Le nouveau magazine du Vatican critique l’Église pour avoir ignoré le rôle des femmes et le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi nie la possibilité de communion aux divorcés remariés

Publié le 4 Mai 2016

Comme le montre Christopher Lamb dans son article du mardi 3 mai 2016 dans The Tablet l'Église a ignoré la contribution des femmes à la culture catholique au cours de ces dernières années, selon un éditorial paru dans un supplément de l’Osservatore Romano sur les femmes dans l’Église.

Lucetta Scaraffia, la coordinatrice de Femme-Église-Monde, le nouveau magazine mensuel publié par L'Osservatore Romano, a déclaré qu'une «révolution cachée» avait eu lieu au cours du siècle dernier avec les femmes qui apportent une contribution de plus en plus important de la vie intellectuelle du catholicisme. Mais, elle expliqué, qu’elle avait été «presque ignorée» par l'Église, même si elle avait été intensifiée dans les années qui ont suivi le Concile Vatican II où de plus en plus de femmes ont commencé à étudier la théologie.

Le nouveau magazine mensuel lancé hier par le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État dont le ministère supervise le journal, a commencé comme une section mensuelle dans L'Osservatore Romano. C’est la première édition qui comprend des articles d’Elisabeth Parmenthier, une pasteure luthérienne qui écrit sur l'œcuménisme, et une analyse de Debora Tonelli, une philosophe politique italienne, sur la figure biblique de Déborah, la seule femme juge mentionnée dans l'Écriture.

Son thème est la Visitation avec une couverture représentant le moment où Marie, enceinte de Jésus, rencontre Élisabeth, qui est enceinte de Jean-Baptiste. Dans son éditorial le Dr Scaraffia dit que l'événement montre le rôle prophétique des femmes et ne doit pas seulement être réduite à un moment de solidarité. "Les deux sont capables de voir la signification vraie et profonde des événements qu'elles vivent à travers eux et sont en mesure de percevoir le divin même quand il est caché", écrit-elle, "et elles le font plus tôt que les hommes devant les prêtres et les sages".

Quelques petits changements, semblent toutefois se dérouler. En mars la section Femmes-Église-Monde de L'Osservatore Romano a appelé pour que les femmes soient en mesure de prêcher à la messe, qui est exclusivement réservé aux prêtres et aux diacres. Mais pour que l’Église change à ce niveau il faudra qu’elle se débarrasse de ses docteurs de la loi.

En parlant de docteur de la loi, José Manuel Vidal dans son article sur periodistadigital.com du mardi 3 mai 2016 nous montre que même s’il a dit qu'il est «absurde» de dire qu’il est contre le pape, le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi se permet de contredire le pape François, en disant que les divorcés remariés ne peuvent pas accéder à la communion sacramentelle, ou que l’infaillibilité ne peut pas être remis en question, tout en traitant Hans Küng d’«hérétique», qui «ne croit pas en la divinité du Christ ou de la Trinité». Le cardinal allemand était à Madrid, à Francisco de Victoria, l'Université des Légionnaires du Christ, pour présenter son dernier livre-entretien «Rapport sur ​​l’espoir» et donner une conférence. Soutenu par une partie des milieux conservateurs en Espagne opposés au pape François, comme le cardinal Rouco, évêque d’Alcalá, Juan Antonio Reig, ou les évêques auxiliaires de Getafe et Madrid, Rico Pavés et Martínez Camino.

Plus tôt, dans une conférence de presse bondée, le «gardien de l’orthodoxie», a dit, que contrairement à ce que maintient le pape dans l’exhortation post synodale «Amoris laetitia» les divorcés remariés ne peuvent pas approcher, en tout état ​​de cause, la communion sacramentelle et ils ne peuvent aspirer, qu’après confession, à vivre «comme des frères». Cela donne envie de rire. Avec le langage et doux maniéré, mais très dur sur le fond, le cardinal allemand rejeté qu’elle soit active ou passive, la porte ouverte de «Amoris laetitia» pour les divorcés remariés, entre autres choses parce qu’«il est impossible de vivre dans la grâce Dieu dans des conditions objectives du péché». Bizarre, ce n’est pas Jésus qui a dit : «Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs» (Marc 2,17). Comment chercher les pêcheurs si on leur met comme obstacle leur prétendu péché. Après tout Jésus nous a dit «Ne jugez point, et vous ne serez point jugés; ne condamnez point, et vous ne serez point condamnés; absolvez, et vous serez absous» (Luc 6,37). Condamner les divorcés remariés pour leur soit disant péché ne serait-ce pas allez à l’encontre de cette parole de Jésus. Et traiter du problème au «cas par cas», ne serait-ce pas cette absolution qu’on peut offrir à tous.

Le cardinal Müller dit qu’il y a «une contradiction» à être divorcé et à vouloir prendre la communion et, comme c’est quelque chose qui appartient à la loi divine, non canonique, «ni l'Église ni aucun pape ne peut la changer». C’est beau de voir le cardinal Müller prétendre qu’on ne peut pas changer cela et oublier l’évangile, vu que Jésus a donné pouvoir à ses disciples de lier et délier sur la Terre comme au Ciel (Matthieu 18,18). Donc si la communion aux divorcés remariés est liée sur Terre comme au Ciel, alors cette loi divine peut être déliée par les successeurs des apôtres, donc ce n’est pas immuable. Et que «le mariage est un sacrement et l'Église ne peut pas changer les éléments de base des sacrements» (les 7 sacrements datent du Moyen-âge) et ne peut «accepter une seconde femme si le mariage est valide.» Il conclut : «Vous pouvez dire oui à Jésus-Christ dans l'eucharistie et non dans le mariage qui est une contradiction objective.» Je ne savais pas que Jésus avait fait un club restreint. Par conséquent, «les interprétations qui vont au-delà du dogme de l'Église sont fausses» et, par conséquent, le pape François, dans son exhortation post synodale a refusé des «interprétations ex cathedra» parce que «tous les éléments sont dogmatisé» et «ni le pape peut changer». Seul problème, l’évangile ne donne pas d’interdiction aux divorcés remariés de communier. Si l’Église apporte le salut, alors refuser le salut par les sacrements la met en porte à faux.

La seule sortie pastorale qu’il offre à ceux qui sont divorcés remariés mais qui veulent d'approcher l’Église, est double. Tout d’abord, "se séparer du conjoint légitime, si elles peuvent" ou vivre avec le nouveau mari, mais la chasteté parfaite, à savoir «comme des frères», parce que «vous ne pourrez jamais justifier une situation qui va à l' encontre de la loi de Dieu.» Loi de Dieu ou de l’Église ? La question mérite d’être posée. Ni la communion puisque le préfet de la foi s’oppose aux images utilisées par le pape sur l'Église, tels que l’«hôpital». Il préfère les images de l'église classique comme une maison de Dieu, mais concède que le pape François, un pape pastoral, est également en droit d'utiliser ses thèmes «éducatifs», mais à condition qu'ils ne correspondent pas à des images classiques.

Pour cette question de critiquer le pape François, le cardinal allemand pousse plus loin et saborde la dernière approche du théologien suisse Hans Küng, qui, dans une lettre personnelle au pape a juste dit qu'il serait bon d'ouvrir la débat de l'infaillibilité et de le remettre dans l'Église. Le cardinal Müller s’est consacré à critiquer le théologien suisse, dont il dit qu’il «a non seulement critiqué les papes, mais aussi l'institution» et le marque comme un hérétique dans sa décision. Le cardinal a-t-il oublié que l’Église n’est pas représenté par lui seul et que le pape François peut discuter de tout sans demander son avis. D'abord parce que «ni sa christologie et son ecclésiologie sont catholiques.» Et d' ailleurs, «il ne croit pas en la divinité du Christ ou de la Sainte Trinité». Ce n’est pas anormal, puisque Jésus n’en parle pas une fois dans les évangiles, ces dogmes sont apparus entre le IIe et le IVe siècle.

Deuxièmement, le cardinal Müller, notant que «l’infaillibilité est un dogme, un trésor et l'essence de l’ecclésiologie catholique», a fustigé à nouveau Hans Küng : «Vous ne pouvez pas dire qu'il se sent justifié par le Pape». Seul problème, l’infaillibilité pontificale est une invention et on peut donc la contredire. Et d'élaborer sur son argument, il a fait la distinction classique, longue, entre un pape théologien comme Benoît XVI et le pape pasteur, comme François. Ce dernier est «un prêtre, avec son propre style pastoral, dans lequel il suffit de parler aux gens, mais dans l’ensemble la doctrine suppose qu’elle a été très bien expliqué par le pape Benoît». «Cela ne signifie pas - qu'elle a été ajoutée, pour guérir en Santé - que François ne sait rien de la théologie. Le pape François en sait savoir beaucoup sur la théologie, mais pour la comprendre il faut connaître la théologie spirituelle. Le pape François a une théologie qui vient de la vie spirituelle» comme saint Bernard, saint François d'Assise ou saint Ignace de Loyola.

Et le cardinal Müller en a profité pour parler ce qu'il appelle pour lui «la mauvaise interprétation de certains» critiquant «ceux qui inventent des contradictions entre les papes récents, parce qu'ils nuisent à l'Église». À son avis, «nous devons marcher ensemble, chacun avec son charisme, pour faire avancer l'Église». L’histoire montre bien que les papes sont différents et n’ont pas la même vision des choses. Faire qu’ils sont tous pareil est contestable. Peut-être que c’est la raison pour laquelle il se consacre à réclamer la «grande vision du monde et de l'Église» qu’ont eu Jean-Paul II et Benoît XVI, mais il a reconnu que le pape François, en bon latin, a une nouvelle vision du monde, différente de l'Europe, qui dirige l'Église dans les «vrais» pourtours. Une vision, en tout cas, différente de l'Europe de ses prédécesseurs, où «nous sommes confrontés à la laïcité et une politique agressive de l’Europe contre le christianisme». Ou plutôt l’obsession de l’Europe chrétienne avec une nouvelle évangélisation qui a échoué.

Je conclurais avec José Manuel Vidal : «Une vision, du gardien de l’orthodoxie qui sonne très différemment de la miséricorde de François. Alors que le pape parle de l’Église comme un l’hôpital de campagne, le cardinal Müller voit l'Église qui continue à prêcher comme douane, une forteresse assiégée par toutes sortes d'ennemis internes et externes. Une Église sans ressort, sans compassion, mais en sécurité dans sa doctrine.» Espérons que l’Église fasse partir ses docteur de la loi pour mettre à la place des pasteurs ouverts sur le monde et préoccupés de leurs paroissiens.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités de l'Eglise

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