Pédophilie : "Est-ce que ces gamins étaient très normaux ?", ironise un prêtre, le cardinal Barbarin demande des excuses

Publié le 27 Avril 2016

RTL.fr nous montre ce jeudi 27 avril 2016 qu’au cœur du scandale de pédophilie dans l'Église révélé par plusieurs témoignages ces dernières semaines, le cardinal Barbarin a décidé de réunir les prêtres du diocèse de Lyon ce lundi 25 avril. Environ 200 religieux ont fait le déplacement dans la chapelle du Centre Valpré d'Ecully, en banlieue lyonnaise, à 14h45, pour une "réunion d'information et d'échange" à huis clos. Selon l'invitation qu'ils ont reçue, le programme de l'après-midi consistait à faire un "point sur les affaires en cours" et évoquer les décisions "déjà prises" et les "orientations nouvelles" en matière de nomination et d'accueil de religieux au sein du diocèse.

À cette occasion, deux prêtes ont tenu des propos assez ahurissants devant plusieurs journalistes qui couvraient la journée. Georges Favre, un prêtre retraité, s'est essayé à une plaisanterie qui laisse perplexe. "Ma position ? Je n’ai pas violé beaucoup d’enfants, je suis assez clean à ce sujet-là. Heureusement, parce que vous auriez pu en faire partie, comme vous êtes très jeunes les uns et autres". Son homologue de Villeurbanne, Jean Lacombe, quant à lui, reporte la faute sur les victimes du père Preynat. "À l’époque, ils disaient être les chouchous du père Preynat, ils en étaient fiers. Alors est-ce que ces gamins étaient très normaux ? Être fier quand on se fait peloter, ça me paraît curieux". Monseigneur Barbarin a demandé aux deux prêtres de présenter "leurs excuses" et a dénoncé "des propos inadmissibles".

Cette réunion avait pourtant pour but de mettre en exergue des divergences de vue dans le clergé lyonnais. Car il y a d'un côté les "négationnistes" et de l'autre les "Savonarole", glisse un prêtre sous le couvert de l'anonymat, en référence au prédicateur italien qui dénonçait au XVe siècle la corruption morale des prélats romains. Certains en tout cas ont déjà pris position de façon assez ferme, comme le père Franck Gacogne de la paroisse Saint-Benoît à Bron. "La pédophilie, c'est moralement pire quand ça vient d'un prêtre [...] Oui, l'Évangile a été gravement trahi [...] Je n'ai que faire de la préservation de l'institution, elle n'a pas à être protégée à tout prix", a-t-il asséné dans le bulletin de sa paroisse du mois d'avril.

De leur côté, les victimes ont voulu s'inviter à cette réunion. L'association "La Parole Libérée" qui a révélé les agissements du père Bernard Preynat sur des scouts de la région lyonnaise il y a plus de 25 ans, la principale affaire qui vise le clergé lyonnais ces derniers mois, a envoyé la semaine dernière une lettre aux prêtres du diocèse, leur demandant de se faire "les porte-parole des victimes silencieuses" au cours de ce rendez-vous. François Devaux, un des fondateurs de l'association dénonce "la dérive sectaire" de l'institution et espère que "certains prendront leurs responsabilités" malgré la "peur". "Barbarin essaie de rassembler autour de lui car ça sent le sapin" pour lui, estime-t-il.

Le primat des Gaules est visé par plusieurs plaintes pour non-dénonciation d'agressions sexuelles, la plupart en marge de l'affaire du père Preynat, mis en examen fin janvier. Cinq autres affaires d'agressions sexuelles ou de pédophilie ayant un lien avec le diocèse de Lyon ont émergé depuis, en cours d'enquête ou déjà jugées dans le passé. Et d'autres cas ont été signalés en Guyane et dans le Loiret. Le cardinal Barbarin, lui, nie vigoureusement avoir couvert de tels faits. Mais face au scandale, l'Église catholique de France, dont la réponse a souvent été jugée trop tiède et les déclarations maladroites, vient d'annoncer une série de mesures dont la création de cellules d'écoute locales pour les victimes et la mise en place d'une commission d'expertise indépendante pour faire "la lumière" sur la pédophilie dans ses rangs.

Doit-on être étonné que des prêtres puissent se moquer des victimes de prêtres pédophiles ? Non. On préfère défendre l’institution plutôt que ceux qui lui permette de vivre. Le cardinal Barbarin leur demande des excuses, mais il est responsable de cette situation puisque ses défenseurs font la négation de ce qui passe en prétendant à un pseudo complot. Le ménage serait utile pour redonner la confiance aux victimes et pas de simples excuses.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

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gaetan ribault 01/05/2016 09:19

Décidement vous vous laissez emporter par votre imagination. Je ne défends rien du tout , sauf mes propos et vous en tirez des suppositions fort mal venues.
Si le fait de rapporter un fait vécu me fait défenseurs d'un prêtre pédophile , permettez moi de vous dire que vous déraillez!

paroissiens-progressistes 01/05/2016 10:35

gaëtan,

Non, j'ai posé la question, car vous me faisiez peur, j'attendais cette réponse qui vous sied mieux. La prochaine fois, il faut faire attention à la comparaison qui pour moi ne portait pas vraiment sur le sujet.

Merci !

gaetan ribault 28/04/2016 11:03

contrepartie. Mais ce prêtre des année splus tard s'est retrouvé exilé dans un trou perdu du Nord

gaetan ribault 28/04/2016 11:02

Quands j'ecris favoritisme , je ne sais qu'elle en était la

gaetan ribault 28/04/2016 09:15

Jean Lacombe, quant à lui, reporte la faute sur les victimes du père Preynat. "À l’époque, ils disaient être les chouchous du père Preynat, ils en étaient fiers. Alors est-ce que ces gamins étaient très normaux ? Être fier quand on se fait peloter, ça me paraît curieux"
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Même si cette remarque est un peu raid e, elle me parait traduire une certaine réalité. En effet dans tout groupe humain il y a des fayots prêts à pas mal de choses pour être bien dans les papiers de l’autorité quelle qu'elle soit.
J'ai connu cela quand au catéchisme avec deux copains nous nous sommes plaints de favoritisme envers deux petit camarades (frères d'ailleurs)..Il a fallu que nous fassions signer une lettre de plainte de l'abbé à nos parents sinon pas de communion solennelle. Je n'ai jamais vu mon père autant rire que lorsqu'il a du signer

paroissiens-progressistes 28/04/2016 09:40

gaëtan,

Se faire abuser sexuellement n'est pas du favoritisme, ce prêtre est en dehors de la réalité de ces victimes. Votre exemple, n'est pas comparable à cette situation, celle d'un homme qui a profité de sa charge pour abuser d'enfants. C'est une position indéfendable, vous semblez défendre que ce prêtre puisse abuser d'enfants. Et dans ce cas, c'est vous et vos deux copains qui avaient vu du favoritisme, un cas différents vous en conviendrez.

Merci !