«Musées Debout» : Faites circuler, y a du savoir

Publié le 18 Avril 2016

Elisabeth Franck-Dumas dans son article du vendredi 15 avril 2016 dans next.liberation.fr nous montre une agora où l’on repense le monde par le prisme de l’art ? Il n’en fallait pas plus à Guillaume Kientz, conservateur de musée, pour apporter des tableaux place de la République.

L’invitation est lancée pour ce dimanche 17 avril, 15 heures, place de la République : «Venez avec un livre d’art ou une photo d’une œuvre qui a changé votre façon de voir la vie et le monde». L’initiative «Musées Debout», dont la première réunion s’est tenue lundi dernier à 13 heures, à l’arc du Carrousel aux Tuileries, entend faire circuler les savoirs. Mais surtout répondre à cette question fondamentale : à quoi sert un musée aujourd’hui ?

A l’origine de cette interrogation, Guillaume Kientz (Conservateur au musée du Louvre qui s’investit dans cette initiative à titre personnel) qui veut répondre à cette «invitation formidable à repenser le monde» que constitue Nuit debout. «On regrette que le musée et l’histoire de l’art soient oubliés des enjeux politiques, des enjeux de société, explique-t-il. Nous voulons réaffirmer la place du musée comme lieu de fabrique du citoyen. Les objets d’art ne sont pas seulement faits pour décorer, ils peuvent améliorer la vie.»

Derrière ces idées hautement défendables, une série de propositions très concrètes, débattues lors des trois rencontres qui ont eu lieu à ce jour, recensées sur la page Facebook du mouvement (déjà près de 1 000 abonnés) : l’enseignement de l’histoire de l’art à l’école, la gratuité d’accès aux musées (notamment pour encourager des visites plus fréquentes, plus courtes), l’élargissement de la médiation, qui pourrait passer par la formation artistique des personnels de surveillance (et la revalorisation salariale de leur emploi), et plus globalement la sortie d’une logique de rentabilité…

«Nous estimons que l’on apprend à lire une image comme on apprend à lire un texte, et dans une société bombardée d’images, ne pas avoir d’éducation critique de l’œil, c’est alarmant», précise-t-il.

Les rencontres ont d’ores et déjà attiré des professionnels du secteur, vendeurs de pass touristiques, éditeurs de revue culturelle, personnels de surveillance, membres d’un même univers qui ne sont habituellement jamais appelés à se rencontrer. Y furent rappelées les origines du concept même de musée des Beaux-Arts : «Fournir aux artistes de grands modèles à imiter et instruire les visiteurs» et «permettre au peuple de se réapproprier des œuvres qui n’étaient que le privilège de quelques-uns». Le souhait que les musées soient plus réactifs aux débats de société a également été répété.

Mettant ses idées en pratique, Guillaume Kientz s’est présenté mercredi place de la République avec un tableau sous le bras, la copie du Saint François en méditation de Francisco de Zurbarán, qui a «attiré pas mal de gens pas forcément venus pour le sujet. Ce qui montre bien que l’art est un moyen d’interpellation.» Et dimanche, il compte apporter un ouvrage d’histoire de l’art grec et parler des métopes du Parthénon. La ministre de la Culture, qui explique dans les colonnes de Libération vouloir lancer une réflexion collective «sur les enjeux du musée du XXIe siècle» serait bien inspirée d’y faire un tour.

Alors que cet espace culturel s’ouvre avec Bibliothèque Debout, Science Debout et l’espace Debout éducation populaire qui permet à chacun de débattre et apprendre sur un sujet donné, francetvinfo.fr ce lundi 18 avril nous montre dans un communiqué que la préfecture de police se félicite qu'aucune violence ou dégradation n'ait été constatée lors des rassemblements de samedi et dimanche sur la place de la République. Elle "constate que les organisateurs de la Nuit debout ont pris acte de ses demandes et mis en œuvre les dispositions nécessaires pour assurer le respect des termes de leurs déclarations de manifestation". Ce qui est normal, car comme le montre Europe1.fr, le mouvement a sur la place une commission qui s’appelle 'accueil et sérénité' et qui a par exemple évacué dans le calme des militants d’extrême droite de la place ou protégé Alain Finkielkraut ce week-end. Elle évite depuis un certain moment tout débordement.

francetvinfo.fr nous montrent qu’alors que les politiques s'offusquent de l'accueil réservé à Alain Finkielkraut, deux membres de la commission "Accueil et sérénité" de la Nuit debout ont donné leur version des faits dans une tribune parue sur Mediapart, lundi 18 avril. "Monsieur Finkielkraut assistait depuis plus d'une heure à l'Assemblée populaire avant que certains n'exigent son départ, écrivent les militants de Nuit debout. En l'escortant jusqu'au trottoir, nous ne l'avons en aucun cas contraint à partir." Selon les deux membres du service d'ordre improvisé, Alain Finkielkraut se serait même "montré surpris d'être protégé à Nuit debout". "Sans se risquer à caractériser politiquement la Nuit debout, il semble que sa simple existence en tant que prolongement de préoccupations sociales suffit à expliquer qu'elle s'oppose à la réduction du débat politique aux problèmes identitaires dont [Alain Finkielkraut] s'est fait le héraut", concluent les militants.

Il ne faut pas se fier à une seule version car les médias n’ont pas fait leur travail et on préféré voir le mouvement comme des anarchistes ou des gauchistes, ce qui est tellement plus facile que de comprendre pourquoi autant de monde se rend à Nuit Debout. Dialogue, culture et ouverture plutôt qu’un discours réactionnaire plairont toujours plus à des populations qui ne croient plus en des hommes politiques qui ne tiennent plus leurs promesses.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

M.W 18/04/2016 20:41

Paroissien-Progressiste

Excusez-moi mais je trouve que cette phrase

"qui s’appelle 'accueil et sérénité' qui a par exemple évacué dans le calme des militants d’extrême droite de la place ou protégé Alain Finkielkraut ce week-end."est un peu confuse.

Pour les médias ben aucun média n'est vraiment objectif, chacun à sa vision des choses et oriente l'information selon ses opinions politiques, franchement des médias objectifs en France à part Le Monde je n'en connais pas. Cela dit s'il faut prendre des pincettes quand on écoute les médias, faut-il l'être aussi quand on écoute Nuit Debout ? pouvons-nous savoir avec certitude si leur version des faits est la vrai ?

Cordialement

paroissiens-progressistes 18/04/2016 21:07

M.W,

LeMonde.fr contredit la version de Finkelkraut. Pourquoi mentiraient-il ? Puisque d'autres témoignages confirment les dires de nos deux membres de la commission "accueil et sérénité". Finkelkraut a entendu plus que deux interventions de cinq minutes comme il le prétend. Il est bizarre aussi de voir un site proche de l'extrême droite lui demander après son avis quand il est expulsé.

Merci !