Nuit debout trouve son orchestre et cherche son avenir

Publié le 21 Avril 2016

Francetvinfo.fr dans son article du jeudi 21 avril nous montre que l’interprétation de la "Symphonie du Nouveau monde" par l’"Orchestre debout", retransmis en direct sur Périscope, a été largement relayé sur les réseaux sociaux. Ils voulaient "se faire entendre en musique", le pari est réussi. Plusieurs dizaines de musiciens sympathisants du mouvement Nuit Debout ont interprété la Neuvième symphonie d'Antonin Dvorak, plus connue sous le nom de symphonie Du Nouveau Monde, mercredi 20 avril sur la place de la République à Paris. L'événement, retransmis en direct sur Périscope, a été largement relayé sur les réseaux sociaux. Avec une approbation quasi-générale.

Les organisateurs, regroupés sous le nom d'"Orchestre Debout", expliquaient avoir choisi la célèbre symphonie du compositeur tchèque à dessein. "Parce que nous souhaitons un nouveau monde, tout simplement meilleur, dans lequel la justice et la culture seront la base de la société, nous avons le droit et même le devoir de nous lever", peut-on lire sur la page Facebook servant à organiser l'événement. Sur les réseaux social, plus de 12 000 personnes avaient indiqué vouloir se joindre au concert.

Pour Clément, qui a organisé l'événement sur Facebook c'était une "réponse à ceux qui pensent à tort que Nuit debout, ce sont des punks à chien qui ne font que boire de la bière". Les musiciens aimeraient renouveler cette expérience, peut-être le 30 avril. "On en discute avec Nuit debout, pour coordonner les emplois du temps et ne pas empiéter sur un autre événement". Une œuvre est déjà proposée aux organisateurs : l'Ode à la joie, finale du dernier mouvement de la Neuvième symphonie de Beethoven.

Mais on se demande comment va être la suite pour Nuit Debout. Après trois semaines de rassemblements place de la République à Paris, le mouvement citoyen Nuit debout souhaite étendre ses actions et son public, mais s’interroge sur son avenir, en quête de premières «victoires» comme nous le montre Libération.fr et LesInrocks.com.

«Envahir la place de la République, et maintenant la garder, n’est pas une finalité : seulement un moyen. Mais pour faire quoi? » Plusieurs centaines de sympathisants, appelés à ne pas se contenter d’avoir bâti un «mini-îlot de révolte», en ont débattu mercredi soir à la Bourse du travail. Au-delà de la remise en cause de la «démocratie bourgeoise», «il s’agit de se demander : qu’est-ce qu’on fait dans les trois semaines à venir», a énoncé le journaliste et réalisateur François Ruffin, un des initiateurs du mouvement. Avant de proposer «un coup», à l’occasion de la fête du travail : «Je souhaite qu’on fasse un très gros 1er Mai, à la fois festif et politique, que la manif' se termine à République et qu’on fasse un meeting commun avec les syndicats qui sont opposés à la loi El Khomri».

«C’est une proposition quasi-historique, parce que cela veut dire revenir sur la fracture de Mai 68, on fait fonctionner la jeunesse et le mouvement syndical ensemble», a-t-il ajouté. Un appel entendu par un responsable de la CGT à Grenoble, présent dans la salle, qui a apporté le «soutien moral» de la première centrale syndicale, tout en regrettant le manque «d’implication massive» de ses adhérents à Nuit debout.

Même si ce mouvement citoyen qui occupe la place de la République chaque soir depuis le 31 mars dépasse largement l’opposition initiale à la loi travail, cette réforme contestée reste en ligne de mire. Pour Leila Chaibi, autre initiatrice de la mobilisation, «on n’arrivera à développer ce mouvement que si on obtient des victoires, et la victoire qui est atteignable, c’est le retrait de la loi El Khomri».

En marge des débats, un proche des organisateurs décrypte le point de tension : «L’équipe de Fakir et quelques autres personnes ont lancé Nuit debout, mais le mouvement leur a échappé, ils pensent désormais que les AG interminables et la multiplication des commissions thématiques, c’est de la perte de temps.» L’objectif de la soirée aurait été que François Ruffin et ses acolytes puissent soumettre à l’assemblée populaire de Nuit debout cette proposition d’action. Le temps presse en effet d’ici le 1er mai.

C’était peine perdue. Alors qu’un tour de parole est organisé pour que les participants s’expriment sur cette proposition et esquissent les modalités de la réaliser, les intervenants s’expriment comme s’ils assistaient à l’AG de Nuit debout : sur des sujets divers et variés, et sans respecter le temps de parole imparti. Certains manifestent leurs réticences à inviter les syndicats.

Pas d’après pour l’instant. Le mouvement ne veut pas être récupéré, mais ne devrait-il pas plutôt récupérer les syndicats et les partis de gauche qui manquent de militants permettant ainsi de changer par le nombre les décisions en leur sein. Si le mouvement ne pense pas à son avenir, il finira surement comme Occupy Wal Street, et les partis politiques comptent bien sur son essoufflement et vu le choix politique qu’on nous propose pour les élections présidentielles, ce ne sera pas très emballant. Rester en dehors de la politique ne permet pas de faire peur aux élites économiques et politiques. Il faut passer du rêve à l’action.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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Françoise 29/04/2016 13:45

Oui, M. W. Pour moi, toute monarchie est un totalitarisme qui prône une élite contrôlant et abusant d'une majorité de la population. La voie monarchique ne se différencie pas des totalitarismes populaires ou militaires ou religieux. C'est pour moi exactement la même chose, avec le même principe de féodalité, même si avec des variantes. Les oligarchies actuelles des grandes multinationales industrielles et des grands groupes financiers sont aussi un totalitarisme.
Au même titre que les dictatures militaires et religieuses.
Il me paraît important de rompre avec ces systèmes d'aliénation qui provoquent chaos, misère, guerres et violences de toutes sortes sur notre planète. L'émancipation à la fois individuelle et collective me paraissent bien plus génératrices d'égalité, de respect, de dialogue et de réelle démocratie que des systèmes féodaux monarchiques ou néo-monarchiques.

Tietie007 29/04/2016 13:58

Les monarchies étaient beaucoup plus "douces" que les violentes dictatures du 20eme siècle.

Tietie007 29/04/2016 10:57

D'après Thierry Meyssan, les Nuits Debout seraient financées par la CIA :

http://tietie007.over-blog.com/2016/04/thierry-meyssan-les-nuits-debouts-et-la-cia.html

paroissiens-progressistes 29/04/2016 19:00

Titie007

La CIA a vraiment du temps à perdre. Qu'est-ce qu'elle y gagne ? Il n'y a pas de matière première ? Il faut arrêter de croire les complotistes de tout poil. Meyssan s'est fait chassé de Nuit Debout et il ne l'accepte pas, ça le regarde, il n'a pas besoin de dire de sottises sur le mouvement.

Merci !

Françoise 29/04/2016 14:18

Meyssan et ses déliriums tremens...Il s'arrange pas en vieillissant.
Le mot "douces" concernant les monarchies est plutôt malheureux si l'on fait le bilan des régimes monarchiques depuis la Haute Antiquité. Dans la série violences, guerres, abus, crimes, mise en esclavage, ça se pose là. Les totalitarismes du 20ème siècle ne sont que la version moderne et technologique des monarchies d'autrefois. Mais je comprends la nostalgie des intégristes catholiques vis à vis de la monarchie. Le partage du pouvoir politique avec les rois et la main-mise sanitaire, éducative et sociale était fort pratique. Elle n'existe plus aujourd'hui que dans quelques pays où justement les droits de l'homme, les droits des femmes et de l'enfant sont encore plus bafoués que dans les régimes "démocratiques laïcs".

Françoise 25/04/2016 00:19

Bonsoir M.W.

Si vous êtes bonapartiste, alors proche du chansonnier Pierre-Jean de Béranger ;-)
Les souvenirs du peuple, le pape musulman, ça vous parle peut-être?
Certains royalistes non légitimistes lorgnent du côté de Dupont Aignan, du Cercle des Volontaires, de l'UPR également. D'autres restent proches de de Villiers, de Boutin et des mouvances liées aux royalistes membres de l'Opus Dei. Et avec comme penseurs Henri Paul Hude, l'abbé Grosjean, Maurras, Jean Ousset, Denis Tillinac pour ne citer que ceux-là. Certains plus originaux iront soutenir Richard Millet, Renaud Camus...
Pour moi le royalisme, ça me fait surtout penser à l'opérette de Charles Lecoq. Je suis du genre Clairette Angot, voyez-vous, à chanter "jadis les rois, races proscrites enrichissaient leurs partisans...etc, etc". Et je considère l'actuelle oligarchie au pouvoir (finance, médias, politiques, économistes) comme une monarchie qui ne dit pas son nom et pratique un totalitarisme tout aussi abusif et violent contre le peuple.

M.W 26/04/2016 08:25

Françoise

Donc si je vous comprends bien, vous pensez que les monarchies de l'Antiquité, du Moyen Age et des Temps modernes et même de l'époque contemporaine étaient des totalitarismes ?

Cordialement

Françoise 24/04/2016 09:42

@ M.W.

Je vous ai posé seulement la question histoire de comprendre votre positionnement.
A vous de me dire où vous vous situez.

@ Taï

Je pense que la voie de l'union syndicale y compris avec Sud serait un réel plus.
Sans union syndicale, le mouvement n'ira pas loin. J'étais en Auvergne quand j'ai su pour Finkielkraut. A en croire les grands médias, c'était catastrophique. Et puis quand tu décryptes l'évènement, en réalité, il a juste été raccompagné sans violence. Mais tout est bon actuellement politiquement et médiatiquement pour décrédibiliser Nuit Debout. J'ai vu hier soir que ça faisait des petits au Canada. En espérant que ça se maintiendra aussi.

paroissiens-progressistes 24/04/2016 14:30

Françoise,

J'espère aussi qu'il y aura un lien avec les syndicats, le mouvement ne doit pas s’essouffler car il met une bonne pression sur le gouvernement pour l'obliger à revenir aux bases. C'est à Montréal, au Canada que ça a commencé, c'est bien que le mouvement se répande pour repenser la société. Pour "Finkie", on a exagéré un petit incident et ça n'a pas marché.

Merci !

M.W 24/04/2016 11:09

Françoise

Ou je me situe ? et bien en fait je ne suis pas vraiment encarté et je n'adhère pas aux mouvements royalistes existant, je reste électron libre dans le monde des royalistes. Pour l'instant je penche surtout du côté des Bonaparte mais je n'ai rien contre les Orléans. En revanche, je l'avoue, j'ai du mal avec le Louis XX des légitimistes.

Cordialement

Françoise 24/04/2016 00:21

Sympa l'orchestre et belle idée.
Il semble que pour l'union CGT et Nuit Debout pour la manif du 1er mai, ça tienne!
Je ne sais pas si tu as lu l'article d'Acrimed sur l'incident Finkielkraut et le soutien d'Onfray...Ca vaut son pesant d'or!

http://www.acrimed.org/Nuit-debout-le-crachat-de-Michel-Onfray-pour

M.W 24/04/2016 09:05

Françoise,

Il y a quelques jours vous m'avez demandé si j'étais à l'UCLF, vous pensez que je suis légitimiste ?

Cordialement

paroissiens-progressistes 24/04/2016 08:41

Françoise,

J'ai lu cet article, c'est très drôle. Onfray va toujours dans la surenchère. Espérons que l'union Nuit Debout et CGT obtienne des résultats. Et je souhaiterais que le mouvement aille plus loin et s'empare des partis de gauche, comme l'avait fait les syndicats et l'ACO entre les années 1970 et 1980 pour modifier complètement l'entre soi de ces partis.

Merci !

M.W 22/04/2016 23:11

Paroissien-Progressiste

Que pensez-vous de la phrase de Machiavel "En politique, le choix n'est pas entre le bien et le mal mais entre le pire et le moindre mal ?"

Cordialement

paroissiens-progressistes 24/04/2016 14:25

MW,

J'y ai répondu, la droite n'est plus gaulliste donc plus de droite, le centre droit n'est plus social donc plus au centre et un partie de la gauche n'est plus de gauche puisqu'elle adhère aux idées de la droite. Quant à l'extrême gauche, ses idées sont anciennes mais ne leur permettent pas de gouverner. On comprend l'abstention, on ne sait plus pour qui voter.

Merci !

M.W 24/04/2016 09:05

Paroissien-Progressiste

Ah oui parce que le keynésianisme est le pluralisme peut-être ? D'ailleurs je vous signale qu'après la Seconde Guerre Mondiale, les pays d'Europe étaient plutôt keynésien et c'est la crise de 1974 et de 1979 qui a fait pensé à beaucoup que le keynésianisme étaient dépassés.

Et je remarque d'habilement vous n'avez pas répondu à ma question, je ne vous ai pas demandé ce que vous pensez des droites et des gauches mais êtes vous véritablement sûr de cautionner le fait que certains soient de droite ou du centre ou d'extrême-gauche ?7

Cordialement

paroissiens-progressistes 24/04/2016 08:38

M.W,

Mais le libéralisme économique n'est pas pluraliste, ses chantres Hayek et Friedman ont clairement fait comprendre qu'il n'allait profiter qu'aux riches, puisque sans que l'Etat protège les populations il y a donc la richesse détenues entre quelques mains. D'ailleurs le libéralisme économique est un mauvais système puisqu'il a connu plusieurs crises économiques : grande dépression (1873-1896), dont les effets finirent avec la Première Guerre mondiale, la crise de 1929 qui amena la Seconde Guerre Mondiale, les crises pétrolière de 1974 et 1978 qui amenèrent le chômage massif, le krach d'octobre 1987, crise économique mexicaine et asiatique en 1994, le Krach boursier de 2001-2002, crise des subprimes en 2008, crise espagnole et grecque en 2009.

La droite s'est vendue dans les années 1970 à des idées contraires au gaullisme, tout comme le centre droit à celle du MRP des années 1950. La gauche dans les années 1990. Appuyer un système qui a montré son échec est un suicide politique, voire de la stupidité.

Merci !

M.W 23/04/2016 18:11

Paroissien-Progressiste

Oui mais encore faut-il savoir ce que l'on sous-entend par améliorer la société. Après-tout vous avez une vision de gauche de ce qu'est une société améliorée, un homme de droite ou du centre aura certainement une vision différente de ce qu'est une bonne société. Un jour vous avez dit être pour le pluralisme mais qu'il faut pour cela une rencontre sur des idées avec lesquelles tout le monde sera d'accord mais peut-être que ces points ne vont mettre d'accord que les hommes du même bord. Par exemple si vous pensez que le libéralisme est forcément une infamie et que vous estimez que tous le monde doit être keynésien, comment faire dans ce cas-là avec ceux qui pensent que le libéralisme est une bonne chose ou avec ceux qui pensent que le keynésiannisme n'est pas assez radical ?

Honnêtement mon ami je vous pose cette question : êtes vous véritablement sûr de cautionner le fait que certains soient de droite ou du centre ou d'extrême-gauche ?

Cordialement

paroissiens-progressistes 23/04/2016 11:58

M.W,

Machiavel donne un choix peu plaisant entre le pire et le moindre mal, ce qui n'est pas vraiment un choix. Il faut toujours améliorer la société, car l'inégalité amène la violence. Les meilleures révolutions sont celles qui viennent par les réformes et non par la violence.

Merci !

M.W 22/04/2016 08:05

Paroissien-Progressiste

Récupérer les partis de gauche ? et comment pourra faire Nuit Debout pour continuer de se revendiquer apolitique et non encarté s'il récupère les partis de gauche ? ne risque t-il pas d'être décrédibilisé s'il récupère les partis de gauche ? Et s'il ne s'arrête qu'à la gauche il risque de délaisser les centristes et les gens de droite, pourra t-il être un mouvement rassembleur ?

Cordialement

paroissiens-progressistes 22/04/2016 09:13

M.W.,

Ils se revendiquent de gauche, et bien pour changer les partis de gauche, au lieu d'être récupéré qu'il récupére. On ne peut pas se mettre de côté et attendre que ça se passe. Le problème, c'est que le mouvement n'a pas un soutien formidable au centre et à droite, c'est là où il est le plus critiqué puisqu'il refuse le libéralisme économique. Il peuvent difficilement rassembler là, où leur idées ne sont pas porteuses.

Merci !