José María Castillo : "Müller non seulement s’oppose au pape, mais aussi à Vatican II"

Publié le 7 Mai 2016

José María Castillo dans son article du vendredi 6 mai 2016 sur periodistadigital.com nous montre que cardinal Müller dit exactement le contraire de ce que dit le pape François et que les divorcés qui se remarient ne sont pas excommuniés :

«Comme on le sait, le Cardinal L. G. Müller, Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, a déclaré récemment à Madrid et Oviedo, que divorcées et remariées sont excommuniés. Mais cette excommunication n’est pas sur l'actuel code de droit canonique puisque le cardinal a précisé dans sa déclaration une distinction entre une «excommunication canonique» (qui est pas le cas des divorcés remariés) et une «excommunication sacramentelle», qui permet de nier l’Eucharistie aux divorcés qui "vivent une nouvelle union." Avec ce que le cardinal a dit c’est exactement le contraire de ce dit le pape François dans son Exhortation "Amoris laetitia" (# 243).

Le cardinal Müller, pour justifier sa confrontation avec le pape, dit (tel que l’ont rapporté les médias) qu'il n’est pas "une copie servile du Pontife, mais (il est au pouvoir) pour servir avec son chef." Naturellement, en faisant cette déclaration - si en effet Gerhard L. Müller a dit ce que je viens de mentionner - est que ce cardinal, non seulement s’oppose au pape, mais aussi le Concile Vatican II, qui stipule expressément que les évêques, "en union avec le Pontife romain, son chef, et jamais en dehors de ce chef ", sont soumis au pouvoir suprême dans l'Église (LG 22, 63). Ce qui suit inévitablement est que les catholiques nous obligent, à partir de maintenant, à organiser nos croyances et nos conduites qui ne s’enseigne pas seulement avec l'Écriture Sainte, la Tradition et le Magistère, mais aussi pour ce que nous dicterait le cardinal Müller.

Je vous avoue sincèrement croire et accepter le travail d'un cardinal de l'Église, qui occupe un poste ayant une telle responsabilité, ait dit ces choses. Surtout si l’on considère que dans cette affaire, où est en jeu est le bonheur ou la misère de milliers de familles qui, en raison de situations très difficiles et souvent sans que personne n'est en faute, doivent supporter des dommages irréparables qui suivent la majorité de ces cas.

En plus de tout cela, il est important d’ajouter que, sur la question de l'indissolubilité du mariage, on ne peut pas faire valoir immédiatement "la tradition constante de l'Église". Pour la simple raison que la «tradition constante» n'a pas existé. Dans toute étude, bien documentée, la théologie des sacrements, on nous dit que, dans les premiers siècles de l'Église, les chrétiens étaient les mêmes conditionnements et usages, en ce qui concerne le mariage, que le contour païen. Et nous savons avec certitude que cette situation a duré au moins jusqu'au quatrième siècle (J. Duss-Von Werdt, Mysterium Salutis, volume IV / 2,411, 1975).

Nous savons, en effet, que dans l’Égypte, du IIIe siècle, certains évêques ont permis aux femmes de se remarier, même si leur ex-mari est toujours vivant. Comme il est également connu qu’Origène croit, que ces évêques, n’ont "pas agi entièrement sans raison ... pour éviter de plus grands maux" (PG 13, 1245 à 1246). Et il est connu que, dans l'article IV, le Concile d'Arles (314) demande que les divorcés soient avisés de ne pas se marier, mais ils ne sont pas interdits de le faire (can. 10; cf. H. Crouzel, G. Cereti, Divorce, remariage et pénitence dans l'Église primitive, Revue des Sciences Religieuses, Année 1978, Volume 52, Numéro 2). En outre, au VIIIe siècle, le synode des Verbería (753-756) admet le divorce et donc la liberté de se marier à nouveau (J. Gaudemet, Les Sources du droit canonique, VIIIe-XXe siècle, Paris, 1993), et plus important encore , le pape Grégoire II (726) répond à un consultation qui vient de l'évêque saint Boniface, sur un mari dont la femme l’a rendu malade et qui ne peut donc pas mener à bien le devoir conjugal, et qui permet à cette dernière "de se marier à nouveau, mais parce qu’on ne peut pas l’aider financièrement puisqu’elle l’a rendu malade" (PL 89, 525). Il est même connu que Charlemagne (vénéré comme un saint à Aachen) répudia sa femme et se remaria, dans les années 770 et 771 (Jean Gaudemet, Le mariage en Occident; les mœurs et le droit, Éditions du Cerf, 1987).

Et pourtant, on trouve deux indications importantes. Par-dessus tout, la théologie des sept sacrements, y compris le mariage, n’ont été élaborées qu’à la moitié du XIIe siècle. Dans un second temps, quand on parle de ces questions, il faut se rappeler que les canons de la Session VII du Concile de Trente, où s’affirme l'enseignement officiel de l'Église sur les sept sacrements (DH 1600 à 1630), ils ne sont pas des définitions dogmatiques et donc ils ne proposent pas une «doctrine de foi». Parce que la question de savoir ce qui est condamné étaient soit des «hérésies» ou des «erreurs», les Pères du Concile n'arrivèrent pas à se mettre d'accord sur ce point. Par conséquent, il est dit en premier, il est dit que ces canons sont proposés "pour éliminer les erreurs et extirper l’hérésie" (DH 1600).

Par conséquent, les canons de Trente n'ont pas donné d'eux des conclusions déclaratives non contestées. Et encore moins infaillible. Dans tous les cas, la tant répétée "tradition constante de l'Église". Ni la tradition, que nous disposons justifiant des excommunications, ni canoniques ni sacramentelles. On ne doit pas prétendre à ce que l’Église soit une officine de l’affront et de l’humiliation, alors que nous devons conduire à plus de gens à s’unir à cette Église, sinon à s’alléger avec elle.»

Un bon compte rendu de José María Castillo pour montrer que l’Église n’a pas toujours eu cette vision directe au sujet des divorcés remariés, et que la tradition de l’Église n’a pas été constante sur ce sujet. Après tout, l’Église a une vaste histoire qu’il est bon de relire afin de voir qu’elle appelle le plus grand nombre et pas une caste d’élus.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Histoire de l'Eglise

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