La pêche miraculeuse, un récit symbolique qui indique le bon gouvernement de l’Église

Publié le 10 Avril 2016

La pêche miraculeuse, un récit symbolique qui indique le bon gouvernement de l’Église

Nous avons vu ce dimanche l’épisode de la pêche miraculeuse dans Jean 21,1-24. Et son intérêt réside dans une partie du texte qui mets en opposition la dynamique de l’Église des auteurs de l’évangile de Jean avec ses pratiques égalitaires où même les femmes disciples jouaient comme le montre l’apparition de Jésus à Marie de Magdala dans Jean 20,11-18, qui veut jouer un rôle en s’attachant à un compromis avec communautés pétriniennes et pauliennes qui se sont institutionnalisés et dogmatisés, tout montrant une autre image plus ouverte de l’Église.

Nous nous centrerons sur la partie où l’on voit la primauté de Pierre dans Jean 21,15-17, qui semble avoir été accepté par la communauté johannique mais pas dans le sens dont la conçoivent les communautés pétriniennes et pauliennes. Jésus va demander à Pierre à trois reprise : «Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ?» Cela peut revenir sur son reniement à trois reprises dans les évangiles synoptiques, mais c’est bien plus que cela, à travers cette question. Jésus ne demande pas si l’aime seulement, mais s’il est capable lui aussi d’aimer. C’est sans doute une demande de la communauté johannique qui souhaite que la primauté pétrinienne se fasse dans l’amour de tous les frères et non sur un mur dogmatique. Elle souhaite une Église qui accueille.

Jésus lui demande aussi à trois reprises : «Pais mes brebis». Jésus souhaite que Pierre soit un pasteur et pas un dirigeant politique. Mais ce pasteur ne doit pas être un mercenaire qui abandonne ses brebis aux loups comme le montre Jésus dans Jésus 10, 13-13, mais plutôt un bon pasteur comme le montre Jean 10,14-16, qui connaît ses brebis et que ces dernières connaissent aussi, il va même vers celles qui ne sont pas dans l’enclos et il est prêt à se sacrifier pour elle. La communauté de Jean invite les communautés chrétiennes et plus particulièrement leurs chefs à s’ouvrir aux autres et à ne pas abandonner ceux qui ne sont plus dans l’enclos, mais aussi à bien connaître leurs membres et à les accompagner avec amour durant toute leur vie.

Enfin, quand Pierre demande à Jésus ce que va devenir le disciple que Jésus aimait dans Jean 21,21 : «Seigneur, et lui ?» Il lui dira qu’il veut qu’il demeure jusqu’à ce qu’il revienne, mais cette formulation est des plus symbolique car demeurer veut aussi dire que la foi doit rester forte et sans fanatisme dans ces communautés malgré les vexations qu’elles peuvent subir des chefs des autres communautés et les difficultés à trouver leur place. La fin du texte va plus loin quand l’auteur dit qui témoigne de ces faits et qu’il les a écrits (Jean 21,24), pour montrer aux communautés pétriniennes et pauliennes que le témoignage de la communauté johannique est aussi valable que le sien, et qu’elles doivent accepter des conceptions différentes des leurs. L’acceptation des différences serait une excellente chose dans notre Église où il y a trop d’hommes de pouvoirs et de docteurs de la loi.

Quand Jésus dit à deux reprises «Suis-moi» à Pierre dans Jean 21, 19 et Jean 21,22, serons nous aussi capable de suivre Jésus pour former des communautés où l’amour est central, ouverte aux autres même à ceux qui se sont éloignés, de demeurer dans la foi et d’accepter les différences. Ce n’est pas impossible, mais pour cela il faut débrancher nos préjugés et nos certitudes pour que l’Église soit réellement une communauté de croyants.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Culture biblique

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