Lyon : cinq affaires de pédophilie qui inquiètent le cardinal Barbarin

Publié le 2 Avril 2016

LaDépêche.fr nous montre dans son article du samedi 2 avril 2016 qu’à Lyon, les langues se délient : la justice enquête sur un nouveau prêtre soupçonné d'agressions sexuelles alors que le diocèse et son évêque, le cardinal Philippe Barbarin, sont dans la tourmente depuis la révélation d'autres affaires.

Une source proche du dossier a confirmé jeudi soir qu'une enquête ouverte en 2006 et concernant un prêtre qui officie dans le deuxième arrondissement de la ville avait été «réactivée» il y a quelques jours, comme l'annonçait le site M6info. Selon la source proche du dossier, les faits d'agressions mis en cause concernent «une fille», une adolescente, dont l'âge n'a pas été précisé.

Cette enquête s'ajoute à l'information judiciaire ouverte à l'encontre du père Bernard Preynat. Lequel a été mis en examen le 27 janvier pour des faits d'agressions sexuelles commis entre 1986 et 1991 sur des scouts qu'il encadrait dans la banlieue de Lyon. Deux autres enquêtes préliminaires sont également ouvertes, visant cette fois le cardinal Philippe Barbarin parmi d'autres responsables religieux, pour des faits de «non-dénonciation» d'agressions sexuelles. Dans ce cadre, la police a perquisitionné, mercredi, les locaux de l'évêché à Lyon.

À l'origine, des plaintes de victimes qui reprochent à Mgr Barbarin de ne pas avoir informé la justice des agissements du père Bernard Preynat et d'avoir laissé ce religieux en poste jusqu'en 2015.

Une autre victime, «Pierre», qui exerce aujourd'hui une fonction importante au ministère de l'Intérieur, accuse aussi l'évêque d'avoir fermé les yeux sur les agressions d'un autre prêtre lyonnais dont il dit avoir été victime dans les années 1990.

L'enquête rouverte allonge la liste des affaires problématiques pour le diocèse qui a également mis en retrait un prêtre exerçant à Lyon après avoir été condamné pour agressions sexuelles, en 2007 à Rodez pour des agressions sexuelles sur des apprentis-prêtres âgés de 19 à 34 ans. Par ailleurs, le 12 février 2016, le tribunal correctionnel de Lyon a condamné à deux ans de prison avec sursis le père Guy Gérentet de Saluneaux, 81 ans, pour des faits commis sur huit jeunes filles entre 1989 et 2000.

À la lumière de ces différents cas, il semble surtout que les langues commencent à se délier. Mais le poids de l'Église continue de peser. À Lourdes durant l'assemblée des évêques de France, le cardinal Barbarin avait exclu de démissionner, en assurant n'avoir «jamais, jamais, jamais» couvert le moindre acte de pédophilie. Il a ensuite demandé «personnellement pardon» aux victimes.

Le dossier est très sensible au sein de la hiérarchie catholique qui affiche pour l'heure son soutien à l'archevêque de Lyon, à l'instar de son homologue de Paris, Mgr André Vingt-Trois, qui a affirmé dans la presse, lors de la fête de Pâques, qu'il n'y avait «pas de raison qu'il démissionne».

Comme l’a montré francetvinfo.fr hier, c'en est trop pour l’association La parole libérée. "À partir de quel moment va-t-on s'indigner ? Il s'agit d'enfants, de pédophiles, de détraqués sexuels" s'insurge François Devaux, victime et membre de l'association La parole libérée. Pourtant le cardinal Barbarin ne veut pas démissionner alors que les cas s’accumulent. Combien de temps l’Église va le défendre encore, alors que sa position est de plus en plus fragilisée. Cela commence à devenir gênant.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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