Faut-il permettre aux laïcs d’assurer l’homélie ?

Publié le 7 Mars 2016

la-Croix.com dans on article du lundi 7 mars 2016 nous fait part de cette question suite à une tribune publiée le 1er mars par "L’Osservatore Romano", Enzo Bianchi, fondateur de la communauté monastique œcuménique de Bose, en Italie, explique à quelles conditions les laïcs, et notamment les femmes, pourraient être autorisés à prêcher pendant la messe. Selon lui, "la prise de parole dans l’assemblée liturgique de la part des fidèles, hommes et femmes" serait un moyen de reconnaître que "tous les fidèles" sont appelés à la mission d’évangéliser.

On voit ensuite l'avis sur cette tribune du P. Olivier de Cagny, curé de la paroisse Saint-Louis-en-l’Île (Paris), pour qui les laïcs ont à la fois le droit et le devoir de diffuser l’Évangile dans le monde et de l’expliquer, mais pour lui faire prêcher les laïcs serait la mauvaise réponse à comment faire en sorte que la voix des laïcs soit davantage entendue au sein de l’Église ? Pour autant, il souhaite que l’on accorde aux femmes une place plus importante dans la vie de l’Église sans pour autant procéder à une "cléricalisation" des laïcs. Pour lui : "Que les femmes soient plus présentes dans la liturgie, c’est très bien."

Pour Véronique Magron, provinciale des dominicaines de la Présentation et professeur à la Faculté de théologie de l’Université catholique de l’Ouest à Angers, l’Église n’a rien à craindre à aller au-delà, l’annonce de l’Évangile a tout à y gagner, car permettre aux laïcs de prêcher est de l’ordre de l’évidence, dans une humanité composée pour moitié de femmes, et dans une Église composée à plus de 90 % de laïcs. Ce qui importe pour elle c’est que l’Évangile soit offert à toute la communauté, dans sa pluralité, et que la question centrale, c’est de savoir comment la prédication parle à la vie réelle.

J'opte pour l'avis de Véronique Magron qui a le don d'être pratique et de permettre aux prêtres de ne pas être surchargé et surmené par le travail, et peut être une solution à la crise des vocations en permettant aussi de garder vivantes des paroisses au lieu de les fermer.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Réforme de l'Église

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Françoise 08/03/2016 15:12

Dans mon village, nous avions des religieuses qui en l'absence du curé, célébraient et faisaient une homélie (avec l'autorisation du dit curé). Parfois, cette homélie était préparée avec les groupes de réflexion biblique. Ca nous paraissait sympathique et n'a jamais choqué quiconque.
Pourquoi avoir attendu d'avoir des églises fermées, des prêtres surmenés et âgés pour gérer 12 à 15 paroisses rurales, avant d'adopter ce système? La notion de bon sens semble être complètement absente. On a préféré fermer des paroisses rurales et vampiriser les autres avec des organisations fondamentalistes et des prêtres supporters de communautés déviantes. Ce qui est navrant.

Vivien 08/03/2016 12:39

"’l’Église n’a rien à craindre à aller au-delà, l’annonce de l’Évangile a tout à y gagner, car permettre aux laïcs de prêcher est de l’ordre de l’évidence, dans une humanité composée pour moitié de femmes, et dans une Église composée à plus de 90 % de laïcs."

J'ajouterai pour ma part que des prêtres qui autoriseraient des laïcs, donc de simples baptisés, et tant des femmes que des hommes, à prêcher, feraient preuve d'humilité.

Jean-Christian Hervé 08/03/2016 21:25

Tout à fait d'accord avec vous, Vivien. Après se posera la question de l'habilitation à le faire. Les candidats devront-ils avoir satisfait à une formation, comme celle des diacres par exemple, qui leur permettra une certaine autonomie dans l'élaboration de leur homélie ou seront-ils en tutelle et soumis à l'éventuelle censure du curé de leur paroisse ou de l'équipe liturgique? Sans doute faut-il attendre que cette (bonne) idée chemine encore un peu pour avoir les réponses...
Cordialement.
J-C H