Une forte mobilisation et la surdité gouvernementale

Publié le 31 Mars 2016

Une forte mobilisation et la surdité gouvernementale

Les syndicats ont appelé à une nouvelle journée de mobilisation contre le projet de loi Travail ce jeudi 31 mars 2016. 250 rassemblements sont prévus dans toute la France. Selon la SNCF, 24,2 % des cheminots sont en grève. 176 lycées ont été bloqués selon le ministère de l’éducation alors que l’UNL en annonce plus de 250. Plusieurs universités ont été fermées à cause de la forte mobilisation étudiante. Les dockers et les portuaires se sont mobilisés fortement au Havre et à Rouen. D’ailleurs, la CFDT est là aussi, pour faire front uni contre la loi El Khomri, la base n’a pas voulu écouter Laurent Berger.

La ministre du travail Myriam el Khomri dans une tentative pour essayer de faire baisser le mouvement a ce matin sur BFMTV a essayé de montrer que son texte «ne vise pas à faciliter le licenciement économique» mais à «clarifier les règles». Peu convainquant, puisque les syndicats ne sont pas prêts à abandonner : Jean-Claude Mailly, numéro un de FO, a d’ailleurs annoncé que de nouvelles mobilisations sont d'ores et déjà envisagées pour réclamer le retrait de cette loi et qu'elles se tiendront les 5 et 9 avril.

Il y a une forte mobilisation comme le montre la page twitter de Caroline de Haas et de loi travail, non merci : 20 000 personnes à Rouen, 1500 à Guéret, 25 000 à Toulouse, 2000 à Périgueux, Entre 5000 et 10 000 personnes à St-Étienne, plus de 1000 personnes à Dole, 1500 à Châteauroux, 1500 à Troyes, 1200 à Mont-de-Marsan, 15 000 personnes au Havre, 2700 à Aurillac, 30 000 à Nantes, 10 000 à Rennes, 4500 à Brest, 5 500 à Saint-Nazaire, 15 000 à Le Mans, 3000 à Niort, 100 000 à Toulouse, plus de 1500 à Vierzon, 20 000 à Lille, plus de 800 à Calais, 1000 à Boulogne-sur-Mer, 8000 à Avignon, 30 000 à Lyon, 8000 à Grenoble, 120 000 à Marseille et 30 000 à Bordeaux. Pour Paris ? Les manifestants seraient entre 26 000 et 28 000 selon la préfecture de police de Paris. Les doutes sont permis. D'après la CGT et FO, il y a eu 1,2 million de manifestants en France contre la loi Travail ce jeudi

Malheureusement LeMonde.fr nous montre qu’interrogé par le groupe communiste au Sénat lors des questions au gouvernement, Manuel Valls a dit "assumer ses différences" (ce n’est plus des différences, c’est des trahisons) avec les syndicats CGT et FO. Il a notamment souligné qu'à ses yeux la loi n'opérait pas d'inversion des normes (la négociation d'entreprise primant sur la loi), comme l'avancent les opposants du texte. "Nous avons souhaité privilégier, comme d'ailleurs des organisations syndicales qui ne manifestent pas aujourd'hui, qu'on appelle réformistes, nous avons souhaité que la négociation soit d'abord dans l'entreprise et bien sûr dans les branches", a déclaré le premier ministre. Réformistes ? Un peu de bon sens, il y a des membres de ces syndicats qui manifestent dans la rue notamment de la CFDT et CGC-CGE.

Bien sûr comptons sur les médias pour insister sur les incidents en marge du cortège par des casseurs qui finissent par prendre en otage ces manifestations, alors que les divers syndicats sur place condamnent de tels actes, et la préfecture pour bien abaisser les chiffres pour bien faire gonfler le torse au Medef et au gouvernement de droite de Manuel Valls.

Après la manifestation parisienne (et humide), les opposants à la loi travail se donnent rendez-vous à 18 heures place de la République pour une «Nuit debout» comme le montre Libération.fr. «Après la manif, on ne rentre pas chez nous», proclame un tract distribué dans le défilé de l'après-midi. Au programme de cette soirée appelée à durer jusqu'au petit matin vendredi, une introduction de Frédéric Lordon, l'économiste antilibéral, suivie de concerts (avec notamment HK et les Saltimbanks) et d'une projection du documentaire Merci patron de François Ruffin. Le mot d'ordre est clair : «Convergence des luttes» et «assemblées citoyennes».

Bien plus emballant, que de voir le gouvernement essayer de convaincre les jeunes que le précaire et le chômage c’est pour leur bien. Et pour bien enfoncer le clou, la CGT annonce à son tour des journées de grève et manifestations les 5 et 9 avril "jusqu'au retrait" de la loi Travail.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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gaetan ribault 01/04/2016 09:21

encore un qui confond le défini et l'indefini , pauvre penseur!

Françoise 31/03/2016 21:22

Encore plus de monde que la dernière fois. Nous étions 5000 et plus ici en Béarn.
En ajout, un chouette article de Frédéric Lordon:

http://blog.mondediplo.net/2016-03-29-Nous-ne-revendiquons-rien

paroissiens-progressistes 02/04/2016 10:55

Françoise,

Merci pour ce lien, Frédéric Lordon permet de montrer que ce mouvement c'est levé contre une loi injuste et que le gouvernement ne comprend rien ou plutôt ne veut pas entendre. Je suis heureux de voir que les manifestants sont de plus en plus nombreux, il faut continuer à lutter pour ses droits et je vois que le gouvernement commence à avoir peur d'ailleurs Manuel Valls commence à voir les propositions de l'UNEF, mais ne soyons pas naïf il veut sans doute diviser pour mieux régner.

Merci !