Loi du travail : un petit effort ne ferait pas de mal

Publié le 6 Mars 2016

RTL.fr dans on article du dimanche 6 mars 2016 nous montre que Manuel Valls promet des "améliorations" de la loi Travail sur "deux points", la barémisation des indemnités prud'homales et la définition du licenciement économique, dans un entretien au JDD. Vendredi, la pétition contre ce projet de réforme a atteint le cap symbolique et historique du million de signatures. Interrogé sur les demandes des syndicats réformistes (?) (CFDT, CFE-CGC, CFTC, Unsa) concernant "notamment la fin de la barémisation pour les prud'hommes et une définition plus stricte des licenciements économiques", le Premier ministre répond : "ces deux points feront, bien sûr, l'objet d'améliorations".

La réalité est que Manuel Valls ne revient que sur deux points de la loi pour obtenir l'adhésion des syndicats réformistes (?) qui ont signé le communiqué commun le vendredi 4 mars appelant à "impérativement modifier en profondeur" la loi El Khomri pour "la rééquilibrer en faveur des salariés ", sans toucher la construction du compte personnel d’activité et le renforcement des accords d’entreprise comme nous le montre LesEchos.fr. CGT, FO, FSU, et Solidaires n’ont pas signé le communiqué pour mieux souligner leur volonté de parvenir, eux, à "un retrait pur et simple" du texte en s’appuyant sur la rue.

Au lieu de rassurer le Premier ministre nous dit qu'il refuse "l'immobilisme" et le "statut quo", quitte à faire voter le texte par le Parlement "avec les amendements nécessaires". Cela ne risque pas de mettre fin à la fronde sociale, car comme le montre HuffingtonPost.fr, des manifestations et grèves sont prévues dès mercredi, à l'appel d'organisations de jeunesse et certains syndicats de salariés, dont FO et la CGT, contre une réforme "écrite par le Medef". Critique que l'on retrouve également dans la bouche de Martine Aubry. Sept syndicats réclamant le retrait pur et simple du texte, dont la CGT, FO et Solidaires, ont en outre appelé à manifester et à faire grève le 31 mars contre un projet qui constitue une "régression sociale".

Le petit effort pour ce gouvernement qui se prétend socialiste serait qu'il retire cette loi pour en faire une meilleure avec les partenaires sociaux et les travailleurs, au lieu d'un simple toilettage de deux amendements pour faire plaisir au Medef.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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Françoise 07/03/2016 17:57

En fait, si Taï. Depuis la délocalisation d'une bonne partie pour ne pas dire l'essentiel des industries françaises, les profits ont été multipliés avec des salariés payés au lance-pierre à l'étranger, travaillant dans des conditions iniques, sans code du travail ni droits syndicaux pour une bonne partie, en échange d'un chômage structurel de masse en France destiné à faire accepter n'importe quel emploi pour n'importe quel salaire en France. Le pétrole ayant une fin, la relocalisation des emplois industriels suppose de revenir à un statut du salarié aligné sur celui des pays pauvres. D'où une casse du code du travail du Medef et l'appui de l'actuel gouvernement à cette casse. Se souvenir toujours du discours de juin 2015 des grands industriels et notamment du pdg de Air-France KLM souhaitant le retour d'un système 19ème sans syndicats, avec travail des enfants pauvres pour un euro par jour et que les industries françaises pourraient exploiter comme au Qatar. L'info m'avait énormément choquée, le discours se faisant humoristique mais reflétant tout de même bien la mentalité qui sévit actuellement.

gaetan ribault 06/03/2016 17:19

Ce sont les employeurs qui créent des emplois , pas le gouvernement. Il n'y a qu'en France que l'on considère le fonctionnariat comme un métier productif

paroissiens-progressistes 06/03/2016 18:37

gaëtan,

Créer ? On ne crée pas d'emploi en sucrant les droits des travailleurs. La précarisation n'est pas une solution. Ce n'est pas ce qu'ont demandé les PMI-PME et les artisans, mais le Medef. Garder vos commentaires sur la fonction publique dont la situation n'est pas aussi aisée que vous semblez le dire. Suivant votre argumentaire, les actionnaires des grandes entreprises ne sont pas productifs non plus, doit-on les éliminer ? Car, vous semblez le dire en prenant l'exemple de la fonction publique.

Merci !