Le pape François se méfie de l'exploitation politicienne des "racines chrétiennes de l'Europe"

Publié le 18 Mai 2016

HuffingtonPost.fr se demande dans son article du mercredi 17 mai 2016 s’il faut graver dans le marbre les "racines chrétiennes de l'Europe" ? La controverse, jadis mise en avant pour fermer la porte à une adhésion de la Turquie à l'Union européenne, est déjà ancienne. Mais elle resurgit régulièrement dans un débat politique français obsédé par la question de l'islam et de la laïcité. Récemment, l'ancien ministre socialiste et actuel commissaire européen Pierre Moscovici a mis les pieds dans le plat en affirmant ne pas croire à la prééminence des origines chrétiennes de l'UE.

"Même s’il est vrai que sur notre continent il y a une majorité de population de religion ou de culture chrétiennes, l’Europe n’est pas chrétienne. Je ne crois pas aux racines chrétiennes de l’Europe – ou alors on peut parler de racines, mais je crois que l’Europe est unie et diverse", avait-il plaidé le 8 mai dernier sur le plateau de BFMTV.

Des propos jugés "irresponsables" par Nicolas Sarkozy dans un entretien consacré à son projet européen publié ce mardi par Le Monde. Liant le refus d'inscrire ces racines chrétiennes à l'échec du référendum de 2005 sur la Constitution européenne, l'ancien président juge "que contester les racines chrétiennes de l’Europe, c’est jeter de l’huile brûlante sur un débat qui n’en a pas besoin".

Une ligne démentie le jour même par... le pape François en personne. Interrogé par le quotidien catholique La Croix, le souverain pontife ne cache pas sa méfiance à l'égard de l'exploitation politicienne qui est faite de cette expression. "Quand j'entends parler des racines chrétiennes de l'Europe, j'en redoute parfois la tonalité, qui peut être triomphaliste ou vengeresse. Cela devient alors du colonialisme", met en garde le successeur de Benoît XVI tout en réaffirmant que oui, "l'Europe a des racines chrétiennes". Pour autant, nuance-t-il, "il faut parler de racines au pluriel car il y en a tant". À commencer par ses racines païennes héritées de l'Antiquité grecque et romaine.

C'est peu ou prou ce que tentait d'exprimer, dans un autre registre, Pierre Moscovici avant lui. "Ceux qui évoquent sans cesse l’exclusivité des racines chrétiennes de l’Europe (…) sont souvent les héritiers de courants politiques qui voulaient jadis une Europe sans juifs, et rêvent aujourd’hui d’une Europe sans musulmans", s'est défendu le commissaire européen tout en reconnaissant, comme le pape, que "la foi chrétienne a été un facteur d’unification de l’Europe".

Le pape a le courage de dire que les racines de l’Europe sont diverses et pas que chrétiennes, et que les gouvernements qui mettent en avant ces racines chrétiennes notamment la Hongrie rêvent d’une Europe sans musulmans. Si on insiste sur les racines chrétiennes ce n’est pas pour mettre en avant l’amour du prochain, sa solidarité envers lui et l’accueil des étrangers.

Merci !

Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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