Le gouvernement doit changer de route avant le naufrage

Publié le 19 Avril 2016

Voir Jean-Christophe Cambadélis dire que la primaire à «gauche a du plomb dans l’aile» et que «le seul qui peut réunir un tant soit peu la gauche, c’est François Hollande», c’est oublier que l’essence même du socialisme est la démocratie. Plus consternant encore est de voir la Belle Alliance Populaire (BAP) qu’il a formé. Le PRG, l'UDE et Génération Ecologie s'associent à la démarche. Mais pas EELV, le PCF ou le MRC, ni même le Mouvement des Progressistes de Robert Hue. Les «Frondeurs» du PS eux ne sont même pas venus. Une initiative pour sauver le bateau qui fait coule déjà. D’ailleurs l’aile droite du PS plaide pour que les investitures aux prochaines législatives aient lieu très tardivement pour mettre de futurs députés en accord avec la ligne politique du gouvernement. François Hollande pourra alors désigner des gens qui l’auront soutenu pendant sa campagne, et non les frondeurs du premier quinquennat. La désignation officielle n’est pas de la démocratie. Le gouvernement soit disant socialiste touche le fond et oublie tout ce qui faisait sa base : les travailleurs. Faire une loi travail qui favorise le patronat ce n’est pas de la social démocratie, c’est vendre tous ses principes.

Le gouvernement devrait prendre exemple sur le réformisme socialiste espagnol dont la plus grande figure fut Pablo Iglesias Posse qui créé le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE) en 1879 et a fondé l’Union Générale des Travailleurs en 1888. Il dirigea en 1890 la première manifestation du 1er mai en Espagne, qui fut nécessaire pour imposer la réduction de la durée de travail à 8 heures et la cessation du travail des enfants. Il comprit aussi très vite que le PSOE avait besoin des élections pour faire passer ses idées car le socialisme est démocratique par nature. Par ce biais, on pouvait mettre l'économie au service de l’homme et non au profit d'une minorité. La nationalisation par décret des banques, des successions et des monopoles, compenserait alors les petits actionnaires dans le besoin, et mettrait ces ressources sous le contrôle des travailleurs, afin d’éviter la corruption et le gaspillage. La démocratie mettra donc l'économie au service de la société. Pour cela, le socialisme devra montrer qu'il ne suffit pas de contempler les problèmes, d'analyser et de critiquer les choses qui vont mal, mais aussi qu'il doit changer le système qui les provoque.

Le PSOE joua le jeu des élections. En 1905, Pablo Iglesias, Largo Caballero et Garcia Ormaechea ont été élus conseillers à Madrid. Par la suite, Pablo Iglesias fut conseiller municipal dans la ville de Madrid à deux reprises (1906-1910 et 1914-1918). Puis en 1908, il a fonda la Maison du Peuple de Madrid qui sera détenue conjointement par les travailleurs de Madrid, Il y crée une bibliothèque et accueille la première assurance maladie gérée par les travailleurs de Madrid, connus sous le nom de Mutualidad, qui protège le travailleur et sa famille dans une ère sans sécurité sociale et une clinique qui offre des médicaments gratuits. Elle a aussi ses propres enseignements les plus avancés dans une université populaire. En 1909, il a été détenu en prison pendant 18 jours en relation avec les événements de la Semaine Tragique de Barcelone, puisqu’il signa un manifeste appelant à la grève générale. En 1910, le PSOE vit son premier adjoint de l’histoire dans le Parlement espagnol, dont le siège fut occupé par Iglesias qui gagna les élections en coalition avec les républicains, qui étaient opposés à la monarchie et voulaient des réformes sociales. Il ne peut éviter la division dut PSOE en 1921 entre le PSOE à la ligne social démocrate et le PCE à la ligne communiste. Il signera en 1923 un manifeste contre la dictature de Primo Rivera. En 1925, il critiquera l’abstentionnisme qui est le mur qui protège le mieux les privilèges de la bourgeoisie. Il meurt la même année.

Il est grand temps que le président de la République en revienne à la base, et s’il aime la synthèse qu’il prenne deux motions qui n’ont pas été retenues en 2015 par le PS, la motion B qui plaidait pour "une réelle inflexion" de la politique économique, "un agenda de réformes, (...) quelques actes forts" consistant à utiliser des marges de manœuvres qui existent pour le "soutien aux investissements", des mesures de "pouvoir d'achat", une "loi bancaire" et une "réforme fiscale", elle réclamait aussi "plus d'influence" du PS sur le gouvernement, avec "droit et devoir d'inventaire sur les trois dernières années", et "un plan République" prolongeant l'esprit du 11 janvier; et la motion D qui se présentait comme "l’œuvre collégiale de militants", qui réclamait notamment "d'intensifier la politique des emplois aidés" (150 000 nouveaux emplois aidés d'ici à 2017), des mesures de redistribution pour les classes moyennes, la revalorisation de minimas sociaux.... C’est déjà plus emballant que ce que nous propose le gouvernement.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

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M.W 20/04/2016 14:05

Paroissien-Progressiste

Dîtes-moi mon ami qu'avez-vous comme argument contre la théière de Russell, je pense que vous connaissez cette idée ?

Cordialement

paroissiens-progressistes 20/04/2016 17:23

M.W,

Prouver les bases invérifiable de sa religion alors que le sceptique la réfute, n'est-ce pas retourner contre soi son propre argumentaire. Puisque que pour le sceptique, si c'est invérifiable, lui en apporter la preuve ne le fera pas changer d'avis. Enfin, les scientifiques disent il est impossible de trouver une preuve de l'existence ou de la non-existence de Dieu. Donc, on ne peut pas dire que les bases de la religion sont invérifiables puisque qu'on ne peut pas prouver non plus la non existence de Dieu.

Merci !

M.W 20/04/2016 08:32

Paroissien-Progressiste

En même temps ce n'est pas étonnant que François Hollande veuille nommer ses partisans aux postes clés : il est très difficile de gouverner quand nos opposants sont aux postes clés, ils risquent de bloquer les réformes par manœuvre politique.

De toute façon la tolérance existe t-elle en politique ? je ne le pense pas. En effet on adhère à des idées politiques car on est convaincu que ce sont les meilleurs pour notre pays et qu'il faut les imposer et que les idées politiques des autres ne peuvent lui être que nuisible. Au fond les gens disent reconnaître aux autres le droits d'avoir des opinions politiques, en réalité, ils ne reconnaissent aux autres le droit d'avoir LEURS opinions politiques.

D'ailleurs vous-même qui êtes plutôt tolérante vous avez, je le vois très bien, beaucoup de mal à cautionner le fait que l'on puisse être conservateur ou voter à droite tandis que les conservateurs ont du mal à cautionner le fait que l'on soit progressiste et que l'on vote à gauche. Il suffi de lire ou d'entendre militants et idéologues politiques pour le voir : l'idée est "J'ai raison, mes idées sont les meilleurs, seul moi pense et veux le bien être de mon pays. Les autres ? des menteurs ou des idiots aux pensées complètement mauvaises et qu'il faut éviter à tout prix".

Mais si l'on refuse de cautionner le fait que le peuple vote différemment comment la démocratie peut-elle réellement exister ?

Cordialement

paroissiens-progressistes 20/04/2016 09:21

M.W,

Je ne refuse pas la pluralité surtout quand elle profite à tous (la droite et la gauche ont démissionné en acceptant une économie qui écrase au lieu d'être au côté du peuple), mais je refuse le revirement politique et l'abandon de ses idéaux pour se faire réélire. Je préférerais la rencontre des idées sur des points essentiels sur lequel tout le monde est d'accord. Où sont les socialistes et les gaullistes ? C'est une question que je me pose aujourd'hui.

Merci !