Une actualité bien chargée : Un guide du Vatican sur la future exhortation post-synodale, l'évêque de Pontoise ne "saurait pas dire" si la pédophilie est un péché et "Nuit debout" s'étend à la province

Publié le 6 Avril 2016

Comme nous le montre NCRonline.org ce mercredi 6 avril 2016, un guide de lecture du Vatican a été envoyé aux évêques avant la publication du document très attendu du pape François sur la famille, qui dit que le pape veut que l'Église adopte une nouvelle position sur l'inclusion dans la société et veille à mettre ses doctrines sont «au service de la mission pastorale».

Le guide envoyé par le bureau du Vatican en vue de la publication de l’exhortation post-synodale vendredi intitulée "Amoris Laetitia; L’amour dans la famille" pourrait selon le pape François «encourager non seulement un ‘renouveau’, mais plus encore, une véritable ‘conversion’ de la langue». Pour le pape l’Église doit «s'exprimer dans un langage qui atteint véritablement le public, et cela implique le discernement et le dialogue.» Le discernement, dit-il, «évite de prendre des vérités et des choix pour acquis, il nous faut examiner et consciemment adopter nos formulations de vérités et les choix que nous faisons.» Il demande que comme pasteurs les évêques discernent entre les différentes situations vécues par les fidèles et pour toutes les personnes, les familles, les individus», déclare le document. «Le discernement ... nous encourage à développer de mieux en mieux», déclare-t-il.

«Pour la culture du dialogue, l'inclusion de tous est essentiel», poursuit le document. «La vision du pape de la société est inclusive. Une telle inclusion implique l'effort d'accepter la diversité, le dialogue avec ceux qui pensent différemment, d'encourager la participation des personnes ayant des capacités différentes.» Plus tard, le document indique que «La sollicitude pastorale ne doit pas être interprétée, par opposition à la loi.» «Au contraire : l'amour de la vérité est le point fondamental de la rencontre entre la loi et le soin pastoral», continue-t-il. «La vérité est pas abstraite, elle intègre le voyage humain et chrétien de chaque croyant.» «La pastorale est également pas une application pratique contingente de la théologie», affirme le document. «Nous ne sommes pas censés être compatibles avec la pastorale et la doctrine, mais conserver l'original, le sceau constitutif de la pastorale de la doctrine.»

«L'Évangile ne doit pas être purement théorique, il ne doit pas être détaché de la vie réelle des gens», affirme le guide. «Pour parler de la famille et aux familles, le défi est de ne pas changer la doctrine, mais d’en inculturer les principes généraux de manière à faire qu'ils puissent être compris et pratiqué.» «Notre langue devrait encourager et rassurer chaque étape positive prise par chaque famille réelle», continue-t-il. En conclusion, le guide de lecture dit que «La langue de la miséricorde incarne la vérité dans la vie.» «La préoccupation du Pape est donc de recontextualiser la doctrine au service de la mission pastorale de l'Église», déclare-t-il. L’utilisation d’un mot grec pour la proclamation du salut par Jésus, montre rait selon le guide que la «Doctrine doit être interprété en relation avec le cœur du chrétien kérygme et à la lumière du contexte pastoral dans lequel elle sera appliquée.»

Le discernement pourquoi pas, mais il est difficile à croire que des évêques qui ont été choisi à l’époque de Jean-Paul II et Benoît XVI qui demandaient constamment à Rome comment régler leur problème d’avoir du discernement, le doute est permis. Pour la communion des divorcés remariés, on aimerait savoir ce qu’il en est.

Comme le montre L’OBS aussi ce mercredi que pour l'évêque de Pontoise, Stanislas Lalanne, la pédophilie est "un mal" mais il ne "saurait pas dire" si c'est un péché. Ses propos ont choqué les victimes d'un prêtre pédophile à Lyon qui s'en sont émus.

"La pédophilie est un mal. Est-ce que c'est de l'ordre du péché ? Ca, je ne saurai pas dire, c'est différent pour chaque personne. Mais c'est un mal et la première chose à faire c'est de protéger les victimes ou les éventuelles victimes", a-t-il déclaré mardi sur RCF, réseau de 63 radios chrétiennes francophones. Mgr Lalanne intervenait dans le cadre de l'émission "Le Temps de le dire" consacrée à "L'Église de France face à la pédophilie".

Un peu plus tard, plusieurs auditeurs heurtés par ses propos l'ont relancé et l'évêque a précisé : "C'est un mal profond. Les choses sont très, très claires. Est-ce que c'est péché ou pas ? Je ne sais pas et ça peut être différent suivant chacun. Donc on ne peut pas généraliser", a ajouté le responsable religieux.

"La difficulté, c'est quelle conscience la personne a de ce mal ? Comment elle s'en sent responsable ? [...] Quand on commet un péché, on a conscience qu'on blesse la relation à l'autre et qu'en blessant la relation à l'autre, on blesse la relation avec Dieu", explique-t-il. "On est dans l'ordre du péché mais est-ce que cet homme est pécheur au sens strict du terme ? Je ne peux pas le dire, à chaque fois, on ne peut pas parler de façon générale", a conclu Stanislas Lalanne.

Voyons ce qu’en pense Jésus : «Celui qui scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu’on lui attache au cou une grosse pierre et qu’on le noie au fond de la mer» (Matthieu 18,6). Jésus a su le dire lui. Encore une fois, nous voyons que l’Église n’est pas très claire sur ce grave sujet.

L’OBS nous montre aussi que "Nuit debout", l'occupation de la place de la République à Paris pour lutter contre la loi travail, a commencé à s'étendre à plusieurs villes de province.

Quelque 300 jeunes, et moins jeunes, se sont ainsi rassemblés dans la soirée place du Bouffay à Nantes, en cercle, dans le calme. Des "ateliers" discutent du travail, des médias, de l'environnement... "C'est intimidant et exaltant", lance un homme de 32 ans. "J'attendais un moment comme ça, comme aujourd'hui, depuis longtemps, montrer quelque chose de positif, pas juste être dans le refus de quelque chose."

À Rennes, après une journée agitée, ce sont quelque 200 personnes qui se sont retrouvées, en rond sur l'immense esplanade Charles-de-Gaulle, assis sur le sol, avec couvertures, pique-nique, instruments de musique. Près d'un demi-millier de manifestants se sont aussi réunis place du Capitole à Toulouse. À Lyon, une forte présence policière a empêché l'accès à la place Mazagran où avaient rendez-vous les manifestants. Ces derniers se sont rendus sous le pont de la Guillotière, où 300 personnes ont ensuite débattu en assemblée générale.

"Nous ne sommes plus dans la simple revendication contre un projet de loi mais dans quelque chose de plus vaste", a commenté Alex, DJ et encadrant de la "Nuit debout" parisienne, qui voit en l'Espagne "un exemple assez parlant" de ce vers quoi tend ce mouvement. "Là-bas, l'occupation de places a débouché sur une transformation de la vie sociale et politique. Qu'on soit ou non d'accord avec Podemos, l'Espagne n'est plus la même aujourd'hui qu'en 2011."

Nuit Debout va sur la durée, attendons de voir où va aller le mouvement.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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M.W 07/04/2016 16:24

Euh vu que le mien aussi se répète comme cela je crois que votre machin de commentaire est en train de planter, vous devriez voir.

Cordialement

paroissiens-progressistes 07/04/2016 17:28

MW,

Non, C'est de la publicité et j'en ai eu souvent le droit, je les supprime régulièrement. On en mets plusieurs en pensant que je vais me lasser.

Merci !

M.XW££ 07/04/2016 16:22

Paroissien-Progressiste

C'est normale que le commentaire de said se soit répété autant de fois sur votre blog ? cela semble être un spam.

Cordialement

Françoise 06/04/2016 22:49

Lalanne montre bien ce que j'expliquais l'autre jour à Diane ou à Eliane sur Golias. A savoir l'aspect pratique traditionnelle pédophile dans l'Eglise. Ce qui pour les prélats ne représente ni mal ni péché, mais une sorte de pratique de bizutage et de défouloir. Bien sûr, Lalanne est incapable d'assumer ça donc, il va tenter de se dédouaner par son propos tortueux, mais en réalité il s'agit bien de cela.
L'histoire du clergé catholique a fait que le recrutement des clercs se faisait auprès des familles qui donnaient véritablement au sens propre du terme leurs enfants aux moines, religieuses, prêtres recruteurs. A partir de là, ces enfants âgés pour la plupart de 8 à 10 ans, apprenaient le métier et passaient à la casserole. La pédophilie qu'ils subissaient durant toute leur formation (devenant un pilier de leur formation) constituait un moyen d'obtenir des enfants une soumission rapide à l'autorité cléricale. Et permettait de défouler sexuellement prélats, nonnes et moines. Cette pratique a été maintenue jusqu'aux époques des petits séminaires et lorsque les prélats, moines, moniales enseignaient encore dans les écoles. Généralement les enfants visés étaient de familles pauvres, certains handicapés ou en errance et délinquance, ne pouvant donc être défendus par les institutions judiciaires.
Lorsque le clergé n'eut plus cette manne enfantine dans le cadre scolaire et dans le cadre clérical pur, la pédophilie s'exerça dans des cadres plutôt récréatifs (retraites jeunes, scoutisme, aumôneries, catéchisme) et plus largement dans les communautés dites de la Nouvelle Evangélisation, à la faveur des perversions de différents fondateurs: Ephraïm aux Béatitudes, Maciel aux Légionnaires du Christ. Les enfants visés par ces actes pédophiles n'étaient la plupart du temps pas du tout issus de familles pauvres, mais issus de familles très dogmatiques religieusement. Ce qui évacuait toute forme de contestation mais aussi faisait que la plupart des familles ne croyaient pas les enfants quand ils se plaignaient d'actes déplacés, d'abus sexuels.
Les droits des femmes et les droits de l'enfant ont changé la donne. Ce qui permet aujourd'hui à des adultes de notre génération mais aussi aux anciens pensionnaires d'instituts pénitentiaires religieux (hommes et femmes) à porter plainte pour abus, violences sexuelles.
Sans l'avènement des droits des femmes et des droits de l'enfant, ces dénonciations auraient été impossibles, je pense. Il aura fallu attendre plus de 20 ans après ces droits pour que les victimes osent s'emparer pleinement de ces droits fondamentaux en réclamant justice vis à vis des crimes commis contre eux par l'Eglise.
C'est une très bonne chose qu'enfin notre génération et les anciennes se lèvent pour briser l'omerta de la pédophilie dans l'Eglise comme hors l'Eglise.
Mais va y avoir un sacré boulot auprès du clergé pour que la mentalité change.
Et j'ai de gros doutes que le clergé catho puisse changer son approche de la pédophilie.
C'est comme demander à Polytechnique de supprimer ses bizutages violents et fraternités. C'est quelque chose de tellement ancré et où des personnalités perverses utilisent ces crimes pour asseoir leur pouvoir, qu'une métamorphose radicale me semble improbable. Tout autant qu'une réforme constitutionnelle du Vatican.
Et c'est là aussi que tu comprends mieux pourquoi le Vatican n'a jamais voulu suivre les recommandations du père Reginald Fitzgerald des Serviteurs du Paraclet; parce qu'ils considéraient et considèrent toujours massivement la pédophilie comme une tradition institutionnelle sans conséquences. Qui n'est donc ni crime ni péché.
Les victimes, dans ce cadre de pensée, sont totalement gommées, niées.
Lalanne ne voit certainement pas du tout l'abject de son propos. Alors que son discours est à gerber. Bon, peut-être est-ce que je réagis comme ça, parce que j'ai été victime d'inceste une partie de mon enfance et de mon adolescence et que je sais ce que ces crimes détruisent, mais ça me paraît tellement hallucinant de voir un individu opérer une telle dissociation morale sur une violence criminelle des plus perverses.
La pédophilie est un crime, tout comme l'inceste. Un crime qui nous tue intérieurement (psychologiquement, affectivement), parfois aussi physiquement et sexuellement. Comment Lalanne peut-il refuser de l'envisager comme péché?

paroissiens-progressistes 07/04/2016 17:45

Françoise,

Il s'est excusé tout en essayant de justifier son propos, pour la pédophilie on voit bien que cela gêne notre clergé si prompt à condamner la sexualité, mais quand ses membres sont déviants on regarde ailleurs et les condamnations disparaissent, si ce n'est pas la justification de ces actes comme ce prêtre italien qui disait que c'est les victimes qui auraient cherché que les prêtres les abusent. Comment peut-on faire confiance à l'Eglise quand elle garde des personnes pareille en ces rangs.

Coupons ces racines pourries pour que les fidèles aient enfin confiance en une institution qui les a trompés.

Merci !