Nuit Debout entre action et recherche d’une nouvelle voie, tandis que le gouvernement essaye de trouver sa position à gauche

Publié le 23 Avril 2016

Comme nous le montre francetvinfo.fr des sympathisants du mouvement Nuit debout parisien, installé place de la République, ont bloqué le gala de Sciences Po, vendredi 22 avril, dans la soirée 2016. L'action, qui a duré près d'une heure, a été filmée et publiée sur l'application Periscope.

La soirée avait lieu place de la Bourse à Paris. Son entrée a été perturbée par plusieurs participants au mouvement Nuit debout, forçant les étudiants et autres invités à patienter sur le trottoir. Selon un document lu dans la vidéo Periscope, le blocage a été décidé pour dénoncer la "reproduction des élites" ainsi qu'un master décidé en partenariat avec la Société générale. Il s'agissait aussi de relancer la mobilisation autour de la loi Travail.

Au bout de plusieurs dizaines de minutes, les CRS sont finalement intervenus devant le palais Brongniart, repoussant les sympathisants de Nuit debout. Ces derniers brandissaient une large banderole sur laquelle on pouvait lire "Votre violence est symbolique, notre violence est légitime". Le gala, qui reçoit le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, a finalement pu se tenir.

Comme nous le montre Libération.fr, à l’approche des manifs du 28 avril et du 1er Mai, le réalisateur de «Merci patron !» François Ruffin voyant les limites à long terme du mouvement tente de faire converger Nuit debout et le mouvement syndical. Mais ça coince. Il faut dire que les AG n’ont pas vraiment de stratégie. «Les assemblées générales sont interminables et ne permettent pas de faire émerger des propositions concrètes», résume Ruffin. Le rapprochement avec les syndicats permettrait de passer pour Nuit debout de la réflexion à l’action.

La CGT n’est pas contre comme le montre Libération.fr. Il faut dire que Philippe Martinez reconduit à son poste de secrétaire général avec une avance confortable souhaite une «CGT offensive, déterminée, rassemblée et rassembleuse». Doté de sa nouvelle feuille de route, il a aussi défendu une «CGT moderne», mettant en avant les propositions du syndicat tel que le nouveau statut du travail salarié, la réduction du temps de travail ou encore une autre répartition des richesses. Avant de résumer la ligne de la CGT : «Contester, rassembler et mobiliser.» Ce qui, «dans le contexte», a-t-il précisé, signifie «retrait» du projet de loi porté par la ministre du travail, Myriam El Khomri, mais aussi «construction d’alternatives».

Philippe Martinez a également donné rendez-vous aux militants et salariés le 28 avril, date de la prochaine manifestation contre le projet de loi travail proposée par sept organisations, dont la CGT. Evoquant, au passage, des «perspectives de grèves massives» et la question «de la reconduction de la grève» qui, a-t-il annoncé, serait posée.

La convergence des luttes devra se faire par un rapprochement entre mouvements syndicaux et citoyens, au risque de l’essoufflement d’un mouvement comme Nuit Debout. Pendant ce temps comme l’a montré Libération.fr jeudi, le gouvernement ne sait plus où il va comme le montre Hé oh la gauche, le nom tout en interjections de la nouvelle entité vouée à soutenir François Hollande. «Un rassemblement autant qu’une interpellation», dixit Stéphane Le Foll, au Monde. Le fidèle du Président précise qu’il s’agit là d’un collectif - un club de fayots ? - comprenant plusieurs ministres, dont Najat Vallaud-Belkacem, Marisol Touraine ou Emmanuelle Cosse. Et non d’une aventure personnelle à la En marche ! de Macron. Car selon Le Foll, «l’alternative à gauche [de Hollande] n’existe pas». Si, Nuit Debout si le mouvement se décide à ne pas seulement parler, car il faut mettre ses idées à l’épreuve de la réalité.

Hier, nous apprenions aussi dans Libération.fr qu’à l'occasion du 80e anniversaire du Front populaire, le chef de l'État doit conclure, le 3 mai, une journée de débat de la Fondation Jean Jaurès et Terra Nova sur «la gauche au pouvoir». «Ce sera l’occasion pour le chef de l’État de parler à sa famille politique et de remettre en perspective son action dans l’histoire de la gauche», dit-on dans l’entourage du chef de l’État.

Alors que le Président de la République ose maintenant faire le geste qui sauve : ne pas suivre la voie du social libéralisme. Une voie sans issue. Puisque ceux qui ont suivi cette voie comme Gerhard Schröder, ont perdu leur identité et légitimité auprès du plus grand nombre. Depuis 1979 et l’arrivée au pouvoir en Grande-Bretagne de Margaret Thatcher, la gauche est sur la défensive. Les partis de gauche réformiste ont tenté de sauver ce qu’il pouvait et ils ont parfois accepté des revendications portées par le monde des entreprises. Pour éviter cela, le gouvernement devrait revenir aux sources du socialisme en renouant avec l’esprit de Jaurès, contre le règne de l’argent roi et la violence du capitalisme. Pour cela, il doit ouvrir un vaste débat sur ses valeurs et ses pratiques, tout en recourant aux grandes idées qui ont fait la force de la gauche.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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