Les femmes diacres, le débat qui divise l'Église

Publié le 13 Mai 2016

7sur7.be nous montre que l'éventualité que des femmes puissent devenir diacres, envisagée jeudi par le pape François, sera l'enjeu de débats féroces au sein d'une Eglise catholique coupée en deux sur ce sujet, a prévenu vendredi 13 mai 2016 le cardinal Walter Kasper. "Je pense qu'il va y avoir maintenant un débat féroce. Sur ce sujet, l'Église est divisée en deux", déclare ce théologien allemand, proche du pape, dans un entretien avec le quotidien La Repubblica.

Le pape argentin s'est déclaré favorable à la création d'une commission sur l'ordination des femmes diacres, ce qui constituerait une révolution pour l'Église catholique, où seuls les hommes peuvent donner les sacrements. Les diacres catholiques peuvent prononcer le sermon à la messe, célébrer baptêmes, mariages et funérailles, mais ils ne peuvent pas dire la messe seuls: il faut un prêtre pour célébrer l'eucharistie, de même que pour confesser les fidèles.

Pour Mgr Kasper, considéré comme un des chefs de file des "libéraux" au sein de l'Église, il est encore très difficile de savoir si la commission que le pape veut mettre sur pieds aboutira, tant le sujet de l'ordination de femmes diacres divise. "Si on regarde le passé, il semble que la réponse est non. Mais tout est possible", a-t-il souligné, ajoutant que le pape François avait une nouvelle fois surpris tout le monde en évoquant cette possibilité d'ordination pour les femmes. Selon le cardinal allemand, les opposants au diaconat pour les femmes vont mettre en avant le fait que ce premier pas conduira inévitablement à l'ordination de femmes prêtres, ce que le pape François refuse d'envisager.

Radio Vatican nous montre aussi que suite au retentissement suscité dans les médias par ses propos sur l’éventualité que des femmes puissent devenir diacres le pape François a téléphoné au Substitut de la Secrétairerie d’État pour lui faire part de sa surprise. Dans un tweet, Mgr Becciù explique que le pape envisage la création d’une commission pour étudier la question et qu’il faut donc éviter de tirer des conclusions hâtives. Jeudi, lors d’une rencontre avec des centaines de supérieures majeures venues du monde entier pour leur assemblée plénière, le pape François a accepté de répondre à de nombreuses question dont une sur le diaconat des femmes.

Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège reconnaît que cet échange a été très encourageant en ce qui concerne le rôle des femmes, et en particulier des consacrées, dans la vie de l’Église et de la possibilité pour elles d’accéder à des taches importantes là où l’ordination sacerdotale n’est pas exigée. Quant à la question du diaconat des femmes, elle n’est pas nouvelle, rappelle le père Federico Lombardi. On en a beaucoup parlé dans le passé d’autant qu’aux premiers temps du christianisme, des femmes, appelées diaconesses, exerçaient un certain nombre de tâches au sein de la communauté. Des historiens ont déjà travaillé sur la question.

Pourtant en regardant de plus près, on voit que les premières traces des diaconesses se retrouvent dans les écrits de Paul. Comme les diacres, elles s’occupent des pauvres, des malades; elles enseignent aussi aux femmes. Dans les siècles qui suivent, on trouvera des diaconesses dans tout l’Orient. Jusqu’à quarante à Sainte-Sophie, à Constantinople. Des rituels montrent qu’elles étaient ordonnées de la même façon que les diacres. En Occident, le diaconat féminin sera par contre beaucoup moins répandu. Vers la fin du premier millénaire, le diaconat, masculin comme féminin disparaît.

Au lieu de discuter du diaconat, il faudrait sans doute l’essayer, car pendant mille ans cela ne posait pas de problème que les femmes aient des ministères qui étaient ordonnés.

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Réforme de l'Église

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