Le cardinal Barbarin en opération déminage auprès de ses troupes tandis que des théologiens proéminents demandent aux évêques Polonais de reconsidérer leur support à la proposition de bannissent de l’avortement

Publié le 26 Avril 2016

Bernadette Sauvaget dans son article du 25 avril 2016 dans Libération.fr nous montre que contesté aussi dans les rangs de son clergé, Philippe Barbarin a annoncé un nouveau dispositif de lutte contre la pédophilie dans son diocèse. Mais se refuse à tout mea culpa personnel.

Il faut bien éteindre l’incendie. Au centre d’un scandale lié à la non-dénonciation de plusieurs affaires de pédophilie, le cardinal archevêque de Lyon, Philippe Barbarin, a réuni, lundi, les prêtres de son diocèse. L’occasion d’annoncer de nouvelles mesures. Conformément à ce qu’a prévu la Conférence des évêques de France, il a mis en place une cellule d’écoute et d’accueil des victimes, une initiative que doivent prendre tous les diocèses. Réputé faire régulièrement cavalier seul, Barbarin ne faillit pas à sa réputation. Il a aussi créé un conseil d’experts, chargé de l’épauler dans les affaires les plus délicates. L’archevêque de Lyon ne fera pas donc appel à celui qui a été mis en place au niveau national, présidé par l’ancien directeur de cabinet de Christiane Taubira, Alain Christnacht.

Réunis à huis clos, les 220 prêtres présents (chiffre supérieur ce qui était attendu) ont notamment écouté le témoignage d’une victime. «Cela a été un moment très fort», raconte-t-on dans l’entourage de Barbarin. Mais la rencontre a été surtout l’occasion de s’expliquer. Quelques figures de poids du clergé lyonnais avaient décidé de demander des comptes à Barbarin. «Les échanges ont été francs et directs», rapporte son entourage, sans en dire plus. En fait, consigne a été donnée aux prêtres de ne pas répondre aux questions des journalistes à l’issue de la réunion. Les mesures annoncées ne constituent pas vraiment non plus un mea culpa. Selon les termes du communiqué officiel, le cardinal Barbarin a «reconnu que le diocèse avait commis des erreurs dans la gestion et la nomination de certains prêtres». S’il y a faute, elle serait donc collective.

Malgré tout, le cardinal Barbarin fait profil bas ces derniers temps. Ce n’est pas lui qui s’est exprimé, à l’issue de la réunion mais le vicaire général Yves Baumgarten, «un homme de confiance», selon l’entourage du cardinal archevêque. «C’est lui qui sera chargé de mettre en place les nouvelles mesures», poursuit cette source. En fait, les relations ne sont pas vraiment au beau fixe entre Barbarin et son clergé. Certes, il bénéficie encore de soutiens solides et parmi ses supporteurs, la thèse du complot politique et médiatique est largement reprise et propagée. Mais le cardinal ne fait pas l’unanimité, même si son opposition est localement minoritaire. Il ne s’agirait pas qu’elle prenne de l’ampleur, et c’est d’ailleurs ce qui a motivé la réunion de ce lundi, destinée à resserrer les rangs et à tourner la page. Celle-ci, contrairement à ce qu’a dans un premier temps laissé entendre la communication du diocèse, lui a été «conseillée» lors d’une précédente rencontre, assez houleuse pour Barbarin. Le 19 mars, il avait convoqué en urgence, la veille du dimanche des Rameaux, un moment où l’agenda des prêtres est surchargé, son conseil presbytéral, une sorte de sénat de l’évêque composé d’une quarantaine de prêtres. Malgré sa demande, ces derniers avaient refusé de signer un texte reprenant ses arguments de défense et l’avaient appelé à la discrétion dans ses déclarations.

Du côté des victimes, François Devaux, le président de la Parole Libérée, lui, n’en démord pas. Il réclame haut et fort, le départ de Barbarin. «C’est la condition de l’apaisement», déclare-t-il à Libération. «Je ne vois comment le responsable d’Église qui a placé, en connaissance de cause, des prêtres pédophiles auprès d’enfants, puisse être celui qui apporte des solutions.» Pour l’heure, le sort du cardinal archevêque de Lyon est suspendu au résultat de l’enquête préliminaire en cours après les plaintes de non-dénonciation dont il fait l’objet. Sa position deviendra difficilement tenable s’il est mis en examen.

Faire sa commission d’experts alors que l’Église a montré ses failles sur le sujet, mettre tout sur le dos du diocèse alors que c’est lui qui le dirige et laisser ses proches parler de théorie du complot, n’est pas un bon signe pour les victimes qui ne souhaitent qu’une chose qu’il parte.

Pendant ce temps la théologienne et professeure d'études catholiques à l'Université de Roehampton, Tina Beattie, a signé une lettre à la Conférence des évêques polonais soutenir un avortement «au début, sûr et légal» avortement comme nous le montre CatholicHelrald.co.uk le lundi 25 avril 2016.

Bien que la lettre commence ainsi : «Nous confirmons le caractère sacré de toute vie humaine, y compris le droit à la vie des femmes et de leurs enfants à naître», elle poursuit en disant, «nous reconnaissons aussi que, parfois, les femmes et les filles sont confrontées à des décisions déchirantes quant à savoir si oui ou non une grossesse doit se poursuivre si elle est la conséquence d'un acte de violence sexuelle; cela pose une grave menace pour leur propre santé, ou pourrait aboutir à la naissance d'un enfant profondément handicapé ou malade en phase terminale.»

La lettre fait suite à des propositions du gouvernement polonais pour rendre l'avortement illégal dans le pays. Parallèlement à ses fonctions universitaires la professeure Beattie est également bénévole pour le CAFOD’s Theological Reference Group. La lettre a été signée par des collègues universitaires, des laïcs et des théologiens de diverses nationalités, dont les signataires se décrivent comme des «catholiques» concernés.

«Nous respectons ceux qui décident de poursuivre une telle grossesse, nous ne croyons pas que cette décision peut leur être imposée par la contrainte morale, et beaucoup moins par la force de la loi», précise la lettre. «À notre avis, cette dernière constitue une violation de la liberté de conscience et de la dignité personnelle d'une femme, et il va à l'encontre de la distinction de la tradition catholique entre la moralité et la légalité. La loi ne devrait pas être utilisé pour contrôler la vie d'une personne morale, sauf lorsque le comportement de cette personne constitue une menace pour la société.»

Les signataires critiquent aussi la loi actuelle sur l'avortement en Pologne et soutiennent que cela décourage les médecins polonais de permettre des tests de prénatals pour les anomalies fœtales en raison de la crainte de poursuites. Ils précisent aussi que les droits inaliénables de la personne doivent être reconnus et respectés par la société civile et l'autorité politique. Les signataires de la lettre précisent que Marie a eue le choix de «concevoir un enfant» et pour eux «Beaucoup de femmes et les filles ne bénéficient pas d'une telle liberté.»

Ils précisent que «Dans les situations où l'avortement est jugé nécessaire, tels que ceux qui sont actuellement autorisées en vertu de la législation polonaise, nous croyons que l'accès à l'avortement légal est sûr et essentiel. Rendre l'avortement illégal ne sauve pas la vie des enfants à naître. Il tue les femmes qui préfèrent risquer la mort que de mener à une grossesse non désirée à terme.» La lettre conclue qu’«Enfin, il y a un ensemble de preuves pour montrer que la meilleure façon de prévenir l'avortement est de respecter la dignité et la liberté de la conscience humaine des femmes en ce qui concerne les décisions en matière de reproduction, en garantissant l'accès à des méthodes fiables de contrôle des naissances. Refuser l'accès et criminaliser l'avortement semble instrumentaliser les femmes comme des organes reproducteurs plutôt que comme des êtres humains pleins et égaux faits à l'image de Dieu».

Cette lettre nous donne à voir que dans l’Église des théologiens ne partagent pas la rectitude des évêques Polonais et ils souhaitent que les femmes ne soit pas réduites à leur rôle de reproductrice mais qu’on respecte leur dignité et leur conscience. Espérons qu’ils soient entendus.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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Françoise 27/04/2016 11:20

L'Eglise polonaise a fortement poursuivi et menacé les groupes féministes depuis plusieurs décennies. Je me souviens avoir vu au Planning Familial, des appels à l'aide de groupes féministes polonais du fait de violences, pressions régulières endurées de la part de ligues catholiques pratiquant l'intimidation et les ratonnades. Le Vatican et les groupes cathos fondamentalistes se servent de l'Eglise polonaise comme laboratoire pour imposer une gouvernance théocratique qui détruise les droits des femmes et des enfants. On voit s'opérer la même chose en Irlande et en Espagne avec les mêmes ligues fondamentalistes à la manoeuvre.
Avec une fusion lobbyiste pour faire pression au plan européen, via l'ECLJ de Gregor Puppinck.
J'ai d'ailleurs appris récemment l'implication de l'OD belge dans ce mouvement politique réactionnaire par le biais d'une ancienne opusienne. C'est une véritable mafia.
En France c'est la Fondation Lejeune et Alliance Vita qui assurent la coordination avec l'ECLJ, ainsi que leur lobby politique, la Fondation de Service Politique et en relais média, Valeurs Actuelles, bien sûr!

paroissiens-progressistes 27/04/2016 19:59

Françoise,

J'étais au courant de ce lobbying des courants réactionnaires catholiques, comme on peut le voir aux Etats-Unis. Ils veulent contrôler la vie des fidèles jusqu'à leur chambre à coucher, et rêvent d'une femme qui se limite à son rôle de mère et des enfants aux cerveaux lavés dès l'enfance. Il est plus que temps qu'on leur barre la route avec leur propagande nauséabonde.

Merci !