Le pape met en garde contre le pouvoir sans le service et la gauche s'oppose à la loi El Khomri : l'actualité s'anime

Publié le 24 Février 2016

ANSA.it nous montre que le pape François dans son audience générale hebdomadaire du mercredi 24 février 2016 poursuit ses enseignements sur le pardon pour l'Année jubilaire de la Miséricorde, en utilisant l'histoire biblique de la vigne de Naboth pour illustrer l'"arrogance du pouvoir".

Devant une foule de environ 20 000 personnes sur la place Saint-Pierre, le pape a expliqué comment la femme du roi Achab Jézabel a utilisé la tromperie pour tuer Naboth afin que le roi puisse prendre sa vigne, l'appelant "une histoire d'aujourd'hui". "Même aujourd'hui, le puissant exploite les personnes afin d'avoir plus d'argent", a déclaré le pape François. "Si vous perdez la dimension du service, la puissance se transforme en arrogance et devient de la domination et l'oppression ", a-t-il dit.

Le pape a noté que le roi Achab a ensuite demandé pardon. "Comment ce serait merveilleux si les puissants et exploiteurs d'aujourd'hui pouvaient faire de même", a déclaré le pape François. "La miséricorde peut guérir les blessures et changer l'histoire" a-t-il conclu.

En ce qui s'agit de l'arrogance du pouvoir, une tribune vient la clouer au pilori en France comme nous le montre RFI.fr. Martine Aubry monte au créneau contre la politique du gouvernement. Dans une tribune publiée dans Le Monde et signée par la maire de Lille, mais aussi Daniel Cohn-Bendit, Benoit Hamon, Christian Paul, François Lamy, Yannick Jadot, Michel Wieviorka, dix-huit signataires en tout... une charge sans concession contre la politique du gouvernement.

«Trop c'est trop !» La tribune signée par Martine Aubry dans le quotidien Le Monde ce mercredi (édition du jeudi 25 février) commence comme un cri du cœur pour mettre en garde le gouvernement, car selon les auteurs, "ce n'est plus simplement l'échec du quinquennat qui se profile, mais un affaiblissement durable de la France".

Et la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, c'est la réforme du Code du travail. Après le pacte de responsabilité comparé à un "marché de dupe" avec le Medef, après le débat qualifié de "désolant" sur la déchéance de nationalité, après le discours jugé "indécent" de Manuel Valls sur les réfugiés, la loi El Khomri a provoqué chez les signataires du texte "non plus de la déception, mais de la colère". Suit un réquisitoire sans concession sur les mesures envisagées : facilitation des licenciements économiques ou augmentation du temps de travail, qui se conclut par ces mots : "Pas ça, pas nous, pas la gauche".

Cette fois-ci, Martine Aubry prend donc la tête du mouvement de protestation contre la politique et la méthode de l'exécutif. François Hollande, actuellement en tournée en Amérique latine, est visé, mais aussi Manuel Valls, le Premier ministre, auquel s'adresse ce message : "Il ne suffit pas de se revendiquer du réformisme social pour en mériter le titre". La guerre est déclarée.

Enfin nous voyons sur L'OBS le succès fulgurant de la pétition en ligne contre la réforme du droit du travail proposée par Myriam El Khomri créée le 18 février, qui a recueilli 463 494 signatures vers 18 h. Les militants associatifs à l'origine de la pétition, dont la féministe Caroline de Haas, et des syndicalistes (CGT, CFE-CGC, Unsa, Jeunesse ouvrière chrétienne...), ont aussi créé un site Internet, loitravail.lol, pour dénoncer des mesures qu'ils considèrent comme un retour en arrière.

Le projet de loi, transmis la semaine dernière au Conseil d'État, prévoit notamment la primauté des accords d'entreprise en matière de temps de travail, la possibilité de référendums pour valider des accords minoritaires, une "sécurisation" juridique du licenciement économique pour les entreprises, des indemnités prud'homales plafonnées et un recours facilité au forfait-jour dans les petites entreprises.

Le pape François condamne l'arrogance du pouvoir et souhaite que les puissants et les exploiteurs regrettent leurs actes et demandent le pardon, tandis qu'en France la fronde s'organise contre la loi du travail en préparation face à l'arrogance du pouvoir qui ne veut pas écouter ceux qui vont subir cette réforme qui profite largement au Medef.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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