Vendredi Saint : la crucifixion de Jésus une mort des plus politique

Publié le 25 Mars 2016

Vendredi Saint : la crucifixion de Jésus une mort des plus politique

Comme le montre Libération.fr, le pape François a lavé jeudi 24 mars 2016 les pieds de onze migrants de confession chrétienne, musulmane ou hindoue et d’une employée de leur centre d’hébergement près de Rome, témoignant de la priorité qu’il accorde à l’accueil. Dans une courte homélie improvisée, le pape a opposé ce geste de «fraternité» au «geste de guerre, de destruction» commis mardi à Bruxelles, où des attentats ont fait 31 morts et près de 300 blessés. «Derrière ce geste, il y a les fabricants, les marchands d’armes, qui veulent le sang, pas la paix, qui veulent la guerre, pas la fraternité», a-t-il dénoncé. «Nous sommes différents, nous avons des cultures et des religions différentes. Mais nous sommes frères et nous voulons vivre en paix, et tel est le geste que je fais avec vous», a-t-il insisté avant de demander aux centaines de demandeurs d’asile présents d’échanger «un geste de fraternité».

Après ce geste louable du pape François pour nous rappeler que les migrants sont toujours là et que nous ne voyons pas ignorer leur situation, nous allons voir aujourd’hui d’un peu plus près la crucifixion de Jésus. Dans ElComercio.pe le jeudi, Douglas Boin signale que «les témoignages bibliques qui accusent les Juifs sont une distraction essayant de jeter les historiens sur un mauvais chemin.» Encore une fois il y a un consensus parmi les chercheurs : si Jésus a été condamné à la crucifixion, ce devait être pour des crimes qui causaient une méthode d'exécution aussi extrême : la sédition, défier la puissance de Rome, ou une insurrection contre l'État. Et un gouverneur romain comme Ponce Pilate ne pouvait pas hésiter un instant à appliquer ce châtiment. Le fait que, selon certains des Évangiles, il a été exécuté avec les voleurs, «nous pouvons parler de rebelles» comme Savage le précise, confirme cette thèse. Simon Sebag Montefiore écrit dans «Jérusalem. A Biography» : «Les Évangiles, écrites ou modifiées après la destruction du Temple en 70, accusent les Juifs et acquittent les Romains, désireux de montrer leur fidélité à l'Empire Cependant, les accusations portées contre Jésus et la punition elle-même disent le contraire. Elles racontent leur propre histoire : c’était une opération romaine».

Comme le montre debate.com.mx, selon une étude réalisée par le médecin légiste Frederick Zugibe, qui enquêta sur la mort de Jésus il y a plus de 30 ans, Jésus serait mort d'un arrêt cardiaque en raison de chocs causés par les saignements des cils et la lance un soldat romain qui lui perça le côté droit, le touchant au poumon et au cœur. D'autres recherches suggèrent que la crucifixion de Jésus dura trois heures à la mort, mais dans le cadre de son calvaire subi une hypovolémie, une diminution des fluides sanguins dans tout le corps en raison de saignements multiples et de déshydratation, en plus d'énormes maux de tête et de crampes. Complètement nu devant la foule, la douleur et les dommages causés par la crucifixion ont été conçus pour être si intense que l'on devait sans cesse lutter pour éviter la mort, mais cela pouvait durer des jours sans aucun soulagement. Selon le Dr Frederick Zugibe, les mains étaient clouées à la nervure médiane avec un clou qui peut causer une douleur tellement forte que même la morphine n’aiderait pas à la soulager; la douleur intense, horriblement brûlante, comme un éclair à travers le bras. La rupture du nerf pied plantaire avec un clou avait un effet terrible aussi. En outre, la position du corps sur une traverse, rendait la respiration extrêmement difficile.

Je laisse le dernier mot à Luis G. Collazo dans sa tribune «El Jesus crucificado» dans ElNuevoDia.com : «Jésus crucifié remet la conversion à des structures et des systèmes qui sont en retard sur le vrai progrès humain. Ils sont appelés à devenir le Royaume de Dieu et rendre sa justice pour promouvoir une répartition équitable des biens matériels, ce qui contribuera à la guérison de la terre, au lieu de cela ils donnent une économie de marché néolibérale; les progrès de la construction d'une richesse fondée sur le bien commun, la démilitarisation et la ‘transformation des armes en outils agricoles’, la promotion du dialogue et de pardon, au lieu de cela on cautionne les dettes des pays pauvres plutôt que d'assurer le ‘pain quotidien’ pour tout le monde. En fin de compte, le Crucifié, a donné sa vie ‘pour l'amour du monde’. Il a annoncé un Royaume de Dieu pour ‘tous’. Il s’offre comme un holocauste révolutionnaire pour ouvrir à nouveau l’espérance et y dénoncer toute la nécrophilie abominable; toute la xénophobie; mettant en avant la Xénophilie pour tous; rendant toute discrimination absurde; tout génocide et toute action qui annule la glorieuse manifestation du bonheur vaines. La croix nous dit que finalement, que les forces du mal ne prévaudront pas.»

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Culture biblique

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