Le pape François devant le patronat italien : non aux passe-droits à la malhonnêteté

Publié le 28 Février 2016

FranceSoir.fr nous montre que le pape François a reçu ce samedi 27 au Vatican 7.000 entrepreneurs et cadres affiliés à la Confindustria, l'organisation patronale italienne, lors d'une réunion sans précédent en plus d'un siècle durant laquelle il leur a demandé de refuser "passe-droits" et "malhonnêteté". "Votre voix doit toujours être celle de la justice qui refuse les passe-droits et le favoritisme" ainsi que "la malhonnêteté", a lancé le pape argentin, très préoccupé par les questions sociales, devant l’aréopage du patronat italien rassemblé dans la grande salle Paul VI.

C'était la première fois en 106 ans d'histoire de la Confindustria qu'un pape recevait une délégation de ses patrons venus de toute l'Italie. Le népotisme et les pots-de-vin restent répandus dans le tissu économique italien. Devant les patrons italiens, le pape de 79 ans, pâle et les traits tirés, leur a demandé d'accorder "une attention majeure" aux jeunes, "prisonniers de la précarité et de longues périodes de chômage", qui ont besoin de travailler pour leur "dignité".

Il leur a aussi demandé de prendre en considération les personnes âgées : elles "pourraient encore apporter des ressources et de l'énergie pour une collaboration active", a-t-il plaidé. Pour le pape, "la culture du déchet", qu'il critique sans cesse, met au rebut ces deux populations.

Lors d'audiences publiques au Vatican, le pape argentin a plusieurs fois pris la défense de travailleurs menacés de licenciement, fustigeant "l'argent-roi" et la finance aveugle. Il réfute néanmoins être "marxiste". Selon lui, les propos radicaux qu'il tient correspondent parfaitement à la doctrine sociale de l'Église, formulée déjà à la fin du XIXème siècle sous le pape Léon XIII.

Le pape doit alors aller plus loin et faire une encyclique sociale supportant les travailleurs et plus faire un juste milieu qui profitera toujours au patronat, puisque les gouvernements ne sont plus solidaires des travailleurs, au moins que l'Église pauvre pour les pauvres soit leur soutien. Pendant ce temps en France, la loi sur le travail se fait dans le dos des travailleurs et nous voyons le silence assourdissant des évêques qui devraient soutenir les travailleurs plutôt des mouvements conservateurs s'opposant au mariage gay, ou à l'IVG.

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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Françoise 28/02/2016 15:52

Que F1 s'interroge d'abord sur la fermeture en Italie de pas mal d'écoles primaires et sur le retour du travail des enfants en Italie depuis une bonne quinzaine d'années. Des enfants âgés de 6 ans, filles petites bonnes et aides ménagères et garçons, dans des échoppes, ventes à la sauvette, au mépris des droits de l'enfant et pour des salaires de misère. On sait que derrière ces situations, il y a l'emprise mafieuse mais pas seulement. On assiste à vrai retour en arrière très inquiétant.

paroissiens-progressistes 29/02/2016 17:41

Françoise,

Je suis d'accord, les papes ne doivent pas seulement parler de changement comme les hommes politiques, mais montrer qu'il est possible. Malheureusement, c'est toujours la base qui fait le travail contre la pauvreté qui est ignorée même en Italie. Les appels sont nombreux, mais jamais entendus.

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