Et si nous étions tous des bons bergers

Publié le 17 Avril 2016

Et si nous étions tous des bons bergers

Nous allons voir aujourd’hui la vision que nous donne l’Évangile de Jean sur le bon berger :

«Je suis le bon berger. Le bon berger donne sa vie pour ses brebis. Mais le mercenaire, qui n'est pas le berger, et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit venir le loup, abandonne les brebis, et prend la fuite; et le loup les ravit et les disperse. Le mercenaire s'enfuit, parce qu'il est mercenaire, et qu'il ne se met point en peine des brebis. Je suis le bon berger. Je connais mes brebis, et elles me connaissent, comme le Père me connaît et comme je connais le Père; et je donne ma vie pour mes brebis. J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie; celles-là, il faut que je les amène; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger. Le Père m'aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même; j'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre: tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père (Jean 10,11-18)».

Tout d’abord l’Évangile nous montre que le modèle du bon berger est Jésus dans Jean 10,15-17 puisqu’il donne sa vie pour ses brebis et les connaît, tout en allant vers les autres brebis en dehors de la bergerie. Jésus montre à son public le modèle de pasteur qu’il veut pour sa communauté, des hommes capables de se sacrifier pour le bien de la communauté afin qu’elle puisse durer, qui connaissent leur communauté en étant proche d’elle et en sachant lui parler. S’ouvrir à tous est pour cela essentiel. Jésus pousse plus loin en allant vers les brebis d’autres enclos, celles qui ont quitté la communauté et celle qui n’en sont pas. Il les amènera par l’écoute et le parole, pas par une vérité, le bon berger ne s’impose pas il invite à venir dans sa bergerie. Pas de vérité fixiste comme «Hors de l'Église, point de salut», ici le Royaume de Dieu invite tous les blessés de la vie, les rejetés et les autres religions à venir partager le même troupeau en étant comme ils sont. Jésus ne recherche pas la perfection mais l’humanité avec ses défauts et ses beaux côtés.

Jésus n’oublie pas de critiquer les mauvais bergers, ceux qu’il appelle les bergers mercenaires, puisque que le troupeau ne leur appartient pas et quand le loup arrive, ils abandonnent les brebis. Ici l’Évangile dénonce à travers Jésus une tendance du judaïsme et du christianisme naissant, celle du rigorisme. Jésus dénoncerait donc ceux qui demandent aux autres de faire des tâches qu’ils ne feraient pas eux-mêmes. Une hypocrisie que l’on voit dans de nombreux pasteurs de l’Église actuelle envers tous ceux qui ne cadrent pas avec leur vision rigoriste et qui mettent des murs à tous ceux qui recherchent de l’appui pour soigner leurs blessures. Le berger mercenaire ne cherche qu’a satisfaire son ambition et son appât du gain, au dépend de ses brebis livrées à elles-mêmes, et nombre de pasteurs aujourd’hui ne sont-ils pas emplis d’orgueil et d’ambition blessant leurs fidèles car ils ne savent pas les écouter ni leur parler ? Malheureusement pour le Peuple de Dieu, c’est le cas. Jésus n’a pas choisi des mercenaires, mais des hommes avec des faiblesses purement humaines pour prendre en main la communauté chrétienne naissante.

Et finalement, si nous aussi nous étions aussi ces bons bergers qui connaissent les brebis par leurs noms, qui se sacrifient pour elles et qui amène d’autres brebis dans la bergerie. En regardant de plus près, l’Église est portée par des hommes et des femmes de bonne volonté, qui vont vers les plus fragiles et qui montrent par leur action l’enseignement de Jésus. Après tout le Peuple de Dieu, ce sont les clercs et les laïcs, et nous sommes tous égaux devant Dieu. Alors pourquoi ne pas être nous aussi des pasteurs au sein de notre Église à la ressemblance de Jésus.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Pensées de paroissiens-progressistes

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M.W 17/04/2016 21:18

Paroissien-Progressiste

En parlant du Christ, l'athée militant Yves-André Samère a écrit un article sur son blog pour critiquer les Evangiles quant au jugement du Christ par Pilate, je vous le mets le lien, vous me direz ce que vous en avez pensé.

http://y-a-s.over-blog.fr/2016/04/jesus-roi-des-juifs.html

Cordialement

paroissiens-progressistes 18/04/2016 13:01

M.W,

J'ai regardé l'article, mais il se trompe car Pilate n'avait pas besoin de faire un grand procès grâce au ius gladii que lui a donné l'empereur qui lui permet de condamner à mort sur sa province sans jugement. Un simple interrogatoire suffit. Pilate lui demande s'il est le "Roi des Juifs" et il lui répond : "Tu le dis". Jésus confirme ce qu'attendait Pilate, la raison de sa mise à mort. Ce n'est pas une invention, mais le procès retravaillé par les évangélistes pour innocenter les Romains.

Merci !