"La France doit devenir un État plus laïc", affirme le pape François

Publié le 2 Mars 2016

"La France doit devenir un État plus laïc", affirme le pape François

"La France doit devenir un État plus laïc", a estimé de façon surprenante le pape François, dans un entretien avec des catholiques de gauche français, rapporté ce mercredi 2 mars 2016 par l'hebdomadaire La Vie comme nous le montre LePoint.fr.

"Votre laïcité est incomplète. La France doit devenir un pays plus laïc", car sa laïcité "résulte parfois trop de la philosophie des Lumières, pour laquelle les religions étaient une sous-culture. Et la France n'a pas encore réussi à dépasser cet héritage", a jugé Jorge Bergoglio.

Le souverain pontife a reçu mardi pendant une heure et demie une délégation des Poissons roses, mouvement politique d'inspiration chrétienne affilié au Parti socialiste (PS). L'entretien a été rapporté dans l'hebdomadaire La Vie par le directeur de la rédaction, Jean-Pierre Denis.

Le concept de laïcité introduit dans la démocratie française est "sain", a insisté le pape, car, "de nos jours, un État se doit d'être laïc". Mais "une laïcité saine comprend une ouverture à toutes les formes de transcendance, selon les différentes traditions religieuses et philosophiques. La recherche de la transcendance n'est pas seulement un fait, mais un droit". Un tableau de la laïcité un peu trop noire que Jérôme Vignon dans La Vie se permet de dégager du pape en lui disant : "Votre analyse est un peu dure, Saint-Père. Un vrai débat sur la laïcité a lieu en France, et le clergé défend la vision de la laïcité que vous évoquez." "Tant mieux !", s’exclame le pape François, l’air sincèrement réjoui.

Le pape a dénoncé le "poison" des idéologies. "On a le droit d'être de gauche ou de droite. Mais l'idéologie, elle, ôte la liberté". Une critique à peine déguisé des populismes de droite et de gauche qui l'inquiète, qui se servent ou s'opposent à la religion. Il souhaite le consensus qui permet le vivre ensemble.

Il a aussi exprimé son inquiétude pour l'Europe qui "s'affaiblit et risque de devenir un lieu vide (...) en oubliant son histoire". "Le seul continent qui puisse apporter une certaine unité au monde, c'est l'Europe. La Chine a peut-être une culture plus ancienne, plus profonde, mais l'Europe seule a une vocation d'universalité et de service", a-t-il estimé.

Évoquant l'immigration, le pape François estime qu'"on peut parler aujourd'hui d'invasion arabe", mais, remarque-t-il aussitôt positivement, "combien d'invasions l'Europe a connues! Et elle a toujours su se dépasser elle-même, aller de l'avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l'échange entre les cultures".

Le pape François, dont le voyage en France annoncé dès l'an dernier n'a pas encore été programmé, avoue mal connaître la réalité française: "Je suis allé seulement trois fois en France (...) Je ne connais donc pas votre pays. Je dirais qu'il exerce une certain séduction. (...) En tous les cas, la France a une très forte vocation humaniste." "Ma spiritualité est française. Mon sang est piémontais, c'est peut-être la raison d'un certain voisinage" dit-il en citant le jésuite français Michel de Certeau (1925-1986) comme "le plus grand théologien pour aujourd'hui".

Le pontife a rendu hommage à la Française Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), qu'il a rencontrée deux fois : "Une femme intelligente. Elle pressent que l'argent doit être au service de l'humanité et non l'inverse." Aurait-il oublié qu'elle est accusé par les autorités grecque d’avoir une "responsabilité criminelle" dans la cure d’austérité imposée au pays. Mais comme le pape le dit à La Vie, l’enjeu consiste à "relier la finance et l’argent à une spiritualité du bien commun". Un conseil que devrait suivre Christine Lagarde.

Trente-deux personnalités catholiques de gauche, dont Philippe de Roux, fondateur des Poissons roses, étaient présentes à cet entretien. Un entretient instructif, avec des facilités du pape qui reconnaît qu'il ne connait pas bien la France et donc son principe de laïcité, et il souhaite que l'Europe retrouve sa vocation culturelle et universelle au lieu de se jeter vers la fermeture et la xénophobie.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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M.W 02/03/2016 20:44

Paroissien-Progressiste

Donc le pape prône la laïcité ouverte, pas sûre que ses déclarations plaisent aux tenants d'une strict laïcité (je pense à Henri Pena-Ruiz) et sa critique des Lumières risque de ne pas plaire à la plupart des partisans de la Laïcité. Tient je ne connaissais pas les Poissons Roses.

Cordialement