Pédophilie : le pape François reçoit le cardinal Barbarin, suscitant des critiques

Publié le 20 Mai 2016

LaDepeche.fr nous montre que le pape François a reçu ce vendredi matin au Vatican le cardinal Philippe Barbarin, suscitant les critiques de victimes, quatre jours après avoir apporté son soutien au prélat français accusé de ne pas avoir dénoncé des affaires de pédophilie en France. "Il y a eu un rendez-vous, quelque chose de normal", a déclaré à l'AFP le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi.

Dans un entretien publié mardi par le journal français La Croix, le pontife argentin avait pris fermement la défense de l'archevêque de Lyon (centre-est), en estimant que sa démission avant l'issue d'un hypothétique procès serait "un contresens".

Selon le père Lombardi, l'entrevue devait porter sur la crise qui secoue l'Église de France mais aussi sur des sujets plus pastoraux, comme la préparation du pèlerinage des gens de la rue en novembre à Rome, à l'occasion du Jubilé de la miséricorde, et d'un autre pèlerinage de 300 élus de la région Rhône-Alpes.

"On aurait aimé être reçus à la place du cardinal Barbarin, on constate une fois de plus que les victimes sont laissées de côté", a critiqué auprès de l'AFP Bertrand Virieux, l'un des co-fondateurs de l'association lyonnaise "La Parole Libérée". L'association avait écrit au pape en mars pour solliciter une audience privée. "On n'a jamais reçu de réponse officielle alors qu'on aurait aimé lui expliquer notre vision de l'affaire", a regretté M. Virieux.

Parmi d'autres responsables religieux, le cardinal Barbarin, l'une des personnalités les plus influentes de la hiérarchie catholique française, est visé par deux enquêtes préliminaires pour "non dénonciation" d'agressions sexuelles commises sur de jeunes scouts entre 1986 et 1991 par un prêtre du diocèse de Lyon, Bernard Preynat. Ce dernier, en activité jusqu'en août 2015, a été mis en examen le 27 janvier après avoir reconnu les faits. Archevêque de Lyon depuis 2002, Mgr Barbarin nie avoir couvert de tels faits mais a admis en avril "des erreurs dans la gestion et la nomination de certains prêtres".

Alors que des associations de victimes et plusieurs personnalités politiques, jusqu'au Premier ministre Manuel Valls, ont réclamé la démission de Mgr Barbarin, le pape François lui a apporté un soutien appuyé. Décrivant le prélat, dans son entretien au journal La Croix, comme "un courageux, un créatif, un missionnaire", il avait ajouté : "D'après les éléments dont je dispose, je crois qu'à Lyon, le cardinal Barbarin a pris les mesures qui s'imposaient". "On verra après la conclusion du procès. Mais maintenant, (démissionner) serait se dire coupable", avait-il estimé.

Le diocèse de Lyon n'avait pas fait de commentaire officiel, mais une source proche du cardinal avait vu dans les propos du pape "une parole de confiance entre deux hommes qui se connaissent et qui s'estiment". Pour "La parole libérée", cette estime "ne peut pas entièrement expliquer le grand écart entre la tolérance zéro affichée, voire répétée à l'envie", et le soutien au cardinal Barbarin.

Après des décennies d'indifférence de la hiérarchie et d'efforts pour étouffer les scandales, le discours de l'Église a et, à la suite de Benoît XVI, le pape François a multiplié les promesses de sévérité. Il a estimé que les évêques ayant protégé des pédophiles devaient démissionner et a créé au Vatican une instance judiciaire pour les juger. Il a aussi mis en place une commission internationale d'experts chargée de proposer des mesures de prévention et rencontré des victimes de prêtres pédophiles à Rome et à Philadelphie.

Mais à travers le monde, l'amertume et la déception prédominent parmi les victimes, qui estiment que l'Église a encore beaucoup à faire pour écarter et punir les coupables. Le sujet reste encore tabou dans de nombreux pays, en particulier en Afrique et en Asie, et le pape s'est attiré les foudres d'une partie des fidèles chiliens en confirmant, l'année dernière, la nomination d'un évêque soupçonné d'avoir protégé un prêtre condamné pour des agressions pédophiles.

Recevoir Mgr Barbarin est comme montrer aux victimes du père Preynat qu’on ne veut pas les entendre, la tolérance zéro du pape semble avoir des limites en France surtout quand on voit que La parole libérée n’est pas reçu par le pape pour montrer que l’affaire n’est pas si simple et que les belles paroles du cardinal Barbarin ne sont pas forcément une vérité.

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Rédigé par paroissiens-progressistes

Publié dans #Actualités

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Françoise 22/05/2016 11:00

Dans l'interview donnée par F1 à la Croix, il prend clairement fait et cause pour Barbarin.
Donc montre le mépris qu'il a pour les victimes. La Parole Libérée l'a clairement compris.
Mais que pouvait-elle attendre d'autre de la part de l'institution?
Rien. Je trouve d'ailleurs que sa demande d'audience papale est une pure perte d'énergie et encore une soumission à l'emprise de leur agresseur Preynat.
Si j'avais sollicité l'Eglise à l'époque du meurtre paternel par l'OD, je n'aurais jamais pu aller au bout de l'affaire. Et ça aurait été non seulement renforcé la position criminelle de l'OD mais aussi l'impunité cléricale.
Dans ces affaires, mieux vaut directement engager les procédures judiciaires frontalement.
Nous n'avons malheureusement, rien à attendre de l'Eglise.
Toutes les affaires traitées le démontrent. Qu'on parle de l'affaire Pierre-Etienne Albert avec les victimes traînées dans la boue par Donnaud, les évêques et les Béatitudes, qu'on parle de l'affaire de travail dissimulé à l'OD via l'affaire Catherine Tissier ou encore des affaires plus anciennes impliquant l'Eglise.

Tiens, à ce sujet, je suis tombée sur cette thèse défendue il y a quelques mois. Je ne sais pas si elle donnera lieu à un bouquin, mais elle me paraît bigrement intéressante:

https://criminocorpus.hypotheses.org/10223

paroissiens-progressistes 22/05/2016 16:31

Françoise,

Les mesures judiciaires ont déjà commencée, attendons de voir ce que fera le pape François quand le cardinal Barbarin sera visé. Ce sera moins engageant pour lui et sans doute se rappellera-t-il les victimes.

Cette thèse est intéressante, j'espère qu'on fera un ouvrage. Je connais le cas mais en Italie sous le pontificat de Pie IX, Rome voyait les clercs membres des Etats pontificaux se verser dans une turpitude sexuelle qui marquait avec leurs vœux de chasteté.

Merci !