un hypocrite soit un athée qui ne s'assume pas soit un crétin. Et Cavanna lui-même disait qu'un croyant tolérant n'est pas un vrai croyant.

Cordialement

paroissiens-progressistes 23/02/2016 12:19

MW,

Vous poussez un peu trop loin mes paroles, on le droit d'admirer un homme qui ne nous aime pas, surtout qu'il s'est battu pour la liberté de la presse, d'expression et de conscience. "Sa lettre ouverte des cul-bénits" est sa vision de la religion, c'est son avis. Il a le droit d'être différent du votre. Les non croyants ne croient pas en Dieu, doit-on les obliger à respecter notre foi ? Non, car c'est la liberté d'expression et de conscience. Nous devons aussi voir que les athées militants existent, les interdire serait comme un aveu de faiblesse, puisque qu'il n'y aurait pas de débat et de contre argumentaire. On passerait pour des censeurs.

Les croyants qu'à connu Cavanna ne lui ont pas donné envie de voir la religion autrement. Il a quand même dit : "Heureux les croyants, mais je préfère mon angoisse et ses yeux grands ouverts." Et Jésus n'a-t-il pas dit : "Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi" (Matthieu 5,11). Donc au lieu de se révolter contre des propos toujours trop court et facile, montrer leur votre joie, plutôt que de montrer votre énervement.

Dans "Progressiste", il y a "progrès" et il se fait par la pensée. Même s'ils nous trouvent débiles ou intolérants à nous de leur montrer en acte et en parole, qu'ils font fausse route, sans pour autant se mettre à un niveau qui ne serait pas bon pour l'un et l'autre.

Merci !

M.W 22/02/2016 20:42

Paroissien-Progressiste

Ouais en gros quand les croyants crachent leur haines de ceux qui pensent différemment se sont des méchants fanatiques intolérants haineux tout pas beaux. Mais quand les athées crachent leur haine des croyants la pas de problème ils ont le droit ce sont de braves gens qui ont le droit de s'exprimer. Donc vous vilipendez les fanatiques religieux mais vous applaudissez les athées extrémistes. Dès qu'un religieux dit "ma religion est la vérité, ceux qui ne pensent pas comme moi sont des abrutis" alors là vous dîtes "Mais tais-toi tu es un fanatique apprend à respecter ceux qui pensent différemment" mais quand un athée dit "L'athéisme est la vérité, ceux qui croient sont des débiles" là c'est "Oui tu as raison, nous sommes des gros cons". ET BIEN NON. Lorsqu'un Blanc se fait lyncher par un arabe et déteste tout les arabes il est normal de lui rétorquer qu'il est stupide d'haïr tous les arabes parce qu'un seul l'a tabassé mais alors est-ce que se sont tous les croyants du monde qui ont voulu censuré Cavanna ? NON alors on aurait du lui dire "mais t'exagère tous les croyants ne sont pas des fanatiques" Mais non suis-je bête il est athée, il a le droit de nous haïr et de cracher sa haine lui. Et je vous rappel qu'à ses yeux vous, Paroissien-Progressiste, n'êtes qu'un débile mental incapable de raisonner et fanatique et oui car aux yeux de Cavanna "un croyant ne peut être qu'intolérant" il l'a dit au Nouvel Observateur, je n'invente rien.

En fait j'ai l'impression que vous autres les progressistes vous préparez sans le vouloir l'avènement de l'athéisme d'Etat en défendant les anti-religieux comme Cavanna sous prétexte de progressisme, vous pourriez les mettre au pouvoir sans vous rendre compte de ce qu'il se passe.


PS vous dîtes que vous admirez cet homme qui tapez sur les croyants sans réfléchir ? et si un croyant dit "L'athéisme est à la mode, raison de plus pour le laisser aux abrutis" vous dîtes quoi ? car Cavanna disait la même chose à propos des croyants, il disait "Dieu est à la mode, raison de plus pour le laisser aux abrutis". C'est dans sa Lettre ouverte aux culs-bénis, je n'invente rien
Cordialement

paroissiens-progressistes 22/02/2016 17:16

MW,

Il n'aimait pas la religion, mais on ne l'a pas aidé à la voir mieux non plus, tu dois te souvenir des oppositions et des tentatives de censure pour Hara-kiri et Charlie Hebdo de nos institutions politiques et religieuses. Il juge que les religions disent des inepties, ça ne me choque pas, il n'est pas croyant. Il faut dire que certains dogmes nous donnent le bâton pour nous faire battre.

Qu'il haïsse les religions et alors, je devrais être choqué ? Eh, bien non ! J'admirais cet homme capable de nous taper dessus sans défaillir, et très drôle. J'aimais beaucoup ses dessins.

Merci !

M.W 22/02/2016 15:59

Paroissien-Progressiste

Cela s'appel faire semblant d'apprécier son ennemi pour combattre un ennemi plus dangereux encore.

Au fait je voulais vous demander que pensez-vous du défunt François Cavanna et de son rapport avec la religion ?

Cordialement

paroissiens-progressistes 22/02/2016 12:59

MW,

Non, c'est tout le contraire, ils l'on admiré et ne l'ont jamais jugé parce qu'il était croyant, vu qu'un grand nombre de prêtres et de congrégations religieuses les ont soutenus dans leur combat.

Merci !

M.W 22/02/2016 12:48

Paroissien-Progressiste

C'est bien ce que je dis: les athées militants (je parle bien des athées militants) voient le père Cardenal comme un débile mental de croyant mais plus honorable que les autres car il s'est battu pour l'alphabétisation

Cordialement

paroissiens-progressistes 22/02/2016 12:06

MW,

Non, puisqu'il a fait la Révolution sandiniste et il y avait des athées mais plus intelligents. Et ils ont aussi remercié le père Cardenal pour son combat pour l'alphabétisation. Ne voyez pas tout en noir.

Merci !

M.W 21/02/2016 20:34

Paroissien-Progressiste

Je me demande ce que les athées militants pensent du père Cardenal, il nuit à la bonne vieille thèse du croyant-débile-obscurantiste-fanatique...

Cordialement