Dans leur lettre à la CDF, des théologiens et des évêques appellent à la réforme des enquêtes doctrinales du Vatican

Publié le 20 Avril 2016

NCRonline.org dans son article du mardi 19 avril 2016 nous montre qu’un groupe d'éminents théologiens, prêtres et évêques catholiques mondiaux qui ont été critiqués par le chef du bureau doctrinal du Vatican se sont réunis pour appeler à un nouveau processus d'enquêtes théologiques dans l'Église qui serait marqué par l'ouverture et la transparence au lieu du secret profond.

Dans une lettre envoyée à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi au Vatican le mois dernier, les théologiens affirment que les procédures actuelles pour les enquêtes, caractérisées souvent par un manque de défense ou possibilité de recours adéquate sont "contraires à la justice naturelle et dans le besoin de réforme."

Les auteurs critiquent fortement la pratique actuelle. Ils disent que les normes actuelles sont dépassées et suivent un modèle basé sur "l'absolutisme européen des XVIe et XVIIe siècle." Ils identifient que : la personne mise en examen ne peut pas de rencontrer ou de parler à ses accusateurs; le bureau doctrinal agit souvent comme "enquêteur, accusateur, juge et jury" et impose également des sanctions et entend les appels; l'accusé n’est souvent pas en contact direct avec le Vatican et le bureau doctrinal fonctionne plutôt avec un religieux ou un évêque supérieur à la personne, et; les procédures peuvent "traîner pendant des années, avec parfois des conséquences négatives pour la santé physique et mentale de l'accusé."

Le dernier point revêt une importance particulière, comme beaucoup de ceux qui décrit le processus comme particulièrement débilitant. Le père jésuite Gerald O'Collins, qui a aidé le célèbre jésuite belge le père Jacques Dupuis avec une enquête doctrinale qui a continué pendant trois ans, déclara que le stress du processus l’a conduit à un séjour dans un hôpital et peut-être même à une mort précoce.

Parmi les signataires du nouveau document sont quelques-uns des noms de profils les plus élevés connus pour avoir subi des enquêtes au cours des dernières années : le père Roy Bourgeois, Sr. Jeannine Gramick de Lorette, Sr. Elizabeth Johnson de St. Joseph, et l’Australien Mgr William Morris, le père Charles Curran, un ancien évêque auxiliaire australien Patrick Power et la bénédictine espagnole Sr. Teresa Forcades. Il est organisé par deux autres personnes qui ont également rencontrés enquêtes le rédemptoriste Irlandais le père Tony Flannery et l’ancien prêtre australien Paul Collins. La lettre propose de nouveaux principes directeurs pour le bureau doctrinal et une nouvelle procédure possible pour des enquêtes, déplaçant la responsabilité finale de l'affaire du bureau du Vatican pour le synode des évêques.

Les procédures d'enquête actuelles, en l'état "sont en désaccord avec tous les concepts contemporains des droits de l'homme, la responsabilité et la transparence que le monde attend de la communauté chrétienne et les exigences de l'Église catholique pour les organisations laïques." Les auteurs disent qu'ils veulent proposer une nouvelle approche "pour refléter l'attitude de Jésus et intégrer les valeurs que le monde considérées comme fondamentales à un fonctionnement dans une société civilisée." Ils appellent à un nouvel ensemble de principes qui impliquent «un processus juste et équitable» et les présomptions de "sincérité, innocence, et la fidélité à l'Église de la part de la personne objet de l'enquête."

Les auteurs de la lettre proposent huit principes qui devraient être suivies dans toute enquête du Vatican sur un théologien. Ils centrent leurs demandes sur un processus ouvert, marqué par des opportunités durant lesquelles les théologiens peuvent répondre aux allégations formulées contre eux. Ils demandent également que les rapports anonymes ou dénonciations sur le travail des théologiens soient refusés, en disant "stop aux demandes frivoles d’individus ou d’organisations totalement non qualifiés." Les auteurs mentionnent également "que, souvent, dans les enquêtes le travail de théologien est pris hors contexte et appellent à la participation de ceux qui sont étudiés" depuis le début "pour aider à clarifier tous les problèmes immédiatement."

Au-delà des ces huit principes, les auteurs comprennent également un aperçu de ce qu'ils appellent une "procédure plus juste et équitable" qui pourrait déplacer la responsabilité des enquêtes au bureau du synode du Vatican. Ils imaginent qu'une telle procédure aurait lieu en deux étapes : d'abord, avec une enquête limitée au bureau doctrinal; puis, si nécessaire, par un comité d'experts de sept membres mis en place par le bureau du synode. Quatre des membres du comité seraient nommés par le Vatican; trois par le théologien en question. Dans les six mois suivant le début de l'enquête, ils suggèrent que le comité décrirait un "processus de réconciliation" entre le théologien et l'Église universelle.

C’est une heureuse initiative qui met en avant l'injustice des procédures d’enquête doctrinale au sein de l'église, et espérons qu’elle porte finalement ses fruits.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Réforme de l'Église

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