Le pape François met en avant ses thèmes favoris et doit faire face à la suspension de l’audit de PwC

Publié le 22 Avril 2016

Radio Vatican nous montre que l’option préférentielle pour les pauvres et l’accueil des immigrés sont les deux thèmes chers au pape François. Il en a reparlé jeudi 21 avril 2016 en recevant les membres des Caritas diocésaines d’Italie, réunies à Rome pour leur Congrès national.

Le pape les a encouragés à «aider la communauté chrétienne tout entière à grandir dans la charité, à trouver des chemins toujours nouveaux de proximité avec les plus pauvres, à savoir décrypter et affronter les situations qui oppriment des millions de personnes dans le monde.» «Face aux défis et aux contradictions de notre époque qui suscitent la peur, les injustices, les spéculations financières, la dégradation de l’environnement, les guerres», le pape François rappelle que «les humanitaires chrétiens doivent aussi agir auprès des institutions civiles et défendre les législations qui favorisent le bien commun et la protection des couches les plus faibles de la société.» Pour lui, il est essentiel de «remonter jusqu’aux causes de la pauvreté pour les éradiquer»; il faut notamment «agir sur les mécanismes qui génèrent l’injustice et lutter contre toutes les structures du péché.»

En ce qui concerne la crise migratoire actuelle, le pape reconnaît qu’elle présente des aspects critiques qui exigent des «politiques concertées et clairvoyantes.» Mais il ne faut pas oublier que «l’immigration est, sous plusieurs aspects, une richesse et une ressource.» Le pape François invite à «privilégier les choix qui favorisent l’intégration.» Il faut, dit-il, «construire des communautés passionnées de dialogue qui sachent vivre les conflits de manière évangélique, sans les nier mais en les transformant en opportunités de croissance et de réconciliation.»

Le pape cite en exemple l’institution familiale dont la mission est l’amour, «un amour qui sait accompagner, discerner et intégrer les situations de fragilité.» Les familles sont donc encouragées à collaborer avec tous les services sociaux de leur territoire. «Dans le monde d’aujourd’hui, complexe et connecté, la miséricorde doit être attentive et informée, concrète et compétente, capable de susciter des analyses, des recherches, des études, des réflexions. La miséricorde doit être personnelle mais aussi communautaire; crédible de par sa cohérence et son témoignage évangélique, responsable et coordonnée pour fournir des services toujours précis et ciblés.»

Le pape François propose l’essence même du christianisme pour s’approcher des pauvres et accueillir les immigrés, la solidarité et le dialogue, mais aussi la recherche de solution pour mettre en avant le bien commun et l’intégration, ce qui n’est pas facile dans une société où les idées néolibérales et d’extrême droite empoisonnent l’esprit des gens et les poussent à l’individualisme et à l’égoïsme.

Dans un message transmis à la communauté juive de Rome, le pape François a aussi fait part de ses vœux jeudi 21 avril 2016 pour la fête de Pessah, la Pâque juive, qui commence le vendredi 22 avril au crépuscule et se poursuit jusqu'au samedi 30 avril comme nous le montre Radio Vatican.

La Pâque commémore la libération des Israélites de l'esclavage en Égypte. Rappelant l’accueil cordial qu’il a reçu de la part du Grand Rabbin et de la communauté juive de Rome lors de sa visite à la Grande Synagogue de la capitale italienne le 17 janvier dernier, le pape a tenu à exprimer ses «vœux les plus sincères». Il appelle à se souvenir «que le Tout-Puissant a libéré son peuple bien-aimé de l'esclavage et l'a conduit à la Terre promise.» «Il vous accompagne encore aujourd'hui avec l'abondance de ses bénédictions, protége votre Communauté et, dans sa miséricorde, distribuant à chacun la paix» souligne le Pape, assurant la communauté juive de ses prières, car «le Tout-Puissant nous accorde de pouvoir grandir de plus en plus dans l'amitié.»

Une dépêche de l’AFP du jeudi 21 avril 2016 nous montre que l'audit confié en décembre à la société PricewaterhouseCooper (PwC) sur les bilans du Vatican a été suspendu sur ordre de la Secrétairerie d'Etat pour vérifier la validité des procédures d'attribution du contrat, a annoncé jeudi le Saint-Siège.

Ce contrat de trois millions de dollars avait été signé par le cardinal australien George Pell, le puissant secrétaire à l'Économie du pape, pour trois ans de contrôles intégraux des budgets des différents services du Vatican, qu'une vaste réforme tente de rendre plus efficaces et moins opaques. Mais le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État, et son substitut Angelo Becciu, ont adressé deux courriers ces derniers jours à PwC pour signifier la suspension de ses activités, a révélé le site Vatican Insider. Mgr Becciu a précisé à la chaîne TV2000 qu'ils avaient demandé une suspension immédiate mais pas une révocation définitive du contrat. Des approfondissements sont en cours sur certains aspects relatifs à l'accord avec PwC, a confirmé le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi.

En décembre, le Vatican avait annoncé le choix de PwC comme réviseur externe du bilan financier consolidé du Vatican. Le bureau de Mgr Pell a publié jeudi un communiqué précisant que le cardinal, qui a été reçu jeudi par le pape, était un peu surpris par ces lettres mais s'attendait à ce que le travail de PwC reprenne rapidement, après discussions et clarification de certaines questions. Selon des sources vaticanes citées par Vatican Insider, le problème ne vient pas de PwC ou d'une résistance de la curie : la suspension a été motivée par des manquements dans les procédures ayant abouti à la signature du contrat.

Selon Vatican Insider, le cardinal Pell n'a pas mené les consultations préalables exigées par les nouveaux statuts et plusieurs membres du Conseil de l'Économie, créé par le pape pour l'assister dans la réforme financière, n'ont pas été informés. En outre, il revenait à ce Conseil de l'Économie, dirigé par le cardinal allemand Reinhard Marx, et non à Mgr Pell, de signer le contrat. Dans la phase de rodage des nouvelles institutions, le cardinal Pell croyait probablement que son secrétariat pour l'Économie devait agir pratiquement en toutes choses, note Vatican Insider.

Sous l'impulsion de Benoît XVI, puis du pape François, le Vatican est engagé dans un vaste mouvement d'assainissement de ses finances. Mais style autoritaire et les méthodes anglo-saxonnes du cardinal Pell suscitent réticences et critiques au sein du Vatican. Mais à l'automne, deux livres s'appuyant sur des documents confidentiels ont révélé les gabegies, les privilèges et les dysfonctionnements qui persistent. Les tensions autour du cardinal Pell ne sont pas uniques. Selon plusieurs médias, le pape François entretient aussi des rapports compliqués avec deux autres ministres clés, les cardinaux canadiens Marc Ouellet (chargé des évêques) et allemand Gerhard Müller (chargé de la doctrine de la foi).

Le pape François fait face à une résistance abrupte des éléments les plus conservateurs de la curie qui ne veulent pas que l’on voit la gabegie financière dans le petit État, notamment au niveau immobiliers.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités, #Actualités de l'Eglise

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article